Chapitre 891
Bien que Houqin se fût levée et eût marché jusqu’à la porte, elle fut surprise de voir Xiaoyun toujours assis sur le canapé.
« Xiaoyun ? »
« Madame Jingyi, monsieur Wen Bo. C’est la meilleure offre que vous aurez jamais… À moins que vous ne préfériez repartir les mains vides. »
Pendant un instant, Xiaoyun vit l’hésitation sur leurs visages. Pourtant, il ne leur laissa pas le temps de répondre et se dirigea vers la sortie.
« Attendez. Jingyi, nous devons accepter. Xiaoyun s’est déjà montré assez généreux. Il aurait pu faire tout ça sans nous en parler. »
« Mais… »
« Il n’y a pas de “mais”. Xiaoyun, tu auras notre bénédiction pour ton mariage. Donne-nous simplement une date, et nous serons là tous les deux. »
« Ça marche. »
Alors que Xiaoyun et Houqin s’apprêtaient à franchir la porte, une voix derrière eux les arrêta net.
« Attends, Xiaoyun. Tu as dit que tu étais prêt à tout pour nous, pas vrai ? » demanda Jingyi d’une voix plus douce.
« Oui. Tant que ça ne veut pas dire lui demander de ne pas partir en voyage avec moi », répondit Xiaoyun sans se retourner.
« Alors je veux que tu organises un vrai mariage pour ma fille d’ici demain. »
« D’ici demain ? »
Personne ne s’attendait à une telle exigence de la part de Jingyi. Pas même son mari, qui affichait une expression aussi ahurie que Xiaoyun.
« Tu es sérieuse ? » demanda Xiaoyun.
« Je n’ai jamais été aussi sérieuse. Je veux que vous soyez mariés avant de partir pour ce voyage… Et le mariage devra être retransmis à la télévision. »
« Jingyi, qu’est-ce que tu racontes ? »
Cette exigence de plus fit perdre patience à Wen Bo. Il reprit la parole, le visage manifestement réprobateur à l’idée de précipiter une décision aussi importante.
« Xiaoyun, tu peux le faire ou pas ? »
« Je peux. Mais est-ce que ta fille est d’accord ? »
Tous les regards se tournèrent vers Houqin. Incapable de prononcer un mot, elle n’avait toujours pas assimilé la demande de sa mère.
« Houqin, viens ici. J’ai quelque chose à te dire. »
Wen Bo et Xiaoyun restèrent tous deux perplexes lorsque Jingyi prit Houqin à part et lui murmura quelque chose à l’oreille. Le visage de Houqin vira alors au rouge.
« Tu comprends, maintenant ? Dis oui et ne fais pas l’idiote. Ne viens pas dire que je ne t’avais pas prévenue quand tu reviendras en regrettant ta décision. »
Voyant Houqin revenir vers lui, Xiaoyun attendit qu’elle prenne la parole. Elle se planta devant lui, nerveuse.
« Xiaoyun, je… je ne vois pas d’inconvénient à me marier si mes parents veulent me voir mariée. »
« Tu es sûre ? C’est une décision très importante. Je ne pense pas que tu aies les idées claires. Ne te laisse pas mettre la pression… »
« Je le pense vraiment. Je… je ne veux pas attendre si longtemps… Qui sait si on reviendra un jour vivants à la capitale, tous les deux ? »
« Ne dis pas ça… »
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Quand Xiaoyun monta dans sa voiture les mains vides, il avait désormais une nouvelle mission. Une tâche qu’il connaissait bien.
Mais s’en charger en deux jours, avant son départ, exigeait un rythme qu’il n’avait encore jamais connu.
« Par où commencer ? La liste des invités… Le lieu… Putain, il va falloir que je demande de l’aide. »
Sans perdre davantage de temps, Xiaoyun démarra, fonça dans les rues dégagées et rentra chez lui.
« Qui est là ? »
« C’est moi. »
Leyan ouvrit la porte à Xiaoyun et s’étonna de le voir rentrer si tôt, alors que midi venait à peine de passer.
« Tu as oublié quelque chose à la maison ? »
« Non. J’ai besoin que tu m’aides pour quelque chose. »
Xiaoyun fit rapidement asseoir Leyan sur le canapé. Elle avait l’air encore plus perplexe qu’avant.
« Moi ? De toutes les personnes possibles ? Qu’est-ce que je pourrais bien faire pour t’aider ? » demanda Leyan d’un ton sarcastique.
« Je suis très sérieux. Je… Je suis allé chez Houqin tôt ce matin pour parler à ses parents du voyage qu’on va faire. »
« Je devine : ils n’ont pas donné leur accord ? »
« Ouais. Mais j’ai réussi à les convaincre, à une condition. »
« Laquelle ? »
« Je dois épouser Houqin avant la fin de mercredi. »
« L’épouser ? Mercredi ? C’est dans à peine un jour et demi », fit remarquer Leyan, comme si elle n’en croyait pas ses oreilles.
« Je sais que c’est rapide, mais je leur ai déjà fait une promesse… Tu vas m’aider à organiser le mariage ou pas ? »
Après quelques secondes de silence, Leyan reprit la parole.
« Bien sûr que je vais t’aider. Mais Houqin a accepté ce mariage éclair ? »
Xiaoyun hocha la tête. Leyan fut un peu surprise, mais cette surprise se dissipa vite à mesure qu’elle y réfléchissait.
Sans même avoir besoin de lui poser d’autres questions, elle comprit pourquoi ses parents voulaient que Houqin se marie si vite.
« Je vais appeler tout le monde dans la discussion de groupe. Ils vont devoir prendre un jour de congé à l’avance pour préparer tout ça. »
« C’est vraiment nécessaire ? »
« Si tu veux que ce soit vite fait et bien fait, oui. Si tu te contentes d’aller à l’état civil pour te marier, fais comme tu veux. »
« D’accord, d’accord. Envoie-leur un message. »
Leyan se dirigea vers la cuisine pour prendre son téléphone, tandis que Xiaoyun restait assis sur le canapé, toujours un peu nerveux.
Il avait encore du mal à intégrer l’idée d’épouser quelqu’un en à peine deux jours.
« Leyan, les autres ne vont pas m’en vouloir ? » demanda soudain Xiaoyun lorsqu’elle revint s’asseoir, téléphone en main.
« Pourquoi ils t’en voudraient ? Vous l’avez déjà fait, et ce n’est pas comme si elle n’avait pas participé à l’orgie dans la salle de bains, la semaine dernière. »
Entendre Leyan le dire aussi tranquillement, sans ciller, fit rougir Xiaoyun. Le souvenir lui revint en mémoire.
« Cela dit, il y a quelqu’un dont tu ferais mieux de te méfier. Elle va être furieuse quand elle l’apprendra. »
« Tianci ? Je suis sûr qu’elle acceptera une personne de plus. »
« Pas elle. Je parle de Lily. Elle va être sacrément contrariée de te voir épouser quelqu’un avant elle, pour… la huitième fois ? »
« Putain. Je n’y avais pas pensé. Je fais quoi, alors ? » demanda Xiaoyun tandis que Leyan se mettait à taper sur son téléphone.
« Le mieux, c’est de lui présenter tes excuses en personne… Ou, encore mieux, de la demander en mariage le même jour. »
« Le même jour ? Attends, tu me suggères d’épouser les deux en même temps ? »
« On dirait que ton cerveau n’est pas aussi lisse qu’une planche. Enfin, c’est à toi de décider, pas à moi. »
Lorsqu’elle posa son téléphone, celui de Xiaoyun se mit à vibrer sans arrêt, inondé de notifications.
Il n’osa pas regarder. Il avait un peu peur de découvrir leur réaction à cette nouvelle soudaine.
Au même moment, une idée lui traversa l’esprit. Il n’en avait pas encore parlé à Leyan, alors qu’elle faisait partie intégrante de la promesse.
« Hem, Leyan, j’ai aussi oublié de te dire quelque chose. »
« Quoi ? Encore un de tes problèmes ? » demanda Leyan, sans avoir l’air le moins du monde en colère.
« J’ai peut-être aussi accepté que le mariage soit retransmis à la télévision. »
« Retransmis à la télévision ? Pourquoi diable tu as accepté ça ? Qu’est-ce qui t’a pris ? » demanda Leyan, qui commençait enfin à s’agacer.
« Je sais que j’ai merdé. Je les appellerai plus tard pour leur dire que ça ne se fera pas… »
« Laisse tomber. Pas besoin de revenir là-dessus… Si Houqin accepte que leur relation soit rendue publique, je ne vois pas le problème. »
« Je suppose. Maintenant que j’y pense, pourquoi sa mère tient-elle autant à ce que ce soit retransmis ? »
Alors que Xiaoyun marmonnait dans sa barbe, une voix sur le côté répondit bientôt à sa question.
« Elle veut que ce soit retransmis pour te faire chanter, au cas où tu reviendrais seul à la capitale », répondit Leyan.
« Vraiment ? Pour me faire chanter ? »
« Mmh. Imagine la pression de l’opinion publique sur toi. Elle n’a même pas besoin d’intervenir, les médias vont se jeter sur l’affaire. »
« Quelle rusée… »
Plus Xiaoyun restait assis sur le canapé, plus il avait l’impression de s’être fait avoir. Il n’avait jamais imaginé que Jingyi s’en servirait comme moyen de pression.
Il avait sincèrement cru qu’elle voulait que le mariage soit retransmis pour frimer, afin de montrer sa fille à toutes ses connaissances.
« Xiaoyun, tu sais combien de personnes Jingyi compte inviter de son côté ? »
« Non. Je vais les appeler… »
« Donne-moi ton téléphone. Je vais leur en parler moi-même. »
L’assurance de Leyan ne laissa aucune marge de manœuvre à Xiaoyun. Il lui tendit rapidement son téléphone et la vit déverrouiller le code en quelques secondes.
« Comment tu connais mon code ? Je ne te l’ai jamais dit. »
« Parce que tu utilises toujours les mêmes trois. Je n’ai qu’à deviner… Bref, tais-toi, je passe un appel. »
Le téléphone se mit à sonner. Xiaoyun se leva et se dirigea vers le meuble sous la télévision pour en sortir une bouteille de vin.
Pour une raison ou une autre, il avait envie de boire. Peut-être à cause du stress, ou peut-être parce que tout allait si vite qu’il en avait la tête qui tournait.
« Qu’est-ce que tu fais ? »
« T’inquiète. C’est du léger. Je ne vais pas me saouler. »