Chapitre 1
Chapitre 1 - La naissance de la lumière
Il y a très, très, très longtemps…
À une époque où le temps lui-même n’existait pas encore, l’univers n’était qu’un vaste néant. Une étendue infinie de ténèbres, silencieuse et immobile, où rien ne naissait et rien ne disparaissait, car rien n’avait encore commencé.
Il n’y avait ni lumière, ni matière, ni vie. Seulement le vide.
Un vide si profond qu’il semblait absorber jusqu’à l’idée même d’existence.
Puis, sans prévenir—
Une lumière apparut.
Au début, elle n’était presque rien. Une simple étincelle, fragile, isolée au cœur de cet océan d’obscurité. Elle aurait dû s’éteindre, disparaître comme si elle n’avait jamais été là.
Mais elle resta.
Comme si quelque chose, quelque part, refusait catégoriquement que ce monde demeure dans le néant.
Cette lumière ne vacillait pas. Elle persistait.
Et lentement, elle grandit.
Sa lueur devint plus stable, plus présente, gagnant en intensité au fil d’un temps qui n’existait pas encore. Elle n’explosait pas, ne dominait pas immédiatement les ténèbres. Elle avançait doucement, comme si elle apprenait à exister.
Face à elle, l’obscurité résistait encore, se comprimant autour d’elle, tentant de contenir cette présence nouvelle. Mais la lumière ne ralentissait pas. Elle continuait de s’étendre, encore et encore, jusqu’à devenir impossible à ignorer.
Alors, progressivement, les ténèbres cédèrent.
Pas d’un seul coup, mais suffisamment pour que quelque chose change.
Pour la première fois… l’univers respirait.
La lumière ne se contentait plus d’exister. Elle évoluait, prenait conscience d’elle-même. Elle distinguait désormais l’absence… et sa propre présence.
Puis, un jour, elle changea.
Son énergie se concentra, se structura, et ce qui n’était qu’une masse lumineuse prit une forme précise.
Un corps.
Petit, calme, encore silencieux.
La lumière était devenue un enfant.
Un enfant à la peau noire, entouré d’une aura dorée qui ondulait lentement autour de lui, comme une respiration invisible. Cette énergie n’était ni instable ni agressive ; elle semblait au contraire parfaitement alignée avec lui, comme si elle était une extension naturelle de son existence.
Ses yeux s’ouvrirent.
Il ne cria pas. Ne bougea pas immédiatement. Il observa simplement.
Autour de lui, l’univers se construisait encore. Des formes apparaissaient progressivement, des matières prenaient place, des couleurs naissaient là où il n’y avait autrefois que l’obscurité.
Tout était lent, fragile, encore imparfait.
Mais tout était réel.
L’enfant regardait, absorbait, comprenait sans réellement savoir comment. Il n’avait pas peur. Il n’en voyait pas la nécessité.
Le temps passa.
D’abord lentement.
Puis presque naturellement.
Les jours devinrent des années, les années devinrent des siècles, et l’enfant continua de grandir sans jamais vraiment s’arrêter.
Son corps changeait. Ses gestes devenaient plus précis, plus assurés. Son regard, autrefois vide, se remplissait peu à peu de compréhension.
Il ne se contentait plus d’observer.
Il apprenait.
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La vie apparut.
Simple au début.
Puis de plus en plus complexe.
Des êtres naissaient, évoluaient, construisaient quelque chose à partir de rien. Ils tentaient de donner un sens à leur existence, de créer, de transmettre.
Il les observait.
Toujours en silence.
Toujours présent.
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Avec le temps, l’enfant devint un homme.
Un homme noir, grand, droit, dont la présence ne passait plus inaperçue. Son aura dorée, autrefois discrète, s’était stabilisée, devenant plus dense, plus profonde, comme si elle était en parfaite harmonie avec lui.
Il ne brillait pas pour dominer.
Il brillait… parce que c’était sa nature.
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Il commença à marcher parmi eux.
À ne plus être seulement un observateur.
Il voyait leurs choix.
Leurs erreurs.
Leurs luttes.
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Et surtout—
Il voyait les ténèbres revenir.
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Pas comme avant.
Pas sous la forme d’un vide absolu.
Mais dans leurs décisions.
Dans leurs ambitions.
Dans leurs dérives.
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Alors, naturellement, il intervint.
Pas pour imposer.
Pas pour régner.
Mais pour corriger.
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Quand un dirigeant s’éloignait du chemin, il apparaissait devant lui, sans prévenir, comme une évidence impossible à ignorer.
Il ne levait pas la voix.
Ne menaçait pas.
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Il parlait.
Directement.
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« Tu te trompes. »
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Et cela suffisait.
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Avec le temps, ce rôle s’imposa comme une constante.
Quand l’équilibre vacillait, il était là.
Quand les ténèbres prenaient trop de place, il intervenait.
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Il n’était ni roi, ni dieu proclamé.
Mais il était devenu une référence.
Un repère.
Un phare.
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Sa lumière était la plus pure.
La plus stable.
La plus inévitable.
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Et pourtant…
Même lui ne comprenait pas tout.
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Un jour, alors que le monde semblait étrangement calme, quelque chose attira son attention.
Pas un bruit.
Pas une présence.
Mais une anomalie.
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Face à lui, sans transition, une fenêtre apparut.
D’un bleu profond, parfaitement nette, comme si elle ne faisait pas partie de ce monde, mais qu’elle s’y était imposée malgré tout.
Il la fixa longuement, analysant chaque détail sans parvenir à en comprendre l’origine.
Son aura se stabilisa instinctivement.
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« …C’est quoi ce bordel. »
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Aucune réponse.
Mais la fenêtre réagit.
Des mots s’y inscrivirent lentement.
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[Bienvenue.]
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Son regard ne quitta pas l’écran.
Quelque chose était différent.
Subtil.
Presque imperceptible.
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Autour de lui…
Le monde semblait légèrement… décalé.
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Comme si quelque chose avait changé.
Ou comme s’il n’était plus exactement au même endroit.
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[Bienvenue dans le World of God.]
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Cette fois, il fronça les sourcils.
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Ce n’était pas simplement une apparition.
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Sans qu’il ne s’en rende compte…
Sans qu’il n’ait senti la moindre transition…
Quelque chose l’avait déplacé.
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Et pour la première fois depuis sa naissance…
Il venait d’entrer dans un monde qu’il ne contrôlait pas.