Chapitre 79
TL/ED – Miso
« Qu’as-tu fait à Linmel ? »
« J’ai fait ressortir le potentiel qu’elle pourrait atteindre à l’avenir. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi élevé, cependant. Trois minutes. Tu te rends compte ? Il lui a fallu trois minutes pour percer le repaire de cette sorcière. Tu ferais mieux de ne pas lâcher cette gamine. »
« Ce que je demande, c’est s’il y a des problèmes. »
« Tu ne me croirais pas même si je te disais qu’il n’y en a pas. Mais il n’y en a vraiment pas, donc je n’ai rien à ajouter. Le seul effet secondaire est que c’est à usage unique, mais en quoi est-ce un problème ? »
« … Je vais te croire pour le moment. »
Trempé par la pluie, je courus vers l’arrière de l’Arbre Monde.
C’est un arbre tellement maudit et immense que le simple fait d’en faire le tour prend un temps fou. En courant, j’activai mon sens des courants et observai les environs.
Je ne sentis rien.
« Ils se battent à cause de moi, je ne peux pas rester à l’écart. »
« Non, tu devrais d’abord fuir. S’il s’agit de transmettre la situation à Brimdal, je m’en chargerai pour toi. Mais ici ? Tu veux dresser le plus grand chevalier de l’Empire contre la pire des sorcières ? Deux personnes qui pourraient même devenir tes maîtres ? »
« Oui. »
« Pourquoi ? »
Azrael, malgré son âge, suivait facilement mon rythme, bondissant à mes côtés, insistant avec ses questions.
Ça commençait à m’agacer, alors je le remis à sa place sans détour.
« Azrael, je comprends ton objectif. Tu veux m’utiliser pour ramener Maître à la normale, puis mener à bien cette soi-disant libération, n’est-ce pas ? Alors fiche-moi la paix. »
« Hmm, pas loin, mais pas tout à fait. »
« Alors, qu’est-ce que c’est ? »
« Je ne crois pas que Dersia puisse un jour retrouver ses esprits. Elle a déjà franchi une ligne de non-retour. Elle ne peut pas nous libérer. »
« … Pourquoi ? »
Azrael répondit comme si c’était la chose la plus évidente au monde.
« Combien d’Elfes penses-tu que j’ai vus ? Celle-là est déjà un cas désespéré. Après avoir fouillé le monde comme bon lui semble pendant des milliers d’années, elle reviendra probablement quand elle sera fatiguée. Ensuite, elle transmettra ses souvenirs et enverra un autre Elfe. »
« Ça n’a encore moins de sens. Alors pourquoi m’aides-tu ? Ou plutôt, pourquoi me gênes-tu ? Honnêtement, je n’ai aucune idée de ce que tu essaies de faire. »
« Premièrement, je veux m’assurer que cette folle s’en aille pour que cette écurie ne s’effondre pas. Deuxièmement, pour recueillir des informations. »
« Quoi ? »
Des informations ?
Tout en courant, je jetai un coup d’œil à Azrael, et il hocha la tête.
« Normalement, quand quelqu’un accumule autant de choses, au point de ne plus pouvoir rester sain d’esprit, il devient extrêmement fermé et ne montre d’intérêt que pour le domaine qui l’obsède. »
« Et alors ? »
« Imbécile, pour quelle raison ton maître s’agite-t-elle ? »
« Pour moi. Mais c’est parce que je suis son disciple. »
« C’est légèrement à côté de la plaque… »
Azrael me regarda avec une expression pleine de sous-entendus.
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Ça veut dire que tu es un spécimen curieux. Je vais t’observer pour découvrir exactement comment tu as influencé Dersia. Et je m’en servirai pour élever le messie de la prochaine génération. »
« … »
Je restai un instant sans voix, puis je répliquai.
« Arrête tes conneries de Messie. »
« Hé hé, nous en faisons tous partie. Même en t’utilisant. »
C’était donc juste un barrage de questions pour collecter des données.
Dès que cette conversation inutile prit fin, Dersia et Brimdal apparurent dans mon champ de vision.
La bonne nouvelle, c’est qu’ils ne se battaient pas.
« … Hmm. »
Brimdal tenait Dersia par la gorge.
Heureusement, c’était de la sève qui coulait, pas du sang. Sur le poing que Brimdal avait enfoncé dans sa gorge, des lianes s’étaient enroulées.
Des racines qui bougeaient d’elles-mêmes, sans pendre de la tige.
« Agaçant. »
-Crac ! Dès que Brimdal appliqua un peu de force, on entendit un bruit sec et net, comme une pastèque qui éclate, et tout fut réduit en miettes, mais.
« Si je te disais : "Bats-toi loyalement", que répondrais-tu ? »
« Je dirais : "Est-ce digne d’un chevalier de mendier la victoire à son adversaire ?" »
« Ouais. Vous êtes de ce genre-là. »
Dersia était assise sur une branche à des dizaines de mètres au-dessus du sol.
Avec la même expression que toujours, en train de lire un livre, elle avait l’air tout à fait normale.
Elle l’était probablement, d’ailleurs.
C’est bien là le problème.
« … Mais c’est moi qui remporterai la victoire. »
« Hmm. »
Brimdal rejeta la masse emmêlée de racines qu’il tenait dans sa main.
Si l’Arbre Monde était vraiment vivant, il aurait vomi plusieurs fois après avoir été témoin de la scène environnante.
Des racines, des feuilles et des branches, écrasées et déchiquetées dans un état atroce.
Même avec la pluie qui tombait à verse, l’odeur âcre de l’herbe arrachée qui s’accrochait aux narines était la preuve de la brutalité du combat.
« Tu es libre de te bercer d’illusions, mais regarde la réalité en face, s’il te plaît. »
D’un claquement de doigt de Dersia, les plantes se redressèrent.
Comme si elles étaient immortelles, elles se remirent debout dans leurs états horriblement déchiquetés.
Elles ne prenaient pas seulement la forme de racines. Parmi elles, il y avait des mannequins humains ressemblant à Dersia elle-même.
Ils tenaient des épées. Certains avaient des étoiles qui scintillaient dans leurs yeux.
« … C’est de la folie. »
Pourquoi Dersia avait-elle recours à une telle méthode ?
Elle avait créé des humains à partir de plantes et y avait planté un monde.
C’est seulement alors que je remarquai la pluie qui transperçait le ciel. Était-ce cela qui ranimait ces plantes ?
« La réalité, hein… »
En regardant Brimdal lever son épée avec une grimace, je pensai à une autre possibilité.
Pourquoi Dersia n’utilisait-elle pas sa magie habituelle pour tuer ses adversaires avec ce stylo plume ? Pourquoi manipulait-elle des racines à la place ?
Je l’avais balayé d’un revers de main, pensant que c’était peut-être plus efficace parce que nous étions près de l’Arbre Monde.
Non. C’était une expérience.
La raison pour laquelle elle utilisait délibérément de tels moyens était pour obtenir ne serait-ce qu’un peu plus d’informations.
-C’était tout pour moi.
« Alors tu observes. C’est donc ça. »
-Boum ! Alors que Brimdal surveillait le mage végétal qui approchait, il bondit soudainement en un seul mouvement et s’élança dans ma direction.
« … ! »
Ce n’est qu’à ce moment-là que Dersia, réalisant que j’étais dehors alors que je devrais être à l’intérieur de la chambre, tressaillit de surprise.
Trop tard. Brimdal me cacha derrière lui, fit tournoyer son épée et la pointa vers Dersia.
« Tu as été négligente avec ton otage. Pas très terroriste de ta part. »
« … »
« Alors, que vas-tu faire maintenant ? »
Après avoir froncé les sourcils un instant, Dersia ferma son livre et soupira.
Brimdal ne bougea pas d’un pouce, gardant son épée pointée sur elle. Sa présence était si tranchante qu’on aurait dit qu’un seul souffle de travers pouvait vous découper.
« Peu importe la magie que tu utilises, à cette distance, je peux prendre ton disciple et m’échapper… »
« Oui. On ne peut rien y faire. Félicitations pour ta victoire. »
« … Quoi ? »
Brimdal fixa Dersia avec incrédulité.
Mais elle resta impassible, parlant d’un ton léger et lent tout en agitant la main.
« C’est quoi cette histoire d’otage ? Je prévoyais de te laisser partir de toute façon après t’avoir un peu repoussé. Ensuite, je serais revenue pour essayer de le persuader à nouveau. Si ça ne marchait toujours pas, je l’aurais laissé partir. »
« Non, c’est quoi ce… »
Et ce n’étaient pas que des mots. Brimdal regarda tous les soldats végétaux s’effondrer, penchant la tête, profondément confus.
Bien sûr que c’était absurde. Si un otage s’échappe, la réponse typique est de passer à la phase 2, mais elle a simplement abandonné ?
N’importe qui se dirait : « Est-ce que c’était quelque chose qui aurait pu être résolu par une conversation ? »
Absolument pas.
Laissant le Brimdal déconcerté derrière moi, je fis un pas en avant et demandai :
« Maître. Attendez un instant, s’il vous plaît. »
« Jern, as-tu encore quelque chose à dire ? »
« Il y a quelques points que je veux éclaircir. Peux-tu me répondre ? »
« Je pensais que nos questions-réponses s’étaient terminées dans la chambre souterraine. »
« Ne viens-tu pas de dire que tu prévoyais de tuer Brimdal de manière brutale, puis d’essayer de me persuader à nouveau ? »
« … Je n’ai pas été jusque-là. »
Dersia fronça les sourcils et courba une branche vers moi.
« Jern. »
« C’est bon. Laissez-moi faire. »
« … Hmm. »
Arrêtant Brimdal, je fis un pas en avant et parlai avec Dersia.
« Qu’est-ce qui te rend curieuse ? »
« N’arrêtes-tu toujours pas ce travail consistant à transformer des Elfes innocents en Mages, puis en Déchus, pour compenser mon Fardeau afin de me sauver ? »
« Oui. Encore une fois, il n’y a aucun problème avec ça. Je ne comprends pas pourquoi tu ne peux pas accepter ne serait-ce que ça. »
« Pourquoi devrais-je accepter ça ? »
« Tu vois ça ? »
Dersia souleva l’un des mages végétaux.
Dans le trou de nœud qui ressemblait à un œil rempli d’eau, il y avait une étoile à l’intérieur, bien qu’imparfaite.
« Peux-tu faire en sorte que celui-là, dans cet état, devienne un Déchu ? »
« Bien sûr que non. Il ne ressent aucune douleur, n’a aucune pensée, donc il ne peut pas devenir un Déchu. C’est simplement un outil qui manifeste une magie pré-établie. »
« Alors quel est l’intérêt de tout ça ? »
« Est-ce que ça ressemble à un humain pour toi ? »
« Non. »
« Alors il n’y a aucun problème à le tuer. »
Le mage végétal retourna à ses racines échevelées.
Dersia, observant cette scène sans l’ombre d’une inquiétude, me regarda et murmura.
« Ce chaman a probablement rempli ta tête de fausses connaissances inutiles. »
« … Fausses ? »
« Non, idiot. Ne me dis pas que tu crois vraiment ce que dit cette folle ? »
« Bien sûr que si. C’est mon maître. »
Je croyais davantage en la sincérité de Dersia qu’en celle d’Azrael.
Toute cette situation le rendait clair. Si Dersia avait vraiment voulu me sauver par tous les moyens, elle aurait pu mentir sur ses méthodes.
Mais il n’y avait aucun mal. Aucun nouveau Déchu n’avait été créé. Il n’y avait rien à l’intérieur de la chambre.
Comme ça.
Sachant que je le rejetterais, pour atteindre son but.
Et pourtant, Dersia n’avait rien caché.
Elle avait clairement expliqué son objectif et ses raisons, les moyens et les méthodes qu’elle utilisait.
Comparée au calculateur Azrael, elle n’était même pas dans la même catégorie.
« Hah, je meurs d’injustice ici. Quels mensonges ai-je racontés ? »
« Je suppose que tu diras quelque chose comme "J’ai échoué à détruire cet enclos à bétail". »
« C’est proche. »
« Je suis désolé, mais non. En fait, je ne suis même pas désolé… Je me fiche éperdument de ce qui arrive aux Elfes. »
Dersia fronça les sourcils, irritée.
« Pour être tout à fait honnête, j’ai plutôt honte. Que toi, mon disciple, aies dû être témoin de la primitivité de ma propre race… J’aimerais qu’il y ait un trou où je puisse me cacher. »
« Non, je n’irais pas jusque-là. »
« Vivre comme ils l’entendent, puis quand les conséquences les rattrapent, ils blâment le temps, blâment leur race, se dédouanent de toute responsabilité, et choisissent finalement de fuir en effaçant tous leurs souvenirs, n’est-ce pas aller un peu trop loin ? »
« … »
J’avais trop de choses à dire, et donc je ne pouvais rien dire.
Et j’étais d’accord.
J’ai failli dire : « N’as-tu pas fui toi aussi, Dersia ? » Que c’était juste un trait racial.
Mais je me suis dit qu’il valait mieux garder ma langue, alors je n’ai rien dit.
« Quoi qu’il en soit, parmi ces connaissances fausses et inutiles, il y a au moins une chose qui est vraie, et c’est la récupération de la mémoire. »
« Récupération de la mémoire ? »
« Oui. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi les Elfes. Cet Azrael peut stocker les souvenirs des Elfes. En d’autres termes, il peut extraire les souvenirs douloureux utilisés dans le processus de chute. Ensuite, seuls les Déchus restent. »
« … En quoi est-ce différent ? N’est-ce pas toujours créer des Déchus, juste sans la douleur ? »
« C’est différent. Tout d’abord, les vies que ces Elfes mènent dans l’enclos sont totalement inutiles. Un gaspillage complet, vraiment. Et il n’y a pas de douleur dans le processus de chute non plus. Ce sont des outils créés pour être utilisés, alors pourquoi insister pour ne pas les utiliser ? »
« Espèce de folle ! »
Apparemment furieux, Azrael bondit, pointant son doigt vers elle.
« Bien sûr, la façon dont notre race vit n’est pas parfaite, mais nous n’avons jamais rien fait qui mérite d’être traités comme des objets ! »
« Si, vous l’avez fait. »
« … »
Azrael resta sans voix.
« Ça, aussi, est l’un des nombreux moyens que j’ai essayés pour te persuader, Jern. Ces Elfes ont commis des crimes impardonnables selon tes critères. Ils ont même oublié le désir de mourir par culpabilité. Je les utilise simplement sans douleur, pour une cause plus grande, et ensuite je les libère… quel est exactement le problème ? Comment distingues-tu cet humain-plante d’un Elfe ? Selon quel critère ? »
« Haah… »
Je me frottai les tempes.
Une fois de plus, j’avais beaucoup de choses à dire.
Mais cette fois, j’ai pu choisir la chose la plus juste à dire parmi toutes ces pensées.
« Maître. »
« Oui. Je t’écoute. »
« Je ne veux même pas laisser "ce genre de choix" comme une option. Je ne veux pas considérer cela comme quelque chose à peser. »
« … »
« J’ai déjà tout pesé. »
« …… »
Nos regards se croisèrent.
Ce n’est qu’à cet instant que je réalisai que bien que Dersia ait l’air identique à d’habitude, il y avait une différence.
Il y avait un peu plus de clarté dans ses yeux.
« Je vois. »
« Vas-tu abandonner ? »
« Je ne peux pas faire ça. »
Dersia secoua lentement la tête.
« Tu me connais. Et je te connais. Je pense que d’autres mots seraient dénués de sens. »
Dersia tourna les talons et s’éloigna.
Peut-être est-ce la fin.
Ce n’est pas parce que les mots sont compris qu’ils mènent toujours à un échange d’opinions.
Dersia allait poursuivre cette recherche infernale.
Dans le but de me sauver.
Alors donc.
« Les mots sont dénués de sens. »
J’ai trouvé un moyen de rendre le processus de compression du vent plus facile.
Le mettre dans un espace créé par la pression de l’eau.
-Boum !
« Hmm. »
Tonnerre de Vent, malgré son nom, fut coupé en deux.
Dersia n’avait pas levé le petit doigt. Sans même se retourner, elle avait divisé ma magie de haut niveau avec rien d’autre que sa conscience.
Elle ne l’avait peut-être même pas fait consciemment.
Bien qu’il semble qu’elle s’en soit rendu compte après coup, car elle tourna la tête avec une expression perplexe.
« Tonnerre de Vent… hmm, je vois. Je l’ai seulement présenté comme une possibilité, sans aucun guide. Tu y es parvenu par toi-même. »
« Dersia. »
Je l’appelai par son nom.
« Mettons de côté notre relation maître-disciple et livrons un vrai combat. »
« … ? »
Pour la première fois, un changement visible apparut sur son visage.
*
Dersia me regarda avec incrédulité.
« Tu veux te battre contre moi. »
« Oui. »
« Umm… »
Après avoir réfléchi un instant, Dersia murmura en me regardant.
« Jern, toi… tu n’étais pas aussi stupide avant… est-ce parce que tu t’es entraîné sous un Chevalier… es-tu devenu agressif… ? »
« Je sais que ce n’est pas quelque chose qui peut réellement arriver. C’est pourquoi je demande une chance. »
« Une chance. »
J’empruntai une épée courte à Brimdal, qui regardait avec intérêt, et augmentai lentement la distance entre Dersia et moi.
« J’ai atteint le niveau 2 Étoiles. »
« Je vois. Félicitations. »
« S’il te plaît, limite-toi à la magie 2 Étoiles. Ne bouge pas de cet endroit non plus. N’utilise aucun autre outil magique. Si tu enfreins ces conditions, je gagne. »
« Hmm… »
Dersia me regarda avec une expression troublée.
Eh bien, de son point de vue, il doit être difficile de comprendre l’intérêt de défier quelqu’un tout en accumulant les conditions en sa faveur.
« Tu t’es cogné la tête ? »
« Dersia. Si tu gagnes, je deviendrai un disciple dévoué à partir de cet instant. »
Il y eut une lueur dans ses yeux.
« En détail. »
« Brimdal, Azrael, pas de renforts. Juste toi et moi. Un duel. Conditions telles que stipulées. »
Je dégainai la lame. Des gouttes frappèrent le sol, et l’épée brilla intensément.
« Si je perds, que ce soit d’autres personnes ou des Elfes, je n’aurai aucune objection à ce que tu les utilises comme moyen de survie. Veux-tu ajouter quelque chose ? »
« Et si je perds ? »
J’avais déjà décidé.
« Laisse-moi altérer librement ta mémoire. En utilisant la capacité d’Azrael. »
« Quoi ? »
Azrael, qui était à mes côtés, fut plus choqué que quiconque.
Mais Dersia ne sembla pas très surprise. Elle hocha simplement la tête lentement.
« Tu vas manipuler mes souvenirs et faire de moi une esclave… C’est ça l’idée ? »
« Une esclave, c’est un peu fort… Je n’irai pas jusque-là. J’effacerai juste chaque souvenir lié à cette affaire. »
« Hmm. C’est donc un duel pour le contrôle de l’autre. »
« Oui. Je suppose que mettre un 2 Étoiles et un 9 Étoiles sur la même balance, c’est trop, non ? »
« Non. »
Dersia répondit fermement.
Comme si elle ne voulait pas manquer cette opportunité.
« Quand commençons-nous ? »
« C’est moi qui l’ai proposé, alors c’est toi qui décides. »
-Goutte. Soudain, la pluie s’arrêta.
Dersia coupa la magie qui gouvernait ce domaine.
Elle abandonna sa magie 9 Étoiles et s’enferma dans l’étroite pièce d’un niveau 2 Étoiles.
« Maintenant ! C’est ta chance, va l’attaquer, espèce de grand chevalier Nain stupide ! »
Azrael cria immédiatement quelque chose, mais Brimdal l’ignora simplement, les bras croisés.
« Qu’est-ce que tu fais, ton disciple vient de te donner une opportunité en or !! Tu ne la vois pas ? »
« Je l’ai vue. »
« Espèce d’idiot, alors pourquoi tu ne bondis pas là-bas ? »
« J’ai pensé que je devrais voir ce dont cet Elfe est capable aussi. »
« … ? »
Nous l’ignorâmes également.
Tenant mon épée, j’augmentai la distance et créai une sphère de vent pour tirer Tonnerre de Vent.
Je connaissais mes limites. Trois tirs maximum.
Si je tends la corde de l’arc plus que ça, mon épaule lâchera. Mais c’est assez de puissance de feu pour menacer le corps d’un mage 2 Étoiles.
Tonnerre de Vent est une magie de haut niveau.
Peu importe la puissance de Dersia, elle ne pouvait pas produire le même niveau de force destructrice avec seulement une magie 2 Étoiles.
« Nous commencerons dans dix secondes. »
Comme Dersia l’avait dit.
Elle eut soudain un sourire très satisfait.
« Jern. Il n’y a pas de retour en arrière possible maintenant. »
« Oui. Je sais. »
« Alors, je vais te donner une chance de te rendre. Vérifie derrière moi en utilisant le sens des courants. »
« … ? »
Je clignai des yeux.
Après avoir appris le Corps de Mana Amélioré, j’étais capable de détecter le flux de mana en utilisant le sens des courants.
Lorsque la magie se manifestait, les espaces vides au sein de la mer profonde devenaient visibles.
Et puis. Je fronçai les sourcils.
« ………. C’est de la triche. »
« Je te l’ai dit. Il n’y a pas de retour en arrière possible. »
Une simple, très petite flèche de vent.
Un sort plus proche du niveau 1 Étoile que du niveau 2 Étoiles.
Cependant, il y en avait beaucoup.
Tellement que cela pourrait faire croire que la mer profonde se sépare comme la mer Rouge.
Avec environ deux secondes avant le début, je reconfirmai ce que je savais déjà.
« Tu as dû être embarrassée. »
Même si elle se limitait à la magie 1 Étoile.
Il n’y avait absolument aucun moyen pour moi de vaincre Dersia, même si je mourais et revenais à la vie.
« Dire que tu as choisi de perdre comme ça. »
9,5 Étoiles.
Le plus grand mage de l’Empire n’avait même pas besoin d’un éventail pour invoquer un typhon.