Elle ne cessait de répéter ces mots dans son cœur.
Qu’est-ce qui m’arrive, bon sang !!...
Murmura-t-elle en se frottant la main avec vigueur, espérant voir ces lignes disparaître. Elle tenta de regarder une nouvelle fois, cherchant à savoir s’il s’agissait d’une hallucination ou non. L’incrédulité se lisait clairement sur son visage.
Elle ferma les yeux pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas, puis les rouvrit. Mais les lignes ne s’étaient pas effacées ; leur position était exactement la même qu’il y a quelques instants, et elles semblaient même plus nettes.
Elles étaient en relief, fines. Elle se figea, le regard rivé sur son propre poignet, jusqu’à ce que les sons environnants lui paraissent de plus en plus lointains.
Elle le savait : peu importe à quel point son cœur refusait cette réalité, le destin semblait déjà tracé. Dans une situation aussi éprouvante, cela devenait lentement un cauchemar. Elle ne savait que faire.
Et puis,
« Ceci... »
Sa voix sortit péniblement, presque brisée, tandis que son corps se raidissait sans qu’elle ne s’en rende compte.
« ...réel... »
La main qu’elle leva tremblait. Ses pupilles oscillaient en observant son propre bras... une sensation rampante, mêlée à une incrédulité qui lui oppressait la poitrine.
La sueur perlait sur son front avant de couler sur sa main. Soudain, cette grande pièce devint glaciale.
Poum... Poum... Poum...
Son cœur battait la chamade, si fort que les battements résonnaient dans ses propres oreilles. Comme si ce cœur n’était plus contenu dans sa poitrine... mais exposé à l’extérieur, assez clair pour être entendu par quiconque se trouvait près d’elle.
Soudain...
Ses yeux s’écarquillèrent, comme incapables de croire ce qu’elle voyait. Ces lignes... qui n’étaient que des traits auparavant, s’élevaient désormais comme des veines jaillissant des pores de sa peau, tels des fils vivants. Des fils si fins... qu’ils semblaient pouvoir rompre au moindre contact.
La peur l’envahit, sa respiration devint haletante. Son corps entier était tétanisé et sa tête lui semblait lourde.
Elle tenta de se calmer en prenant une profonde inspiration, puis ferma les yeux un instant.
Ses mains tremblaient encore, mais elle se força à se reprendre, maîtrisant la panique qui menaçait d’exploser dans sa poitrine.
Petit à petit, la tension commença à quitter son corps. Bien qu’il lui restât des traces de peur, elle se sentait mieux qu’avant. Une fois calmée, elle tourna la tête vers l’homme à la capuche noire.
Mais cet homme, qui se tenait là à les observer, ne semblait plus, pour une raison inconnue, exercer cette pression sur elle.
Elle ne se sentait plus épiée, et ce changement l’intriguait. Soudain, ses yeux captèrent quelque chose. Ce sentiment étrange fut relégué au second plan.
Ce fil, tout à l’heure... semblait bouger.
Aux pieds de l’homme masqué, une couleur pâle était apparue. Une couleur indéfinissable. Elle semblait se déplacer lentement, suivant la ligne comme un fil, se propageant d’une extrémité à l’autre.
Elle remarqua que cette corde paraissait tendue, comme tirée par quelque chose. Des murmures se firent entendre. Mais, contrairement à tout à l’heure, cette voix semblait réciter quelque chose qu’elle ne comprenait pas.
C’était doux et calme, comme venant de très loin. Elle n’entendait plus les sons ambiants, car ce murmure semblait obstruer ses oreilles, ne laissant passer aucun autre bruit.
Tandis qu’elle se concentrait sur ce son et sur ce fil, son cou devint glacial, comme si elle se trouvait dans un endroit très froid.
Un sentiment d’inconfort commença à ramper le long de son corps et, sans qu’elle s’en aperçoive... elle eut l’impression que quelqu’un l’observait d’une direction inconnue. Intensément.
Huhh~
Un souffle puissant derrière elle ; la respiration, qui était lente, devenait plus forte. Comme si deux personnes respiraient à l’unisson. Étrangement, la pièce semblait devenir lourde et étouffante à chaque expiration. Elle supposa qu’il s’agissait de l’homme masqué devant elle. Elle voulait regarder, mais hésitait.
Soudain, une ombre apparut dans son esprit.
Javien !
Ces voix qui se chevauchaient la poussèrent à s’inquiéter de l’état de Javien.
« Est-ce qu’ils s’en prennent à Javien ? »
Se demanda-t-elle intérieurement. Son cœur se serra. Elle ne voulait pas que son personnage préféré devienne la victime de qui que ce soit. Elle secoua la tête. Elle ne voulait pas que cela arrive. Soudain, ses yeux s’embuèrent.
Non ! Je ne laisserai personne s’emparer de Javien...
Tant que je serai là !
Alors qu’elle voulait retirer sa main, quelque chose l’en empêcha, comme si son poignet gauche était attaché par une corde. Lentement... elle tourna la main, observant le dessous de son poignet.
1
2
3
10
20... 10... 20
Ses lèvres bougeaient en comptant ces lignes. Puis elle s’arrêta soudain. Elle se tut, confuse... sous le choc... fixant cette chose. Elle secoua lentement la tête en riant nerveusement. Un ricanement lui échappa.
« Je dois être en train de rêver », murmura-t-elle doucement avec un petit rire amer.
Puis elle reporta son regard sur ces lignes. Elles semblaient être tirées lentement par quelque chose... Elles ne disparaissaient pas, ne s’estompaient pas. Au contraire, elles se multipliaient.
Ce qui n’était qu’une ligne était devenu deux... puis trois... puis davantage. Ses yeux s’écarquillèrent légèrement. Comme si elle ne pouvait croire à ce qu’elle voyait.
Elle se pencha, essayant de comprendre, mais la position restait inchangée. Rien n’avait bougé, si ce n’est le nombre de fils apparaissant sur sa peau. Et la seule chose qui différait était la couleur de chaque ligne.
L’expression de son visage changea brièvement. Ses yeux tremblaient. Mais parmi tous ces fils, l’un d’eux... bougeait.
Il n’était pas stable comme les autres. Il se tendait... puis se relâchait... puis se tendait à nouveau, comme si quelque chose le tirait de très loin. Olivia déglutit difficilement.
Olivia ne savait pas ce que cela signifiait, mais elle était certaine d’une chose... cette chose...
En regardant de plus près, le fil tendu s’étira. Les pupilles d’Olivia suivirent lentement ce mouvement.
Le fil se dirigeait vers son dos. Elle était pétrifiée. Sa bouche était scellée. Elle ne savait pas ce que cela signifiait, mais une chose était sûre : ce fil se dirigeait vers son dos.
Elle voulut se retourner, mais la pression exercée par l’homme masqué l’empêchait de bouger.
Elle essaya tant bien que mal de tourner la tête pour voir qui se trouvait derrière elle.
« Serait-ce l’homme masqué ? »
Se demanda-t-elle, mais lorsqu’elle tourna la tête vers l’avant, les pieds et le corps de l’homme étaient toujours là, immobiles. Elle était perdue.
Un nom apparut soudain dans son esprit.
« Javien ?... » murmura-t-elle, avant de secouer la tête, rejetant cette possibilité.
« Ce n’est pas possible, Javien ne me ferait jamais une chose pareille », dit-elle doucement. Mais un vieux souvenir refit surface sans crier gare.
« Ne me dis pas que c’est cet événement ? »
Ses yeux s’emplirent de larmes tandis qu’elle les fermait. Elle n’osait pas regarder qui se tenait derrière elle. Elle pouvait sentir l’aura dangereuse émanant de cette silhouette...
Ses épaules s’affaissèrent lentement. Se sentant vaincue, elle baissa la tête en signe de reddition.
« Je me rends, tu peux tout me prendre...
Mais pas mon Javien... »
Elle cria si fort que la pièce entière en trembla... mais la silhouette ne bougea pas d’un pouce...
Soudain...
Une main froide agrippa son épaule.
Tup !