Chapitre 160
Ainsi commença la contre-attaque.
Les hommes de la faction royaliste firent monter leur mana et se mirent à attaquer les gardes.
« Triple Tornade Tranchante !! »
Ils hurlaient le nom de leurs techniques spéciales, comme celle-ci. Apparemment, il fallait tournoyer trois fois dans les airs avant d'abattre son épée.
L'ensemble avait l'air extrêmement ridicule, mais c'est ça, les escrimeurs magiques.
Les gardes n'étaient pas en reste non plus.
« Vrille de l'Arrière !! » cria un autre homme en esquivant l'estocade d'un garde. D'accord, belle esquive, je te l'accorde.
Mais est-ce qu'il faut vraiment continuer à tourner sur soi-même comme une ballerine ?
L'attaque comme la défense semblaient reposer sur beaucoup de danse et de rythme.
Je veux dire, bien sûr, en tant qu'éminence grise entreprenante, j'accorde aussi de l'importance à la mise en scène, mais là, c'est juste imprudent et inutile.
« Pas du Papillon !! »
« Spirale de la Mort !! »
Il semble que crier le nom de chaque technique à chaque fois fasse aussi partie du jeu.
Disons que c'est comme le « Men, dou, kote ! » au kendo.
Le genre de « force » que je recherche est aux antipodes de la leur, mais en être témoin est assez rafraîchissant, d'une certaine manière. Cela prouve simplement que chacun a sa propre vision du combat.
En fait, même si j'ai l'impression qu'ils font n'importe quoi, ils sont tous parfaitement sérieux.
Mais au-delà de la victoire, ils cherchent aussi à faire preuve d'élégance dans leur escrime.
Pour eux, la vraie victoire consiste aussi à battre l'adversaire avec style.
Ils ont des règles mutuelles auxquelles les deux parties ont accepté de se conformer.
Donc, honnêtement, je ne devrais pas trop me moquer.
Tout est permis dans un combat, et la force prime sur tout — c'est ma philosophie. C'est ainsi que j'ai choisi de me battre.
Mais cela ne signifie pas que je peux rejeter les autres formes de combat.
Ça fait longtemps que je n'avais pas eu l'occasion d'observer un style si différent du mien. C'est excitant.
Allez, vas-y !!
Ouais, toi aussi, l'équipe adverse !!
Bien, maintenant, un bon coup de pied dans les valseuses !!
Qu'est-ce que tu fais à tournoyer là, vise les noix !!
Argh, bon, alors crève-lui les yeux, c'est le moment !!
Arrête de tourner, bordel, qu'est-ce qui te prend ?!
Plante tes dents dedans, droit dans la jugulaire !!
Putain, il continue de tourner... bon, fais comme tu veux.
Hé, peut-être que frapper à l'entrejambe ou aux yeux est interdit ou quelque chose du genre. Vous ne pouvez pas genre, contourner un peu les règles et le faire avec style ?
Ça me rappelle les tournois d'arts martiaux que je regardais à la télé pendant le Nouvel An. J'étais jeune et immature à l'époque.
Oh, tiens, c'est bientôt la fin de l'année ici aussi...
Alors que je me perdais dans mes pensées, le cours de la bataille avait de nouveau basculé en faveur des royalistes.
La plupart des gardes sont à terre. Ils ne sont pas tous gravement blessés, mais surtout épuisés.
Avec tout ce tournoiement, pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ?
De plus, les royalistes ne portent aucun coup de grâce aux ennemis à terre.
Quoi, c'est censé être une forme de chevalerie de leur part ?
Comme les chevaliers médiévaux ou les samouraïs de l'époque Sengoku ? Je ne comprends pas vraiment, mais ils semblent avoir une « voie » du danseur de lame.
Peut-être que ces danseurs de lame ont développé un style de combat bien plus civilisé que le reste du monde.
Si toutes les guerres se déroulaient ainsi, la paix dans le monde serait bien moins problématique.
Mais ça ne me plairait pas.
J'aime le genre de monde où la violence pure et sans artifice l'emporte sur tout. Ce dont j'étais témoin actuellement était franchement un peu trop « colombe de la paix » à mon goût.
Ok, on dirait que c'est fini.
« Victoire pour Oriana ! Maintenant, écartez-vous. »
« S-salaud... »
« On a gagné, on a vraiment gagné... » soupira Clara, soulagée.
Ouais, tout est bien qui finit bien. Attends, maintenant que j'y pense, je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de briller.
Tant pis, ce n'est qu'un événement dans un camp de concentration. Je suis sûr que j'aurai d'autres occasions une fois dehors. Peut-être...
Alors que j'envisageais de faire une apparition forcée malgré tout, un homme passa à l'action.
« Cette farce a assez duré... »
Il, l'un des royalistes, murmura ces mots avant de trancher soudainement l'un de ses alliés.
L'homme d'âge mûr qui fut frappé dans le dos s'effondra au sol.
« Batt !! Reste avec moi, Batt... ! » hurla Clara en courant vers l'homme à terre.
« Guin !! Quoi, pourquoi... » tonna-t-elle contre l'homme qui venait de trancher l'un des leurs.
« Il était un obstacle à mes objectifs. Et il en va de même pour toi, milady... »
« Guin, je ne comprends pas... »
« Alors laisse-moi te montrer. »
Il pointa alors la pointe de son épée vers la gorge de Clara.
« Je n'ai pas l'intention de donner ma vie pour une gamine inconsciente comme toi. »
« N-Non, Guin, tu m'as dit, tu as dit que tu croyais en moi... »
« Eh bien, j'ai menti. Tu n'as pas le droit de diriger les autres. Tu ne savais pas ? Tous tes soi-disant subordonnés ricanent dans ton dos chaque fois que tu cherches leur approbation. Ils t'appellent la petite idiote qui dit toujours oui. »
Après avoir écouté ses railleries, Clara baissa la tête, honteuse.
Très bien, je devrais sortir d'ici peu.
— Et alors.
« Bon travail, Guin. »
Dit l'homme aux cheveux gris — Maximilian.