Chapitre 152
Après avoir quitté la chambre de Clara, alors que je déambulais au hasard dans les couloirs, j'ai senti des gens s'approcher.
M'attendant à ce qu'un événement scénaristique se produise, je suis resté sur place.
« Le nouveau ! Beau boulot pour t'être mis cette femme dans la poche ! » a lancé l'un d'eux avec un sourire carnassier en m'agrippant l'épaule.
Ces hommes, des anonymes du camp de Doem, m'avaient encerclé.
5... non, 6 d'entre eux.
J'ai repéré Zack qui se tenait en retrait, l'air embarrassé.
« Écoute, gamin, on a besoin que tu nous rendes un petit service », a dit l'homme en se rapprochant de mon oreille. Son haleine empestait.
« Q-quel service... ? »
Non seulement ma voix était la définition même de la lâcheté, mais mon corps tremblait déjà comme celui d'un misérable slime face à un dragon.
« Pas besoin d'avoir peur. Rends-nous ce service, et on sera les meilleurs potes du monde. »
« D-d'accord... »
« Voilà le topo. On veut juste parler à la princesse, mais les connards qui l'entourent ne font que nous barrer la route. C'est là que tu entres en jeu. Elle te fait confiance, alors on a besoin que tu l'amènes à nous. »
« V-vous avez besoin de moi... ? »
« Ouais, t'es l'homme de la situation. Débrouille-toi comme tu veux, mais fais-le. Tiens, prends ça, ça pourrait t'aider. »
Il a alors sorti une poudre.
« C'est une petite drogue pour passer une bonne nuit. Mélange ça dans leurs verres et hop, ils dormiront comme des bébés. »
« Att-attends, non, je, je ne peux pas... »
« Écoute-moi bien, espèce de petite merde !! J'essaie d'être sympa avec toi et tu refuses de nous rendre un simple service !? Tu cherches la mort ou quoi ! »
« Hiyipe... !! » Je me suis recroquevillé sur moi-même, l'air terrifié.
« Euh, on va, on va éviter la violence, les gars, non ? » a lâché Zack depuis le fond, le visage crispé.
« C'est quoi ton problème, Zack ? Tu deviens mou ? »
« Non, euh... enfin bref, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de, euh, faire un truc précipité. »
« Putain de mauviette, on n'arrivera à rien comme ça !! On va prendre la pétasse en otage et ce foutu OWL va rappliquer pile là où on veut qu'il soit !! »
Après cette tirade, le type m'a balancé un coup de poing dans la figure.
Au moment où l'impact a eu lieu, j'ai relâché mon cou et laissé mon corps suivre le mouvement.
C'est ce qu'on appelle l'esquive par absorption.
Un bon coup à la tête peut causer une commotion, mais savoir comment encaisser permet de l'éviter avec un succès surprenant.
Il y a deux façons de recevoir un coup. L'une consiste à se raidir pour absorber l'impact, et l'autre est ce que je viens de faire : accompagner le mouvement.
Et comme on aurait dit que ma tête avait été projetée par le choc, cela ne nuisait en rien à mon rôle de figurant.
« Uoff... »
J'ai fait semblant d'être projeté au sol.
« Hé, je leur avais dit d'arrêter. Je l'ai fait, hein ? » Zack reculait déjà, comme pour dire qu'il n'était pas impliqué.
« Tu connais ta mission. Maintenant, exécute-toi. On attend 3 jours. Tu nous amènes la fille, et je t'offre un bon repas. Sinon... »
L'homme a posé son pied sur ma poitrine et a appuyé.
« T'es mort, gamin. »
C'est ce qu'il a dit avant de partir avec les autres.
« Je vois, c'est donc ça. Prendre Clara en otage pour faire sortir OWL de sa cachette. »
Qu'ils sont malins.
Je me suis relevé et j'ai épousseté mes vêtements.
Pendant que je faisais ça, Zack est revenu.
« Je sais que t'as rien, mais on est toujours potes, hein ? J'étais juste là, j'ai rien fait. »
M. Zack avait l'air terriblement effrayé.
« Tout va bien. Tout cela fait partie de mes prédictions. »
« Quoi... putain de merde, tu savais que ça arriverait !? Je veux dire, j'étais déjà surpris de voir comment tu t'es fait tabasser pour te rapprocher de la princesse, mais tu avais même prédit... que nous... ! »
« Les rouages du destin sont enfin en mouvement... tout se déroule selon le plan, évidemment... »
J'ai jeté un regard en coin à M. Zack et j'ai esquissé un sourire énigmatique.
« ... !! T-toi, qui es-tu... ! T-tu es du côté des Royalistes, pas vrai ? Tu n'as pas l'air d'être des nôtres... »
« ... Je ne suis ni l'un ni l'autre, en réalité. »
« Ni... l'un ni l'autre... ? »
« Je ne soutiens ni les Royalistes, ni Doem. Mon véritable ennemi... »
Et là, j'ai disparu de sa vue à toute vitesse, ne laissant que des échos derrière moi.
« ... est le Mal qui rôde dans l'ombre de la discorde... »
« Il a disparu !? Mais je peux encore l'entendre, comment !? »
Zack a commencé à regarder partout, sous le choc.
Maintenant, que vais-je bien pouvoir faire ?