Chapitre 94
Chapitre 94 : La Sonate
Traducteur : Kris_Liu Éditeur : Vermillion
À la fin du cours, Victor dit à ses élèves : « Je sais que beaucoup d’entre vous sont travailleurs et que certains d’entre vous étudient le canon par eux-mêmes depuis un certain temps. J’aimerais voir chacun d’entre vous essayer d’écrire un morceau de canon pour faciliter votre compréhension de cette technique de composition. »
Alors que les autres élèves étaient plutôt excités à ce sujet, Lucien resta silencieux avec ses propres pensées. Voyant cela, Victor dit à Lucien : « Lucien, bien que tu sois effectivement très talentueux, ne sous-estime pas le canon. Aussi simple que cela puisse paraître, un morceau de canon exceptionnel peut toujours devenir un chef-d’œuvre qui dure des générations, tout comme le Canon en Ré de M. Hersey. Et pratiquer le canon est très bénéfique pour un élève comme toi qui n’a pas une base musicale très solide. »
Victor était souvent soucieux de donner à Lucien, le jeune génie, un « avertissement » approprié pour éviter son éventuelle arrogance, qui était très courante parmi les musiciens devenus célèbres à un jeune âge, et malheureusement, la plupart d’entre eux finissaient par gaspiller leur talent et perdre leur réputation très rapidement.
Ce n’est que lorsque Victor commença à lui parler que Lucien revint à lui. Il hocha la tête et expliqua : « Merci, M. Victor. Je comprends à quel point une base solide est importante et je vais certainement donner le meilleur de moi-même pour travailler sur mon canon. »
« Bien. Alors, à quoi pensais-tu ? » demanda Victor.
« Quand tu présentais le Canon en Ré de M. Hersey, je pensais que je pourrais probablement recomposer ce morceau classique et le transformer en concerto pour piano. Peut-être qu’une version concerto pour piano du Canon en Ré sera assez unique. »
« Idée intéressante, Lucien. » Victor se frotta un peu le menton en réfléchissant, « La partie difficile est que le Canon de M. Hersey est composé de très courtes mesures musicales, donc il est difficile d’y apporter des changements considérables. »
« Penses-tu que c’est faisable, M. Victor ? » demanda Lucien avec espoir.
« Eh bien… Le Canon en Ré a été recomposé en quelques versions différentes auparavant, donc je dirais qu’une version concerto pour piano est définitivement quelque chose à attendre avec impatience. » Victor confirma l’idée de Lucien et sourit.
Après le cours, lorsque les élèves se dirigeaient vers les salles de pratique, Felicia rattrapa Lucien et lui demanda à voix basse avec espoir : « Vas-tu jouer la version concerto pour piano du Canon en Ré à ma fête d’anniversaire le mois prochain ? »
Le canon n’était pas une technique très exigeante ni compliquée. Elle ne pensait pas que cela prendrait trop de temps à Lucien.
Lucien fut soudainement inspiré, puis il sourit : « Felicia, je n’oublierai pas l’aide que tu m’as offerte. Je jouerai du piano à ta fête d’anniversaire, mais ce ne sera pas un canon. Je composerai un morceau de sérénade pour toi. »
« Vraiment ! » C’était une grande surprise pour Felicia. Le fait que le consultant musical personnel de la princesse écrive un morceau de sérénade spécialement pour elle dépassait totalement ses attentes.
« Oui, mais ce ne sera pas un morceau très complet puisque le temps est assez limité. Ce sera probablement seulement un opusculum. »
« Tu es génial, Lucien ! » Felicia était excitée mais aussi un peu préoccupée, « Mais tu n’as qu’un mois… Si le travail n’est pas assez bon, cela pourrait nuire à ta réputation. »
Bien que composer un opusculum en un mois ne soit pas rare, Felicia s’inquiétait toujours pour Lucien. Étant donné que Lucien attirait tant d’attention en ce moment après le concert, beaucoup de gens qui enviaient son talent le surveillaient comme des bêtes féroces la nuit, attendant la moindre occasion de lancer leur attaque et de donner du fil à retordre à ce jeune musicien.
« Un morceau de sérénade ne devrait pas poser de problème. » Lucien semblait assez confiant. Et la confiance de Lucien venait du fait qu’il avait déjà trouvé un morceau de sérénade très classique dans sa bibliothèque spirituelle qui ne ressemblait à aucune œuvre musicale dans ce monde.
Pour éviter d’être trop suspect, Lucien décida de ne faire qu’un opusculum pour la fête d’anniversaire.
« D’accord… J’attends avec impatience ta sérénade, » dit Felicia avec à la fois de l’attente et de l’inquiétude.
Au cours du mois suivant, à part analyser des sorts magiques et lire le livre intitulé Astrologie et Éléments Magiques écrit dans l’ancienne langue Sylvanas avec l’aide des notes de la sorcière la nuit, Lucien passa tout son temps à étudier la musique et à composer son canon et la sérénade. Après tout, la musique pouvait maintenant lui offrir la chance de trouver le quartier général du Congrès de la Magie.
Avec son travail acharné et sa grande mémoire, Lucien se sentait enfin suffisamment qualifié en tant qu’étudiant en musique. Au cours de ce mois, il réussit également à recomposer le Canon en Ré et à terminer la sérénade pour l’anniversaire de Felicia.
Pendant ce temps, John continuait son entraînement de chevalier. Bien qu’il veuille éveiller sa Bénédiction le plus tôt possible, Lord Venn l’avait averti que, sans une base solide, l’éveil serait très probablement un échec. Même s’il réussissait cette fois, sa croissance future serait très limitée.
Ainsi, John faisait preuve de beaucoup de patience, même si cela signifiait qu’il devait répéter le même entraînement encore et encore chaque jour. Pendant son temps libre, il se rendait dans la Forêt Noire pour combattre des gobelins et des cynocéphales afin de gagner plus d’expérience. En même temps, Lord Venn donna à John une somme d’argent et lui demanda de louer un logement dans le district administratif, afin de protéger sa famille.
Bien que Joel et sa famille aient passé de très bons moments dans la maison de Lucien, ils étaient définitivement encore plus heureux dans leur propre logement, surtout parce que c’était un endroit gagné par leur fils. Par conséquent, ils déménagèrent rapidement de la maison de Lucien, et Lucien respecta leur choix. Après tout, ils étaient de la famille, et cela ne changerait jamais, peu importe s’ils vivaient ensemble ou non.
Le dernier jeudi du Mois d’Or (octobre). Galerie de Guerre.
« Je suis enfin satisfaite de cette partie. » Natasha venait de terminer sa discussion avec Lucien sur un mouvement, « Maintenant, cette partie est suffisamment excitante pour correspondre au thème. »
« La dernière version était déjà très bonne. » Lucien sourit, « Vous avez en effet des attentes très élevées envers vous-même, Votre Grâce. »
Les connaissances musicales de Natasha étaient en réalité bien plus profondes que celles de Lucien. En travaillant ensemble, Lucien apprit également beaucoup de la princesse.
« Eh bien… si vous faites quelque chose, alors vous donnez le meilleur de vous-même, » dit Natasha de bonne humeur.
« Oui, Votre Grâce, » acquiesça Lucien.
Alors que Lucien s’apprêtait à partir, Natasha lui demanda avec curiosité, « J’ai entendu dire que vous aviez écrit une nouvelle sérénade pour l’anniversaire de votre camarade ce soir ? »
« Oui. » Lucien hocha la tête.
En désignant le piano au centre de la pièce, Natasha demanda, « Puis-je l’écouter d’abord ? »
« Je suis désolé, Votre Grâce. C’est un cadeau pour l’anniversaire de Felicia, » refusa poliment Lucien la princesse.
« Eh bien, je suppose… » Natasha fit quelques pas en avant et en arrière, « Bien que je sois très curieuse, je pense que vous avez raison. J’ai envie d’écrire une sérénade d’amour pour l’anniversaire de Silvia, aussi. »
« C’est… c’est très attentionné. » Lucien s’y était presque habitué maintenant.
À ce moment-là, Natasha se retourna et dit quelque chose à lady Camil. Camil quitta la pièce et, un instant plus tard, revint avec une belle épée à la main.
« C’est l’épée du chevalier que je t’ai promise, » dit Natasha. « Son nom est ‘Alerte’, et c’est une épée de haut rang de niveau un avec une qualité extraordinaire. Avec Alerte, tes instincts seront beaucoup plus aiguisés, te rendant plus conscient de tout danger imminent. »