Chapitre 73
[Classe 1-G](N.D.A. : C'est la classe des protagonistes)
« Tiens, d'habitude, ces deux-là sont toujours les premiers. »
Henry parle d'un ton légèrement surpris.
« Ouais, je me demande pourquoi ils sont si en retard aujourd'hui. »
C'est Elijah qui lui répond. Ils sont entrés en classe dix minutes avant le début des cours.
D'ordinaire, Sabrina et Alan sont les premiers, avant même que quiconque n'entre.
Ils se téléportent dans une zone déserte et marchent jusqu'à la salle.
C'est pour ça qu'ils arrivent les premiers.
Ce qu'ils font en arrivant quarante-cinq minutes en avance ?
Ils lisent ou font leurs devoirs.
Alan s'occupe de ses devoirs, tandis que Sabrina fait ce qu'elle veut.
La plupart du temps, elle lit.
*Bhuk*
La porte de la classe s'ouvre.
Elijah et Henry tournent la tête pour voir qui entre.
Sans grande surprise, Sabrina entre, en nage.
Elle ignore les autres et va s'asseoir à sa place.
« ... Ça va ? »
Elena interroge Sabrina, une pointe d'inquiétude dans la voix.
Elle s'inquiète pour son amie qui semble avoir couru des kilomètres pour arriver ici.
« ... Ha, ha, oui. »
Sabrina répond, le souffle court.
Son « moyen de transport », autrement dit son garde du corps, est introuvable.
Elle ferme les yeux et fait circuler son mana pour le localiser. Il est à l'hôpital du campus de Shield.
L'hôpital... Elle vérifie son état. Il est inconscient et blessé.
Elle ne prend pas la peine de le contacter via leur Lien spatial. Il ne répond jamais quand il dort ou qu'il est évanoui.
Alors, elle a marché depuis son dortoir jusqu'au bâtiment de cours.
« Alors, il est où, Alan ? »
Henry l'interroge pendant qu'elle essaie de stabiliser sa respiration.
« À l'infirmerie. »
Un court silence suit sa réponse. Ils pensent tous qu'il est peut-être malade. Ils ne posent pas plus de questions.
Ils attendent le début du cours en silence.
À 7 h 00 pile, pas une seconde de retard, Douglas entre et commence l'appel.
D'habitude, il ne le fait pas, mais aujourd'hui est un jour spécial. Les élèves doivent être informés de leur premier cours particulier.
Dans cinq jours aura lieu leur première excursion en Donjon.
***
Je me réveille.
Je vois un plafond inconnu.
Avant que je puisse essayer de m'asseoir, une voix retentit.
« Reste couché. »
Je regarde vers la voix. Une femme aux cheveux verts s'approche, une fiole de liquide vert à la main.
J'essaie de bouger la tête, mais je sens une minerve autour de mon cou.
Mes bras et mes jambes sont dans le plâtre. Tout mon corps est engourdi à partir du cou, je ne m'en étais même pas rendu compte.
Et mes yeux... ils me font atrocement souffrir.
Je regarde la femme aux cheveux verts. Je l'identifie.
Vanessa Greenfield.
La prof responsable de l'option Soins/Médecine et médecin personnel des dix meilleurs élèves.
Cette femme, d'après le roman, est une garce cupide prête à tout pour de l'argent.
Mais elle n'oserait rien faire à un élève blessé sous sa responsabilité, à part le soigner.
Je serais déjà sur pied si elle avait utilisé une potion, mais... Shield interdit leur usage, sauf si l'élève est gravement blessé et sans espoir de guérison naturelle.
L'une des raisons est d'éviter que les élèves développent une immunité aux effets des potions.
Si on prend un médicament plusieurs fois, on finit par s'y immuniser. C'est encore plus vrai pour les Éveillés.
C'est pourquoi peu de gens en abusent. Ils gardent leurs effets miraculeux pour les situations de vie ou de mort.
Tout le monde sauf Elijah. Ce type n'a qu'à demander à son Système de le soigner.
Et les potions qu'il achète dans la boutique du Système sont cheatées à mort.
Et chères à crever.
... En y réfléchissant, il pourrait aussi acheter une Larme d'elfe.
Mais... personne à part lui... et moi, n'est au courant pour son Système.
Si je lui demandais de m'en acheter une, je ne récolterais que de la méfiance.
« ... ? »
J'essaie de parler, mais aucun son ne sort.
« Holà, n'essaie pas de parler. »
Vanessa parle tout en plongeant une seringue dans la fiole de potion.
« Je ne sais pas qui a fait ça, mais on t'a bien amoché. Sans potion, tu en aurais pour un mois sans cours, mais... »
'Et ? Continue sans t'arrêter, femme.'
Au grand dam d'Alan, Vanessa marque une pause avant de poursuivre.
« ... Tu as ton excursion en Donjon dans cinq jours, alors va pour la potion. »
Elle termine sa phrase en aspirant tout le liquide de la fiole dans la seringue.
Au moment où elle s'apprête à piquer mon épaule dénudée, on frappe à la porte.
*Toc ! Toc !*
« Entrez. »
Vanessa répond à ma place puisque je suis muet.
La porte s'ouvre. J'entends cinq paires de pas entrer.
Je ne vois pas qui c'est, mais j'ai une petite idée.
Et honnêtement, j'espère que ce n'est pas ces cinq-là.
Malheureusement pour moi, ce sont bien eux.
Les cinq protagonistes du roman.
« Ah, Madame, nous venons apporter les notes sur le Donjon à Alan. »
J'entends la voix d'Elijah alors qu'il entre avec les autres.
« Laissez-les dans le tiroir à côté de son lit », dit Vanessa sans même lever les yeux.
« Bien », répond Elijah.
Merde. Ils vont voir dans quel état je suis.
Putain de gorge, pourquoi tu ne peux pas sortir un son ?!
Ses pas se rapprochent. Il finit par m'apercevoir derrière le rideau qui entoure le grand lit d'hôpital.
Nos regards se croisent. À cet instant précis, il lâche le dossier qu'il tenait
par terre.
*Tuk !*
Il ne dit rien, me fixant avec un regard choqué.
« Eli, qu'est-ce qu'il y a ? »
La voix de Serena résonne. Elle s'approche aussi et voit mon état. Sa réaction est identique.
Les autres, remarquant l'arrêt d'Elijah et Serena, s'approchent. Leurs visages affichent la même expression de choc.
'Bordel de merde, pourquoi vous devez tous venir pour un seul dossier ?!'
Vous ne comprenez pas mes efforts désespérés pour vous éviter ?!
« ... Madame, qu'est-ce qui lui est arrivé ? »
C'est Sabrina qui demande, ayant retrouvé son calme plus vite que les autres.
Elle s'attendait à quelques bleus... mais c'est quoi ce bordel ?!
Presque tout son corps est bandé ou dans le plâtre.
Son statut disait qu'il était juste blessé... pas à l'article de la mort, putain !
Vanessa, qui vient d'injecter le contenu de la seringue à Alan, répond d'une voix calme.
« À votre avis ? Il s'est fait démolir. »