Chapitre 46
Je m'éloigne du snack-bar.
Je me dirige vers l'emplacement de Sabrina en buvant un cola.
En chemin, je m'arrête.
Parce qu'un type en costume se tient devant moi.
Il a des cheveux dorés, un visage plutôt beau et une carrure athlétique.
Il affiche un sourire et prend la parole.
« Salut. »
« Salut. »
Après avoir répondu à son salut, j'essaie de passer, mais le bâtard me bloque à nouveau le passage.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Je lui lance ça d'un ton agacé, histoire de lui faire comprendre que ses conneries commencent à me gonfler.
« Haha, j'aurais dû commencer par me présenter. Désolé, je ne suis pas très doué pour ça.
Je m'appelle Maxwell Parker, et je suis ici pour recr... »
« Non. »
Je réponds avant même qu'il puisse finir sa demande de recrutement.
J'ai déjà signé un contrat magique qui m'interdit de rejoindre une autre guilde que Twilight après mon diplôme.
Et son nom me dérange un peu.
Maxwell Parker. Vu son nom de famille, il est lié à la guilde Titan.
Je ne veux rien avoir à faire avec eux, ni avec une guilde qui compte le protagoniste dans ses rangs.
« Eh bien, je m'en doutais. »
Dit-il en gardant ce même sourire.
« Au revoir alors. »
« Je veux monter une affaire avec toi.
Plus précisément à ce sujet. »
Ignorant totalement mes paroles, il me montre son index, sur lequel brille une bague familière.
Le même type de bague que celle dont je me sers pour fabriquer de l'équipement spatial.
« Si tu veux parler de commerce d'équipement spatial entre nos deux guildes, ce n'est pas à moi qu'il faut t'adresser. »
« Je ne suis pas là au nom de Titan. Je suis là pour mon propre compte. »
Hoh ?
Pas là sur ordre de Titan, hein ?
Comme si j'allais le croire.
« S'il te plaît, je suis en retard pour un événement spécial. Alors j'aimerais que tu te pousses. »
Ou alors je vais juste ouvrir un portail devant sa tronche.
Alors que je m'apprête à partir.
Sa phrase suivante pique ma curiosité.
« 70/30. 70 pour toi, 30 pour moi. Je fournis tous les matériaux nécessaires à la fabrication des bagues et tu n'as qu'à m'en donner dix, non, cinq par mois. Je m'occupe de tous les problèmes juridiques et je gère Twilight. C'est gagnant-gagnant pour nous deux. »
Belle offre, mais.
« 80 pour moi et vingt pour toi. Alors j'y réfléchirai. »
« Marché conclu. »
Merde, j'aurais dû demander plus.
Sans attendre une seconde de plus,
« Comment tu vas gérer ma guilde ? »
« J'ai mes moyens. Je peux vendre les bagues à des clients "spéciaux" en utilisant des méthodes discrètes, pour qu'ils ne puissent pas remonter jusqu'à nous. »
« Et qu'est-ce qui te rend si sûr que je ne vais pas en parler à ma guilde ? »
Au lieu de répondre, il se contente de sourire et me tend sa carte de visite.
Je la prends, et je m'apprête à sortir la mienne quand je réalise.
Je n'ai pas de carte de visite dans ce monde.
Les vieilles habitudes ont la vie dure, hein.
« Appelle-moi si ça t'intéresse. »
Dit-il avec un sourire aimable avant de s'éloigner, me laissant là, embarrassé d'avoir essayé de sortir une carte inexistante.<sub> </sub>
Pour chasser mon embarras soudain, je me remémore son nom.
'Maxwell Parker, hein ?'
Il faudra que je fasse quelques recherches sur lui.
Et qu'est-ce qu'il entendait par clients spéciaux ?
Pour autant que je sache, peu importe qui sont ces clients, s'ils peuvent garder le secret sur la bague spatiale que j'ai fabriquée, l'affaire serait extrêmement rentable.
Mais je ne vais pas le faire. Pas tant que je ne serai pas sûr de mon coup.
Mon contrat avec Twilight stipule que les deux parties doivent agir dans l'intérêt mutuel.
À moins de trouver une faille parfaite, je ne m'exposerai pas à la colère de la troisième guilde la plus puissante sur Terre.
Pas avant d'être assez fort pour briser les termes du contrat par la force brute.
Ou de trouver un neutralisateur capable d'annuler un contrat de niveau quatre. Ce qui est impossible à trouver sur Terre.
Je n'appellerai pas ce numéro.
Mais, comment diable a-t-il mis la main sur une bague que j'ai fabriquée ?
Twilight ne m'a pas encore versé ma part de créateur.
Ce qui signifie que les bagues n'ont pas encore été vendues.
Il faudra que j'appelle Ben pour confirmer.
Alors que j'essaie de me rappeler si Maxwell Parker était dans le roman.
C'est là que je reçois un message mental de Sabrina.
[Téléporte-toi ici, maintenant !]
Sans perdre une seconde, j'ouvre un portail directement vers son emplacement.
***
« Donc, maintenant que tu sais comment ça marche. On va faire une partie pour que tu puisses regarder une dernière fois avant d'essayer toi-même, ok ? »
Dit Henry à Sabrina.
Elijah a déjà le casque sur les oreilles et est assis dans son fauteuil, attendant que Henry lance le jeu de course.
Sabrina se contente d'hocher la tête.
Voyant sa réponse, il s'installe dans son siège, met son casque et ils lancent tous les deux le jeu.
Alors qu'elle regarde les véhicules à l'écran appartenant à Elijah et Henry foncer à toute vitesse.
Elle ressent soudain un frisson lui parcourir l'échine.
Et une voix qui se fait entendre juste après lui glace le sang.
« C'est là que tu te cachais, mon amour prédestiné ! »
Sans perdre une seconde, elle envoie un message mental à son garde du corps pour qu'il vienne immédiatement.
Elle sent alors une main se poser fermement sur son épaule.
Elle veut sursauter de peur, mais la main exerce une telle pression que son épaule commence à lui faire mal et elle reste figée sur place.
Le bâtard détesté est là.
Et il a amené avec lui un étudiant de classe supérieure classé C.
« Dis, tu serais assez aimable pour regarder le feu d'artifice avec moi aujourd'hui, mon am... »
Avant qu'il ne puisse finir sa phrase, un carré de lumière bleue apparaît sur sa droite.
Et au moment où ce portail surgit,
Sabrina soupire de soulagement.
Du carré de lumière bleue, une silhouette aux cheveux d'un blanc pur et aux yeux semblables à de véritables diamants bleus en sort.
En voyant la silhouette apparaître, Lucas ressent quelque chose d'étrange et active sa compétence, forçant tous ceux qui sont d'un rang inférieur au sien à stopper leurs mouvements. Et ceux qui sont un rang au-dessus de lui à tressaillir légèrement.
Pourtant, la silhouette ne montre aucun signe d'hésitation et pose sa main sur celle de Lucas qui est sur l'épaule de Sabrina.
Il ressent une douleur intense au poignet et retire sa main, libérant Sabrina qui, dès qu'elle est libérée de son emprise, se réfugie derrière la silhouette aux cheveux blancs.
Il entend alors la voix de la silhouette.
« Ôte tes mains. »
Une voix glaciale, dénuée de toute émotion, résonne.
L'étudiant qu'il a amené avec lui commence à dégager une aura rosâtre.
Et la même couleur d'aura, mais dans une teinte plus sombre, commence à émaner du corps de la silhouette blanche.
Et son aura repousse celle de l'étudiant.