Chapitre 43
[Alors, tu te décides enfin à appeler ?]
« Désolé, je dormais, Mademoiselle. »
[Tu dis toujours que tu dors, mais ton statut indique pourtant que tu es en manque de sommeil.]
...
...
Wow, comment diable suis-je censé répondre à ça ?
[Quoi qu'il en soit, je me suis fait des amis, et-]
« Ah, félicitations, Mademoiselle. »
Je l'ai coupée avant même qu'elle puisse finir sa phrase.
[...et ils m'ont invitée à regarder le feu d'artifice avec eux.]
« Félicitations, Mademoiselle. »
[Et je veux y aller.]
« Eh bien, amusez-vous bien lors de votre sortie, Mademoiselle. »
[...]
« Bon- »
[Tu sais que je ne peux aller nulle part sans toi, n'est-ce pas ?]
« Mais tu as monté en rang et tu pourrais probablement battre le bâtard qui t'agace. »
Bien sûr, je n'ai dit ça que dans ma tête.
Pour autant qu'elle le sache, elle m'avait seulement parlé du lien spatial reçu en récompense de quête.
Rien d'autre.
Alors, si j'évoquais son augmentation de rang alors que nous ne nous étions pas vus depuis tout ce temps...
Elle deviendrait méfiante.
Très méfiante !
Soupirant, je lui ai répondu.
« ...À quelle heure dois-je passer vous prendre ? »
[18h00 pile.]
Quoi ?
« Mais le feu d'artifice commence à minuit ! Qu'est-ce qu'on va faire pendant six heures ?! »
[Explorer et m'amuser avec eux.]
...
Es-tu une gamine ou quoi ?
[Ça te va, Monsieur le Garde du corps ingrat ?]
...
...
...
« ...ok. »
L'appel a pris fin immédiatement après.
...
...
...
Je regrettais maintenant de l'avoir appelée.
Non seulement je m'étais fait rembarrer deux fois, mais mes plans pour éviter de rencontrer ses « amis » venaient de tomber à l'eau.
Bien sûr, ces amis étaient les autres protagonistes.
Bien que je ne sache pas comment ils s'étaient autant rapprochés d'elle récemment.
Ils n'étaient devenus proches qu'au début des cours.
Ah, bon sang, l'histoire principale du roman est déjà en train de changer.
Putain de merde.
Même si le changement n'est rien de drastique, pourquoi ai-je l'impression de marcher dans la gueule du loup ?
Enfin, le bon côté, c'est qu'elle n'a pas utilisé le cristal d'âme pour faire de moi son esclave pour le moment, bien que Suleras m'ait dit de ne pas m'en inquiéter.
J'avais toujours mes doutes.
Au fait, pourquoi n'avait-elle même pas essayé de l'utiliser ?
Était-ce son orgueil de riche ? Eh bien, c'est mieux si elle ne l'utilise pas sur moi.
J'ai juste besoin qu'elle l'utilise une fois pour que le plan réussisse.
Avec toutes ces pensées en tête.
Je voulais retourner dormir.
Pour une raison quelconque, je me sentais très léthargique.
Peut-être que mon esprit était encore fatigué par la vision.
Et donc, m'effondrant sur mon lit.
Je me suis endormi.
***
Dans un vide sombre siégeait la même silhouette qui avait tabassé un Dragon suprême.
« Il », ou plutôt « lui », attendait.
Il attendait d'accumuler assez de puissance pour enfin échapper à l'emprise des abysses.
Ne serait-ce que pour une courte période.
Il avait pris ses dispositions.
Avant de retomber à nouveau.
Lui aussi était fatigué de ce cycle constant de torture.
Et il voulait désespérément que cela s'arrête.
Il voulait désespérément mourir.
Cette fois, pour de bon !
***
Heure : 17h54
Le jour où l'année se termine et où une nouvelle commence.
Enfilant une simple chemise blanche à boutons et un pantalon noir.
J'étais prêt pour tout ce qui m'attendait.
J'avais déjà un plan pour survivre.
Et c'était : dormir !
Je dormirais tout le temps que nous passerions ensemble à attendre le feu d'artifice.
Je réduirai les occasions de discuter !
Maintenant que j'étais prêt.
Je suis descendu d'un étage.
En pensant au feu d'artifice.
Je me suis demandé :
À quand remontait la dernière fois que j'avais vu un feu d'artifice ?
Non, la question la plus appropriée serait : à quand remontait la dernière fois que j'avais « apprécié » les voir ?
Bien sûr, je m'en souvenais.
C'était l'un des rares bons souvenirs de James.
Un souvenir de quand j'étais enfant.
Les regarder depuis la fenêtre de ma chambre.
Alors que les lumières blanches éclatantes explosaient en fleurs magnifiques et en étincelles.
Enfant, j'étais complètement fasciné par eux.
Mais c'était probablement la seule fois où je les avais appréciés.
En sachant cela, un sourire s'est dessiné sur mon visage.
Mais il a disparu aussi vite qu'il était venu.
Arrivé à l'étage, j'ai frappé à la porte.
Après avoir attendu un moment.
La porte s'est ouverte et elle est sortie.
Portant une robe noire, les cheveux en queue de cheval.
« ...Pourquoi as-tu encore des cernes sous les yeux ? »
« Je n'ai pas assez dormi. »
Je lui ai répondu sans conviction.
Bien que j'admette moi-même que cela commençait à devenir inquiétant.
J'ai dormi et je ne me suis réveillé qu'à midi aujourd'hui.
J'ai dormi si longtemps et pourtant je me sentais toujours fatigué.
Elle m'a juste regardé.
« ...Est-ce si grave ? »
« Hm ? Oh non, j'attends juste que tu ouvres un portail. »
...
...
...
Eh bien, j'ai été réduit à un simple moyen de transport.
Et n'était-ce que moi, ou parlait-elle trop ?
Elle ne parlait jamais beaucoup dans le roman, malgré le fait qu'elle soit l'une des protagonistes.
Elle restait toujours sur ses gardes et souriait rarement. Les seules personnes à qui elle parlait fréquemment étaient les autres protagonistes féminines. Et c'était parce qu'elles étaient amies depuis l'enfance !
Le fait d'avoir ma vie entre ses mains l'a-t-il amenée à baisser sa garde à ce point ?
Eh bien, il lui suffisait d'une pensée pour mettre fin à mes jours.
Bon sang, je suis toujours amer à propos de ce que ces dragons, qui refusent maintenant de parler, ont fait.
Mais je comprenais leurs actions, dans une certaine mesure.
« Où dois-je l'ouvrir ? »
« District D. Je veux aller explorer là-bas. »
« Pourquoi ne pas simplement attendre sur le toit du centre commercial ? »
« Tu veux vraiment attendre six heures sur le toit du centre commercial ? »
...eh bien, je prévoyais juste de dormir, pour être honnête, mais !
Contrairement à avant, j'avais une répartie !
« Mademoiselle, vous aviez prévu d'attendre jusqu'à minuit pour éviter une certaine personne la première fois que nous sommes allés explorer. »
Un silence s'est installé. Elle n'a pas répondu pendant un moment.
Hah, ça fait quoi d'être de l'autre côté des insultes, hein ?
« ...Tu comprendrais si tu l'avais rencontré. »
« Eh bien, je ne l'ai pas encore rencontré, mais vu ta réaction, j'adorerais. »
« S'il te plaît, ne le fais pas. Dès qu'il s'approche à moins de 10 mètres de moi, je veux que tu l'envoies valser. »
« Ce n'est pas un problème, mais as-tu essayé au moins de répondre à ses sentiments ? »
Bien que je sache comment ça se passait quand elle le faisait, je l'ai juste dit pour l'énerver et assouvir ma vengeance.
« Tu me dois une faveur pour t'avoir sauvé la vie, alors fais ce que tu as dit quand tu frappais constamment à la porte de mon étage. »
Ignorant complètement ma question, elle a changé de sujet. Souriant devant cette façon évidente d'éviter de parler de lui, je lui ai alors demandé :
« Tu fais référence au fait de te faire visiter les magasins parce que tu avais trop peur d'y entrer ? »
« Oui, et je n'avais pas peur, juste nerveuse. »
Oui, oui, bien sûr, tout ce que tu veux.
Sans perdre une seconde de plus.
J'ai ouvert un portail vers le District D.
Avant d'y entrer, je lui ai dit :
« S'il vous plaît, ne dites pas que je peux me téléporter, c'est un secret. »
Je le pensais vraiment.
Dans le roman, les protagonistes utilisaient la capacité de téléportation de Gary pour presque tout.
Je ne voulais pas m'impliquer davantage avec eux. Et si jamais c'était le cas, je ne voulais pas finir par devenir leur moyen de transport.
Non !
Je pouvais déjà les imaginer se tourner vers moi pour une téléportation instantanée.
Je ne deviendrai en aucun cas leur mule de transport.
Et je n'avais pas peur d'utiliser la force si nécessaire !
« Pourquoi ? C'est pratique. »
« C'est justement parce que c'est pratique que je peux déjà les imaginer me harceler pour être les deuxièmes humains à se téléporter ! »
« Deuxièmes ? Et le premier ? »
« La première personne à entrer dans mes portails, à part moi, c'était toi. »
C'était vrai, bien que nous soyons entrés tous les deux dans le tout premier portail que j'avais créé. C'était un fait indéniable qu'elle était la première humaine à entrer dans un portail spatial créé par un Éveillé spatial. Quant à moi ? Je n'étais pas humain.
« Oh ? J'étais la première ? »
« Oui. »
Après une légère pause, elle a répondu à nouveau.
« Ok, je garderai le secret aussi longtemps que je le pourrai. »
« Merci, Mademoiselle. »
« Ne m'appelle pas comme ça quand nous sommes avec eux. Je veux aussi garder ton rôle secret. »
Pourquoi garder mon rôle de garde du corps secret ? Pourquoi se donner tant de mal ?
Tout le monde ici pourrait le découvrir s'ils demandaient simplement à leurs soutiens.
Bien que je sois un peu confus, j'ai quand même accédé à sa demande. Elle avait accepté la mienne, alors j'accepterais la sienne.
« Très bien, alors pouvons-nous y aller ? »
J'ai tendu la main pour qu'elle la saisisse.
« Oui. »
Elle a répondu et a saisi ma main. Et nous sommes entrés tous les deux dans le portail.
La journée allait être mouvementée. Et j'allais faire de mon mieux pour rester discret, bien que cela soit impossible.
J'ai juste sincèrement prié pour qu'aucun des protagonistes ne soit avec eux.
Si elle était là, alors tout mon stratagème serait inutile.