Chapitre 35
« ...magnifique. »
Un vieil homme assis sur une chaise de bureau me parla.
J'étais actuellement dans le bureau du directeur.
Dans le bureau d'Oliver Olsfer.
Pour être honnête, c'était un bureau de directeur tout ce qu'il y a de plus ordinaire.
Un bureau indigne d'un homme de son rang.
C'était une pièce banale avec des canapés, une bibliothèque remplie de documents, une table et un bureau.
Assis derrière le bureau, un vieil homme qui correspondait parfaitement à la définition d'un vieillard ordinaire.
Cheveux et barbe gris. Et une silhouette étonnamment saine pour ses 112 ans.
« Dis-moi, comment es-tu arrivé à ce niveau à un si jeune âge ? »
« Le travail acharné, monsieur. »
Je répondis à sa question avec un visage stoïque.
« Si le travail acharné était vraiment la seule chose qui comptait, alors le talent serait inutile, non ? »
« Je ne vois pas ce que vous voulez dire, monsieur. »
« Trois élèves dans l'histoire de cette école ont eu un talent de rang SSS et se sont réellement consacrés à se renforcer dès leur naissance... »
Il fit une pause, puis reprit après un moment.
« Pourtant, vous, avec un talent de rang SS seulement, vous êtes bien, bien plus fort qu'eux, alors que vous n'avez commencé à vous entraîner qu'il y a un an. »
Il termina sa phrase et fixa mon visage.
« Eh bien, le travail acharné et le talent forment une excellente combinaison chez moi, monsieur. »
Dis-je sans que mon visage impassible ne trahisse la moindre émotion.
« Assez. »
Dit-il en commençant à libérer une infime partie de sa pression de rang SS.
Je restai debout, sans changer de posture.
Je pouvais supporter cette quantité de pression.
[Le Dragon Suprême du Chaos Suleras dit qu'un dragon ne doit pas s'agenouiller devant un être aussi faible.]
Oh, tais-toi, tu veux bien ? Tu te décides enfin à parler après quoi, un mois ?
J'essaie de me concentrer, là.
« Lors de ton évaluation de talent, l'orbe commençait à briller d'un noir profond jusqu'à ce que tu retires brusquement ta main. À ce moment-là, la plupart des gens étaient trop choqués par l'aveuglante lumière blanche pour remarquer ton geste. Alors, pourquoi as-tu retiré ta main ? »
« J'ai simplement été surpris, monsieur. »
J'ai répondu à sa question en essayant d'avoir l'air aussi sincère que possible.
Malheureusement, l'individu connu sous le nom d'Allan Peccator était un acteur minable qui ne savait rien faire d'autre que garder un visage impassible.
« Eh bien, tu étais un enfant, donc c'est compréhensible... si c'était arrivé une seule fois... »
Merde, ce type a fait ses recherches.
« Puisque tu étais un tel "enfant" que tu as été surpris "deux fois", je vais te reposer la question. Au lieu de ça... »
Il fit une nouvelle pause. Il avait clairement insisté sur les mots « enfant » et « surpris ».
La pression autour de moi disparut et les yeux du directeur se mirent à luire d'un vert éclatant.
C'était l'activation de sa compétence, [Yeux du Sage [S]].
Ses yeux se mettaient toujours à luire d'une lueur verte lorsqu'il activait cette compétence dans le roman.
Et grâce à cette information, je m'étais préparé.
« As-tu un quelconque lien avec les démons ? »
Il avait posé sa question. Je ne pouvais pas mentir maintenant. Si je le faisais, il me tuerait sur-le-champ et toute trace de mon existence s'évaporerait.
C'était le pouvoir que cet homme détenait.
Bien qu'il fût aimable avec les humains.
Il était un tyran absolu envers ceux qui avaient basculé du côté démoniaque.<sub> </sub>
« Non. »
Répondis-je.
Ses yeux avaient cessé de luire. Et bientôt, un sourire apparut sur son visage, comme s'il était satisfait de la réponse que sa compétence lui avait donnée.
« Eh bien, c'est une bonne chose. Tu peux y aller maintenant. Passe ton rang. »
Il a parlé. Sans attendre une seconde de plus, je me suis dirigé vers la porte et j'ai quitté la pièce.
Une fois dehors, j'ai ouvert un portail vers ma chambre et j'ai sauté dedans immédiatement.
À peine revenu, j'ai refermé le portail, je me suis effondré sur les genoux et j'ai haleté, à bout de souffle.
« ... pourquoi faut-il que tout le monde me menace putain pour obtenir des réponses... »
J'ai lâché ces mots à voix haute.
Je ne faisais qu'évacuer ma frustration parce que, pour une raison obscure, chaque haut dignitaire ou chef d'organisation que j'avais rencontré s'était immédiatement montré suspicieux à mon égard et vis-à-vis de mon rang.
C'était arrivé avec Richard, et maintenant avec Oliver.
Vous ne pouvez pas juste vous détendre, les gars ?
Un super rookie voulait juste vous rejoindre, c'est tout.
Ahh, je fais vraiment ma petite nature sur ce coup-là...
Pour être honnête, j'étais sacrément suspect.
Mais il n'y avait aucune raison de me menacer avec vos pressions, sales bâtards !
Ma crise de nerfs terminée, j'ai rampé jusqu'au canapé et je me suis effondré dessus, gagné par le sommeil.
***
« Il ne mentait pas, c'est certain... mais pourquoi les Yeux du Sage ne peuvent-ils pas voir ses statistiques ? »
Oliver réfléchissait. Sa compétence était absolue, elle ne l'avait jamais trahi.
Pourtant, en l'utilisant sur cet élève de son école, il n'avait pu déterminer que la véracité de ses propos.
Alors qu'il était plongé dans ses pensées, une chouette argentée
se matérialisa sur son épaule. En la voyant, Oliver l'interrogea :
« Alors, qu'en penses-tu, Argenti ? »
[Ne parle pas d'une figure aussi estimée avec un tel manque de respect, Oliver.]
La voix d'un homme résonna dans l'esprit d'Oliver.
Surpris par le respect manifeste de son familier envers Allan, Oliver lui rétorqua :
« C'est plutôt rare de te voir aussi respectueux envers un gamin, surtout quand tu ne me respectes même pas, moi ? »
[C'est une figure qui mérite mon respect et celui de l'esprit.]
« Oh ? À ce point ? »
[Il possède la bénédiction de deux Dragons Suprêmes tout-puissants.]
Oliver manqua de se lever, sous le choc, après avoir entendu ce que son familier venait de dire.
Argenti demanda à nouveau, la voix empreinte de surprise :
« ... Tu es sérieux ? »
[Quand ai-je manqué de sérieux ?]
« ... Mais comment un humain pourrait-il recevoir la bénédiction d'un dragon, alors que même les plus royaux des elfes n'y parviennent pas !? »
[Je ne sais pas comment. Mais à partir de maintenant, n'utilise plus les Yeux du Sage pour l'observer. Les Dragons Suprêmes tout-puissants derrière lui t'ont toléré jusqu'ici. Si tu recommences, nous serons tous les deux effacés de l'existence. Et tâche de te mettre dans ses bonnes grâces, cela nous sera profitable à tous les deux.]
Sur ces mots, le hibou disparut de son épaule.
Oliver s'affaissa dans son fauteuil.
Toujours abasourdi par ce qui venait de se produire.
« ...merde. »
Il réalisa alors pourquoi Alan était si puissant.
Il comprit qu'il venait probablement de menacer la pire personne possible et qu'il avait échappé de justesse à une effacement pur et simple de son existence.