Chapitre 203
Aror, la ville où Elijah et Aranus sont nés.
C’était une petite ville, mais elle restait le berceau des deux existences les plus puissantes de l’univers.
Bien qu’Aranus n’ait pas passé beaucoup de temps à Aror après avoir été placé dans un orphelinat à Astolk, Elijah y a vécu la majeure partie de son enfance.
Il connaissait chaque ruelle, le magasin de ses parents s’y trouvait, et c’est à la périphérie de cette même ville qu’il avait rencontré Agri et suivi son entraînement. C’était aussi là que Serena et sa mère avaient été retenues captives en secret, avant qu’Elijah ne vienne la sauver après avoir reçu une quête.
La ville fut également détruite durant les vacances d’été parce qu’Elijah avait échoué à une quête assignée par le Système.
Il a vu son lieu de naissance réduit en cendres, ce qui l’a poussé à s’entraîner pendant des mois. Pour ne plus jamais être faible.
Mais ce n’était que le point de vue d’Elijah. Pour Aranus, c’était différent.
« La guilde responsable de la ville est une guilde de rang B nommée Tigre Divin. Elle a pris de l’importance il y a quelques années grâce à un "soutien inconnu". La rumeur dit qu’ils harcèlent les citoyens en leur extorquant des frais de protection ridicules, et qu’ils pratiquent même le trafic d’êtres humains dans certains cas... mais les preuves ont été très bien dissimulées. De plus, l’antenne de l’association locale ne bouge pas car la ville ne rapporte rien ; la plupart des donjons sont de bas rang, et ils subissent la pression de la guilde Tigre Divin, sans parler des pots-de-vin potentiels. »
« La ville est plutôt calme, mais les citoyens détestent les Éveillés. La plupart abusent de leurs pouvoirs pour nuire à la population. Cependant, certaines entreprises ont exploité cette haine pour vendre des drogues illégales capables de faire vaciller le contrôle du mana. Ainsi, les citoyens opprimés ont trouvé un moyen de se défendre. Les autres guildes de la ville sont de mèche avec le Tigre Divin, et beaucoup sont considérées comme des guildes sœurs. »
« Putain, cette ville est foutue... »
Maxwell lut le rapport à voix haute pendant que le reste de Predator écoutait.
« Bon, on vous a tous les deux, donc on n’a pas vraiment à s’inquiéter pour la main-d’œuvre. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on ne sera pas bien accueillis... »
Maxwell dit cela d’une voix terne et déçue, ce qui poussa Kazikato à poser une question.
« Qu’est-ce que tu veux dire par "pas bien accueillis" ? »
Maxwell regarda Kazikato et répondit :
« La majorité des citoyens détestent les Éveillés. Vu leur historique, l’arrivée d’une nouvelle guilde, surtout la troisième plus puissante, ne sera pas vue d’un bon œil. On va devoir gérer les gens aigris et les guildes qui veulent nous voir dégager. »
« Si on fait une bonne publicité, on peut améliorer notre image... mais ça n’effacera pas complètement les préjugés... »
« Tu as raison. Et si on provoquait une rupture de donjon pour la bloquer nous-mêmes ? Ça pourrait nous rapporter des points. »
« T’es fou ? On ne peut pas faire ça ! »
« Pourquoi pas ? »
« On ne peut pas prédire une rupture de donjon avec précision, il y a trop de variables ! Et si des gens meurent ? Dis des trucs sensés, Max ! »
« Très bien. »
Maxwell et Alice se disputaient, tandis que Kazikato regardait et qu’Alan était dans son propre monde.
Alan avait son téléphone en main et lisait un message de Richard.
[Contente-toi d’établir une antenne, tu n’as rien d’autre à faire. On sait que tu as de la famille là-bas, passe du temps avec eux. Considère ça comme des vacances. S’il y a des problèmes, contacte-moi et Twilight s’occupera de nettoyer l’endroit.]
Il relut le message encore et encore.
De la famille ? La seule famille que j’ai, c’est Sam, et celle qui est là-bas, c’est celle d’Aranus.
De plus, comme Richard ne sait pas ce qui se passe réellement dans cette ville... il m’a confié cette mission.
Cette ville est rasée jusqu’au sol, tout ça parce qu’Elijah n’a pas pu terminer la quête du Système. Des milliers, des dizaines de milliers de personnes sont mortes à cause de son erreur, une erreur qui l’a hanté pendant des années.
*Soupir...* Un soupir m’échappa et je m’excusai pour quitter la pièce avec Kazikato.
« On va s’entraîner, vous pouvez gérer la planification. »
Dis-je en entraînant Kazikato dehors... qui semblait au bord des larmes.
« On va juste s’exercer », murmurai-je à son oreille.
Mais pour une raison inconnue, les larmes coulaient toujours sur ses joues.
« Ok, vous deux, vous ne servez à rien ici. »
« Ok, dis-moi si tu veux manger quelque chose. »
Dirent respectivement Maxwell et Alice, tandis qu’Alan et Kazikato partaient.
***
« Je te dis que j’ai été pris en embuscade par un démon des fosses, et quand j’en ai fini avec lui, je suis allé sur l’île, mais ! »
*Bam !*
Alan bloqua un coup de poing de Kazikato et demanda :
« Mais ? »
« Un rayon blanc géant a jailli de l’île, il a déchiré le ciel et brisé la barrière. Ça m’a envoyé valser, et quand je suis revenu, les instructeurs patrouillaient sur toute l’île ! »
*Bam !*
Alan envoya Kazikato voler et s’arrêta.
Kazikato en profita pour attaquer Alan de toutes ses forces, mais Alan esquiva chaque coup sans effort, toujours plongé dans ses pensées.
« Recule. »
Dit Alan alors que sa lance se matérialisait dans sa main.
Il prit une posture, une posture familière, puis frappa de toutes ses forces.
*BOOOM !*
L’air trembla sous la force brute d’Alan, même sans utiliser de mana.
....
Pourtant, il n’était toujours pas satisfait.
La posture parfaite, l’exécution parfaite qu’Aranus avait montrée, il avait tout copié facilement, alors qu’est-ce qui clochait ?
Il sentait toujours que quelque chose n’allait pas. Qu’il manquait quelque chose.
Il voulait ce pouvoir, ce pouvoir qui avait annihilé Kubrick en un instant, il en avait soif.
Pourtant, il ne savait pas ce qu’il faisait de travers.
Était-ce son état d’esprit ? Ou sa faiblesse ?
« Boss ? Boss ??? »
Kazikato l’appela, mais Alan ne l’entendit pas.
Il était toujours absorbé par ses pensées, essayant de comprendre ce qui clochait dans son exécution de la Percée de l’Oubli.
Il soupira et se massa les tempes alors qu’un mal de tête le frappait.
« Boss ? Ça va ? »
« Ouais... J’ai juste besoin de dormir... »
Répondit Alan, avant d’ouvrir un portail vers sa suite.
Et il s’y engouffra.
*****
Arrivé dans sa suite, il allait s’effondrer sur le canapé pour dormir, mais alors...
« Hé, Sam ! »
Dit-il en voyant sa sœur, qu’il n’avait pas vue depuis si longtemps, assise sur le canapé en train de dessiner.
Cependant, Samantha, sa petite sœur, se contenta de lui jeter un regard avant de retourner à son dessin.
« Qu’est-ce qui ne va pas ? »
Demanda-t-il... mais il réalisa soudain la situation. Il oublia son envie de dormir et se concentra entièrement sur sa sœur, qui était manifestement en colère.
« Hé... je suis désolé... j’étais... occupé ? »
Pas de réponse.
« Oh, allez Sam... Grand frère était occupé, c’est pour ça qu’il n’a pas pu passer du temps avec toi... »
Encore, aucune réponse.
« Tu veux des bonbons ? »
Tressaillement...
« Heh. »
Alan sourit en voyant ce léger mouvement.
« J’ai des bonbons... »
Dit-il en ouvrant son inventaire pour sortir une barre de chocolat qu’il tendit vers le visage de Samantha.
Lentement... mais sûrement. Elle allait craquer.
C’était ce qu’il pensait... mais malheureusement, il fut rejeté.
« Hmph ! »
Samantha détourna le regard à la dernière seconde... laissant Alan sans voix.
« Elle... a refusé des bonbons ? »
Gloups...
Ça va être dur.
Alors qu’Alan se creusait la tête pour trouver un moyen d’apaiser sa sœur... il le vit.
Un simple coup d’œil au dessin de Samantha.
Son expression devint grave.
Six individus : lui, Samantha, leurs parents et deux autres personnes.
Il n’eut besoin que d’un regard, puis il souleva Samantha pour la poser sur ses épaules.
Elle lui tira les cheveux de colère, mais Alan dit calmement :
« Allons faire un tour en ville. »
Un rare sourire apparut sur son visage alors qu’il quittait la suite, tandis que Samantha continuait de lui tirer les cheveux avec colère et défi.
Mais ce sourire disparut peu après.
Note de l’auteur : Désolé pour l’absence de chapitre hier, je me suis blessé au dos (ne demandez pas comment).
Un autre chapitre arrive bientôt, j’ai juste besoin de l’éditer une fois mon travail terminé. Je ne sais pas quand j’aurai fini, mais je vais essayer de me dépêcher.
Mise à jour : lol, un orage a causé une coupure de courant.
Le nouvel arc commence, soyez prêts, car je vais briser l’esprit d’Alan encore et encore dans cet arc.
Je vais l’appeler :
L’ARC DE LA DÉPRESSION MENTALE !
MUHHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHH !