Chapitre 428
Il parlait d’un ton glacial, calme et posé. Mais de mon côté...
Les yeux injectés de sang, je dégainai immédiatement mes épées avec fureur, mon corps explosant d’une aura violette, prêt à me jeter sur lui à l’instant.
« Tu t’es enfin montré, espèce d’enfoiré ! »
J’étais sur le point de faire voler en éclats le sol sous mes pieds et de me précipiter sur lui avec tout ce que mon corps pouvait rassembler.
Mais en moins d’une seconde, un poids écrasant s’abattit sur mes épaules, me figeant sur place.
Une pression d’aura formidable, la plus forte que j’aie jamais ressentie, me paralysa complètement.
Entouré par cette aura bleue qui émanait de l’Ingénieur, je réalisai qu’elle venait de lui.
« N’as-tu rien appris de la dernière fois ? »
Il parla du même ton glacial, se levant de son siège tandis qu’il s’approchait, rayonnant de cette aura écrasante.
« Tu sais que tu ne peux pas me vaincre. »
« Ferme ta sale gueule ! »
Luttant contre lui, j’essayai de bouger de toutes les manières possibles.
Mais c’était inutile.
Mon aura sombre n’était rien d’autre qu’un minuscule point face à l’océan de puissance absolue qu’il déchaînait.
Face à face avec lui...
Je fis de mon mieux pour me calmer, supprimant progressivement mon aura.
Normalement, je n’aurais pas pu garder mon sang-froid devant lui, mais les choses avaient changé après tout ce que j’avais traversé.
Même si je voulais lui arracher ce visage mystérieux, ce n’était pas le moment.
Je n’avais tout simplement pas la force de l’abattre... pas encore. De plus, je savais qu’il ne me tuerait pas. Ce salaud me voulait en vie plus que quiconque.
Alors, petit à petit, je me forçai à me calmer sous son regard froid et bleu.
« Un choix judicieux... ça ira. »
Sur ces mots, il rétracta son aura, me permettant enfin de reprendre mon souffle... et me rappelant une fois de plus le fossé immense qui séparait nos pouvoirs.
Face à ce genre de force... j’avais même oublié comment respirer.
L’Ingénieur m’ignora complètement, passant devant moi alors qu’il quittait le temple.
« Où crois-tu aller ?! »
Bondissant de ma place, je le poursuivis immédiatement.
C’était probablement la plus longue période que j’aie jamais passée dans le même espace que l’enfoiré aux yeux bleus. Il était hors de question que je le laisse disparaître à nouveau.
Mais, contrairement à mes attentes, il ne partit pas.
D’un seul mouvement de sa main solitaire, sa puissance balaya toute la secte, et en un instant, d’autres structures sombres se matérialisèrent à partir de rien.
À cet instant, j’obtins enfin ma réponse — celle que je me posais depuis mon arrivée.
C’était donc lui qui avait construit cet endroit.
En fixant son dos, je sentis un enchevêtrement d’émotions monter en moi... la plupart d’entre elles étant une haine brûlante qui me donnait envie de le tuer sur-le-champ.
Mais mêlé à cette haine... se trouvait le poids d’innombrables questions sans réponse. Des questions auxquelles j’étais sûr que lui seul pouvait répondre.
« Demande, si tu as des questions. C’est ta chance. »
Comme s’il lisait dans mes pensées, l’homme aux yeux bleus parla calmement, manipulant toujours le terrain comme si de rien n’était. Je lâchai un rire sec sans le vouloir.
« Ça, c’est inattendu. Depuis quand vous sentez-vous généreux, Ingénieur ? »
Dis-je froidement. Mais comme d’habitude, il ne dit rien.
Il n’avait aucune raison de me mentir. S’il voulait s’échapper, je ne pourrais de toute façon jamais le retrouver.
La porte étant ouverte devant moi, une centaine de questions inondèrent ma tête. Toutes les choses auxquelles je voulais désespérément des réponses.
Mais par-dessus tout...
Je posai la seule question qui m’avait amené ici en premier lieu.
« Comment puis-je sauver Danzo ? »
Demandai-je fermement, y mettant toute ma concentration.
La mission finale me donnait deux choix : le sauver, ou le tuer.
Et si quelqu’un connaissait une troisième voie, ce serait ce fils de pute.
J’attendis sa réponse. Quelques secondes s’écoulèrent.
« Il n’y a pas de réponse claire à cette question. »
Les veines de mon front tressaillirent comme des vers tandis que la rage montait à nouveau.
« Qu’est-ce que tu veux dire par là ?! N’est-ce pas toi qui as dit que cette question nécessiterait l’utilisation de la Compétence d’Interrogation du Système ?! Et que je le regretterais si je l’utilisais trop tôt ?! »
Hurlai-je sans réfléchir, la frustration débordant de moi.
Il était censé connaître la réponse. C’était lui qui l’avait suggérée via l’interface du système ce jour-là.
Mais l’Ingénieur ne montra aucune réaction. Il se tourna calmement vers moi.
« Tu sembles mal comprendre quelque chose, Frey Starlight. »
Froidement, il prononça des mots plus déroutants que tout ce que j’avais entendu de sa part auparavant.
« As-tu vraiment cru que c’était moi qui avais créé le système que tu utilises depuis tout ce temps ? »
Ses mots me firent froncer les sourcils d’incrédulité.
« De quoi parlez-vous ? »
« Réveille-toi. Il n’y a aucune chance que je puisse te donner un tel pouvoir. »
Alors qu’il continuait à débiter ces absurdités, mon esprit ne se remplissait que de plus de questions au lieu de réponses. Je ne pus m’empêcher de crier de frustration.
« Qu’est-ce que tu racontes, bon sang ?! Si ce n’est pas toi qui l’as créé, alors qui l’a fait ?! »
« Ce pouvoir était en toi depuis le début. Tout ce que j’ai fait, c’est le façonner en une interface système pour que tu puisses l’utiliser plus facilement. C’est tout ce qu’est le système... ton propre pouvoir, rien d’autre. »
Chaque mot résonnait comme un marteau frappant mon crâne.
Impossible... ça ne pouvait pas être vrai.
Il y avait trop de contradictions.
Si le système était mon propre pouvoir, comment avait-il pu le manipuler en premier lieu ?
« Quel genre de conneries essaies-tu de me vendre ?! N’est-ce pas toi qui as émis des missions ? N’est-ce pas toi qui m’as donné des réponses après la Victoriade ?! »
Je continuai à crier, tandis qu’il continuait calmement à remodeler la secte.
« Je n’émets pas tes missions. »
« Quoi ?! »
« Et quant à l’interrogation du système... tout ce que j’ai fait, c’est te donner la réponse parce qu’il se trouve que je la connaissais à ce moment-là. Contrairement à maintenant... où je n’ai sincèrement aucune réponse claire. »
Ses mots me frappèrent comme des coups incessants.
Soudain, les souvenirs des remarques sarcastiques du système, de ses missions cryptiques et de tout le reste me revinrent en tête.
Couvrant mon visage de mes mains tandis que mon expression s’assombrissait, une terrible réalisation s’insinua en moi.
« Ce n’était pas l’Ingénieur... »
« Il semble que tu aies enfin compris. »
Alors que sa voix résonnait dans le temple, je m’écroulai au sol sans le vouloir... réalisant que je venais d’ouvrir une porte vers un tout nouveau cauchemar.
« Si ce n’était pas vous... alors qui ? »
Demandai-je une fois de plus, levant les yeux vers lui.
Il ouvrit la bouche et répondit platement.
« Je ne te le dirai pas. »
« Quoi ? »
« Pourquoi tant de surprise ? J’ai dit que j’écouterais tes questions. Je n’ai jamais dit que j’y répondrais toutes. »
Entendre à nouveau cette réponse suffisante, surtout maintenant...
Je me retrouvai à dégainer mes épées, incapable de contrôler ma rage plus longtemps.
« Vous êtes vraiment un enfoiré, maudit ingénieur . L’ingénieur crasseux..ce titre vous va parfaitement ! »
Faisant exploser le sol sous mes pieds, je fonçai vers lui à une vitesse aveuglante, prêt à le réduire en miettes avec chaque once de pouvoir que j’avais.
« Prenez vos absurdités maudites et allez au diable ! »
Balançant mon épée, je le tailladai avec une vitesse terrifiante... ma lame n’était qu’à quelques centimètres de l’abattre.
Mais alors, à cet instant...
Le temps se figea, de la manière la plus étrange et la plus anormale.
Seul l’ingénieur bougeait, insensible. Calmement, il plaça sa main... brillant d’une lumière bleue écrasante... juste sur ma poitrine.
« Dors un peu. Peut-être que ça t’aidera à te vider la tête. »
Même si le temps lui-même était figé, je pouvais entendre sa voix avec une clarté parfaite.
Puis, sans avertissement, son poing libéra une vague d’aura destructrice qui déchira mon corps, me projetant en arrière jusqu’à ce que je m’écrase contre le mur du temple, le brisant complètement et traversant de l’autre côté.
Je m’écroulai au sol, vaincu d’un seul coup.
D’un seul coup, l’ingénieur m’avait assommé, me laissant enfoui dans l’abîme des ténèbres.
Le fossé entre nos pouvoirs... était incommensurable.
...
...
...
Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient. Mais quand je me réveillai enfin, la nuit était déjà tombée dehors.
D’un pas lourd et traînant, je sortis du temple en titubant, blessé bien plus dans mon esprit que dans mon corps.
Et il était là... le maudit Ingénieur... toujours debout, continuant calmement à construire la secte.
En lui faisant face une fois de plus, je réalisai clairement quelque chose.
Mon temps avec ces yeux bleus perçants était loin d’être terminé.
« Vous êtes vraiment un maudit fils de pute... ingénieur maudit. »