Chapitre 81
Ceci...
En contemplant le bâtiment devant moi, je restai interdit.
Il était censé s'agir d'une petite ville à la périphérie de l'Empire Veltran.
Pourquoi diable avaient-ils érigé un édifice aussi colossal ?!
Rien qu'à imaginer la somme engloutie dans sa construction...
C'était un investissement !
Oui, c'était la seule explication à un tel déploiement de grandeur. L'argent n'avait pas été gaspillé !
Les gardes à l'entrée m'observèrent avec méfiance, mais ne m'empêchèrent pas de pénétrer dans la banque.
J'avais peut-être l'air d'un enfant... Enfin, j'étais techniquement encore un enfant.
Mais ma tenue luxueuse sembla suffire à les dissuader de m'interroger.
Ils ne m'auraient pas arrêté. Pourquoi l'auraient-ils fait ?
Je pouvais devenir un client potentiel.
C'est simplement que lorsqu'une institution devient assez importante, de telles mises en scène sont nécessaires pour projeter sa puissance et son influence.
L'atmosphère à l'intérieur était à la hauteur du nom de la banque.
Chaque recoin criait la royauté. Le sol était de marbre pur, parcouru de bandes dorées formant des motifs sur toute sa surface.
Alors que je me dirigeais vers le comptoir, je pus observer des gens aux tenues variées, chacun dégageant une aura de richesse.
Le comptoir portait une plaque indiquant « Renseignements ».
Une femme était assise derrière le bureau, vêtue d'une tenue formelle mais élégante.
Elle semblait avoir la trentaine et arborait un sourire poli sur un visage plus qu'agréable.
« Comment puis-je vous aider ? »
Alors que je me tenais devant le comptoir, la femme engagea la conversation.
Même sa voix semblait angélique.
Était-ce lié à son métier ?
« Oui, je souhaiterais rencontrer le directeur de la banque. »
Répondis-je tout en sortant une carte.
« Cela... ne sera pas possible. Le directeur est actuellement en réunion et... »
Elle s'interrompit lorsque je lui tendis la carte.
« Enregistrez-la dans votre serveur. »
Elle me dévisagea une seconde de plus avant de procéder à la vérification de mes identifiants.
La carte que j'avais remise n'était pas ordinaire.
C'était une carte exclusive donnant accès à la base de données de toutes les institutions sous l'égide de D.X.
La carte portait ma signature de mana. Une fois entrée dans la base de données, elle suffirait à ce que cette femme connaisse mon identité et...
Je regardai la dame devant moi, qui affichait une expression surprise.
« Ceci... Veuillez patienter dans le hall un instant. Je vais contacter le directeur au sujet de votre visite. »
Mon identité avait été enregistrée avec le plus haut niveau de traitement dans la base de données.
En somme, j'avais un statut similaire à celui du directeur de la banque lui-même, voire supérieur.
La femme au comptoir semblait être une employée ordinaire, les informations auxquelles elle avait accès devaient donc être limitées.
Sinon, elle n'aurait pas eu une telle réaction face à mon identité.
Plus l'habilitation était élevée, mieux on savait qui j'étais.
Je me dirigeai vers l'un des canapés et m'installai confortablement.
Un membre du personnel arriva rapidement avec un plateau, m'offrant des boissons de toutes sortes.
Honnêtement, c'était la première fois que je voyais une telle variété de couleurs pour des boissons.
Haa...
Les riches vivent vraiment dans un autre monde.
Alors que je m'appuyais contre le dossier du canapé, la dame du comptoir s'approcha de moi d'un pas pressé.
« Monsieur, veuillez me suivre. »
Elle s'inclina à quatre-vingt-dix degrés en formulant sa requête.
Le directeur avait dû lui passer un savon...
Pauvre fille !
Alors que je me levais, la dame commença à me guider vers le bureau du directeur.
Je m'attendais à ce que l'homme vienne lui-même, mais cela aurait été peu professionnel.
Je n'étais pas du genre à harceler mes employés.
Bien qu'ils n'aient aucune idée de qui était leur véritable patron !
L'attitude de la dame à mon égard sembla attirer l'attention de beaucoup, car je pouvais sentir plusieurs regards braqués sur nous.
Le personnel de Syma Royal affichait rarement un tel comportement envers les clients.
Ils étaient polis, mais c'était tout.
Peu importait que vous soyez roturier, noble ou royal... Tout le monde recevait un traitement égal, indépendamment de son rang dans la société.
Le chemin vers le bureau fut court, et après quelques virages, nous atteignîmes la zone la plus déserte de la banque.
Il n'y avait personne d'autre que nous deux.
La dame poussa la porte et, avec une révérence, m'invita à entrer.
En franchissant le seuil, une vaste pièce m'accueillit.
C'était un bureau, mais il ressemblait davantage à une salle de réception.
Le directeur, qui faisait les cent pas, s'immobilisa en remarquant ma présence.
« Monsieur, je vous en prie, asseyez-vous. »
Il se précipita vers moi, me guidant vers l'un des fauteuils.
Le directeur tendit la main, à quoi je répondis par une brève poignée... Ou du moins, j'essayai.
Mais l'homme agrippa ma main, sa paume en sueur.
« Je vous présente mes excuses pour tout désagrément que j'aurais pu vous causer. »
Le directeur parla précipitamment.
« C'est bon... »
« Et je voulais descendre moi-même pour vous accueillir, mais ma position m'en empêche. Je suis vraiment désolé si cela vous a offensé d'une quelconque manière. »
Sans me laisser terminer ma phrase, le directeur s'épancha sans discontinuer.
Sachant que les mots seraient inutiles, je me contentai d'acquiescer.
Retrouvant apparemment son calme, le directeur lâcha ma main.
Alors que je m'adossais au fauteuil, une jambe croisée sur l'autre, le directeur pressa une sonnette à ses côtés et un homme chargé des rafraîchissements apparut à la porte.
« Je vous en prie. »
Devant son insistance, j'acceptai la tasse de café — ou était-ce du thé ?
Pourquoi la couleur était-elle si pâle ?
« Je m'appelle Harvey, et j'ai été récemment promu à ce poste. »
Ah.
Cela expliquait tout.
Cet homme n'était pas encore habitué à sa position de pouvoir.
Mais une autre chose me préoccupait désormais.
C'était Julien qui avait entré mes identifiants dans la base de données... Je devais vérifier cela, car la réaction extrême du directeur m'avait surpris.
Connaissant son poste, je m'attendais à ce qu'il ait plus d'informations sur mon identité, mais ce traitement n'était-il pas excessif ?
Non pas que cela me déplaise !