Chapitre 132
Ils avaient déjà nettoyé les lieux, mais alors…
Pourquoi cherchaient-ils à créer un tel chaos ?
Était-ce pour attirer l'attention ?
Une sorte de secte ?
Rien de tout cela ne semblait logique. S'ils voulaient attirer l'attention du monde, ils auraient dû attaquer une réception publique réunissant toutes les élites des empires, ou du moins piller une guilde bien plus riche.
Cette guilde, bien que de taille honorable, n'était rien comparée aux véritables titans du marché.
Alors, pourquoi ?
Remzi ne parvenait pas à trouver une raison définitive à cette attaque. Il avait passé en revue toutes les possibilités, mais chacune reposait sur des suppositions.
Était-ce dû à une querelle interne à la guilde ?
Une forme de vengeance ?
Mais les risques étaient trop élevés, et les profits qu'une telle tentative téméraire pouvait générer ne pesaient rien face aux pertes que le cerveau de l'opération aurait subies en cas d'échec.
Ce qui n'avait pas été le cas.
Remzi devait d'ailleurs saluer les efforts déployés pour mener à bien une frappe aussi réussie.
Si, par hasard, il découvrait le stratège derrière tout cela… Remzi songea à le recruter.
Bien que le plan qu'ils suivaient actuellement ne fût pas exempt de failles, du moins d'après ce que Remzi avait analysé de leurs actions.
Pourtant, il y avait du potentiel chez celui qui avait rendu tout cela possible, aussi imprudent que cela fût.
Même si, un instant, quelqu'un d'autre avait rejoint Remzi — l'un des principaux combattants de l'Empire — alors…
Remzi doutait encore de pouvoir vaincre facilement ces individus ; ils semblaient trop calmes et confiants, comme si tout ce qui se déroulait autour d'eux avait déjà été calculé, planifié et discuté, ne laissant aucune place à la surprise, même face à une situation imprévue.
Ou était-ce de l'arrogance ?
***
« Monsieur, il ne semble pas mordre à l'hameçon. »
Le combattant de rang Platine 1 qui supervisait l'assaut fit son rapport à ses supérieurs, prêts à intervenir dans la bataille à tout moment.
« Laisse-le tranquille. Tu as une minute pour tout finir, alors tue autant de monde que tu peux d'ici là. »
« Bien, monsieur. »
Clac !
Le plan était presque arrivé à son terme.
Deux objectifs principaux devaient être accomplis : le premier était le pillage du coffre, et le second était de créer autant de chaos et de destruction que possible sans se faire tuer.
Tous les nobles et marchands présents dans la salle étaient abattus les uns après les autres.
Les gardes qu'ils avaient amenés avec eux étaient trop blessés pour se protéger eux-mêmes, et encore moins leurs maîtres.
Tout se déroulait selon le plan…
Pourtant, le Numéro 190 savait qu'il devait rester prudent jusqu'au bout.
Le plus grand obstacle du plan était Arnold Levaith, un monstre de rang Platine 5.
La prouesse au combat d'Arnold était encore plus grande que son rang ; heureusement, il choisit de ne pas interférer dans la bataille, sinon ils auraient subi davantage de pertes, avec une forte probabilité de décès.
Le Numéro 190 n'était pas le seul expert de rang Platine sur le terrain, mais il était le seul désigné pour être le visage de l'attaque.
Étonnamment, Arnold, bien que réputé pour être une brute épaisse, était assez intelligent pour éviter de se jeter dans la bataille. Des préparatifs suffisants avaient déjà été faits pour l'éliminer s'il avait effectivement rejoint le combat.
« Je vous en prie, épargnez-moi. J'ai des enfants… »
Jaillissement !
Aucune des personnes présentes dans la salle ne fut épargnée, quel que fût son statut ou son pouvoir dans la société.
Même si beaucoup avaient résisté et tenté de se battre au début, le temps passant, chacun comprit qu'il n'y avait aucun espoir de sauver sa peau.
Aucun renfort n'était arrivé, et les forces présentes à la maison de vente aux enchères n'avaient pu repousser ces attaquants d'aucune manière.
« Non, laissez-moi ! S'il vous plaît, tuez-moi, c'est tout ! »
Le cri d'une jeune femme résonna à travers le chaos, alors que l'un des Numéros l'avait plaquée contre le mur, sa main dangereusement proche de sa poitrine.
Ses intentions étaient claires comme de l'eau de roche, pourtant aucun des autres Numéros ne l'arrêta.
Et pourquoi l'auraient-ils fait ?
Tant que les objectifs des missions étaient remplis, D.X. autorisait ses membres à faire ce que bon leur semblait.
Il n'y avait aucune restriction imposée, mais tout le monde ne cherchait pas forcément à agir ainsi pendant les heures de mission.
Comme chaque mission qui leur était assignée présentait une réelle possibilité de mort, beaucoup de criminels ne voulaient pas mettre fin à leurs jours simplement parce qu'ils avaient voulu satisfaire leur luxure.
Pourtant, il y avait quelques exceptions qui ne vivaient que pour le bas de leur corps.
Le Numéro 900 se lécha les lèvres avec anticipation, tandis que ses mains commençaient lentement à déshabiller la femme devant lui.
Ses mouvements étaient bien plus lents pour quelqu'un sur le point de commettre un crime, car il prenait plaisir à savourer chaque instant des cris d'agonie de sa victime.
« NON ! »
La femme hurla désespérément à nouveau, espérant que quelqu'un vienne la sauver.
Mais…
Même si quelqu'un avait été assez bon pour intervenir, étant donné la situation actuelle, personne n'avait l'idée d'aider une femme quelconque ; protéger sa propre vie était le défi primordial pour eux.
Le Numéro 190 observait tout calmement.
En tant qu'homme ayant été père autrefois, il trouvait absolument répugnant de voir de tels actes pathétiques commis par un individu sous ses ordres.
Pourtant, les règles étaient les règles, et en tant que membre central de D.X., il était de son obligation de les suivre.
En jetant un coup d'œil à sa montre, il restait environ vingt secondes avant qu'ils ne terminent la mission.
Le Numéro 190 soupira de soulagement, le moment de la retraite approchait.
Alors que le compte à rebours atteignait les dix dernières secondes, le Numéro 190 activa son appareil.
« Toutes les équipes, repli ! Je répète, toutes les équipes, repli ! Terminé. »
Le message fut immédiatement reçu par tout le monde, et en quelques secondes, tous les membres de D.X. commencèrent à se retirer de manière ordonnée de la maison de vente aux enchères.
Le Numéro 900 claqua la langue de déception, mais suivit les ordres malgré tout.
La femme, qui était à deux doigts de voir sa dignité déchirée, tomba à genoux, son corps tremblant alors que le bruit des pas en retraite atteignait enfin ses oreilles.