Chapitre 698
Chapitre 698 : Chapitre 510 : La troisième fois !
La différence entre les femmes qui cultivent et celles qui ne cultivent pas tient à la richesse de leur yin primordial. Et le temps qui passe ne le rend pas forcément plus riche.
Après l’âge de vingt-quatre ans,
le corps d’une femme atteint un pic relativement élevé, dont la durée varie selon les personnes. Chez certaines, il ne dure que cinq ou six ans ; chez d’autres, dix ans, voire plus.
Et chez les femmes qui cultivent, il dure encore plus longtemps…
Su Yi avait elle aussi cultivé, mais elle avait grandi dans une famille de fonctionnaires civils et n’avait pratiqué que des arts martiaux élégants et superficiels. On pouvait dire qu’elle n’avait pratiquement pas cultivé du tout. Au combat, elle était même moins douée qu’un homme adulte ordinaire.
Si elle avait conservé sa condition actuelle, c’était uniquement parce qu’elle était née dans une riche famille de fonctionnaires, où elle avait mené une vie luxueuse sans jamais connaître la moindre difficulté.
Aux yeux de Lin Miao, les blocages dans le corps de Su Yi n’étaient pas trop graves. En les éliminant et en l’aidant à cultiver, il lui serait difficile d’atteindre le niveau de Si Miaoxue, mais elle pourrait renforcer son corps et ralentir le vieillissement.
Cependant, pour certaines faveurs, il devait laisser Sun Youwei, la maîtresse de maison, les lui accorder.
À la remarque de Lin Miao, Sun Youwei comprit.
Son homme lui offrait l’occasion d’accorder une faveur à Su Yi, afin que celle-ci se souvienne de la bonté de la maîtresse de maison et connaisse sa place.
Puisqu’il en était ainsi, Sun Youwei était naturellement disposée à coopérer : elle y trouverait son compte.
Son petit frère martial avait beau être un coureur, à faire entrer des femmes l’une après l’autre dans la maison, il ne la négligeait jamais. Même s’ils ne s’étaient pas encore officiellement mariés, il l’avait toujours aimée sans faillir et n’avait cessé d’affermir sa position dans la famille.
Comment une femme ne serait-elle pas heureuse auprès d’un homme aussi lucide ?
« Mademoiselle Su, Yurou m’a déjà parlé de votre situation. Même si vous avez conclu un contrat avec mon petit frère martial, vous êtes déjà si proches. En tant que sœur aînée, je ne vais naturellement pas lui compliquer les choses. À partir de maintenant, si vous vous tenez bien, vous aurez votre place dans la résidence intérieure du Manoir Lin ! » Sun Youwei avait connu une transformation spectaculaire.
C’était bien sûr grâce aux conseils de Lin Miao et à ses propres efforts ; les bons gènes de sa mère avaient peut-être aussi joué un rôle.
« Merci, Dame Youwei. »
« Dans la Famille Lin, les choses ne se passent pas comme ailleurs. Ni moi, la maîtresse de maison, ni aucune d’entre vous ne sommes de simples vases décoratifs. Comme l’a dit mon petit frère martial, aussi belles que soient les fleurs dans un vase, elles finissent par se faner. Seules celles qui sont enracinées dans la terre peuvent continuer à fleurir avec éclat. Il faut donc avoir un savoir-faire sur lequel s’appuyer. Les femmes ne devraient pas rester toute la journée à la maison, à tourner autour des hommes et des enfants. Nous devons avoir des choses qui nous plaisent, une carrière à nous. C’est ainsi que notre vitalité peut durer. Même si les sentiments s’étiolent, ou disparaissent, nous pouvons partir la tête haute sans avoir à vivre sous le regard de qui que ce soit. »
Su Yi en resta stupéfaite. Elle n’aurait jamais cru entendre de tels propos de la bouche de Sun Youwei, et ceux-ci touchaient directement son cœur.
Pas étonnant que Sun Youwei, en tant que maîtresse de maison du Manoir Lin, puisse tolérer que son mari accueille tant de femmes et les garde auprès de lui.
C’était de la grandeur d’âme, mais aussi une claire conscience de la réalité.
Si elle avait eu affaire à une femme jalouse, les choses ne se seraient pas aussi bien passées aujourd’hui. La plupart des femmes qu’elle avait rencontrées étaient jalouses.
Aucune ne faisait exception, qu’elle tolère que son mari prenne des concubines ou entretienne des maîtresses.
Mais chez Sun Youwei, elle voyait de la beauté, de l’intelligence, du sang-froid et de l’assurance. Sans même s’en rendre compte, elle éprouvait un sentiment d’infériorité.
Elle ne voulait pas rivaliser, et n’osait pas non plus.
Son adversaire était trop redoutable ; même en usant de toutes les méthodes qu’elle connaissait, elle craignait de ne pas faire le poids.
Elle jouait dans une tout autre catégorie.
« Yurou, ces prochains jours, apprends à Su Yi la Petite Technique de l’Absence de forme. Fais-lui aussi préparer des bains médicinaux et enseigne-lui les règles de la Famille Lin », ordonna Sun Youwei à Lien Yurou.
« Oui, Madame. » Lien Yurou inclina légèrement la tête.
Après avoir rencontré Su Yi, Sun Youwei la laissa partir.
« Lianxin, qu’as-tu pensé de ma conduite, aujourd’hui ? » Dès que Su Yi fut partie, Sun Youwei se détendit aussitôt. Elle avait presque perdu contenance, tout à l’heure.
« Madame, vous vous en êtes merveilleusement bien sortie. La prochaine fois qu’une femme entrera dans la résidence, vous n’aurez qu’à refaire la même chose ! » répondit Lianxin avec un petit sourire.
« La prochaine fois ? »
« Non, non, il n’y en aura pas d’autre. Ma langue a fourché, Madame, ne m’en veuillez pas. Su Yi a effectivement du talent, sinon le jeune maître ne l’aurait pas acceptée. Après tout, c’est la femme la plus talentueuse de la capitale, et l’accueillir comme concubine au Manoir Lin nous apporte assurément du prestige… »
« C’est lui qui en tire du prestige. Moi, qu’est-ce que j’y gagne ? » marmonna Sun Youwei.
« Madame, réfléchissez-y. Su Yi n’est-elle pas la femme la plus talentueuse de la capitale ? Dehors, elle est puissante et glorieuse, mais une fois rentrée à la maison, elle doit quand même vous servir le thé et vous présenter ses respects, non ? » fit remarquer Lianxin.
« C’est vrai. Mais pourquoi mon petit frère martial ne sait-il pas se retenir ? À ce rythme, la maison sera bientôt trop petite pour tout le monde. »
« Le jeune maître est vraiment incroyable, n’est-ce pas ? Nous ne sommes pas déjà assez nombreuses, Madame ? À l’avenir, il faudra bel et bien barrer la route à certaines femmes qui ont des arrière-pensées ! »
« Oui, il faut que je lui parle sérieusement. Ça ne peut pas continuer comme ça ; il doit prendre soin de sa santé. »
En entendant cela, Lianxin se couvrit la bouche pour rire, sachant que sa santé lui permettait d’en accueillir quelques-unes de plus sans problème.
…
« Yurou, merci. Si tu n’avais pas été là, aujourd’hui, je n’aurais vraiment pas su quoi répondre. » Après avoir rencontré Sun Youwei, Su Yi était repartie avec Lien Yurou.
Cette Dame Youwei, bien que jeune, avait une allure digne et noble, et surtout une présence imposante.