Chapitre 696
Chapitre 696 : Chapitre 509 : Les retrouvailles d’un père et de sa fille
« Su Yi, après avoir vu ton père, si tu souhaites toujours franchir ce pas avec moi, je t’en donnerai l’occasion. Pour l’instant, tu peux rentrer te reposer. »
Ces derniers temps, Lin Miao avait étudié le traité de l’Arc-en-ciel rouge. En recoupant les informations fournies par Jin Wushuang et Situ Wan, il était parvenu à comprendre certaines choses.
Il avait également essayé de s’exercer un peu.
Il avait constaté que cet art martial présentait effectivement des problèmes : il pouvait certes sonder les désirs les plus profonds, mais le « Traité du cœur de la Brume rouge » que pratiquait Situ Wan semblait avoir été amélioré et ne provoquait presque aucun effet secondaire grave.
La Secte taoïste comptait manifestement quelque éminent personnage.
La technique de cultivation que Jin Wushuang avait apprise était toutefois incomplète. Peut-être que la version complète ne posait aucun problème, mais ce fragment entraînait de graves effets secondaires.
En somme, il fallait maintenir l’équilibre du Yin et du Yang.
Plus la cultivation progressait, plus cet équilibre devenait nécessaire. Pas étonnant que le maître de Jin Wushuang eût fait construire le Pavillon des Canards mandarins dans la Ville de Li Hen.
C’était certainement mieux que de choisir des hommes au hasard dans la rue.
Cette méthode différait de celle du prélèvement : elle ne causait pas beaucoup de tort aux hommes, tout au plus les épuisait-elle. Le prélèvement, lui, était une tout autre affaire.
Le Yin extrême engendre le Yang, et le Yang extrême engendre le Yin.
Tout ce qui atteint un extrême finit par s’inverser.
Les hommes ordinaires ne pouvaient vraiment pas satisfaire Jin Wushuang, mais Lin Miao en était peut-être capable. Elle avait vu juste : une fois le stade Tian Yuan atteint, on pouvait remodeler son dantian, abandonner la technique de cultivation pratiquée jusque-là et se libérer de ces contraintes.
Mais il lui serait bien plus difficile de progresser que Baili Bingyun.
Lin Miao ne faisait pas le difficile et ne refusait pas une occasion qui s’offrait à lui ; il ne voulait simplement pas que Su Yi regrette un choix dicté par une impulsion passagère.
Après tout, une fois ce pas franchi, impossible de revenir en arrière.
En tant qu’homme, il n’y attachait pas beaucoup d’importance, mais Su Yi était une femme, et cela lui ferait davantage de mal. Il ne l’avait pas repoussée, il avait seulement voulu attendre un peu, le temps qu’elle se calme et confirme son choix.
Il admirait vraiment le talent de cette femme.
Elle savait ce qu’elle voulait, était intelligente, savait quand avancer ou reculer et connaissait ses limites. Elle n’avait pas pu se marier ; la réputation qu’elle avait de savoir juger les hommes y était pour quelque chose, mais aussi sa fierté innée. Elle ne voulait pas se contenter de n’importe qui pour trouver un mari.
Sans cette « épidémie » et sa rencontre avec Lien Yurou, son destin aurait peut-être été différent.
Et si elle n’était pas venue en secret à Dongshan, où elle avait rencontré en chemin Guan Biyun, frappée par le même malheur…
Les rencontres entre les êtres avaient quelque chose de merveilleux.
« Jeune maître, en réalité, je… » Sous le regard déterminé de Lin Miao, Su Yi finit par céder et ne put achever sa phrase. Elle but la boisson chaude à la rose qu’il avait préparée pour elle.
Le parfum des roses mêlé à la douceur du miel fruité lui offrait une saveur inédite, tout à fait envoûtante.
Elle ne lâcherait jamais cet homme !
…
« Liansuo, demain matin, envoie un message à Pei Jian et dis-lui que j’invite l’envoyé impérial M. Su à inspecter le Manoir de la famille Xue ! »
« Jeune maître, vous avez des sentiments pour Mademoiselle Su Yi ? »
« Tu as entendu ? »
« Qui aurait cru que la première beauté de la capitale tomberait si facilement sous votre charme, jeune maître ? Quand vous irez dans la capitale, les ravissantes demoiselles là-bas ne vont-elles pas toutes devenir folles de vous ? » Liansuo gloussa.
Lin Miao renifla. Il n’accepterait pas la première femme venue qui lui ferait des avances.
Liansuo gloussa, se couvrit la bouche et cessa de le taquiner. Puis, en ondulant des hanches, elle s’éloigna.
…
« M. Su, voici notre zone de désinfection. Tous les patients mis en quarantaine doivent y être désinfectés minutieusement avant d’entrer dans le manoir… »
« La plupart des patients qui arrivent sont dans un état critique. M. Pei a prévu des véhicules et du personnel pour les transporter. Dès qu’une forte fièvre persiste pendant trois jours, leur transfert est organisé sans attendre. Nous disposons de davantage de moyens pour faire baisser la fièvre : médicaments, acupuncture, refroidissement externe et diverses méthodes adaptées à la constitution de chaque patient, ainsi que différentes décoctions médicinales. Ici, les soins sont individualisés et adaptés à chacun… »
« Avons-nous assez de médicaments ? »
« Pour l’instant, les stocks sont assez limités, mais du renfort devrait bientôt arriver. Le prince héritier fait acheter des médicaments dans la capitale pour les faire transporter ici. Si la livraison arrive à temps, il n’y aura aucun problème. »
« Hum, M. Lin s’est donné beaucoup de mal. J’ai appris par M. Pei que c’est vous qui avez découvert cette “épidémie” et donné l’alerte. Vous avez rendu un immense service ! » le félicita sincèrement Su Mobai. En la repérant et en prévenant sa propagation à l’avance, Lin Miao avait sauvé d’innombrables vies.
« Vous me faites trop d’honneur, M. Su. Un médecin doit avoir le cœur d’un parent ; c’est mon devoir. »
« Vous êtes modeste, M. Lin. Les mesures de prévention mises en place dans la Préfecture de Dongshan m’ont ouvert les yeux. Ces mesures de contrôle et d’isolement, simples mais efficaces, permettent de freiner la propagation de l’épidémie. Si nous avions connu cette méthode plus tôt, l’épidémie d’il y a trente ans n’aurait pas fait autant de victimes. »
« En réalité, la méthode n’a rien de compliqué. Le plus difficile, c’est de tout organiser et de coordonner les efforts. Si la prévention fonctionne à Dongshan, c’est grâce au soutien de M. Pei et de tous les habitants de la Préfecture de Dongshan. Seule une collaboration entre le gouvernement et la population permet d’obtenir de tels résultats », répondit aussitôt Lin Miao.
Pour enrayer la propagation d’une épidémie, les autorités devaient disposer d’une solide capacité d’organisation et de coordination. Tous les échelons administratifs devaient également agir avec efficacité et détermination.
Sans cela, les meilleures méthodes ne servaient à rien.
« M. Lin a raison. En effet, vous nommer seulement directeur adjoint du Bureau Médical ne rendrait pas justice à vos talents. »