Chapitre 60
Chapitre 60 - Surveille toujours tes paroles
Traduction: Moonkissed
« À partir de maintenant, je vais apposer une marque spéciale sur chacun d’entre vous. »
Isolet, qui nous observait alors que nous essayions encore de nous remettre du choc précédent, déchira un parchemin magique en deux.
– Vroum…
Le mana cendrée qui émanait du parchemin déchiré pénétra dans le corps de chacun avant de disparaître.
« Cette marque ne peut être endommagée que par des armes spéciales qui vous seront distribuées après le cours. Si vous subissez plus d’un certain nombre de dégâts, la marque disparaîtra et cela me sera immédiatement signalé. »
En entendant ses paroles, j’ai examiné mon corps à l’aide de mana stellaire, et j’ai effectivement pu sentir une marque sur moi.
« Ceux dont la marque disparaît ne peuvent plus poursuivre l’épreuve, et l’équipe perdra dès que la marque de son commandant disparaîtra. Est-ce que tout le monde comprend jusqu’ici ? »
Lorsque tout le monde eut acquiescé en silence, Isolet poursuivit d’un ton grave : « Je vais donc vous expliquer les règles d’élimination. »
Les règles qu’elle expliqua étaient assez simples.
La plupart des membres de l’équipe gagnante seraient dispensés de relégation en classe B, tandis que la plupart des membres de l’équipe perdante seraient relégués en classe B.
Cependant, selon les règles d’Isolet, le commandant de chaque équipe disposait de pouvoirs pratiquement illimités.
Tout d’abord, le commandant de l’équipe victorieuse se voyait accorder le droit de sélectionner certaines des personnes qui seraient retirées de la classe A.
Comme les personnes pouvant être choisies comprenaient aussi bien des membres de l’équipe adverse que de la sienne, ceux qui n’avaient pas apporté leur contribution ou qui avaient fait obstruction pouvaient être rétrogradés de force en classe B.
Quant au commandant de l’équipe vaincue, il pouvait choisir un membre de son équipe pour qu’il reste en classe A.
En d’autres termes, en théorie, il ne fallait jamais défier un commandant doté d’une autorité aussi considérable…
« Je ne vais pas te protéger, Frey. »
Mais je suppose que je me trompais. Quelqu’un s’était déjà manifesté et tentait de contester mon autorité.
« Plutôt que de te protéger… je préfère être rétrogradé en classe B. »
Ferloche me lançait des regards assassins au milieu de la foule des roturiers.
Elle aurait pu intégrer l’académie en tant qu’aristocrate à tout moment, mais elle affirmait qu’une Sainte n’était qu’une servante de Dieu, et non une noble. Ça me faisait mal au cœur de la voir me lancer ce regard.
« Tu veux bien te taire ? Si tu es rétrogradée en classe B, l’Église du Dieu Soleil ne va-t-elle pas sombrer dans le chaos ? »
« Tais-toi. »
J’ai essayé de poursuivre en souriant d’un air narquois, mais Ferloche m’a répondu froidement, le regard plein de ressentiment.
« Si tu continues à te comporter comme ça… je n’aurai pas d’autre choix. »
« Quel choix ? »
Finalement, je n’ai eu d’autre choix que de recourir au dernier recours que j’avais prévu au cas où les choses tourneraient mal dès les dix premières minutes de l’examen spécial.
« Je vais me rendre à Clana dès maintenant. »
« … Hein ? »
Ferloche resta bouche bée en entendant mes paroles.
« Attendez, attendez ! Seigneur Frey ! »
« Euh… attendez, s’il vous plaît… »
Les roturiers, en revanche, qui avaient compris le sens de mes paroles, se mirent à s’accrocher désespérément à moi.
« E-Euh… Pourquoi tout le monde fait ça ? »
En voyant cela, Ferloche m’a demandé d’un air perplexe, et je lui ai répondu en lui faisant un clin d’œil.
« Si je me rends à Clana maintenant… une bonne partie des gens ici seront rétrogradés de force en classe B. »
« C-Ça… »
« Et, d’après ce que je sais, la plupart des roturiers de classe A ne fréquentent l’académie que grâce à une bourse spéciale, n’est-ce pas ? »
Lorsque j’ai dit cela avec un sourire malicieux, les roturiers qui s’étaient accrochés à moi ont baissé la tête et se sont mordu les lèvres avec force.
« Attends un peu ! Mais… si ça arrive, Son Altesse Clana veillera à ce que tu sois toi aussi rétrogradé en classe B ? Alors calme-toi et… »
Ferloche m’a averti précipitamment.
« Et alors, si je suis rétrogradé en classe B ? Tu crois que je me soucie de ce genre de choses ? »
« Hein ? »
« Je suis le seigneur provisoire de la famille ducale de Starlight, qui détient le plus de pouvoir parmi les trois maisons ducales de l’Empire. Tu crois que ça changera quelque chose si je suis rétrogradé en classe B ? »
« Eh bien… Tu vas vraiment te rendre !? »
J'ai souri en regardant Ferloche qui hurlait, puis je me suis dirigé vers la sortie de la salle de classe.
« Ça va, Ferloche. Je n’ai pas envie de te rétrograder en classe B. Je dois plutôt m’attacher à virer d’ici le plus grand nombre possible de ces vauriens. »
« Hé, euh… »
« Alors je vais me rendre à Clana. À plus. »
À peine avais-je prononcé ces mots et ouvert la porte de sortie que Ferloche m’attrapa précipitamment par le bras.
« J’avais tort. Pardonne-moi, s’il te plaît. »
Ferloche s'agenouilla aussitôt devant moi, la voix tremblante, tandis que les roturiers qui assistaient à la scène détournaient discrètement le regard et serraient les poings.
‘… Ouf, quel soulagement.’
Je m’assis, poussant un soupir de soulagement intérieur, et pris la parole avec un air condescendant.
« Alors, où allons-nous installer notre camp de base ? »
Comme l’avait mentionné Isolet, les deux équipes devaient choisir un lieu où s’installer pendant l’épreuve spéciale.
En raison des incidents fréquents ces derniers temps, les élèves n’étaient autorisés à quitter l’académie que pour acquérir une expérience du monde réel.
« Euh… Puisqu’il s’agit d’un examen qui va se poursuivre pendant toutes les vacances… Pourquoi ne pas simplement cacher Lord Frey quelque part ? »
Finalement, une élève leva la main et fit part de son opinion, et, suivant son exemple, d’autres élèves issus du peuple se mirent également à intervenir.
« … Oui, c’est une bonne idée. Alors, où devrais-je me cacher ? »
Lorsque je leur ai posé la question d’un ton désinvolte, j’ai remarqué que la jeune fille qui avait initialement suggéré cette idée me fixait du regard tout en avançant prudemment une autre proposition.
« Euh… pourquoi ne pas le cacher dans les bois… »
« Rejeté. »
J’ai froncé les sourcils, car je ne voulais pas m’approcher des bois pour le moment, en raison des récentes épreuves que j’avais dû affronter dans la Forêt Cendrée et dans les bois près de chez moi. De son côté, l’étudiante a reculé d’un pas, l’air effrayé.
« Notre maison… »
« Refusé. »
« L’auberge que nous tenons… »
« Refusé. »
Comme je n’arrêtais pas de rejeter leurs propositions depuis un bon moment, tout le monde finit par se taire et se mit à me fixer froidement.
« … Alors, combien de temps allez-vous rester là à me fixer comme ça ? »
« ……… »
Je ne supportais plus ce long silence, alors je les ai provoqués pour qu’ils parlent. Mais ils se contentaient de continuer à me fixer.
« Bon, alors je ne peux rien faire d’autre… »
Leurs expressions m’ont rappelé cette scène de ma vie antérieure où j’étais encerclé par une foule en colère. J’ai donc fermé les yeux et j’ai parlé d’un ton calme.
« … Venez tous chez moi. »
Puis il y eut un long silence.
« Que veux-tu dire ? »
demanda Ferloche d’un ton glacial au bout d’un moment.
« Ça me met mal à l’aise que vous me regardiez comme ça. C’est pour l’équipe… »
« Tu comptes encore faire une bêtise cette fois-ci ? »
Alors que Ferloche continuait à m’interroger malgré mes excuses, je marmonnai, l’air maussade.
« Non… même quand je fais de mon mieux pour gagner, personne ne me croit… »
J’étais déterminé à remporter cet examen spécial.
Cet examen spécial était une occasion en or de se débarrasser de tous ces nobles pourris.
Si mon équipe remporte cette épreuve, je me débarrasserai de tout le monde, à l'exception des nobles qui sont utiles à Clana.
Si cela arrive, je serai enfin débarrassée de ces nobles qui ne cessent de me coller aux basques et de faire monter ma tension artérielle en flèche.
Bien sûr, la majorité des nobles qui pourraient échapper à la rétrogradation sont des aristocrates de haut rang ayant les moyens de verser des pots-de-vin. Ils considéreraient presque certainement Clana comme une ennemie et tenteraient de limiter son influence à l’avenir.
Cependant, il y avait un problème à cela.
Si j’aidais de toutes mes forces l’équipe des roturiers à gagner, des rumeurs selon lesquelles je suis en réalité une personne bienveillante qui tente d’aider les roturiers pourraient se répandre.
Si ça arrive, ma vie sera fichue.
Donc, dans cette épreuve, je dois intimider et agacer les roturiers autant que possible tout en les soutenant en secret pour qu’ils gagnent.
« Frey ! Réponds-moi ! Qu’est-ce que tu essaies de faire ? »
« Tais-toi, fais tes valises et viens à mon manoir. Vous devriez vous sentir honorés. »
Après avoir pris cette décision, j’ai ignoré les grognements de Ferloche et j’ai parlé avec un sourire malicieux tandis que les roturiers commençaient à hésiter, l’air réticent.
‘Ça alors… Je vais sûrement accumuler pas mal de points de méchanceté injustifiée pendant ces vacances.’
En voyant les réactions des roturiers, qui redoutaient déjà ce qui allait se passer chez moi pendant les vacances, je pouvais déjà prédire que ces vacances m’offriraient
d’innombrables occasions de récolter beaucoup de points.
« Au fait… Où Clana va-t-elle installer son quartier général ? »
« Elle ne sera pas au Palais impérial ? »
« Euh… c’est dingue. C’est le Palais impérial… »
« Mais bon, si elle se cache au Palais impérial… Est-ce qu’on pourrait pas aller voir le Palais impérial ? »
C'est ce qu'a déclaré un roturier, l'air légèrement excité, tout en rangeant ses affaires. En raison de la nature particulière de cet examen, la famille impériale avait promulgué un décret stipulant que personne ne serait puni, même en cas d'intrusion dans une zone interdite.
Après tout, ceci…
« Jeune Maître, c’est un piège de la princesse Clana. Alors… »
« Je sais. »
« Pardon ? »
Kania, qui rangeait tranquillement ses affaires, s’approcha de moi, l’air inquiet. Je lui répondis alors à voix basse.
Quand j’avais vu l’expression perplexe de Clana tout à l’heure, j’étais moi-même déconcerté.
Car après tout ce qu’elle avait traversé, elle aurait pu facilement dissimuler ses émotions.
Mais si je m’enfermais dans ma chambre pendant les vacances et que j’ordonnais aux roturiers de me défendre, peu importe les complots qu’elle ourdirait avec les anciens de la famille Moonlight, il lui serait très difficile de m’assassiner.
Mais comme le décret impérial autorisait légalement l’intrusion dans la résidence du duc… Si elle avait la moindre chance de m’assassiner, c’était bien lors de cet examen.
Elle a probablement tout mis en œuvre pour que ce décret soit adopté, convaincue que je m’enfermerais dans ma chambre.
« Bien sûr, il pourrait y avoir d’autres motifs également. »
Sans parler du fait qu’il était pour le moins inhabituel de laisser un élève décider si un autre élève serait rétrogradé de la classe A à la classe B. Non, c’était plutôt suspect qu’inhabituel.
Donc, si l’on considère que c’est Clana qui est à l’origine de tout ça… il doit y avoir une arrière-pensée.
Je ne comprenais pas comment elle avait réussi à faire adopter un tel décret avec le peu d’influence dont elle disposait.
« Kania, quand as-tu dit que l’emplacement du commandant serait annoncé ? »
C’est avec cette pensée en tête que j’ai posé nonchalamment la question à Kania.
« Ce sera dans une semaine. Dans une semaine, les commandants des deux camps en seront informés simultanément. »
« … Il reste donc encore du temps. »
J’avais encore beaucoup de travail à faire, et le fait d’être traqué de force en plus de ça me donnait mal à la tête.
Mais qu’aurais-je pu faire d’autre ? Je n’avais d’autre choix que de tirer le meilleur parti de la situation, maintenant qu’elle était arrivée.
« Frey… toi… »
Alors que j’étais sur le point de sortir, quelqu’un m’a attrapé par le bras.
« Toi… ? »
Je me suis retourné et j’ai vu Arianne, l’amie d’enfance d’Irina, qui me lançait un regard noir. « On va parler un instant. »
« Non, ça m’ennuie. »
Bien sûr, je ne voulais pas avoir affaire à Arianne, qui était aussi dangereuse qu’Irina, alors je répondis fermement et tentai de m’éloigner.
– Clang… !
Arianne, qui grinçait des dents, a dressé une barrière, me piégeant à l’intérieur tandis qu’elle continuait à me lancer des regards furieux.
« Ça ne prendra pas longtemps, s’il te plaît. »
« Pfff… »
Finalement, je soupirai et me retournai, puis je me mis en route vers la salle de classe à ses côtés.
« … Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi Arianne se comporte-t-elle comme ça ? »
« Je ne sais pas. Elle doit être folle. Que quelqu’un l’arrête. »
« Laisse-la tranquille, qui pourrait bien l’arrêter de toute façon ? »
La porte de la salle de classe était grande ouverte, si bien que même les roturiers à l’extérieur pouvaient nous voir et plissaient les yeux dans notre direction. Nous avons alors commencé à discuter.
« Alors, qu’est-ce que tu veux ? »
En arrivant au milieu de la classe, j'ai posé une question avec un air arrogant.
Bien sûr, je devinais déjà ce qu’elle allait répondre, mais dans ce genre de situation, il valait mieux faire semblant de ne pas savoir.
« S’il te plaît… s’il te plaît, rends-nous Irina. »
Arianne ferma les yeux très fort tandis qu’elle s’agenouillait par terre et se mit à supplier.
« Je ferai tout ce que tu me demanderas. Si tu me dis d’aboyer comme un chien, j’aboierai. Si tu me dis de ramper par terre, je ramperai. »
Sur ces mots, Arianne se mit à pleurer.
« Irina, viens ici un instant. »
Je baissai calmement les yeux vers Arianne et fis signe à Irina de s’approcher ; elle se tenait tranquillement à l’écart, au milieu de la foule qui murmurait.
« Tu la connais ? »
Puis, alors qu’Irina entrait discrètement dans la salle de classe, j’esquissai un sourire en coin et lui posai une question.
« Je… non. »
Irina baissa la tête et répondit avec un air abattu, comme si elle avait perdu une partie de son âme.
« Hé, Irina ! Mais qu’est-ce qui t’est arrivé, bon sang ? »
« ……… »
En la voyant, Arianne l’attrapa et se mit à la secouer violemment, mais Irina évita le regard d’Arianne et fit semblant d’être désorientée.
« Je suis désolée, mais… »
Après avoir observé la scène pendant un moment, j’ai pris Irina des bras d’Arianne et j’ai passé mes bras autour de sa taille.
« … Maintenant que j’ai Irina, je n’ai pas l’intention d’ajouter d’autres esclaves à ma collection. »
Sur ces mots, j’ai quitté la salle de classe avec Irina, laissant Arianne derrière moi, encore sous le choc.
« Qu’est-ce que vous regardez tous ? Pourquoi vous ne partez pas ? »
Finalement, j’ai chassé les roturiers qui nous observaient et j’ai commencé à marcher dans le couloir avec Irina.
« … Je pense que vous pouvez retirer vos mains d’elle maintenant, jeune maître. »
« Ah. »
Puis, alors que Kania m’adressait la parole avec un air froid, j’ai sursauté et j’ai lâché Irina tout en ouvrant la bouche, un peu gêné.
« Euh… Kania. Je pense que le manoir du duc va être un peu bruyant pendant quelque temps. Ça ne te dérange pas ? »
« Aah… »
Après avoir entendu cela, Kania soupira un instant, puis répondit d’un ton impassible.
« Je ferai de mon mieux. »
Kania avait l’air un peu pitoyable, alors j’ai envisagé de lui acheter une potion de récupération de fatigue, mais Ferloche est soudain apparu derrière moi.
J'avais peur qu'elle ait entendu notre conversation, mais son air agacé m'a fait pousser un soupir de soulagement intérieur.
« Quoi ? »
« Qu’est-ce que tu as fait à Irina ? »
En entendant ses paroles, je soupirai, réalisant que la conversation allait être longue. Je ferais bien de faire le plein de potions de récupération de fatigue aussi.
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« Jeune Maître, comment comptez-vous mener à bien la « quête principale » si vous amenez autant d’élèves au manoir ? »
« La quête principale ? »
Alors que je me dirigeais vers le manoir du duc, qui était soudainement devenu notre quartier général, Kania m’a posé une question.
« Oui, parce que c’est un événement tellement important… Je pense que vous devrez vous y préparer à l’avance, mais si vous devez terminer la quête avant la fin des vacances… »
« Ça ira. Si tout se passe comme prévu, je lancerai un raid quand j’aurai presque fini mes examens, donc j’ai encore un peu de temps devant moi. »
Après lui avoir répondu avec un air détendu, je me suis calé contre le dossier de la calèche et j’ai murmuré.
« Bon… tout est parfait. Pour une fois, tout se passe bien. »
Jusqu’à présent, tout n’avait été qu’une succession de nouvelles variables et d’imprévus.
Le premier jour de ma régression, les héroïnes principales ont soudainement retrouvé leurs
souvenirs… Un nouveau système… et des souvenirs dont je ne soupçonnais même pas l’existence au départ.
Mais pour l’instant, tout rentrait dans le cadre de mes calculs.
J’avais déjà trouvé un moyen de mener les roturiers à la victoire tout en accumulant de faux points de mal, et j’avais déjà méticuleusement planifié la prochaine quête principale,
« La libération du marché des esclaves » depuis la régression précédente.
Bien sûr, comme toujours, je ne pouvais pas exclure la possibilité qu’une nouvelle variable ou une situation imprévue ne surgisse, mais au moins, cette fois-ci, j’étais sûr de pouvoir m’adapter à toute situation inattendue…
«… Frey, tu vas vraiment bien ? »
« Quoi ? »
Alors que j’étais plongé dans ces pensées, Irina m’a demandé si j’allais bien, l’air inquiet.
« Tu vas vraiment pouvoir t’en sortir avec Arianne ? »
En entendant cela, je poussai un profond soupir et répondis.
«… Eh bien. »
Arianne était manifestement quelqu’un de bien, mais je ne savais pas de quoi elle serait capable si elle perdait la tête.
Si elle maîtrisait la magie offensive plutôt que la magie défensive, je n’aurais probablement pas les moyens de lui faire face.
Quand j’ai quitté la pièce avec Irina tout à l’heure, j’ai perçu une immense soif de sang.
« Aah… Bon, je n’y peux rien. Tant que ça reste dans les limites… »
– Boum !
« … Quoi ? »
J’ai poussé un soupir en entendant du vacarme à l’extérieur. Un rugissement a retenti à l’avant de la voiture alors qu’elle commençait à ralentir.
« … Qu’est-ce qui se passe ? »
Je fronçai donc les sourcils et jetai un coup d’œil prudent par la fenêtre, où j’aperçus un homme qui barrait le passage à notre voiture.
« Dégagez de là, bon sang ! Vous savez qui se trouve à l’intérieur ? »
Lorsque le cocher se mit à injurier l’homme, celui-ci répondit d’un ton grave.
« Je suis venue voir le duc Frey Raon Starlight. Veuillez pardonner mon impolitesse, mais c’était urgent. »
« …… !!! »
En entendant cette voix, Kania, Irina et moi-même, nous nous sommes tous figés en même temps.
Car le propriétaire de cette voix… n’était autre que le plus proche collaborateur du Roi Démon dans la chronologie précédente.
« … Restez ici, j’y vais. »
« Je-jeune Maître ! »
« Frey ! »
Craignant que Kania ou Irina ne tentent de me suivre, je suis sorti précipitamment de la calèche et je me suis approché de l’homme en costume qui se tenait devant la calèche, l’air serein.
Je lui ai alors posé une question.
« Alors, qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Eh bien… »
Il répondit alors avec un sourire.
« … Je pense que Lord Frey devrait me suivre tout de suite. »
« Pourquoi ? »
En entendant sa réponse, j’ai discrètement saisi la poignée de mon épée et resserré ma prise.
« Parce que si Lord Frey ne vient pas, nous ne pourrons pas commencer la réunion du comité exécutif. »
« Quoi ? »
Je commençai à douter de mes oreilles en entendant les mots qui sortaient de sa bouche.
« … Félicitations pour votre nomination au poste de chef d’état-major de l’armée du Roi-Démon, seigneur Frey. »
Je suppose que, pour l'instant, je vais devoir faire attention à ce que je dis.