Chapitre 2 126
Lex fixa le parchemin scellé dans sa main, stupéfait par son caractère extraordinaire. L'aura pure qui s'en dégageait paralysait son corps, le laissant cloué sur place à le contempler. Le parchemin semblait fait d'un métal argenté, gravé de motifs d'une complexité inouïe et orné de joyaux d'une beauté indescriptible. Ils étaient, littéralement, impossibles à décrire.
Pourtant, son apparence, aussi fascinante fût-elle, pâlissait devant l'aura du parchemin. Certes, l'Auberge de Minuit neutralisait toute aura extérieure, mais comme Lex tenait l'objet lui-même, il ne pouvait être protégé de son influence directe.
Comment aurait-il pu l'ignorer ? L'aura d'une ressource Dao de rang Vie — dotée d'une histoire si riche et fascinante — était tout sauf ordinaire. En fait, la technique qu'elle contenait était tout aussi exceptionnelle.
Le parchemin possédait une forme de conscience et ne transmettait pas son savoir à n'importe qui. Quiconque souhaitait apprendre cette technique devait prouver qu'il était capable de supporter un certain niveau de pression avant même de commencer, sans quoi, comment pourrait-il porter le poids du ciel et de la terre sur ses épaules ?
Ainsi, si Lex était paralysé, c'était aussi parce que le parchemin exerçait délibérément cette pression sur lui. Heureusement, si son corps était immobilisé, son esprit, lui, restait libre. Lex commença donc à faire circuler sa technique de cultivation en interne pour s'adapter à cette pression singulière. Il ne pouvait rien faire d'autre, incapable même de demander au système d'éloigner le parchemin.
Comment une technique Dao de rang Vie pourrait-elle être simple ? Rien ne pouvait interférer avec le test de Lex. Qu'il ait prévu autre chose ou qu'il ait des impératifs au sein de l'Auberge importait peu. Le test ayant commencé, il n'avait d'autre choix que de réussir ou d'échouer ; il ne pouvait pas le repousser.
Alors qu'il commençait à craindre que l'épreuve ne dure une éternité, une idée lui vint. Bien qu'il ne pût contrôler son corps, il gardait la maîtrise de son sens spirituel. Le cœur lourd, il sacrifia le matériau Dao le moins précieux qu'il put trouver et le plaça dans le Diffuseur de Parfum de l'Aubergiste.
Sans épiphanie ou illumination, il lui était impossible de deviner combien de temps il lui faudrait pour surmonter cette épreuve. En temps normal, cela n'aurait pas eu grande importance, mais avec l'Auberge isolée du reste de l'univers, de nombreuses tâches exigeaient son attention pour gérer les clients. S'ils commençaient à semer le chaos, il ne serait pas facile de les calmer à nouveau.
Il était regrettable que le Couteau à Beurre soit brisé, sans quoi il aurait pu s'en servir comme moyen de dissuasion. La bonne nouvelle, d'après les retours qu'il recevait de l'arme, était qu'elle serait probablement réparée d'ici un mois ou deux.
Tout en cultivant sous la pression de la technique, Lex se perdait dans ses pensées, mais dès que le diffuseur commença à libérer son parfum, il entra dans un état d'épiphanie. L'étendue des connaissances qu'il commença à assimiler ne pouvait être comparée à ses gains précédents : c'était bien plus puissant !
Le sacrifice d'un matériau Dao était important, mais il lui ferait gagner un temps précieux, et ce n'était pas un réel sacrifice puisqu'il troquait un objet contre de la puissance personnelle. Le point crucial pour Lex était qu'il continuait à maintenir sa technique de cultivation tout en étant plongé dans une
épiphanie, ce qui accéléra sa vitesse d'adaptation.
Le fardeau de la technique commença à s'alléger rapidement, et en quelques heures seulement, la pression devint bien plus facile à supporter.
Le parfum ne dura pas tant d'heures. En réalité, le matériau fut entièrement consommé en une heure, mais l'illumination persista bien plus longtemps.
Lorsque Lex reprit ses esprits, il se sentait à la fois vidé et immensément revigoré. Il était mentalement épuisé, mais physiquement, il n'avait jamais été aussi bien. Ses yeux quittèrent le parchemin pour observer les environs, et lentement, le reste de son corps commença à bouger, se libérant de l'emprise de l'objet. Finalement, une fois que Lex put bouger librement, la suppression du parchemin s'évanouit et les méthodes de la technique affluèrent dans son esprit.
Il savait qu'il pouvait commencer à cultiver cette technique immédiatement, et il en avait toute l'intention, mais pas à cet instant précis. L'Auberge avait besoin de lui ; il laissa donc une partie de son attention se concentrer sur l'étude de la technique tout en se téléportant.
Nuwa lui avait également demandé d'apprendre une technique, mais cela lui prendrait du temps. Parallèlement, il n'avait pas oublié le cadeau d'Eclipse, qu'il explorerait dès qu'il serait libre. Enfin, et ce n'était pas le moins important, Lex devait aller affronter sa tribulation au plus vite, car il ne pourrait plus réprimer son royaume bien longtemps.
Il y avait des moments où il aurait aimé pouvoir diviser son corps pour accomplir plusieurs tâches à la fois — mais même avoir un clone n'avait pas allégé son fardeau. Au moins, en échange du sacrifice d'un matériau Dao, son corps Dao avait un peu progressé.
Pendant ce temps, à travers l'Auberge, de nombreux clients commençaient à se sentir extrêmement nerveux. Certains avaient déjà commencé à causer des problèmes, mais heureusement, la situation était encore loin d'être hors de contrôle. Cependant, même un petit attroupement, s'il n'était pas surveillé, pouvait engendrer de graves complications.
Soudain, dans cette atmosphère tendue, tous les clients reçurent une notification : leur séjour ne leur serait pas facturé durant cette fermeture forcée. Leur logement et leur nourriture seraient gratuits, offerts par l'Auberge, tandis que tout service supplémentaire resterait payant.
Alors qu'ils tentaient d'assimiler cette nouvelle, la voix de l'Aubergiste résonna dans toute l'Auberge.