Chapitre 1 722
Lex plongea plus profondément dans ses souvenirs.
Les Gon étaient un peuple fier, belliqueux, qui ne cherchait qu'à étendre son domaine toujours plus loin. Cela ne signifiait pas pour autant qu'ils manquaient d'intelligence. S'il en avait été ainsi, ils n'auraient jamais pris le contrôle de 11 royaumes majeurs.
Par leur fourberie et une planification méticuleuse, ils avaient structuré leur société spécifiquement pour promouvoir la force, rejeter la faiblesse et se lancer dans la conquête. Les humains n'étaient pas la seule race qu'ils avaient poussée au déclin, ce qui expliquait en partie pourquoi ils ne leur accordaient aucune attention particulière.
En règle générale, l'idéologie prônée par les Gon consistait à ce que la population soit forte dans son ensemble. Ainsi, en matière de gouvernance, ils se concentraient sur le développement du tout plutôt que sur celui d'individus talentueux.
Bien entendu, cela se limitait à la gouvernance globale. Au sein de leurs sociétés, les individus puissants gagnaient évidemment davantage d'attention et de reconnaissance.
Lex souhaitait en apprendre davantage sur la position universelle occupée par les Gon, mais Jeziah étant un esclave, ses connaissances étaient extrêmement limitées. En réalité, il ne savait presque rien des relations entre les Gon et les autres races.
Malheureusement, Lex ne retira que peu de choses utiles de Jeziah concernant son peuple. Les préférences alimentaires, les habitudes culturelles, les structures familiales et tout le reste étaient certes intéressants, mais ne lui étaient d'aucune aide. Il était toutefois notable de constater que chez les Gon, le concept d'amour familial n'existait pas.
La progéniture n'était qu'un moyen d'accroître sa puissance personnelle, raison pour laquelle les Gon tentaient d'avoir autant d'enfants que possible. Il n'y avait aucune notion d'affection familiale parmi eux. À la place, la forme de relation la plus élevée chez les Gon était celle de maître à disciple.
Un maître capable d'enseigner l'art du combat à son disciple, et de le faire avec brio, était aimé et révéré par toute la race, indépendamment de ses origines ou même de son propre niveau de cultivation.
Par exemple, si Jeziah avait pu prouver qu'il était un enseignant digne de ce nom, il aurait pu littéralement s'affranchir de son statut d'esclave. Malheureusement, ce genre de chose était souvent plus facile à dire qu'à faire, surtout pour une race aux standards aussi élevés.
Une grande partie des détails sur le fonctionnement de leurs structures de pouvoir manquait à l'esprit de Jeziah, que ce soit par ignorance ou à cause d'un autre sceau. Il y avait quelques précisions sur la cultivation, et il semblait que la race Gon gagnait en puissance en dévorant ceux qui étaient forts.
C'était un système de cultivation assez absurde, étant donné qu'il suffisait de donner à un faible quelque chose appartenant à quelqu'un de plus fort pour que le faible devienne puissant. Mais là encore, c'était prévisible de la part d'une race aussi dominante à l'échelle universelle.
C'était une autre raison pour laquelle leur peuple était si belliqueux et ne craignait pas d'affronter des adversaires puissants. En fait, ils les recherchaient activement.
Dans l'ensemble, Lex était assez satisfait de ce qu'il avait appris sur les Gon. Il espérait que lorsque Kaemon et les autres prendraient le relais pour l'interroger, ils parviendraient à briser les sceaux qui verrouillaient encore son esprit.
Comparativement, ce que Jeziah savait d'Abaddon était bien plus utile à Lex. Il avait passé d'innombrables années ici et avait vu des choses que ni Lex ni Kaemon n'auraient pu imaginer.
Il avait traversé des ruines, exploré des citadelles et découvert de véritables cités prospères habitées par les résidents authentiques d'Abaddon — rien à voir avec la jungle qui ne faisait qu'exister ici. Les villes étaient cependant trop dangereuses pour eux, et ils ne les avaient observées que de loin.
Tout cela était fort utile. Cela pouvait compléter la compréhension qu'avait Lex d'Abaddon de bien des manières, car il ne voyait pas seulement ses souvenirs, mais aussi sa perception des lois. fr\eewe.bn(o)v\el.c(o)m
Ce qui importait le plus à Lex était un souvenir particulier où, au loin, se dressait un puits. Ou plutôt, devrait-il dire, au loin se trouvait le Puits des Rêves Oubliés !
L'une des quêtes optionnelles de Lex consistait à localiser le Puits des Rêves, et il voyait désormais exactement où il se trouvait.
Lex fit une pause et s'immergea totalement dans le souvenir, s'imprégnant de la sensation, de l'odeur, de la pression spatiale, de tout cela et plus encore, tentant de le mémoriser pour pouvoir le retrouver par lui-même.
Il se situait à flanc de falaise, juste au-dessus d'une mer déchaînée. Dans les souvenirs de Jeziah, il faisait sombre, car des nuages d'orage emplissaient le ciel et une tempête massive enveloppait les terres. La pluie tombait comme une artillerie, chaque goutte étant presque mortelle par la force qu'elle contenait, sans parler de son acidité intense.
Le puits était clairement visible dans une alcôve de la falaise, ses parois de pierre argentée polies et immaculées. Un petit abri se dressait au-dessus, le protégeant de la pluie et, semble-t-il, de toutes les influences extérieures, car plusieurs créatures volantes tentaient de s'en approcher mais étaient tenues en respect.
Une puissance prodigieuse, du genre de celles qui n'avaient été mentionnées que dans les légendes, émanait du puits, invitant quiconque à tenter d'en prendre le contrôle.
Mais plus il se présentait ainsi, plus Jeziah et les autres l'évitaient, car le puits n'était pas leur objectif et ils ignoraient tout de ses origines.
C'était un souvenir fugace, un parmi cent mille, mais même à travers ce souvenir, Lex pouvait sentir sa puissance. Le puits l'appelait, comme s'il était destiné à l'obtenir — comme s'il l'avait attendu tout ce temps, rien que pour lui.
Lex était unique, il était spécial, son existence avait été prédite, et ainsi, à travers les âges, le puits l'avait attendu...
Lex expira et sortit rapidement de ce placard rempli de souvenirs. Ce puits était anormal au possible si le simple souvenir de son existence, niché dans l'esprit d'un autre, suffisait à tenter de l'ensorceler. Si ce n'était pas la tentative de « pêche au cultivateur » la plus évidente qui soit, alors il ne savait pas ce que c'était.
Après tout, c'était un fait bien connu : la seule chose que les cultivateurs aimaient plus que les beautés de jade, c'étaient les trésors !