Chapitre 842
Traducteur : Legge
Si P5092 affirmait que les deux snipers étaient très puissants, c'était parce que ces deux tirs, en apparence simples, ne l'étaient absolument pas.
Tout d'abord, les commandants de première ligne n'avaient pas réussi à localiser les tireurs malgré un ratissage systématique d'une zone très étendue. Si autant d'hommes n'avaient pas pu les repérer, c'est que les snipers se trouvaient à au moins 900 mètres de distance.
À 900 mètres, les deux balles avaient atteint les barbares en plein cœur, les tuant sur le coup. Ce n'était pas à la portée du premier venu.
Après tout, les deux barbares étaient restés dissimulés jusqu'au dernier moment. Entre leur apparition et le coup de hache, il ne s'était écoulé qu'une fraction de seconde. Les snipers, eux, avaient dû calculer la trajectoire de leurs tirs instantanément après avoir repéré les barbares dès qu'ils s'étaient montrés !
Tandis que les barbares fondaient sur leurs cibles, les snipers avaient dû presser la détente et envoyer leurs balles à travers cette distance immense pour atteindre précisément leur poitrine.
Un commandant de première ligne demanda par radio : « Monsieur, devons-nous poursuivre ces deux snipers ? »
P5092 réfléchit un instant et répondit : « Cherchez d'abord les barbares dans les environs. Soyez prudents. Ces types ont l'air d'être des brutes épaisses, mais ils sont en réalité très rusés et adorent tendre des embuscades. Quant aux snipers, il semble qu'ils aient le même objectif que nous. Nous pourrons les chercher une fois le ratissage terminé. »
Ce n'était pas qu'ils ne voulaient pas les trouver, mais ils avaient des priorités.
De plus, face à l'ennemi, puisque les deux parties avaient pour but d'éliminer les barbares, la Compagnie Pyro ne traiterait naturellement pas les snipers comme des ennemis. Même s'ils les trouvaient, ils espéreraient plutôt les voir rejoindre la Compagnie Pyro et le groupe Qinghe pour former un front uni. Ils ne chercheraient pas à les abattre.
L'ensemble du mont Dashi était divisé en 39 zones sur la carte. P5092 devait les passer au peigne fin, une par une. Aujourd'hui, ils n'avaient réussi à fouiller que jusqu'à la zone 12 lorsqu'ils étaient tombés dans l'embuscade des barbares. D'après les combats précédents, il restait encore au moins 400 barbares cachés dans le mont Dashi.
Cela ne perturbait pas P5092. Les dizaines de pelotons n'étaient que des troupes de reconnaissance envoyées en éclaireurs. Dès qu'il rencontrerait un grand nombre de barbares, il déploierait immédiatement toutes ses forces sur le champ de bataille pour encercler l'ennemi.
Mais même après avoir fouillé toute la zone 12, les pelotons en première ligne ne trouvèrent aucune autre trace des barbares. Il semblait qu'il faudrait encore plusieurs jours, voire une quinzaine, pour nettoyer tout le mont Dashi.
« Monsieur, que devons-nous faire maintenant ? » demanda un commandant de première ligne.
P5092 répondit calmement : « Cherchons ces deux snipers. Au moins, nous devons identifier l'endroit d'où ils ont tiré. Je dois évaluer la force de ces deux tireurs. »
Les snipers étaient certainement déjà partis. Aucun tireur ne resterait bêtement sur place après avoir fait feu. Mais tant qu'ils pouvaient identifier leur position de tir, ils pourraient confirmer la distance exacte qui les séparait de leurs cibles.
Lorsqu'un peloton découvrit enfin des traces des deux snipers dans la zone 13, le soir était déjà tombé.
P5092 fronça les sourcils. Pas étonnant qu'il n'ait pas pu les trouver. Ils avaient abattu leurs cibles dans la zone 12 depuis la zone 13.
Il sortit un stylo et nota l'emplacement des snipers sur la carte. Puis, il mesura la distance entre leur position et l'endroit où les barbares avaient été touchés. À sa grande surprise, il découvrit que la distance était d'environ 1 200 mètres.
C'était encore plus loin que les 900 mètres qu'il avait estimés au départ !
« 1 200 mètres. C'est considéré comme exceptionnel, même pour des snipers. Pourquoi ces deux-là sont-ils soudainement apparus sur le mont Dashi ? » P5092 baissa la tête, pensif. Il regarda son adjudant. « As-tu des renseignements sur deux snipers travaillant ensemble récemment ? Comme ils sont si forts, ils doivent être assez connus. »
Son adjudant répondit : « Je vais transmettre votre demande au service de renseignement pour qu'ils cherchent des suspects potentiels. Cependant, cela prendra du temps et nous pourrions ne pas obtenir les résultats escomptés. »
« Très bien. » P5092 hocha la tête. « Je veux que tu y réfléchisses aussi. Y a-t-il des snipers célèbres apparus récemment... Je connais un groupe qui possède un sniper particulièrement puissant, mais il n'y en a qu'un seul. »
Son adjudant s'interrogea : « Vous voulez parler de la personne qui contrôle le Masque Blanc ? »
« Oui, c'est à eux que je pense », dit P5092.
Les commandants de première ligne crièrent à la radio : « Monsieur, nous avons découvert un endroit suspect. Il y a des traces d'herbes piétinées ici. »
Après cela, les pelotons de reconnaissance commencèrent à se rassembler en direction de 11 heures. Ils effectuèrent un nouveau ratissage dans un rayon d'un kilomètre autour de l'endroit où les traces avaient été découvertes.
P5092 attendit tranquillement dans le véhicule de commandement pour voir s'il y aurait d'autres découvertes. Cependant, il n'avait pas beaucoup d'attentes. Après tout, plus de quatre heures s'étaient écoulées depuis que les deux snipers avaient abattu les barbares.
Mais un cri de surprise retentit soudain à la radio : « Nous avons trouvé deux cadavres de barbares par ici ! »
P5092 fut stupéfait. « Donnez-moi un rapport détaillé ! »
Les commandants en première ligne s'étaient déjà précipités là où les corps étaient dissimulés. Les deux cadavres de barbares n'étaient recouverts que par quelques branches d'arbres, ils avaient donc été facilement découverts.
« Il n'y a pas de blessures par balle. » Un rapport d'autopsie sommaire parvint de la première ligne. « Sur les deux, l'un a été transpercé à travers le cou par une arme tranchante. Je ne sais pas à quel point l'arme était tranchante, mais elle a carrément brisé les vertèbres cervicales. L'autre homme a été tailladé à la poitrine et transpercé au cœur. Son bras gauche... son bras gauche a été tranché.
« Je soupçonne que le barbare dont le cou a été percé a été pris en embuscade. L'autre barbare qui l'accompagnait a tenté d'éliminer l'ennemi ensuite, mais il a été pris au dépourvu et a eu le bras gauche tranché. La lame a sectionné son bras et lui a lacéré la poitrine. Après cela, l'agresseur a dû retirer sa lame et la planter directement dans le cœur du barbare. Fin du rapport. »
Des grésillements retentissaient encore à la radio. Après avoir entendu ce rapport d'autopsie simplifié, P5092 resta silencieux. Il pouvait même imaginer la cruauté de l'attaquant à travers ce langage simple.
La lame avait sectionné les muscles du bras du barbare et tranché ses os robustes. Le bras coupé avait dû tomber sous son regard horrifié alors que la lame lui tailladait la poitrine. Puis, l'attaquant avait retiré sa lame et porté le coup fatal en un seul mouvement fluide.
Mais P5092 ne parvenait pas à comprendre une chose. Il avait initialement pensé qu'il n'y avait que deux snipers, alors d'où sortait un expert en combat rapproché aussi redoutable ?
Les snipers avaient-ils d'autres camarades ? Ou ces deux snipers étaient-ils aussi féroces dès le départ ?
P5092 s'était inquiété du danger que couraient ces deux snipers s'ils rencontraient les barbares à courte portée. Mais maintenant, il semblait que ce fussent les barbares qui étaient en danger.
« Terminez l'opération. » dit P5092. « Installez le campement pour la nuit et soyez en alerte de niveau un en cas d'attaque nocturne des barbares. »
Après cela, il éteignit la radio. Son adjudant à côté de lui demanda : « Monsieur, ces deux snipers deviendront-ils une menace pour nous à l'avenir ? »
P5092 secoua la tête. « Ne sois pas trop inquiet. Ceux qui sont ici en ce moment pour combattre l'ennemi ne peuvent être que des alliés. Quant à savoir si nous resterons amis à l'avenir, il faudra attendre la fin de la guerre pour le découvrir. »