Chapitre 518
L'arrestation de Simon secoua toute l'académie et presque chaque Initié ne parlait que de ça.
Ceux qui attendaient le retour de Simon de sa première mission furent sous le choc en apprenant ce qui s'était passé, surtout après avoir entendu parler des cinq cadavres retrouvés dans sa chambre.
Pendant plus de deux mois, l'académie avait été relativement calme, mais une fois de plus, l'enfant du chaos nommé Simon brisa cette paix, comme à son habitude.
En apprenant que Simon passerait devant un tribunal le lendemain matin, ils comprirent tous que les choses allaient sérieusement se corser pour lui.
Les procès impliquant les Inquisiteurs de l'ombre se terminaient généralement par la mort des accusés.
Dans 99 % des cas.
Tandis que les détracteurs de Simon, ses camarades de classe et ses proches comme Sonya, Akaza et Sunless se perdaient en conjectures sur son arrestation, Simon restait assis calmement dans sa cellule, jambes croisées, les yeux fermés.
[Que comptes-tu faire maintenant ? Tu pourrais vraiment être dans de beaux draps cette fois-ci.]
Simon fronça légèrement les sourcils en entendant la voix de Lilith.
Il fut surpris qu'elle lui adresse la parole, mais il n'y prêta pas plus d'attention.
[Je ne sais pas. J'ai aussi un mauvais pressentiment.]
[Tu ne vas pas t'en sortir avec tes bobards comme la dernière fois que tu as été interrogé ? Ton jeu d'acteur était plutôt convaincant.]
Simon se renfrogna.
[C'est bien là le problème.]
Simon ouvrit les yeux.
[Un menteur a d'innombrables chemins à sa disposition. Il peut modifier les détails, en omettre, en inventer. Si un mensonge échoue, il peut simplement en créer un autre.]
Il baissa les yeux vers le sol de la cellule.
[La vérité est différente.]
[La vérité ne s'est produite qu'une seule fois.]
[Il n'existe pas mille versions de la vérité. Il n'y en a qu'une.]
Simon laissa échapper un soupir discret.
[Je suis innocent dans cette affaire, mais l'innocence et la culpabilité ne sont pas déterminées par la vérité.]
[Elles sont déterminées par ce que les gens croient.]
Son regard se tourna vers les barreaux de la cellule.
[Si je mentais, je saurais quoi faire. Je saurais quelle histoire raconter. Je saurais quelles réponses préparer.]
[Mais je dis la vérité.]
[Et la vérité ne s'est jamais souciée d'être pratique ou crédible.]
Il y eut un silence, puis Lilith reprit.
[Je vois. En gros, ce que tu essaies de dire, c'est qu'un menteur peut façonner son histoire, mais qu'une personne innocente est piégée par ce qui s'est réellement passé.]
Les lèvres de Simon se retroussèrent légèrement.
[Ouais. Quelque chose comme ça.]
Lilith ricana.
[Bien sûr que tu dirais un truc pareil.]
L'expression de Simon devint étrange, mais il choisit de ne rien dire.
Il leva les yeux et commença à réfléchir à ce qu'il devait faire et aux scénarios possibles.
« Le problème, c'est que les Inquisiteurs de l'ombre ne m'auraient jamais arrêté s'ils n'avaient pas de preuves concrètes que je suis le meurtrier du Pacte Gris. »
« Peu importe à quel point ils sont déraisonnables, ils savent qu'il est encore plus absurde et incroyable qu'un Fiend ait pu tuer cinq Démons Supérieurs à un pas de la percée. »
« César, ô César. Quels plans me réserves-tu... Je vais peut-être devoir enfreindre les règles et te tuer pour ce désagrément que tu m'infliges. »
Alors qu'il pensait à cela, ses oreilles tressaillirent et il perçut soudain une présence à travers le vent et son Sens de l'Ombre.
Il se tourna vers la droite et son froncement de sourcils s'accentua.
Aucun bruit de pas n'indiquait qu'une personne s'approchait, mais la perturbation dans le vent et la présence d'une ombre lui disaient le contraire.
Une seconde plus tard, il leva les yeux, ses pupilles vibrant de surprise.
« Quand on parle du loup, on en voit la queue. »
Devant sa cellule se tenait un démon aux yeux violets indifférents, portant un masque de clown ennuyé.
"César", lança Simon d'un ton et d'un regard neutres.
César observa Simon avec la même indifférence, puis prit la parole.
"Une fois de plus, tu m'as surpris, Broken Halo."
Simon plissa légèrement les yeux.
"C'est toi qui m'as surpris, César. Je ne m'attendais pas à ce que tu aies une telle autorité au sein du Clan."
Simon jeta un coup d'œil à gauche et à droite de César, puis ricana.
"Pouvoir entrer dans le bâtiment des Inquisiteurs de l'ombre ? C'est vraiment choquant."
Le regard de César resta impassible.
"Il y a une raison pour laquelle les démons me craignent, et je t'avais prévenu."
Simon laissa échapper un petit rire, les lèvres retroussées.
"Je vois maintenant."
César croisa les bras et une lueur de froideur traversa ses yeux.
"Je ne m'attendais pas à ce que tu aies la capacité de tuer First Blade. J'ai été sincèrement choqué."
César jeta un regard furtif aux Chaos Wraps sur le bras de Simon, mais ce dernier le remarqua.
"Hmm ?"
Le regard de Simon devint tranchant et glacial.
« Ce bâtard. Est-ce qu'il sait ? »
"Je suis là pour une chose. Donne-moi ton anneau spatial."
Simon plissa les yeux, puis rit.
"Et pourquoi ferais-je ça ? Tu laisseras les Inquisiteurs me libérer ?"
César secoua la tête.
"Non. Je ne le ferai pas. Pour que cela arrive, il faudrait que tu me serves et que tu m'adores. Tu as été une épine irritante que j'ai ignorée à cause de trop nombreuses autres préoccupations."
"Tu as franchi la ligne il y a longtemps, et ceci est ta punition. Demain sera ton dernier jour, mais tu peux le prolonger si tu t'agenouilles, baises mes pieds et m'appelles ton seigneur."
Simon afficha un sourire froid.
"Et tu viens tout juste de franchir la mienne, César."
César ne répondit pas, et ils se fixèrent mutuellement avec un regard capable de glacer un enfer.
César rompit soudain le silence.
"Ton anneau spatial."
Simon inclina légèrement la tête.
"Et pourquoi ferais-je ça, puisque ça ne me sauvera pas la vie ?"
César ricana.
"Pour que ta mort soit sans douleur. Sinon, tu comprendras pourquoi mes subordonnés et les ennemis que j'ai tués — et ceux que je dois encore tuer — ont ce dicton."
"Rends toujours à César ce qui appartient à César."