Chapitre 371
L'instructeur Valdin ne put s'empêcher d'arborer une expression mauvaise en entendant les mots de Simon.
Beaucoup auraient ignoré ses propos, passant à côté de tout ce qu'il venait de dire, mais Simon avait mentionné à plusieurs reprises les règles du Clan.
Au lieu d'évoquer l'académie ou ses règlements, il avait spécifiquement cité le Clan.
Il remettait en question l'autorité des lois du Clan, et Valdin ressentit presque de la colère face à l'audace de Simon.
Il était un Velari, et bien que le Clan Shadowgrave soit désormais composé de tant de races différentes, le Clan appartenait toujours à lui et aux autres Velaris.
Ils étaient la véritable force du Clan, ceux qui incarnaient réellement la voie de l'ombre et de l'assassinat.
Les Velaris recevaient un enseignement différent, ce qui expliquait pourquoi Simon n'avait jamais croisé d'Initié Velari à l'académie auparavant.
En raison de la loyauté et de l'amour pour le Clan qui lui avaient été inculqués dès sa naissance, son opinion sur Simon se dégrada davantage à cause de ces paroles.
Cependant, il savait aussi que Simon avait raison, d'une certaine manière.
En ce qui concernait les factions de l'académie, la situation était bien plus complexe que ce que beaucoup d'initiés croyaient.
Certaines factions de l'académie n'avaient pas seulement des instructeurs comme soutiens, mais aussi des figures puissantes et des factions du Clan lui-même.
Grâce à ces figures influentes et à ces factions, certaines factions de l'académie parvenaient à enfreindre les règles du Clan jusqu'à un certain point sans subir les sanctions nécessaires.
L'instructeur Valdin était au courant de tout cela, et en tant que Velari, il savait aussi comment la corruption au sein du Clan augmentait petit à petit avec le temps.
La corruption était chose courante dans n'importe quelle organisation, surtout dans le Royaume démoniaque, mais le niveau atteint au sein du Clan commençait à susciter des plaintes.
« Serait-il possible qu'il soit au courant de la situation interne du Clan ? »
L'instructeur Valdin secoua immédiatement la tête.
« Non. C'est impossible. Il vient tout juste d'arriver au Clan. Cela ne fait même pas une semaine, comment pourrait-il savoir de telles choses ? Même avec l'aide du Bureau de Renseignement, il n'aurait ni l'autorisation ni les Mérites pour acheter de telles informations. »
Au moment où cette pensée lui traversa l'esprit, l'instructeur Valdin réalisa à quel point il était absurde que Simon ait accompli tant de choses en moins d'une semaine.
L'instructeur Valdin ne put s'empêcher de se demander comment Simon s'y était pris.
« Comment est-il possible pour un première année d'avoir fait autant de remous et de devenir si populaire en moins d'une semaine ? Ce gamin est un aimant à problèmes... un sacré aimant. »
Malheureusement pour l'instructeur Valdin, il ne se doutait pas qu'il se faisait des idées.
Simon n'avait pas remis en question le pouvoir des lois du Clan parce qu'il était au courant de la corruption croissante ou de la détérioration des règles.
Non.
Il questionnait les lois du Clan parce qu'en fin de compte, les lois de l'académie étaient celles du Clan.
Et aussi parce que l'instructeur Valdin était un Velari.
Après avoir réalisé que les factions avaient le pouvoir d'enfreindre les règles de l'académie jusqu'à un certain point, Simon savait que la situation pouvait lui échapper et qu'il devait se préparer au pire.
Mais cela ne lui plaisait pas.
Si les lois du Clan étaient assez fortes, il pourrait prendre les meilleures décisions et élaborer le plan parfait, sachant que ses ennemis étaient limités dans leurs actions.
Puisque l'instructeur Valdin était un Velari, il voulait voir s'il pouvait pousser l'instructeur à faire respecter la puissance des lois du Clan.
« En tant que Velari, son autorité au sein du Clan est supérieure à celle de beaucoup d'autres, il est donc possible qu'il essaie de faire respecter les lois désormais, étant donné qu'il semble tenir à son devoir d'instructeur de l'académie. »
Quelques secondes après cette réflexion, l'instructeur Valdin prit la parole.
"Broken Halo, je ne suis pas là pour parler des règles de l'académie. Je suis là pour parler de toi et de tout ce que tu as fait."
Simon haussa un sourcil. "Très bien. Je vous écoute."
"En moins d'une semaine, tu as causé tant de remous à travers l'académie et le Clan. Ce que tu as fait aujourd'hui dépasse tout ce que tu avais fait il y a quelques jours."
Simon hocha la tête, mais ne dit rien, attendant que l'instructeur poursuive.
"Après aujourd'hui, il est presque certain que les choses vont empirer et que l'académie deviendra encore plus chaotique. Je ne veux pas de ça."
"Un conflit et une discorde contrôlés entre toi et tes camarades, ou entre ton gang et les autres, c'est acceptable."
"Il n'y a aucun problème avec ça. Mais tu vas trop loin, et cela pourrait se transformer en quelque chose d'autre."
Simon plissa les yeux, devinant ce que son instructeur allait dire. Mais il choisit de rester silencieux et d'attendre.
"Fais un pas en arrière, arrête tous les conflits pendant quelque temps, laisse un peu d'espace à tes camarades, et sois en bons termes avec les gangs de deuxième année et les factions qui les soutiennent."
"Excuse-toi auprès d'eux si nécessaire. Prosterne-toi devant eux si tu dois le faire. Je m'assurerai que tu ne perdes pas la vie, car comme tu l'as dit, une vie est plus précieuse que tout. Même si cela peut être honteux et embarrassant, fais-le simplement pour pouvoir vivre."
"Si tu ne t'arrêtes pas... tu mourras."
"Pas dans un duel. Pas en public."
"Tu disparaîtras."
Un silence inconfortable s'installa pendant quelques secondes, et Simon et l'instructeur Valdin se fixèrent du regard.
Si l'instructeur Valdin avait pu voir le visage de Simon, il aurait remarqué le léger sourire qui y flottait.
"Vous voyez, instructeur Valdin... C'est votre Clan qui a fait de moi un esclave et une cible à piétiner."
"Mes 'chers' camarades ont essayé de me harceler et de me tuer à maintes reprises dès le premier jour."
"Je n'ai aucune envie d'être piétiné comme une ordure ou utilisé comme un marchepied. J'ai évidemment ma propre fierté, et faire un pas en arrière, c'est inviter mes camarades à me marcher sur la tête."
"Alors non... je ne reculerai pas. Si quelqu'un doit le faire... ce sont eux."