Chapitre 314
Malgré les mots provocateurs de Merath.
Malgré le fait que dix marionnettes en bois — quatre grandes et six à taille humaine — l’encerclaient, le regard de Simon restait calme et totalement indifférent.
Il observa Merath, puis dévia son regard vers Tibat, qui le fixait avec de la colère dans les yeux.
Il trouvait ça... mignon.
En toute honnêteté, ce qu’elle venait de faire était une bonne stratégie, et il aurait presque pu lui offrir des fleurs pour avoir eu une telle idée.
Cependant, contre lui ?
C’était inutile.
Les marionnettes en bois étaient comparables à des Archidémons supérieurs en termes de force, et lui était comparable à un Archidémon suprême.
S’il l’avait voulu, il aurait pu vaincre toutes les marionnettes, et même Tibat.
Mais cela l’aurait obligé à se dévoiler, et qui a dit que c’était à lui de se défendre ?
Apparemment, ils avaient oublié l’un de ses atouts majeurs au sein de l’académie.
Bang !
Le sourire de Merath se figea, Tibat fut ébranlée, et le regard de Jorra vacilla à l’instant même où ce bruit explosif secoua l’air.
Ils virent Agramormos gémir de douleur après avoir percuté deux grandes marionnettes en bois et trois plus petites.
Bang !
Une autre silhouette s’écrasa contre une grande marionnette, et cette fois, c’était Belafar.
L’expression de Tibat s’assombrit instantanément, et une terrible prémonition lui serra le cœur.
Elle se retourna et, comme elle le craignait, elle vit Akaza marcher vers eux, le regard totalement indifférent, le torse nu.
« Merde. » jura Tibat, son esprit tournant à toute vitesse alors qu’elle tentait de trouver une parade.
Mais elle ne le pouvait pas.
Bien que Simon ait vaincu Akaza avec une facilité apparente, c’était parce qu’Akaza l’avait pris à la légère et que Simon possédait bien plus d’expérience.
Il y avait une raison pour laquelle Agramormos, Belafar et Tibat se méfiaient de lui, et pour laquelle les Iron Fangs subsistaient encore aujourd’hui, malgré une quantité et une qualité collective inférieures à celles de leurs gangs respectifs.
Akaza était fort, et même Agramormos et Belafar ne pouvaient le vaincre ensemble.
« Quel dommage. J’avais honnêtement oublié son existence. » Merath secoua la tête, un regret et une déception évidents dans le ton.
Elle fixa Simon, les yeux légèrement plissés.
« Un jour, tu auras les yeux plus gros que le ventre. »
Simon lui jeta un coup d’œil mais ne répondit pas.
Aurait-il les yeux plus gros que le ventre ?
Probablement.
Très certainement.
Mais ces pensées appartenaient au futur, pas au présent.
Pour l’instant... tout se déroulait exactement comme il l’avait prévu.
Merath secoua la tête en voyant que Simon ne disait rien, puis elle regarda Tibat.
« Pour ton bien, je te donne juste un conseil. Ne le sous-estime pas et ne le traite pas comme ton égal. Vois-le comme un ennemi capable de t’écraser d’un seul doigt. »
« Ce n’est qu’un conseil. À toi de voir ce que tu en fais. »
Tibat fronça profondément les sourcils, et Jorra apparut aux côtés de Merath.
« Allons-y. » dit-il d’un ton indifférent.
Merath lui jeta un coup d’œil, puis en fit de même pour Simon, hocha la tête et se dirigea vers l’avant, s’éloignant de Simon et Tibat.
Ils passèrent devant Akaza sans lui accorder un regard, et Akaza ne prit pas non plus la peine de les regarder.
Il avança et se posta aux côtés de Simon, observant Tibat, dont le visage était sombre.
Tibat aurait voulu empêcher Merath et Jorra de partir, mais la présence d’Akaza l’en dissuada.
Elle le fixa, les dents serrées.
« Alors tu as décidé de vivre comme l’esclave d’un esclave. Je pensais qu’il te restait un peu de fierté et de dignité, Akaza. »
« Je n’arrive pas à croire qu’un talent de l’un des six grands clans se réduise à vivre comme l’esclave d’un esclave. »
« Je ne connais pas ton histoire ni la raison de ta présence dans le Clan Shadowgrave, mais tu es plus pathétique que beaucoup d’entre nous pour avoir choisi cette vie. »
Simon haussa calmement un sourcil aux paroles de Tibat, un peu surpris.
On pourrait croire qu’elle ne se moquait d’Akaza que par rage d’avoir été dupée, mais ce n’était pas le cas.
Simon devinait ses intentions et était curieux de voir si cela fonctionnerait.
« Elle veut mettre Akaza en colère pour qu’il m’attaque ou me trahisse. C’est son dernier atout, j’imagine ? »
Il jeta un coup d’œil à Akaza et vit que son regard était sombre, mais même après six secondes, il ne fit rien et ne dit rien.
« Hmm. »
Simon allait prendre la parole, mais Akaza le devança.
« J’espère que tu te souviendras de ces mots quand tu finiras en cadavre ou en esclave sexuelle personnelle. »
Le cœur de Tibat manqua un battement, et une lueur de peur traversa ses yeux en entendant cela.
Simon secoua la tête, puis se détourna pour s’éloigner.
Il n’avait rien à dire à Tibat, à Agramormos blessé ou à Belafar inconscient.
C’étaient des outils qui avaient rempli une partie de son objectif, mais il restait d’autres étapes à franchir.
« Maintenant, il ne me reste plus qu’à attendre qu’un ou plusieurs gros poissons mordent à l’hameçon. J’espère que mon filet était assez large. »
Akaza jeta un regard à Simon, puis un dernier à Tibat avant de suivre Simon.
Tibat ressentit une rage immense en voyant Simon s’éloigner sans même lui adresser un mot, et pour la première fois depuis longtemps, elle rugit de fureur.
« AAAAAARRRRRRGGGGGHHHHHHHHHHHH !!!!!! »
« JE N’OUBLIERAI PAS ÇA, ESCLAVE ! SURVEILLE TES ARRIÈRES, PARCE QUE JE VIENS TE CHERCHER ! »
Simon fit un geste de la main indifférent, sans même daigner la regarder.
« Mets-toi à la fin de la file. D’autres sont arrivés avant toi, et... honnêtement, tu es trop faible. »
Tibat se figea, perdue.
Quel genre de mépris était-ce là ?
Quand avait-elle ressenti une telle chose ?
Elle n’était pas une élite des deuxièmes années, mais elle était considérée comme l’un des talents de sa classe.
Qui était Simon pour la traiter avec autant de dédain, comme si elle n’était qu’un déchet ?