Chapitre 302
Après avoir sorti les quarante masques avec une expression déprimée et douloureuse, Simon observa chaque masque un par un pour s'assurer qu'ils étaient tous en bon état.
Aucun d'entre eux ne possédait de capacités spéciales. Ce n'étaient pas des artefacts, juste des masques robustes et ordinaires.
Après avoir tout vérifié, Simon refusa de payer le propriétaire de la boutique, exigeant d'abord qu'il s'agenouille pour nettoyer ses chaussures et ses vêtements.
Au grand dam du commerçant, humilié, celui-ci n'eut d'autre choix que d'obtempérer. Simon, le visage impassible, resta assis sur la chaise du propriétaire en le regardant astiquer ses chaussures.
Akaza, témoin de la scène, ressentit un malaise étrange en voyant le commerçant nettoyer les pieds de Simon.
Il savait que le type l'avait bien cherché, puisqu'il avait littéralement craché sur Simon, mais la situation lui semblait tout de même surréaliste.
« On dirait... qu'il obtient toujours ce qu'il veut. »
Akaza jeta un coup d'œil à Simon, puis au commerçant.
« Je me demande comment il réagirait s'il savait qu'il est un esclave. »
Il secoua légèrement la tête, déçu, mais il n'avait évidemment aucune intention de révéler la vérité au commerçant.
Comment pourrait-il oser regarder le propriétaire en face, une fois que celui-ci aurait fait le rapprochement et compris pourquoi Simon agissait comme le patron, et non lui ?
Lorsque Simon fut satisfait du nettoyage, il ordonna au commerçant d'arrêter, puis dit à Akaza de régler la note.
Après avoir payé, Simon rangea la boîte de masques dans son anneau spatial et sortit de la boutique sans ajouter un mot.
Akaza le suivit, laissant derrière lui le commerçant qui décida de se concentrer sur son solde bancaire plutôt que sur la perte et l'humiliation qu'il venait de subir.
« Si je gagne à un jeu, je peux doubler la mise, rembourser toutes mes dettes et il me restera encore un peu d'argent. »
Le commerçant marmonna, une lueur de cupidité dans les yeux.
« J'irai au casino plus tard ce soir. »
Un large sourire apparut sur ses lèvres alors qu'il saisissait sa gourde de vin et se rasseyait sur sa chaise.
Pendant que le commerçant rêvait de doubler son argent, Akaza se demandait ce qui pouvait bien se passer dans la tête de Simon.
Ne pouvant contenir sa curiosité, il finit par demander :
« Pourquoi as-tu besoin d'autant de masques ? »
Simon haussa les épaules. « Tu le sauras bien assez tôt. »
Akaza fronça les sourcils, mais avant qu'il ne puisse insister, Simon entra dans une autre boutique.
Cette fois, il s'agissait d'un magasin d'articles divers.
Contrairement à la boutique de masques délabrée, celle-ci était bien tenue.
Akaza était encore plus confus.
« Qu'est-ce qu'il fabrique, à la fin ? »
Quelques minutes plus tard, Akaza paya pour quarante cordes, quarante gants adhésifs, vingt bombes fumigènes et quelques autres bricoles.
Au final, le coût total, masques compris, s'élevait à quatre cent quatre-vingt-dix (490) mérites.
Ils quittèrent la boutique, et Akaza, derrière son masque, affichait une confusion totale en marchant dans le sillage de Simon.
« À quoi tout ça va-t-il servir ? » ne put-il s'empêcher de demander à nouveau.
« Comme je l'ai dit, tu le découvriras bientôt. »
Akaza fronça profondément les sourcils. Bien qu'il ait eu envie d'étrangler Simon, il se retint.
« Contacte les trois chefs et donne-leur l'emplacement que je t'ai indiqué plus tôt. »
Les yeux d'Akaza brillèrent aux paroles de Simon.
« On y va maintenant ? »
Simon passa devant lui et commença à se diriger vers la sortie de la place du Marché.
« Qui sait. Contente-toi de me suivre. Retrouvons les Iron Fangs. »
L'œil gauche d'Akaza tressaillit de frustration et de colère. Simon ne lui disait rien, et bien qu'il comprenne que c'était par manque de confiance, il était exaspérant de voir Simon esquiver ses questions en permanence.
Sans un mot de plus, Akaza suivit Simon, mais il fit ce qui lui avait été demandé.
Il envoya un message à Balafar, Tibat et Agramormos.
Pendant ce temps, dans l'une des salles de sport de l'académie, les trois chefs reçurent le même message et s'échangèrent des regards.
« Hmm. Il dit qu'on doit lui laisser vingt minutes. » La voix d'Agramormos résonna dans la salle alors qu'il posait un haltère au sol, faisant craquer le plancher.
« Je ne fais toujours pas confiance à ce bâtard d'esclave. » Balafar grimaça en lâchant une barre de musculation et en se redressant.
« Peu importe que tu lui fasses confiance ou non. Si tous les membres des Iron Fangs sont au même endroit, il n'y a pas de problème. L'endroit qu'il nous a donné n'est pas mauvais. C'est assez loin de l'entrée de l'académie », dit Tibat en retombant au sol après une série de tractions.
Elle tourna son regard vers les autres Initiés dans la salle.
« Dans vingt minutes, je veux que trente d'entre vous se rendent à l'endroit que je vous ai envoyé. Assurez-vous que tous les membres des Iron Fangs soient présents, surtout Akaza. »
« Pas de problème. »
« Compte sur nous. »
« Une tâche facile. »
C'était la salle de sport des Vipers Nest, des Stone Crushers et des Black Thorns ; seuls les membres de ces trois gangs pouvaient y entrer.
Tibat hocha la tête face aux réponses des membres de son gang et des autres.
Elle se tourna ensuite vers Balafar et Agramormos.
« Même si ce sont des premières années, ne les prenez pas à la légère. »
Agramormos haussa les épaules avec nonchalance sans rien dire, mais Balafar ricana.
« Qu'est-ce qu'une bande de gamins qui tètent encore leur mère peut bien faire ? »
Certains membres des Vipers Nest éclatèrent de rire. Tibat secoua légèrement la tête et choisit de ne pas répondre.
Vingt minutes plus tard, le trio reçut un nouveau message d'Akaza, et Tibat ordonna à trente de leurs membres de se rendre sur les lieux.
Dix par gang, ils quittèrent la salle de sport séparément pour ne pas attirer l'attention.
Ne serait-ce pas problématique si les Iron Fangs apprenaient leur approche ?
Telles étaient les pensées des membres des gangs et de leurs chefs.
Pendant ce temps, Tibat, Agramormos et Balafar se dirigèrent avec d'autres membres vers l'entrée de l'académie pour la bloquer.
Une bataille qui allait provoquer des ondes de choc dans toute l'académie était sur le point d'éclater.