Chapitre 256
Akaza remarqua que Simon observait ses camarades de classe et plissa les yeux, l'air pensif.
Quelques secondes plus tard, il demanda :
« Tu veux qu'on s'assure qu'ils ne te barrent pas la route ? »
Simon fixa Akaza avec calme et haussa un sourcil.
« J'ai été capable de m'occuper de tout le monde chez les Iron Fangs, toi y compris. Qu'est-ce qui te fait croire que je ne peux pas les gérer ? »
Akaza se figea, son expression se décomposa derrière son masque.
Il avait oublié la raclée et l'humiliation que Simon lui avait fait subir.
Ses testicules lui faisaient encore mal à cause du coup de pied de Simon ce jour-là.
« Quand est-ce que tu nous donneras les antidotes ? »
Il décida de changer de sujet pour éviter une conversation aussi embarrassante.
« Je pensais que tu ne demanderais jamais. »
Simon fit claquer ses doigts et une sacoche brune apparut dans sa main. Il la tendit à Akaza.
« Tiens. C'est l'antidote pour chaque membre du clan. Ça durera une semaine, après quoi il faudra en reprendre, à moins que tu ne veuilles que le poison se réveille. »
À l'évocation du poison, Akaza fronça les sourcils, assailli par un souvenir désagréable.
Quand Simon lui avait parlé du poison pour la première fois, il n'y avait pas cru. Il pensait que c'était quelque chose de facile à gérer, et les autres membres des Iron Fangs pensaient la même chose.
Mais après douze heures, il avait ressenti l'une des pires douleurs de toute sa vie.
Le poison n'était pas là pour tuer, ni pour estropier.
Il ne servait qu'à faire souffrir.
Toutes les douze heures, le poison se déclenchait soudainement, peu importe ce que faisait le démon.
Et quand il agissait, la sensibilité du démon était multipliée par près de mille.
Ils devenaient mille fois plus sensibles à tout. Même l'air leur semblait agressif.
Akaza avait fait l'erreur d'essayer de marcher, mais au moment où il avait posé le pied par terre, il s'était effondré, son cerveau saturé par l'afflux d'informations sensorielles venant de la plante de ses pieds.
Et le pire, c'était la chute elle-même.
Normalement, une telle chute ne lui aurait rien fait, ou il aurait eu le réflexe de se rattraper.
Mais son cerveau était trop lent pour réagir à ces changements soudains et il s'était étalé de tout son long.
La douleur qu'il avait ressentie à ce moment précis l'avait fait hurler.
Chaque nerf et chaque récepteur de douleur dans son corps fonctionnait comme s'ils étaient sous stéroïdes, et Akaza était totalement perdu et confus quand c'était arrivé.
Il n'était pas le seul démon à subir cela. Tous les membres des Iron Fangs y passaient, et certains ressentaient même des sensations intenses en plein acte sexuel.
L'un d'eux venait à peine de pénétrer une prostituée qu'il avait ressenti toutes les merveilles de la chose et avait éjaculé en moins de cinq secondes.
Il avait perdu toute dignité devant elle et était certain d'être devenu la risée de tout le bordel.
Comment les membres des Iron Fangs ne pourraient-ils pas détester Simon et vouloir le tuer ?
Malgré cela, le poison leur avait fait comprendre qu'ils ne pouvaient pas défier Simon.
Certains avaient essayé d'utiliser leur énergie démoniaque pour purger le poison, mais dès qu'ils tentaient le coup, le poison devenait encore plus violent.
Ils craignaient le poison que Simon leur avait administré ; c'était une laisse autour de leur cou, les forçant à obéir à chacun de ses ordres.
Akaza ouvrit la sacoche et vit de nombreuses fioles contenant un liquide vert clair.
Il fronça légèrement les sourcils en voyant le liquide, puis referma la sacoche.
« Peut-être que je devrais garder un antidote de plus pour moi. Perdre un membre de plus dans le gang ne changera rien. »
Bien qu'Akaza se soit battu pour les Iron Fangs, au bout du compte, il le faisait pour son propre intérêt.
C'était un démon, et il pensait toujours à lui-même avant les autres... À moins de ne pas avoir le choix.
Pour lui, se débarrasser du membre le plus inutile des Iron Fangs ne porterait aucun préjudice au gang.
Avoir un antidote de plus était plus important à ses yeux que la vie d'un membre inutile.
« Je m'en vais, alors. »
Il se tourna pour partir, mais Simon l'interpella.
« Akaza. »
Akaza fronça les sourcils et se retourna.
« N'oublie pas de m'envoyer un reçu détaillé de l'extorsion d'aujourd'hui. Si tu ne le fais pas, ou si je découvre que j'ai été floué ou que le reçu a été manipulé, on aura de sérieux problèmes. »
Akaza ricana immédiatement face aux paroles de Simon. « Contrairement à toi, les Démons de l'Épée ne mentent pas et ne trichent pas. »
Simon sourit derrière son masque et ne contredit pas ces mots, car ils étaient vrais.
Ce n'était pas que les Démons de l'Épée avaient un sens de l'honneur ou de la chevalerie comme les humains.
Non.
Ils avaient juste leur propre fierté.
Ils considéraient ceux qui mentaient, trompaient et trichent comme des lâches et des faibles.
Ils méprisaient ce genre de comportement, et leur fierté leur interdisait de s'abaisser à cela.
Simon le savait très bien, mais il avait des problèmes de confiance et il n'allait pas commencer à faire confiance à Akaza, qu'il connaissait à peine, juste à cause de sa fierté raciale.
Akaza s'apprêtait à repartir, mais Simon l'appela à nouveau.
« Akaza. »
« Quoi ?! » Akaza se retourna, le regard visiblement agacé.
« J'aurai besoin que tu viennes faire des courses avec moi demain. Sois prêt. Je t'enverrai les détails plus tard. »
« ... Quoi ? » Akaza était stupéfait, mais Simon ne prit pas la peine d'expliquer.
Il agita la main avec nonchalance en se tournant.
« Ne réfléchis pas trop. Je te donnerai les détails plus tard. »
Akaza resta planté là pendant près d'une minute, une pensée terrifiante lui traversant l'esprit alors qu'il fixait le dos de Simon.
« Est-ce qu'il compte faire de moi son larbin ? » Akaza ne put s'empêcher de frissonner à cette idée.