Chapitre 387
Chapitre 387
Ses deux yeux fermés ajoutaient une aura de mystère à sa personne.
C'était quelqu'un qui n'avait pas besoin de points de charme pour être charmant.
Gustav leur fit un signe de tête à tous les deux avant de retourner vers la cuisine.
« Si les testicules d'une créature hybride mâle sentent aussi bon, alors comptez sur moi... » lança E.E. en s'asseyant dans la salle à manger.
Falco et Aildris restèrent bouche bée pendant quelques secondes en se tournant vers E.E.
« Ok, c'est sorti bizarrement », rit légèrement E.E. en ajoutant.
« Tu mangerais vraiment n'importe quoi, pas vrai ? » commença Falco dans un éclat de rire.
Quelques minutes plus tard, Gustav sortit de la cuisine et leur servit quelques-uns des plats qu'il avait préparés.
Les quatre garçons se calmèrent et profitèrent du repas chaud et délicieux.
L'appartement de Gustav était devenu leur point de chute chaque week-end depuis deux semaines.
Lorsque Aildris avait goûté l'un des plats de Gustav lors de sa dernière visite avec E.E. et Falco, il n'avait pu s'empêcher d'admettre que Gustav était un cuisinier extrêmement talentueux.
Depuis, il brûlait d'envie de revenir avec Falco et E.E.
« Ce paysan, je dois admettre que tu me surpasses sur ce point », lâcha soudain l'alter ego de Falco après avoir englouti une bouchée de viande juteuse.
« Espèce d'idiot, rentre à l'intérieur », dit Falco en se donnant une gifle avant de reprendre le contrôle.
« Désolé pour ça, hehe », rit légèrement Falco après avoir repris les commandes.
« Pas de souci », répondit Gustav avant d'attraper une aile de chauve-souris frite de la taille d'un bol et de commencer à la croquer.
« Ton alter ego est assez difficile à gérer, n'est-ce pas ? » demanda Aildris avec un air légèrement inquiet.
« Ne t'inquiète pas, je le maîtrise », répondit Falco avec un sourire.
« Tu ne le maîtrises pas, espèce de men... »
Paf !
Falco se gifla à nouveau avant que son alter ego ne puisse terminer sa phrase.
« Au fait Aildris, je ne t'ai jamais vu ouvrir les yeux... » lança E.E. avec curiosité en fixant Aildris assis en face de lui.
« J'ai entendu dire que tes yeux étaient liés à ta lignée... » ajouta Falco.
« Hmm, c'est tout à fait vrai... Bien que je puisse activer ma lignée sans avoir à ouvrir les yeux, le fait de les ouvrir améliore mes capacités et a un effet sur l'environnement alentour. Je ne les ouvre généralement pas, sauf si c'est nécessaire, pour ne pas affecter ceux qui m'entourent », expliqua Aildris.
Gustav, E.E. et Falco affichèrent des mines compréhensives en entendant cela.
« Alors, comment fais-tu pour voir ? » demanda Falco.
« Je peux visualiser mon environnement dans un rayon de vingt mètres grâce à mes sens accrus », répondit Aildris avant de continuer à manger.
« Il a une sacrée perception », se dit Gustav intérieurement après avoir écouté cette explication.
Lui aussi pouvait se déplacer sans ouvrir les yeux, et tout cela grâce à sa perception. Le seul inconvénient était l'incapacité de distinguer les couleurs des objets environnants.
« Ça doit être nul de ne pas pouvoir voir les couleurs », dit E.E., exprimant exactement ce que pensait Gustav.
« Non, je peux en fait ressentir les couleurs même si je ne peux pas les voir... Les couleurs me parlent », répondit Aildris avec un sourire avant de pointer la table.
« Blanc », dit-il en désignant la couleur de la table. « Canapés marron », ajouta-t-il en pointant la zone du salon.
« Le peigne dans tes cheveux est de couleur verte », dit Aildris en pointant E.E.
« Comment a-t-il su qu'il y avait un peigne dans mes cheveux ? Et la couleur alors qu'il est caché ? » E.E. affichait un air surpris en se posant la question.
« Heureusement qu'il n'a pas mentionné l'autre truc. »
Aildris continua de pointer divers objets en annonçant leurs couleurs, au grand étonnement de tous.
« C'est assez dingue. On aurait dû inviter les filles », dit E.E. avec un air stupéfait.
Gustav entendit cela et se souvint de quelque chose : « J'avais dit que j'irais prendre de ses nouvelles... *Soupir*. »
« Au fait mec, qu'est-ce qui se passe entre toi et Angy ? » décida finalement E.E. de demander, car cela lui trottait dans la tête depuis longtemps.
« Rien... On s'occupe juste de nos affaires et on s'entraîne pour devenir plus forts », répondit Gustav avant de siroter un peu d'eau.
E.E. afficha un air suspicieux tandis que le visage de Falco s'assombrit légèrement en entendant cela.
« Pourquoi ? » demanda Falco, les sourcils froncés.
« Hein ? » s'exclama Gustav.
« Pourquoi lui as-tu demandé de tuer ? » demanda Falco avec un regard sombre.
« Euh ? » E.E. avait une expression confuse après avoir entendu ça.
Il regarda les deux garçons, attendant une explication.
« Ce n'est pas une requête. C'est un défi... Et c'est pour son propre bien, ainsi que pour celui de ceux avec qui elle sera affiliée à l'avenir », répondit Gustav en haussant les épaules avec désinvolture.
« N'empêche... C'est mal de manipuler ses sentiments comme ça », dit Falco avec un air déçu.
« De quoi vous parlez tous les deux ? Quel meurtre ? Qui demande à qui de tuer ? » lança E.E. avec une expression déconcertée.
« Gustav a dit à Angy de tuer, sinon il n'acceptera jamais ses sentiments », révéla Falco.
« Attends... Quoi ? » E.E. resta bouche bée en entendant cela.
Il se tourna vers Gustav, qui venait de finir son repas et s'essuyait tranquillement la bouche avant de prendre une gorgée d'eau.
« Je reviens. Je dois vérifier quelque chose d'important », dit Gustav en se levant et en se dirigeant vers la porte.
« Attends mec, on doit parler de ça », lança E.E., mais Gustav l'ignora et continua d'avancer jusqu'à sortir de l'appartement.
Les trois restèrent assis avec des expressions conflictuelles sur le visage en attendant.
« Connaissant Gustav... Il doit y avoir une bonne raison pour qu'il décide de faire ça », pensa E.E.
« Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Dis-moi tout », dit E.E. à Falco.
Aildris était tout ouïe, lui aussi, car il voulait comprendre ce qui se passait pour pouvoir aider de quelque manière que ce soit.
« Voici ce que Glade m'a dit... » commença Falco à raconter.
Gustav arriva dehors en quelques secondes et commença à s'élancer en direction de la résidence des filles.