Chapitre 75
Amane se réveilla face au tissu de la robe de Mahiru.
Il semblait avoir bougé dans son sommeil, se retrouvant tourné vers elle.
À cause de cela, il fut accueilli par une bouffée du parfum de son après-shampoing, mêlée à l'odeur lactée naturelle de Mahiru, ce qui lui fit sentir son visage s'embraser instantanément.
Trouvant inconvenant de fixer le ventre d'une personne, il releva timidement les yeux et la vit le regarder avec une expression pleine de tendresse.
Oh là là, pensa-t-il. Il semblait que Mahiru était plus gâtée par la nature qu'il ne l'avait imaginé, et les courbes étaient d'autant plus marquées depuis sa position qu'il se sentit très gêné.
« Tu es réveillé ? »
« …Ouais. »
« Tu as bien dormi. »
Mahiru gloussa. Elle semblait plus ravie que malicieuse, aussi heureuse qu'une mère regardant son enfant dormir paisiblement.
Amane fut submergé par l'envie de se rouler en boule tandis que Mahiru, toujours avec ce regard bienveillant, continuait de lui caresser les cheveux.
Bien qu'il ne soit pas gêné par son apparence en dormant, il se sentait penaud face à la tendresse avec laquelle Mahiru le cajolait. Il ne détestait pas ça ; au contraire, il appréciait chaque instant.
« …J'ai dormi combien de temps ? »
« Environ une heure, je dirais. »
« Désolé. »
« Ce n'est rien. J'aime beaucoup te caresser les cheveux, Amane-kun. »
« …Vraiment ? »
Mahiru continuait de profiter de la douceur de ses cheveux, et ce dernier, n'osant pas la regarder, détourna les yeux.
« Ça te déplaît, Amane-kun ? »
« …Je ne me serais pas endormi si ça me déplaçait. »
« Vraiment ? Tu peux profiter de ce moment autant que tu le souhaites. »
« …Ne dis pas ça comme si c'était une chose banale. »
« Pourquoi ? »
« …Peu importe, évite juste de le dire. »
Je vais finir par me faire des idées, tu sais ? Bien sûr, il ne pouvait pas dire cela à voix haute, alors il garda le silence. Mahiru pencha la tête, confuse, mais sa main ne s'arrêta pas pour autant.
« Eh bien, j'aime te caresser, et j'aime aussi que tu me caresses, Amane-kun. »
Ne dis pas des choses pareilles aussi ouvertement…
Il semblait que Mahiru n'avait aucune arrière-pensée.
Elle essayait probablement de lui faire comprendre qu'elle avait un réel besoin de contact physique, à cause de son histoire familiale, et qu'elle se sentait apaisée lorsqu'on lui caressait la tête. On pourrait cependant interpréter ces mots comme le signe que Mahiru avait des sentiments pour Amane, et qu'elle se sentait bénie d'être touchée par lui.
« …Si tu continues à dire ça, je vais finir par te harceler sexuellement. »
« Te harceler sexuellement ? »
« Je vais toucher ton corps. »
« Où ça ? »
« O-où… eh bien… ne me force pas à le dire. »
Il était évident, sans avoir besoin de le préciser, qu'un homme aurait envie de toucher certaines parties du corps d'une femme.
Le visage d'Amane vira naturellement au rouge écarlate, et Mahiru cligna des yeux à plusieurs reprises. Elle sembla soudain comprendre, lâchant un petit « Ah » avant d'hocher la tête.
« Tu as envie de toucher, Amane-kun ? »
« …Seulement si je sors avec elle, et qu'elle est d'accord. »
« Donc tu ne feras rien, Amane-kun. »
« Tais-toi. »
« Fu-fufu, Amane-kun, tu es vraiment un gentleman. »
« Tu es bruyante. »
« C'est ce que j'aime chez toi, Amane-kun. »
Mahiru gloussa, et Amane sentit son souffle se couper.
Elle ne pensait rien de spécial.
Elle disait sûrement qu'elle l'appréciait en tant qu'homme de bien, et non dans un sens romantique.
Malgré cela, Amane sentit son cœur se serrer.
Le simple fait de poser sa tête sur ses genoux aurait déjà pu mener à bien des malentendus. Avec autant d'attention de sa part, même lui se demandait si Mahiru éprouvait quelque chose pour lui.
Elle avait certainement des sentiments pour lui, dans une certaine mesure, mais il ignorait la nature et la profondeur de ceux-ci. Il était à la fois ravi et inquiet, son cœur au bord de l'implosion.
« Merci pour ça. »
Il parvint à articuler ces mots, se roula sur le côté et lui tourna le dos.