Chapitre 182
« Je crois que tu n'as rien oublié, n'est-ce pas ? »
Amane venait de ranger ses affaires après le petit-déjeuner et s'apprêtait à sortir quand Mahiru l'interpella.
Il n'avait probablement rien oublié, puisqu'il avait tout préparé à l'avance.
Ils ne passeraient qu'une demi-journée à l'école, pas besoin de manuels, juste de ses chaussons, de ses fournitures, de ses devoirs et de quelques formulaires à rendre. Il avait tout mis dans son sac, vérifié le contenu, tout devait être en ordre.
« Je ne crois pas. »
« Vraiment ? »
« Pourquoi tu ne me fais pas confiance ? »
« ... Tu n'as pas oublié ça ? »
Mahiru le regarda avec un air quelque peu ahuri. Elle montra à Amane la cravate réglementaire de l'école, qu'il trouvait trop étouffante à porter et qu'il avait prévu de mettre plus tard.
Ahhh, lâcha-t-il instinctivement, avant d'entendre Mahiru soupirer.
« Tu participes à l'assemblée de rentrée. Tu devrais faire attention à ton apparence. »
Mahiru grommela tout en se préparant à nouer la cravate d'Amane, qui s'inclina, étrangement penaud.
Amane mettait sa cravate tous les jours avant les vacances d'été et savait très bien le faire seul, mais il n'avait aucune intention de refuser son aide quand elle proposait de le faire.
Mahiru noua la cravate avec un air sévère, et Amane sourit.
... Elle va encore être gênée quand elle réalisera ce qu'elle est en train de faire.
Mahiru prenait l'initiative d'agir comme une jeune mariée, et cela le ravissait.
Amane était vraiment reconnaissant qu'elle veuille bien le faire, qu'elle se soucie de lui et qu'elle agisse si naturellement. Ce qui le comblait le plus, c'était de pouvoir observer son air embarrassé une fois qu'elle réaliserait son geste.
Il la vit s'appliquer avec passion à nouer sa cravate, et elle dut remarquer quelque chose d'étrange dans son expression, car elle lui lança un regard dubitatif.
« ... Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Non, rien. Je me disais juste que tu es mignonne, Mahiru. »
« On dirait que tu t'es mis en tête que tu pouvais t'en sortir en me traitant de mignonne. »
« Pas du tout, c'est juste un fait, tu es mignonne. »
« ... Même si tu continues à le dire... eh bien, ça me va tant que c'est seulement à moi que tu le dis. »
Mahiru répondit avec enthousiasme et attacha rapidement sa cravate. Amane réprima son sourire, il n'avait pas l'intention de continuer à la taquiner.
À la place, il lui caressa la tête et lui prit la main.
« On y va ? »
« ... J'ai l'impression de m'être encore fait avoir. »
« Tu te fais des idées. »
Amane fit l'innocent, passa son sac à l'épaule, prit celui de Mahiru et se dirigea vers la porte.
Mahiru voulait le porter elle-même, mais Amane ne pouvait pas tout lui laisser. Il dépendrait vraiment trop d'elle s'il n'était même pas capable de faire ça.
Amane ne montra aucun signe de vouloir céder, et les joues de Mahiru se détendirent, l'air un peu heureuse, avant qu'elle ne vienne frotter doucement sa tête contre son coude.
« Quoi ? »
« ... Ce n'est rien. »
« Ça n'en a pas l'air. »
« Puisque tu as dit que ce n'était rien, c'est pareil pour moi. »
« Tu me rends la tâche difficile. Ah, laisse tomber, ce n'est rien, d'accord ? »
Amane gloussa, enfila ses chaussures près de la porte et quitta l'appartement avec Mahiru.
« J'y vais. »
Murmura-t-il pour lui-même, et Mahiru fixa Amane un instant avant de l'imiter : « J'y vais. »
Les joues d'Amane se détendirent de joie alors qu'il notait silencieusement que c'était là le foyer où Mahiru reviendrait, et Mahiru ne posa pas d'autres questions.
La raison était que Mahiru elle-même rougissait un peu, tout en souriant. Il n'y avait aucune chance qu'elle puisse chipoter sur le comportement d'Amane à cet instant.
Alors Amane tint la main de la radieuse Mahiru, qui la lui rendit en retour.