Chapitre 2

Je descendais les escaliers du manoir en essayant de garder les yeux ouverts.
Une mission simple, en théorie.
Me réveiller, m’habiller, descendre prendre le petit déjeuner.
En pratique, mon corps semblait avoir décidé que chacune de ces étapes constituait une épreuve distincte.
J’avais encore sommeil.
Beaucoup trop sommeil.
Et dire que je m'étais réveillée trop tôt. À présent, j’étais parfaitement conscient d’un détail que mes grandes résolutions avaient négligé : réfléchir au destin du monde ne supprimait pas le besoin de dormir.
Quel dommage.
Je bâillai en arrivant devant la salle à manger.
Derrière les portes, j’entendais déjà les voix de mes parents.
Je pris une inspiration, redressai les épaules et entrai avec la dignité d’un jeune noble.
Enfin, j’essayai.
Ma mère fut la première à me remarquer.
— Bonjour, mon lionceau.
Elle m’adressa un sourire tendre. Ses longs cheveux blancs, épais et légèrement frisés, retombaient sur ses épaules. Ses yeux dorés se posèrent sur moi avec cette douceur familière qui me donnait parfois l’impression qu’elle remarquait absolument tout.
Ma mère était une Bestiale de type lionne. Ses oreilles félines, dressées au sommet de sa tête, bougèrent légèrement lorsqu’elle me vit bâiller.
— Tu as encore mal dormi ?
— Non, répondis-je en m’asseyant. J’ai simplement décidé de commencer la journée avec un déficit d’énergie.
Elle étouffa un rire.
— C’est une manière bien compliquée de dire que tu es fatigué.
— Je suis un garçon compliqué.
— Ça, nous l’avions remarqué.
La voix venait de mon père.
Je tournai la tête vers lui.
Ses cheveux rouge sang étaient coupés courts, avec quelques mèches légèrement hérissées. Ses yeux gris affichaient une expression amusée. Dans son œil gauche brillait une étoile à quatre branches, semblable à celle qui marquait mon œil droit.
La même particularité familiale, mais pas du même côté.
Mon père avait parfois tendance à se servir de cette ressemblance pour me taquiner.
— Alors, Néo, lança-t-il, tu as enfin décidé de te lever à une heure raisonnable ?
Je le regardai sans répondre.
Il sourit.
Je compris immédiatement que quelque chose se préparait.
— C’est amusant, poursuivit-il. J’étais justement en train de me demander si nous devrions remettre ton réveil dans ta chambre.
Je me figeai.
— Tu n’oserais pas.
— Remarquable. Tu connais donc déjà la réponse.
— Père.
— Mon fils.
Nous nous regardâmes quelques secondes.
Ma mère porta tranquillement sa tasse à ses lèvres, visiblement habituée à nos échanges.
Il y avait plusieurs mois que j’avais caché mon réveil dans une pièce située derrière le manoir. Je n’en pouvais plus de cette sonnerie. Chaque matin, elle me donnait l’impression que quelqu’un avait personnellement décidé de gâcher mon existence.
Le problème, c’était que mon père avait pris l’habitude de demander aux domestiques de remettre l’appareil dans ma chambre pendant que je dormais.
Une stratégie lâche.
Efficace, certes, mais lâche.
J’avais donc fini par le cacher suffisamment loin pour qu’il cesse de réapparaître au pied de mon lit.
Enfin, c’était ce que je croyais.
— Je te rappelle que j’ai sept ans, dis-je.
— Et je te rappelle que tu as un réveil.
— Ce n’est pas un argument.
— C’est pourtant un objet très convaincant.
Je cherchai une réponse.
Une bonne réponse.
Une réponse qui le réduirait au silence.
Rien ne vint.
Mon père eut un sourire satisfait.
— Tu vois ? Même toi, tu reconnais la puissance de mon raisonnement.
Je détournai les yeux et attrapai un morceau de pain.
Je n’avais pas perdu.
J’avais simplement décidé de ne pas gaspiller mon énergie dans un débat inutile.
C’était différent.
— Ne boude pas, mon lionceau, dit ma mère en posant une main sur ma tête.
— Je ne boude pas.
Elle me caressa les cheveux.
— Bien sûr.
Je me laissai faire quelques secondes avant de me redresser.
J’étais parfaitement capable de défendre ma dignité.
Simplement, pas avant le petit déjeuner.
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Le repas se poursuivit dans une atmosphère agréable.
Le manoir était loin de l’image que je me serais faite d’une demeure noble si je m’étais fié uniquement aux histoires de chevaliers et aux vieux tableaux. Les pièces étaient spacieuses, les installations modernes et les domestiques circulaient avec une efficacité presque inquiétante.
La noblesse de ce monde avait beau posséder des titres anciens, elle ne vivait pas pour autant au Moyen Âge.
C’était une chose que mes souvenirs m’avaient permis de comprendre assez rapidement.
Mon père me demanda comment je comptais occuper ma journée.
Je terminai ma bouchée avant de répondre.
— Je voudrais passer du temps à la bibliothèque.
— Encore ? demanda-t-il.
— Je croyais que tu serais heureux d’apprendre que ton fils aime lire.
— Je le suis. Je me demande simplement ce qui peut bien intéresser autant un garçon de ton âge.
Je baissai les yeux vers mon assiette.
C’était une question raisonnable.
Le problème, c’était que la véritable réponse ne l’était pas vraiment.
Comment expliquer à ses parents qu’on voulait étudier des théories magiques abandonnées parce qu’on possédait des souvenirs d’une autre vie et qu’on soupçonnait son existence d’être liée à un jeu ?
Je pouvais difficilement leur annoncer cela entre deux bouchées.
— Je veux comprendre certaines choses sur le mana, répondis-je finalement. Il y a des théories dont on ne parle presque plus. J’aimerais savoir pourquoi elles ont été abandonnées.
Ma mère échangea un regard avec mon père.
— Tu sais que certaines recherches sont complexes, dit-elle. Et que tout ce qui concerne la magie ne doit pas être expérimenté sans précaution.
— Je sais.
Je baissai légèrement la tête.
Je n’aimais pas qu’on me rappelle mes limites, même lorsque ces limites étaient parfaitement réelles.
J’avais envie de leur prouver que j’étais capable de me débrouiller seul. Pourtant, une partie de moi savait que je ne pouvais pas simplement ignorer leurs inquiétudes.
J’étais intelligent, peut-être plus que la plupart des enfants de mon âge.
Mais je restais un enfant.
Et je n’avais pas envie de finir à l’infirmerie parce que j’aurais voulu démontrer le contraire.
— Je commencerai par les livres. Je ne toucherai pas à des expériences que je ne comprends pas.
Mon père m’observa un instant.
— C’est une promesse ?
J’hésitai.
Je n’aimais pas promettre quelque chose sans savoir si je pourrais le tenir. Pourtant, je savais aussi qu’ils ne me laisseraient pas poursuivre mes recherches s’ils pensaient que je comptais faire n’importe quoi.
— Oui. Je vais faire attention.
Ma mère sourit et me servit un peu plus de nourriture.
— Dans ce cas, tu pourras profiter de la bibliothèque après le repas.
Je la remerciai.
Mon père, lui, avait toujours son expression amusée.
— Et tu te lèveras à l’heure demain ?
Je reposai lentement ma fourchette.
— Ne profitons pas d’une journée qui commence bien pour gâcher nos relations familiales.
Il éclata de rire.
Cette fois, j’avais trouvé une réponse.
Une petite victoire restait une victoire.
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Après le petit déjeuner, je rejoignis la bibliothèque familiale.
Elle occupait une grande pièce du manoir, avec de hautes étagères, des tables de travail et plusieurs postes informatiques permettant de consulter les catalogues et les documents numérisés.
J’aimais cet endroit.
Il était calme, bien éclairé et rempli de livres. En d’autres termes, il réunissait presque toutes les conditions nécessaires pour passer plusieurs heures sans que personne vienne me demander pourquoi je ne faisais pas quelque chose de plus raisonnable.
Je m’installai à une table et commençai par consulter les ouvrages consacrés aux anciennes théories du mana.
Je ne cherchais pas à tout comprendre en une seule journée.
Ce serait stupide.
Je voulais surtout repérer les pistes qui méritaient d’être approfondies, distinguer les observations des hypothèses et noter les raisons pour lesquelles certaines idées avaient été abandonnées.
Mes souvenirs de l’autre vie m’avaient appris une chose : connaître une conclusion ne signifiait pas comprendre le chemin qui permettait d’y parvenir.
Et mes souvenirs du jeu étaient loin d’être assez précis pour me dispenser de ce travail.
Je savais que la magie d’illusion existait. Je savais aussi qu’elle avait un rôle important dans l’histoire.
Mais je ne possédais ni les expériences exactes qui avaient conduit à sa découverte, ni les explications détaillées qui auraient pu me permettre de la reproduire.
Il allait donc falloir chercher.
Pour de vrai.
Je parcourus plusieurs documents, pris des notes et consultai des références complémentaires sur les différentes propriétés du mana.
Certaines pistes semblaient prometteuses avant de s’effondrer dès que je les examinais de plus près.
D’autres soulevaient des questions auxquelles je n’avais pas encore de réponse.
Je finis par froncer les sourcils devant une page.
— Ça n’a aucun sens…
Je relus le passage.
Puis une deuxième fois.
Le problème n’était pas forcément que la théorie était fausse. C’était peut-être moi qui interprétait mal les informations.
Cette possibilité m’agaçait.
Je pris mon crayon et entourai le passage.
À vérifier. Ne pas conclure trop vite.
Je contemplai mes notes.
C’était moins satisfaisant que de découvrir immédiatement une vérité révolutionnaire.
Mais c’était probablement plus utile.
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Les jours suivants, je pris l’habitude de revenir à la bibliothèque.
Je ne passais pas toutes mes journées à étudier. Il m’arrivait de me déconcentrer, de relire trois fois la même phrase ou de rester devant une page sans parvenir à comprendre ce qui me dérangeait.
Quand cela arrivait, je finissais parfois par m’affaler sur ma chaise.
La magie avait beau être fascinante, elle ne rendait pas les textes difficiles plus agréables à lire.
Je devais aussi accepter de demander de l’aide.
Elsa Mec, qui m’accompagnait dans certaines de mes études, remarqua rapidement que je passais beaucoup de temps à comparer des théories anciennes.
Elle avait les cheveux noirs et les yeux de la même couleur. Sa présence était rassurante, mais elle savait se montrer ferme lorsque je m’entêtais.
Un jour, elle s’arrêta derrière ma chaise et observa mes notes.
— Tu as beaucoup écrit.
— C’est généralement ce qui arrive quand on cherche quelque chose.
— Et qu’as-tu trouvé ?
Je me redressai.
— Plusieurs pistes intéressantes.
Elle attendit.
Je baissai les yeux vers mes feuilles.
— Et plusieurs erreurs.
— C’est déjà un résultat.
Je levai la tête, peu convaincu.
— Vous dites ça pour me remonter le moral ?
— Non. Une erreur que tu comprends peut t’éviter de la répéter. Une erreur que tu refuses de reconnaître risque de te faire perdre beaucoup plus de temps.
Je n’avais pas de réponse immédiate.
Ce qui était particulièrement agaçant, puisque j’aurais préféré en avoir une.
Je repris mes notes et lui montrai les passages qui me posaient problème.
Elsa m’aida à distinguer ce que j’avais réellement observé de ce que je supposais seulement. Elle ne prétendit pas résoudre toutes mes difficultés à ma place. Elle me poussa plutôt à préciser mes questions et à expliquer pourquoi je privilégiais une hypothèse plutôt qu’une autre.
C’était parfois frustrant.
Mais je devais reconnaître que cela m’aidait.
— Je crois que je comprends, finis-je par dire.
— Tu crois ?
Je lui lançai un regard.
— Vous pourriez au moins me laisser profiter de ma victoire pendant cinq secondes.
Elle sourit.
— Je te les accorde.
Je me remis au travail.
Au bout de quelques minutes, je m’arrêtai de nouveau.
— Elsa ?
— Oui ?
— Est-ce que les cinq secondes sont déjà passées ?
Elle rit doucement.
Je souris à mon tour avant de replonger dans mes notes.
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Les semaines passèrent.
Mes recherches progressaient lentement, parfois avec des avancées encourageantes, parfois avec des retours en arrière. Je découvrais de nouvelles pistes, mais je devais aussi abandonner certaines idées qui ne résistaient pas à l'examen.
Peu à peu, une hypothèse commença à prendre forme : le mana pouvait posséder une propriété distincte des attributs élémentaires habituellement étudiés.
Je ne pouvais pas encore affirmer que cette idée était juste.
Il me manquait des éléments.
Mais j’avais désormais suffisamment de matière pour organiser mes observations et expliquer pourquoi cette piste méritait d’être étudiée.
Je continuai donc à travailler, sans oublier les avertissements d’Elsa ni les recommandations de mes parents.
Je n’avais pas besoin de prouver que j’étais capable de tout comprendre seul.
J’avais besoin de comprendre suffisamment pour avancer.
Et, pour la première fois depuis que j’avais commencé à rassembler mes souvenirs, j’avais le sentiment de ne pas simplement subir les événements.
Je faisais quelque chose.
Même si cela prenait du temps.
Même si je devais parfois reconnaître que je m’étais trompé.
Même si, certains jours, j’aurais préféré dormir plutôt que regarder une théorie magique pendant des heures. J'avais un avantage que les autres chercheurs n'avaient pas : je savais ce que je cherchais. Pas une magie inconnue dont j'aurais dû découvrir jusqu'à l'existence, mais une magie bien précise : celle de l'illusion. .
Sur ce dernier point, je n’avais toujours pas changé d’avis.
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En juillet, je présentai mes travaux lors d’une conférence consacrée à la magie. J’avais réussi à convaincre mes parents que ce n’était pas trop « tôt », après une séance d’émotions qui n’avait rien à envier aux films dits « dramatiques ».
Maman craignait que je me ridiculise devant des spécialistes, tandis que papa s’inquiétait davantage de ce qui arriverait si mes recherches attiraient une attention dont je ne voulais pas. Du moins, c’était ce que j’avais compris de leurs longues explications.
Je leur avais pourtant expliqué que je n’allais pas leur demander de me confier les finances du marquisat. Je voulais simplement présenter mes travaux. Si quelqu’un trouvait une erreur, tant mieux : je pourrais la corriger. Et si personne n’en trouvait, ce serait encore mieux.
Mon argument n’avait pas immédiatement convaincu mes parents. Étrangement, répéter que j’étais capable de faire quelque chose ne suffisait pas à leur faire oublier que j’avais sept ans. Les adultes avaient décidément des priorités curieuses.
Il avait fallu négocier, répondre à leurs inquiétudes et accepter quelques conditions avant qu’ils ne finissent par céder. Je n’avais pas obtenu tout ce que je voulais, mais j’avais obtenu l’essentiel.
C’était déjà une victoire. Même si, compte tenu de la quantité de larmes, de soupirs et de reproches impliqués, j’hésitais encore sur le camp qui avait subi les plus lourdes pertes.
Je n’avais pas la prétention d’arriver devant les chercheurs en affirmant que j’avais découvert tous les secrets du mana. J’avais préparé une présentation limitée à ce que je pouvais défendre : mes observations, les hypothèses que j’en avais tirées et les questions qui restaient sans réponse.
Je proposai également une démonstration modeste, destinée à illustrer mon raisonnement.
La magie d’illusion était le nom que je donnais à cette voie de recherche.
Le simple fait de présenter mes travaux devant des spécialistes suffisait à me rendre nerveux.
Je le cachai du mieux que je pus.
Pas parfaitement, cependant.
Au cours des questions, un chercheur releva une faiblesse dans mon raisonnement. Je tentai d'abord de préciser mon idée, puis je dus reconnaître qu'il avait raison sur un point.
Je n'avais pas encore assez de preuves.
Cette concession me coûta plus que je ne voulais l'admettre.
Une partie de moi aurait aimé avoir raison, simplement parce que j'avais consacré beaucoup de temps à cette recherche.
Mais vouloir qu'une idée soit vraie ne la rendait pas vraie.
Je répondis donc honnêtement aux questions restantes et notai les objections que je devrais examiner.
En quittant la conférence, j'étais épuisé.
Je n'avais pas résolu tous les mystères du mana.
Je n'étais même pas certain que ma théorie aboutirait exactement là où je l'espérais.
Mais j'avais réussi à présenter mon travail, à expliquer ma démarche et à attirer suffisamment l'attention pour que des spécialistes prennent mes recherches au sérieux.
Pour un garçon de sept ans, ce n'était déjà pas si mal.
Je décidai de m'accorder un peu de repos avant de reprendre mes travaux.
Et, pour une fois, je n'eus pas besoin de me convaincre longtemps.
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En août, un message officiel arriva au manoir.
L'académie d'Horaft acceptait ma candidature à titre exceptionnel.
Je relus la notification plusieurs fois.
Puis je la reposai.
Puis je la repris.
Mon père me regardait avec une expression amusée.
— Alors, Néo ? Tu comptes lire ce message toute la journée ?
— Je vérifie qu'il ne va pas disparaître si je cligne des yeux.
— Une méthode de vérification tout à fait remarquable.
Je lui adressai un regard peu impressionné, mais je n'arrivais pas à retenir mon sourire.
L'académie.
Je n'aurais normalement dû y entrer qu'à seize ans. Pourtant, grâce à mes recherches et à la présentation de juillet, j'avais obtenu une admission exceptionnelle.
Je n'étais pas devenu un génie omniscient en quelques mois. J'avais travaillé, échoué, recommencé et accepté de revoir certaines de mes conclusions.
Mais cela avait suffi pour ouvrir une porte que je j'aurai dû attendre des années avant de franchir.
Ma mère me prit doucement dans ses bras.
— Je suis fière de toi, mon lionceau.
Je me blottis contre elle un instant.
Je ne savais pas exactement quoi répondre.
J'étais heureux, soulagé et encore un peu inquiet à l'idée de ce qui m'attendait.
Alors je me contentai de la serrer dans mes bras.
Mon père posa une main sur mon épaule.
— Tu as travaillé dur. Tu peux être fier de toi.
Je hochai la tête.
Cette fois, je ne cherchai pas de plaisanterie.
J'avais encore beaucoup à apprendre. L'académie ne réglerait pas tous mes problèmes et ne garantirait pas ma survie.
Mais j'avais réussi à avancer plus tôt que prévu.
Et, pour l'instant, cela me suffisait heureusement pendant ma conférence j'ai fait miroiter l'idée que j'avais besoin ce qui est le cas d'étudier dans cette institution pour apprendre de sa sagesse ( livres privés de l'académie et cours avancés sur le mana ).
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Les années qui suivirent ne furent pas toujours faciles.
J'étudiais à l'académie d'Horaft pendant cinq ans, puis poursuivis mon parcours durant deux années supplémentaires. Je continuai mes recherches, approfondis mes connaissances et appris progressivement à transmettre ce que je savais.
Je fis des erreurs.
J'eus des moments de doute.
Et je découvris que devenir compétent dans un domaine ne signifiait absolument pas que l'on pouvait éviter toutes les difficultés.
À la fin de ce parcours, je devins professeur à l'académie.
J'avais atteint un objectif que je m'étais fixé lorsque j'étais encore un garçon de sept ans, assis dans une bibliothèque à essayer de comprendre une théorie abandonnée.
Je n'avais pourtant pas prévu un détail.
Mon assistante.
Vael se tenait devant mon bureau, les bras croisés, avec un sourire qui ne présageait jamais rien de bon.
— « Cher professeur, à force de fuir la lumière, vous allez finir par la considérer comme une tentative d’assassinat. »
Je levai lentement les yeux vers lui.
— Tu commences à m'énerver, tu sais ? Et ça fait déjà deux ans.
— Oui, je le sais, professeur.
Je la fixai quelques secondes, espérant peut-être qu'il finirait par éprouver un minimum de remords.
Ce ne fut pas le cas.
Je soupirai et reportai mon attention sur mes documents.
J'aurais dû adopter un chat.
Au moins, un chat avait la décence de m'ignorer sans faire de commentaires sur mon exposition à la lumière.
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Note de l'auteur ( Moi ^_^ ) :
Je n'ai pas encore trouvé de titre qui me convainque pour ce chapitre. Si vous avez des idées, n'hésitez pas à les proposer dans les commentaires. Je choisirai celui que je préfère parmi vos suggestions dans trente jours.