Chapitre 336
(Aussi en colère que cela me rende, trois Murder Dogs leur vaudraient plus que la possibilité de nous écraser…)
C’était sa conclusion après y avoir réfléchi.
Et comme ça, Veldora et les autres furent conduits par Zaza vers la demeure secrète de l’organisation de la résistance, la Lumière de l’Aube.
◆◆◆
En chemin, ils se présentèrent à Zaza.
Cependant, Zaza ne sembla pas prendre très au sérieux la déclaration audacieuse de Veldora, selon laquelle ils venaient d’un autre monde.
Cependant, il ne posa pas plus de questions.
(Peut-être veulent-ils simplement cacher la vérité. Après tout, ils ont des armes si avancées…)
Voilà ce que pensa Zaza.
Il regarda Beretta et sentit que sa volonté était d’obéir aux ordres de Veldora.
Et puis il y avait cette Automate miniature appelée Ramiris.
Mais encore une fois, il n’était même pas sûr qu’elle soit une Automate.
Pour Zaza, cette Ramiris semblait être le résultat d’une technologie incroyable.
Elle ne faisait qu’environ 30 centimètres de haut et était assise sur l’épaule de Veldora…
« Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? Tu me regardes depuis tout à l’heure. Ne me dis pas que tu es tombé amoureux ? Eh bien, je suis plutôt mignonne, donc ce ne serait pas une surprise. Mais tant pis ! Je ne suis pas ce genre de fille ! »
Ramiris ria avec arrogance. Elle avait clairement mal compris quelque chose.
Zaza détourna le regard.
« Tu vois ? Même les habitants de ce monde ne peuvent pas rivaliser avec mon charme ! »
Elle se mit à se vanter auprès de Veldora.
(Quel genre de mécanisme ? Je n’ai jamais entendu parler d’un cyborg de cette taille. Est-ce alors un robot ? Non, ces mouvements fluides ressemblent à ceux d’une Automate. Elle parlait de douleur tout à l’heure, donc elle doit avoir un organe sensoriel de reproduction. Mais une Automate de cette taille… Non, plus important encore, je n’ai jamais entendu parler d’une intelligence artificielle aussi avancée. Est-ce une greffe de cerveau ? Ou… une installation de mémoire… !)
Zaza pensa tout cela en lançant un regard de côté. Il décida qu’il était impossible que Ramiris soit une intelligence artificielle.
Il était sûrement impossible qu’un programme avancé puisse penser et réagir comme un humain.
Eh bien, peut-être que c’était possible si on avait la même capacité de traiter l’information que les ordinateurs quantiques à bord des cuirassés de l’Empire… Mais cela semblait impossible sur quelque chose d’aussi petit que Ramiris.
(Je commence à devenir fou. Ce ne peut pas être réel… non, attends ?)
Alors Zaza pensa à quelque chose.
(C’est ça ! Si ils utilisaient la technologie de l’expansion spatiale dont on parle pour compresser et stocker le cerveau…)
Cette personne appelée Ramiris devait avoir transplanté son cerveau dans cette petite Automate — c’est ce que Zaza commença à croire.
Cela répondait à beaucoup de ses questions.
(Oui, je vois. Donc cette Ramiris est la plus importante d’entre elles. Et ce cyborg de défense appelé Veldora et l’arme de combat qu’est Beretta sont là pour la protéger…)
Il y avait trop de choses floues, et c’est ainsi que Zaza arriva à cette conclusion.
Bien sûr, il avait un peu trop réfléchi, et il en était arrivé à une conclusion totalement erronée.
Pour commencer, Veldora n’avait dit aucun mensonge.
Ils venaient d’un autre monde, comme il l’avait expliqué.
Cependant, compte tenu des capacités scientifiques de ce monde, où il n’y avait aucune confirmation réelle de l’existence d’autres mondes, Zaza devait croire qu’ils étaient des fugitifs ayant échappé à un laboratoire.
Et c’est cela qui conduisit à sa grande incompréhension.
Cela dit, ce n’était pas exactement quelque chose qui causerait beaucoup de problèmes…
Tout ce que cela avait entraîné, c’était que Ramiris se laissait emporter un peu et que Veldora bouda.
« …et voici Ramiris. Et voici Veldora et Beretta. Ils m’ont sauvé des Chiens de Meurtre de l’Empire. »
La personne à qui Zaza expliqua cela était Sharma, une cadre de niveau intermédiaire dans l’organisation.
C’était une femme d’âge moyen dont l’apparence suggérait la douceur.
L’autre personne, qui se tenait derrière Sharma, était un homme nerveux dans la trentaine, nommé Rindo.
Comme Sharma et Rindo étaient des gens ordinaires, ils paraissaient leur âge.
Alors qu’il semblait avoir une vingtaine d’années, Zaza était un cyborg, et en réalité beaucoup plus âgé.
Cependant, Zaza était avec les troupes de ligne, et il répondait à Sharma, qui les dirigeait.
Ils se trouvaient actuellement à l’une des bases de l’organisation de résistance — Lumière de l’Aube — que Zaza leur avait menée jusqu’ici.
Ce n’était pas très loin du refuge souterrain qui était leur base principale.
Ils avaient traversé les passages souterrains labyrinthiques pour arriver ici, en faisant attention à ne pas être suivis.
La raison pour laquelle il n’y avait que deux personnes pour les accueillir était parce que Lumière de l’Aube se méfiait de Veldora et des autres.
Zaza avait envoyé un rapport électroniquement à l’avance. Mais bien sûr, Lumière de l’Aube ne pensait pas que les étrangers pouvaient être dignes de confiance jusqu’à ce qu’ils les voient de leurs propres yeux.
Alors que les étrangers avaient peut-être tué trois Chiens de Meurtre, Rindo pensait que cela pouvait encore être un piège de l’Empire, et son avis comptait beaucoup.
Zaza faisait confiance à Veldora et aux autres, mais ce n’était pas si simple pour ceux qui étaient au sommet.
Et ainsi Veldora était maintenant assis sur une chaise face aux trois autres.
Derrière lui, Beretta se tenait debout et Ramiris était assise sur son épaule, comme elle le faisait toujours.
« Je vois. C’est dommage que Jitta et les autres soient morts. Mais nous avons de la chance de vous avoir de retour, Zaza. Et nous vous devons cette victoire à vous trois. Merci d’avoir sauvé notre camarade, Zaza. »
Après avoir entendu l’histoire de Zaza, Sharma s’inclina profondément et les remercia.
Rindo resta silencieux et continua d’observer Veldora et les autres.
Veldora ne sembla pas s’en soucier, et il se mit à rire.
« Kaa-hahahahaha ! Oh, ce n’était vraiment rien. En tout cas, Sharma. Y a-t-il plus de personnes dans cet endroit où tu vis ? »
« Oui. Près de mille… Mais peu d’entre eux sont des guerriers… »
dit Sharma d’une voix vague et prudente.
Elle n’était pas sûre de la raison pour laquelle Veldora posait cette question.
Quant à Rindo, qui se tenait derrière elle, il plissa les yeux vers Veldora maintenant.
(…Hmm, je vois. Donc ils ciblent notre base après tout. Ce sera dangereux de leur révéler notre force de combat…)