Chapitre 25
Chapitre 25 : Trois dames
Les dieux nous regardent. Parfois avec amour. Parfois avec faim.
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Quand Yuki prit un taxi en direction du centre d'Aurora, elle remarqua que certaines personnes la fixaient, tandis que d'autres ne semblaient pas s'en préoccuper.
Avec un peu de timidité, elle s'assit dans le taxi et indiqua sa destination : la Ruine des Hommages d'Aurora.
Comme son nom l'indiquait, c'était une ruine ancienne, relique construite durant la seconde ère en hommage aux trois Fondatrices.
Arrivée, elle donna deux Célors au chauffeur et sortit du taxi. Grâce à sa tenue, elle obtint la possibilité de passer devant la foule qui devait sûrement ignorer sa profession.
(C'est l'un des avantages d'être VIP. Heh heh...)
Yukimiya avait l'impression d'être bénie de Dieu.
Un guide ne lui était pas nécessaire, mais elle était novice. Demander à avoir un guide réduirait sa crédibilité, alors elle s'abstint à contrecœur.
« Tu es en retard, Kobayashi. »
Une voix lointaine résonna à ses oreilles. Elle se tourna et vit une jeune fille aux longs cheveux noirs, portant des lunettes qui mettaient son visage en valeur.
« Allons-y. »
Yukimiya la suivit sans un mot à l'intérieur.
« Ma famille surveille cet endroit. Nous pouvons discuter en toute impunité. »
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La Ruine des Hommages
L'intérieur ressemblait à une grotte immense, avec une lumière solaire émergeant du plafond. Trois statues sculptées se faisaient face, chacune tenant la main vers le haut, la lumière leur arrivant directement dans le creux de la paume.
Les trois Fondatrices. Denise, Evernight et Head.
Evernight, avec un voile lui couvrant jusqu'aux orteils. Head, représentée avec une chevelure semblable à celle d'un lion, de massives paires d'ailes, et une tenue d'archer. Et Denise, avec une robe aux manches bouffantes.
« Elles ont vraiment existé ? »
« Ce n'est pas encore vérifiable. »
« Ah... Tu as raison. »
Yukimiya se tut et laissa Heewon parler.
« Tout le monde a des secrets, c'est évident. Je ne suis pas ici pour te parler d'Anderson et Mccarty. Ils ne m'intéressent pas. »
« ... »
« Tu as réfléchi à ce que je t'ai demandé à propos de Van Linngard ? »
« ...Non. Je n'ai pas changé d'avis. »
Heewon ne changea pas d'expression. Elle croisa les bras et s'avança vers les marches en pierre.
« Les membres de la sécurité publique ont dû comprendre l'affaire du premier meurtre. »
« Quoi ? Tu en es sûre ? »
« Affirmatif. Être de la prémotion mémoire et vérité suffit à récolter suffisamment d'informations pour résoudre une enquête grâce aux objets imprégnés. Le fait qu'ils ne soient plus revenus signifie qu'ils considèrent le dossier comme clos. »
Yuki fut perplexe.
« Dans ce cas... Pourquoi le coupable des meurtres humains n'a pas encore été arrêté ? »
« Ça, c'est une très bonne question. Et je vais y répondre. »
Avec un regard chargé de sous-entendus, elle affirma :
« La sécurité publique a un supérieur. Et ce supérieur est le Ciward, qui plus est. De plus, ils sont partis ce jour-là avec Tatsuki Van Linngard. »
« ... »
« Van Linngard. Le Ciward porte également ce nom. Il y a donc 80 % de chances que Tatsuki Van Linngard soit le meurtrier humain. »
Le ton était catégorique.
« On devrait l'interroger, » suggéra Yukimiya.
« Il est muet. Ce serait inutile. »
Heewon secoua la tête.
« Nous allons interroger une autre personne à la place. »
« Manon Kurosawa. La dixième personne étant restée à l'académie. »
« D'accord ! »
Yukimiya hocha la tête et se dirigea vers la sortie.
Elle se retourna quand elle vit qu'Heewon était toujours de l'autre côté.
« J'ai des informations sur elle. Mais tu devras me les échanger contre les informations en ta possession si tu veux les obtenir. »
(Attends... Sérieusement ?! J-je ne suis pas une VIP ?)
Yukimiya venait de se rendre compte que les affaires marchaient comme ça, maintenant.
Heewon sortit une fiche et fit signe à Yukimiya.
« Tu vas signer ici. »
« ... »
Yukimiya eut envie de se jeter par la fenêtre, s'il y en avait eu une à proximité.
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Trinity User — Bureau du directeur
Enkevelt, l'homme au trench coat du premier jour, finit son rapport à Axiom.
Il lista tout ce qui était arrivé à l'académie, passant des dialogues les plus profonds et perspicaces aux moments de pure comédie.
« Ce sera tout. Merci beaucoup, Enkevelt. »
« Ahaha, ce n'est pas la peine de me remercier, directeur Axiom. Si vous voulez bien m'excuser, je vais vaquer à mes occupations. »
Axiom hocha la tête en signe d'approbation, et Enkevelt s'en alla.
Le cliquetis de l'horloge le fit s'arrêter dans son signe de prière envers le Créateur.
« Ahhhh... Haaaaa !! »
Il poussa un énorme cri, se leva brusquement, tira un drap rouge sur un portrait, tituba et se rassit en tombant dans son fauteuil.
« C'est une mascarade ! Une comédie grotesque jouée par des comédiens insignifiants ! Regardez-les... Regardez ces parasites qui rôdent dans mes couloirs, respirant mon air, traquant mon héritage comme des corbeaux affamés autour d'un cadavre qui refuse encore de pourrir ! Ils n'ont ni vision, ni passion, ni la moindre étincelle de grandeur ! »
« Que savent-ils de la souffrance ? Que savent-ils du prix du sang et de l'or ?! »
« Rien ! Ils ne voient que les pièces de monnaie, le papier méprisable, la chair mortelle qui se flétrit ! »
Il se leva brusquement, les yeux injectés de sang, les bras tendus vers le portrait de la dame au voile blanc et à l'œil pourpre.
Il se mit à genoux à demi, les mains légèrement tremblantes.
« OH, EVERNIGHT ! »
« Entends-tu leurs murmures hypocrites ?! Ils croient pouvoir déchiffrer, obtenir mon secret ! Ils s'imaginent que ce que j'ai vu n'est qu'une illusion, une folie d'esprit mourant ! Qu'ils viennent ! »
« Je me moque de la faillite, du monde, du temps qui s'effondre ! Tout cela n'est que de la poussière ! Que les flammes dévorent cet endroit maudit s'il le faut ! La seule réalité, la seule vérité dans cet univers insignifiant... C'est toi ! »
Le souffle court, il empoigna son verre de whisky de ses doigts tremblants.
« Et par mon amour, par ma démence, je te rappellerai à moi, Evernight ! Même si je dois défier la mort, la logique et Dieu lui-même ! »
« Regarde-moi ! Le miracle est à portée de main ! IL EST LÀ ! »
« OH, EVERNIIIIIIGHT ! »
« Je te promets que je te ramènerai ! »
Il recula et se couvrit le visage, larmoyant, avec les mains.
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— Fin du chapitre 25 —
Loué soit le Créateur.