Chapitre 252
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 252
──────
J’étais un mage. Naturellement, je n’avais jamais voulu lâcher quoi que ce soit qui me tombait entre les mains. On pouvait appeler ça de la possessivité.
C’était pour cela que j’étais venu au Conseil du pouvoir magique : pour réparer Isabella. Je ne pouvais pas rester là à regarder disparaître le talent que j’avais acquis en elle.
Cependant, tout ce que je faisais à présent n’était pas seulement pour Isabella. À vrai dire, c’était davantage pour moi.
Si j’achevais Isabella, je pourrais passer à l’étape suivante. Je le sentais instinctivement, et c’était pourquoi j’étais prêt à tromper les autres pour continuer d’avancer.
Mais pourquoi ce sentiment me guidait-il ? C’était probablement dû à la singularité d’Isabella. Je réfléchis en silence à la vie.
Tout commençait par la naissance d’une âme centrale. Puis venaient la création d’un corps pour l’abriter et celle d’un esprit pour la mettre en mouvement. Tel était le principe à l’œuvre dans la création de la vie. En ce sens, l’esprit me semblait parfois n’être qu’un sous-produit de l’âme.
Ainsi, quel que soit le genre de vie qu’on voulait créer, le plus simple et le plus sûr était de commencer par fabriquer l’âme. N’avais-je pas d’abord planté une Jeune pousse d’âme, avant de lui préparer un corps ?
Mais je ne pouvais pas utiliser cette méthode pour Isabella. Son âme était solidement entravée par le contrat qu’elle avait conclu avec Domitian.
Même si je raffinais son âme à la perfection, elle ne pourrait jamais échapper aux griffes de Domitian. C’était pourquoi, en remodelant Isabella, j’avais centré le processus non pas sur son âme, mais sur son esprit.
Ce n’était pas tant un choix de ma part qu’une conséquence inévitable de la pression extérieure qu’exerçait Domitian. Cela ne signifiait pas pour autant que je doutais de mon choix.
J’avais foi dans le talent et la force d’Isabella. J’avais vu de mes propres yeux son esprit tenir bon, alors que son âme s’effondrait et brûlait depuis d’innombrables années.
C’était pour cela que j’avais fabriqué l’arbre disparate. Un faux arbre, constitué de branches greffées les unes aux autres, qui ne pouvait même pas devenir une âme.
Sa nature était très différente de celle des Jeunes pousses d’âme que j’avais créées jusque-là.
Les Jeunes pousses d’âme étaient elles aussi faites de branches, comme l’arbre disparate. Mais au lieu de les greffer, je les unissais. Je mélangeais des branches avec des fragments de mon âme et cherchais à les fusionner en les laissant s’affronter.
La Jeune pousse d’âme ainsi créée formait un tout cohérent et prenait racine dans ma fondation. Elle contenait déjà quelque chose qu’on pouvait appeler sa propre âme.
Si j’essayais d’en planter une dans Isabella, elle subirait à coup sûr un puissant rejet. Même sans âme, son esprit avait déjà une individualité suffisamment affirmée.
Ce dont Isabella avait besoin, ce n’était pas d’une âme complète, mais d’une masse informe que son esprit pourrait maîtriser. Voilà ce qu’était l’arbre disparate que j’avais créé.
À mesure que l’âme d’Isabella se désagrégeait, l’arbre disparate commençait à prendre la place qu’elle aurait dû occuper.
Et l’esprit puissant d’Isabella parvint à le raffiner pour en faire un réceptacle crédible, capable de l’abriter. Au lieu de suivre le flux de vie existant, enraciné dans l’âme, elle avait créé la possibilité d’une vie nouvelle.
Mais il y avait un problème. En l’état, Isabella ne possédait que cette possibilité. Elle n’avait pas créé de nouvelle âme. C’était pourquoi son arbre restait instable.
Le problème ne venait pas d’Isabella, mais des matériaux.
On pouvait comparer une âme à une toile unique. Différents flux y étaient peints, chacun portant sa propre individualité. Chez les mages, cette individualité s’affirmait encore davantage grâce à l’arbre qu’ils portaient en eux.
De ce point de vue, l’arbre disparate d’Isabella ne faisait qu’imiter une âme en collant ensemble des morceaux de tableaux différents.
Pour créer une âme, Isabella devait peindre une nouvelle image par-dessus. Mais chaque fois qu’elle essayait d’ajouter de la peinture, les morceaux déjà recouverts de leurs propres couleurs résistaient naturellement.
Aussi puissant que fût l’esprit d’Isabella, il lui était impossible d’unifier une masse de fragments d’âme comme l’arbre disparate. Réussir à l’empêcher d’exploser était déjà remarquable.
Alors, si je pouvais aider Isabella à résoudre son problème, si je réussissais à lui donner une nouvelle âme, elle retrouverait la vie.
Une vie fondée sur l’esprit, comme on n’en avait jamais vu. Et cela deviendrait à coup sûr le fondement de l’essor de ma magie unique : la Fausse Vie.
C’était pourquoi j’avais décidé que la solution consistait à créer un environnement où Isabella pourrait facilement former une âme. Il fallait blanchir entièrement son arbre disparate.
Si la toile était trop sale pour qu’on puisse peindre dessus, il suffisait de la laver. Isabella pourrait ensuite y peindre bien plus facilement.
J’étais venu au Conseil du pouvoir magique pour trouver une méthode de ce genre. Mes connaissances ne suffisaient pas à blanchir un arbre sans danger. Le Conseil, qui en savait plus que quiconque sur le pouvoir magique, avait peut-être une solution.
Et le Conseil du pouvoir magique ne déçut pas mes attentes. Je me remémorai en silence mon arrivée ici.
Après avoir rejoint le Conseil du pouvoir magique avec Merov, je commençai par me renseigner sur son organisation.
Je compris rapidement comment fonctionnait le Conseil. Comme Merov me l’avait promis, tous ceux qui mettaient les pieds sur cette montagne traitaient leur invité que j’étais avec beaucoup de respect.
L’organisation du Conseil était assez classique. Il comptait, disait-on, environ deux cents membres. Comme Merov, ils étaient tous des mages des étages supérieurs, qui avaient dépassé le septième étage.
Et, comme Merov m’avait amené ici, ils se réunissaient sur la montagne tous les cinquante ans pour partager les connaissances qu’ils avaient apportées. Sur cette base, ils décidaient de la direction que prendrait la montagne.
Celui qui apportait la contribution la plus précieuse décidait de l’orientation de la montagne pour les quarante-neuf années suivantes et héritait d’une partie de son pouvoir magique.
Vu la puissance de cette montagne, il était impossible de ne pas comprendre à quel point c’était une occasion précieuse.
Chacun devait avoir ses propres ambitions, et d’innombrables conflits avaient dû éclater. Mais ces disputes m’intéressaient peu. Je n’étais venu que pour étudier les connaissances accumulées là-bas.
Je me rendis donc à la bibliothèque du Conseil, au cœur de la tour principale, et me mis à absorber avidement le savoir qui y était conservé.
Les connaissances de la bibliothèque coûtaient moins cher que je ne l’avais imaginé. Nombre d’entre elles auraient coûté plus de dix fois plus de points auprès de la Compagnie commerciale.
Les connaissances dont Merov m’avait parlé se trouvaient sûrement dans cette bibliothèque. En parcourant d’innombrables livres, j’accumulai le savoir.
Puis, un jour, je découvris une piste.
Elle concernait les malédictions du pouvoir magique.
Dans certaines régions, on appelait aussi ces malédictions des veines sectionnées. Elles désignaient les personnes nées incapables de contenir le pouvoir magique. Même si on le leur injectait de force, leur corps ne pouvait pas l’accepter.
On parlait de malédictions parce que personne ne savait qui naîtrait avec l’une d’elles. Même les grandes familles ne pouvaient échapper à ce destin.
Bien sûr, puisqu’on les appelait des malédictions, il était possible de les soigner. Mais elles étaient si variées qu’il était difficile de trouver le traitement adéquat.
C’était pourquoi on rencontrait rarement des victimes de ces malédictions à l’université, où les mages étaient partout. Ceux qui en étaient atteints ne pouvaient de toute façon pas devenir mages.
Je m’intéressai à ces malédictions lorsque je découvris dans la bibliothèque des archives relatant des tentatives de les transformer en formes de magie.
Par exemple, on pouvait graver directement le flux d’une malédiction dans l’arbre d’un mage et corrompre son pouvoir magique. L’hypothèse était tout à fait plausible, mais je ne trouvai aucun sort achevé.
Ils avaient probablement abandonné en cours de route. C’était normal. Pour achever un sort, il fallait répéter d’innombrables expériences, et qui aurait envie de graver des malédictions dans son propre arbre ?
Personne, à part un fou, n’essaierait.
Mais pour les autres, j’étais ce genre de fou. Et cette magie me plaisait beaucoup.
Si je pouvais combiner et superposer ces malédictions du pouvoir magique, je pourrais peut-être déterminer moi-même le sens de la corruption. Je pourrais transformer le poison en remède.
Je me mis donc à chercher comment transformer ces malédictions en sorts.
La transformation des malédictions en magie était assez simple. Le Conseil avait accumulé des documents sur le pouvoir magique, et les informations sur ses malédictions étaient faciles à trouver.
Il me suffisait de mener assez d’expériences et d’examiner la stabilité du sort. Je prélevai donc une branche de mon arbre, y gravai le flux de la malédiction, puis observai sa contamination.
Six mois après mon arrivée au Conseil du pouvoir magique, j’avais créé un sort.
Je jetai un regard à Isabella. Elle se tenait tranquillement près de la porte, croisa mon regard et m’adressa un sourire doux.
Je lui répondis par un léger signe de tête, puis me concentrai sur mon pouvoir magique et sur le lien qui nous unissait. En le suivant jusqu’à son monde intérieur, je vis un serpent enroulé autour de son arbre disparate.
C’était un immense serpent couvert d’écailles noires gravées de cercles magiques. Sentant ma volonté, il croisa mon regard en silence. Je pouvais presque sentir la lourde présence des malédictions qui circulaient dans son corps.
Rien à signaler, pour l’instant.
Je hochai la tête et lui transmis davantage de pouvoir magique. Il darda la langue et l’avala.
C’était le sort que j’avais créé : le Serpent des malédictions. Comme son nom l’indiquait, cette créature était formée de diverses malédictions du pouvoir magique, transformées en sorts et tressées ensemble pour lui servir d’écailles.
De nombreuses malédictions circulaient dans le Serpent des malédictions. S’il mordait directement un arbre, même un mage assez doué ne pourrait sûrement pas y résister.
Mais c’était un échec.
Je laissai échapper un léger soupir et me frottai le front.
Même s’il contenait de nombreuses malédictions du pouvoir magique, le Serpent des malédictions ne suffisait pas à blanchir l’arbre d’Isabella.
Bien sûr, le serpent lui-même restait une réussite. Il était actuellement enroulé autour de l’arbre d’Isabella, dont il empêchait l’expansion grâce aux flux de malédictions qui parcouraient son corps.
En maintenant l’arbre ainsi, il pourrait tenir encore très longtemps.
Mais il ne faisait que tenir bon. Il n’avait pas créé d’âme. C’était une sorte de sceau. Tant qu’Isabella resterait entravée par ce serpent, elle ne pourrait plus grandir.
À quoi bon entraver quelqu’un qui rêvait de devenir mage ? Un mage incapable de progresser ne valait pas mieux qu’un cadavre.
De plus, je voulais créer une vie née de l’esprit. Pour y parvenir, je ne pouvais pas me contenter de la sceller. Je devais répandre une malédiction parfaite dans tout son arbre.
Je devais donc trouver d’autres malédictions du pouvoir magique et les transformer en sorts. Mais un problème se posait : je ne trouvais plus de livres à leur sujet dans la bibliothèque du Conseil, où je passais tout mon temps.
Si je ne pouvais pas trouver davantage d’informations, même au Conseil, qui possédait le plus grand savoir sur le pouvoir magique, je n’en trouverais naturellement pas de si pointues ailleurs.
Que faire ?
Préoccupé par la question, je continuai à me rendre à la bibliothèque. J’avais pour l’instant réussi à empêcher Isabella de s’effondrer ; j’y allais donc pour acquérir des connaissances plus variées.
Puis, un jour, je remarquai quelque chose d’étrange.
Certaines connaissances n’entraient pas dans la bibliothèque.
Il y avait d’autres invités sur cette montagne. Des membres du Conseil les avaient amenés, et ils devaient forcément détenir, comme moi, des connaissances nouvelles que le Conseil ignorait.
Je fis donc quelques efforts pour nouer des liens avec eux. Être invité dans un endroit pareil signifiait qu’on avait quelque chose de spécial. Il était toujours agréable de se rapprocher de personnes promises à un bel avenir.
Mais en discutant avec eux, j’entendis quelque chose d’étrange.
Ils racontaient avoir trouvé, en visitant la bibliothèque, des livres qui contenaient des informations sur eux.
En entendant cela, je me figeai. Je n’avais jamais trouvé de livre contenant des informations sur moi.
Après cette découverte, je libérai même des marionnettes pour fouiller toute la bibliothèque, mais les documents que Merov avait consultés à mon sujet étaient introuvables.
Il n’y avait qu’une seule explication.
Il existait des choses auxquelles les invités comme nous n’avaient pas accès. Des connaissances que le Conseil lui-même jugeait précieuses.
Il devait s’y trouver des informations sur les malédictions du pouvoir magique. Dès que je m’en rendis compte, j’allai voir Merov et l’interrogeai sur ces connaissances cachées.
Merov m’expliqua que certaines connaissances étaient réservées aux membres du Conseil. Il n’avait probablement jamais eu l’intention de me les cacher. Il ne lui était sûrement pas venu à l’esprit qu’un mage du troisième étage convoiterait le savoir des mages des étages supérieurs.
Mais c’était précisément ce savoir dont j’avais besoin. Je tentai donc d’obtenir des informations sur les malédictions du pouvoir magique par l’intermédiaire de Merov.
Heureusement, Merov accepta sans hésiter. Il en profita tout de même pour me soutirer une quantité astronomique de points : plus de cinq millions pour un seul livre.
Quand je grimaçai devant ce prix absurde, Merov me répondit qu’il n’y pouvait rien. Même les membres du Conseil ne pouvaient pas emprunter librement les livres de haut niveau. Ils devaient verser une certaine contribution pour les obtenir.
Malgré tout, la nouvelle malédiction que j’obtins contenait des informations plutôt satisfaisantes.
Les malédictions du pouvoir magique que j’avais jusque-là transformées en sorts n’étaient que des cercles magiques à deux dimensions. Mais cette nouvelle malédiction, appelée Vaisseau forgé dans le sang, pouvait être construite au-delà de deux dimensions, en trois dimensions.
Quand je graviai ce sort complexe sur le Serpent des malédictions, sa taille doubla presque.
Voilà où j’en étais arrivé le mois dernier.
J’avais du mal à croire que j’avais achevé ce sort en seulement neuf mois. Mais je me rendis aussi clairement compte qu’il ne suffisait pas à lui seul.
J’avais peut-être soutiré beaucoup de points à Domitian, mais je ne pouvais pas continuer à payer des sommes pareilles. Même en dépensant tous mes points, je ne pourrais sûrement acheter que quelques livres.
Je devais donc changer de méthode.
Si Merov pouvait me soutirer autant de points, c’était parce que j’étais en position de faiblesse. Il me suffisait alors de prendre l’avantage.
Au lieu d’aller les voir les points en main, je les ferais venir à moi avec des informations. C’était le seul moyen d’obtenir davantage de choses dans le peu de temps qu’il me restait.
Et ma tentative avait très bien marché.
Je laissai échapper un petit rire en me rappelant ceux qui m’avaient contacté après la dernière conférence.
Plusieurs membres du Conseil m’avaient contacté eux aussi. Ils avaient dit qu’ils assisteraient à la conférence avec des livres contenant les connaissances que je recherchais. Je regardai les ouvrages entassés dans un coin de l’atelier et hochai la tête, satisfait.
Mais maintenant que j’avais pris une telle ampleur, un problème se posait.
De quoi allais-je parler à la conférence de la semaine prochaine ?
Les membres du Conseil avaient accepté de payer sans faire d’histoires, en partie grâce à ce que j’avais accompli jusque-là, et en partie parce que la professeure Irian avait commencé à me soutenir au lieu de me traiter comme un simple jouet.
Ils surveillaient leurs paroles, sans savoir ce qui pourrait arriver s’ils se montraient trop avides. Mais même s’ils restaient prudents pour l’instant, ils feraient sûrement tout un scandale si je ne leur présentais rien de convaincant la semaine suivante.
Même la professeure ne pourrait pas calmer leur colère. Je m’étais moi-même mis dans cette situation. Je risquais même de finir endetté.
Mais si j’avais frappé si fort, c’était parce que j’avais une solution en réserve.
Ce qui m’avait le plus gêné dans mes recherches sur les malédictions du pouvoir magique, c’était de ne pas avoir d’autres sujets d’expérience qu’Isabella.
Les malédictions du pouvoir magique variaient d’une personne à l’autre. Je devais naturellement observer attentivement leur évolution sur de nombreux sujets.
Mais Isabella était mon unique sujet. Forcément, la création de sorts ralentissait et mes recherches se retrouvaient souvent dans une impasse.
Il n’y avait alors qu’une façon de résoudre le problème.
Il me fallait davantage de sujets.
Et si je les présentais la semaine suivante, je pourrais en faire des preuves convaincantes pour le projet d’arbre artificiel. C’était pour cela que je jouais les mages de génie débordant d’enthousiasme.
Je m’assis tranquillement et attendis que le temps passe.
Bientôt, quelqu’un frappa doucement à la porte de l’atelier.
Isabella, qui attendait déjà, s’approcha de la porte et en désactiva le sceau. Lorsqu’elle l’ouvrit, j’aperçus dehors un homme à l’air fragile.
« Par ici, je vous prie. »
Isabella lui sourit gentiment et le conduisit à l’intérieur. Il la suivit, entra et se mit à observer mon atelier avec curiosité.
Pour un mage, c’était une grave impolitesse. Aucun mage n’aimait qu’on regarde l’intérieur de son atelier.
Mais je n’avais pas besoin de m’en prendre à cet homme.
Ce n’était pas un mage.
Je jetai un regard à son corps, dépourvu de la moindre trace de pouvoir magique, et lui adressai un grand sourire.
« Merci d’être venu. »
Je m’inclinai profondément devant l’homme, qui s’assit avec précaution en face de moi. C’était un peu étrange. Depuis que j’étais devenu mage, c’était la première fois que je m’inclinais devant un sans-pouvoir.
Mais avant d’être un mage, j’étais un citoyen de l’Empire ; c’était donc la marque de respect que je lui devais.
L’homme agita légèrement la main et sourit.
« Parlez-moi sans façon. Je ne suis pas un mage, et je ne suis qu’un gamin de vingt ans. »
« Ha ha, non. Comment pourrais-je tutoyer Votre Altesse le prince impérial ? »
Je croisai en silence le regard de l’homme, qui affichait un doux sourire. Dans ses yeux dorés scintillaient d’étranges cercles magiques.
C’était un signe que seuls les membres de la famille impériale pouvaient porter.
Cet homme était le sujet que je recherchais.
S’il acceptait de servir de sujet, les autres membres du Conseil n’oseraient sûrement pas s’y opposer.
Et puisque le projet comptait même la participation d’un prince impérial, davantage de monde viendrait assister à ma conférence.
Puisque j’y étais, j’avais l’intention d’enflammer tout le Conseil d’enthousiasme.
Si je réussissais finalement à planter un arbre dans cet homme, n’était-ce pas là une preuve du projet d’arbre artificiel ?
Je pourrais aussi nouer des liens avec un prince impérial.
De ce point de vue, le plan profitait à la fois à moi, à cet homme et au Conseil.
Bien sûr, à condition qu’il réussisse.
Je souris et me caressai le menton.
Le plus grand risque, c’était de ne prendre aucun risque.
Si je continuais à insister jusqu’à ce que ça marche, les résultats finiraient sûrement par arriver.
J’étais donc certain de réussir.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>