Chapitre 1
C’était un matin d’avril 2024. Un de ces matins qui ressemblent à tous les autres, dans une semaine banale d’une vie des plus ordinaires.
Julia préparait son café comme d’habitude, ses gestes étaient automatiques, presque mécaniques, le regard perdu dans le vide, encore à moitié endormie. La tasse chaude entre ses mains lui apporta une forme de réconfort discret, comme une routine rassurante à laquelle elle s’accrochait sans y penser.
Elle se dirigea vers la fenêtre. Le froid du carreau effleura légèrement son front lorsqu’elle s’appuya contre la vitre.
Dehors, la ville s’éveillait lentement.
Et dans son esprit, une pensée s’imposa sans prévenir :
Et si ma vie changeait aujourd’hui ?
L’odeur du café remplissait son petit appartement de 46 m², un petit coin de tranquillité niché au cœur d’une jungle urbaine quelque part en France.
Mais ce calme apparent allait bientôt laisser place à une réalité bien différente.
Cette journée de mercredi allait marquer un tournant décisif dans la vie de cette libraire de quartier.
Un silence profond s’installe dans la pièce, seul le tic -tac de la pendule vient rompre l’immobilité, révélant peu à peu la tension naissante de ce début de journée.
Son regard se perdit à nouveau dans le vague.
Il y avait eu ce divorce.
Brutal. Épuisant.
Comme une tempête qui avait tout balayé sans prévenir, ne laissant derrière elle qu’un calme fragile, presque irréel.
Et puis, il y avait la librairie.
Sa librairie.
Les murs fatigués, les étagères usées, l’odeur des livres qui avait fini par devenir une part d’elle-même…
Tout cela allait disparaître.
Fermeture définitive.
Les mots résonnaient encore dans son esprit, froids, implacables.
C’était plus qu’un lieu de travail.
C’était un refuge.
Un point d’ancrage dans une vie qui, déjà, lui avait échappé une première fois.
Et maintenant… il fallait tout recommencer.
À quarante ans.
Repartir de zéro.
Quitter ce qu’elle connaissait.
Laisser derrière elle ces morceaux de vie qu’elle avait mis tant de temps à reconstruire.
Une peur sourde s’insinua en elle.
Invisible, mais bien présente.
Et pourtant…Sous cette peur, presque imperceptible, une autre sensation naissait.
Quelque chose de plus légère ,de plus fragile. Comme une promesse. Mais une promesse de quoi, au juste ?
Julia ferma les yeux un instant. Une part d’elle voulait rester. S’accrocher à ce qu’elle connaissait encore, à ces murs, même fatigués, à cette vie, même imparfaite.
Parce qu’au moins… elle existait.
Parce qu’au moins, elle savait comment y survivre.
Partir, c’était autre chose. C’était l’inconnu, le vide.
Le risque de se perdre une seconde fois.
Et elle n’était pas certaine d’avoir la force de se reconstruire encore. Pas après tout ça. Pas après lui.
Son cœur se serra légèrement à cette pensée, comme une cicatrice qu’on effleure sans le vouloir. Et pourtant…
Une autre voix, plus discrète, presque timide, murmurait en elle.
Et si c’était justement ça, la dernière chance ?
Une chance de vivre autrement. De ne plus seulement survivre. De ne plus porter ce poids invisible qui l’accompagnait depuis trop longtemps.
Son regard se posa à nouveau sur la fenêtre.
Dehors, la lumière avait changé, comme si le monde, lui, continuait d’avancer… quoi qu’elle décide.
Un frisson imperceptible parcourut son corps.
Sans qu’elle ne le veuille vraiment, un souvenir s’imposa à elle. La lumière froide d’un matin d’hiver, le silence pesant dans l’appartement, et cette valise, posée près de la porte.
Elle se revit, debout, immobile, incapable de faire un geste de plus. Lui, en face, étranger.
Comme si, en quelques semaines, tout ce qu’ils avaient été s’était dissous sans laisser de traces. Les mots avaient été dits, calmes, tranchants, irréversibles Aucun cri, aucune larme sur le moment. Juste ce vide, immense ,qui s’était ouvert en elle lorsqu’elle avait compris que cette fois… il ne reviendrait pas.
Que rien ne reviendrait.
La porte s’était refermée doucement, presque avec délicatesse.
Et pourtant, le bruit avait résonné en elle comme une fin brutale.
Depuis ce jour, quelque chose s’était fissuré. Une confiance. Une stabilité.
Peut-être même une partie d’elle-même. Julia rouvrit les yeux. Son souffle était plus court.
Partir, aujourd’hui, ce n’était pas seulement changer de vie.
C’était accepter de revivre ce vertige. Celui de perdre pied. Julia termina son café en silence.
La tasse désormais vide entre ses mains, elle resta un instant immobile, comme suspendue dans le temps.
Puis, dans un geste lent, presque solennel, elle la déposa dans l’évier.
« Aujourd’hui ».
Ce mot résonna en elle avec une intensité nouvelle.
Sans vraiment réfléchir davantage, elle attrapa son manteau.
Il lui restait une dernière chose à faire.
Quelques minutes plus tard, Julia referma doucement la porte de son appartement.
Le clic discret de la serrure résonna étrangement dans le couloir, comme un écho un peu trop long.
Elle marqua une légère pause.
Puis descendit les escaliers.
Lorsqu’elle poussa la porte de l’immeuble, l’air frais du matin l’accueillit aussitôt.
Un frisson léger parcourut sa peau.
La ville s’éveillait.
L’odeur du café fraîchement moulu s’échappait d’une boulangerie voisine, mêlée à celle, plus chaude, du pain tout juste sorti du four.
Un parfum familier, rassurant.
Un peu plus loin, le grondement sourd des premiers bus, le claquement des volets qu’on ouvre, les pas pressés sur le trottoir.
La vie reprenait. Comme chaque jour...Et pourtant…
Aujourd’hui, quelque chose allait changé.
Julia inspira profondément.
Ces odeurs, ces bruits, cette agitation douce…
Elle les connaissait par cœur.
C’était son quotidien, son décor, sa vie.
Mais pour la première fois, elle les regardait autrement.
Comme si elle s’en détachait déjà.
Comme si elle les observait de l’extérieur.
Un léger vent souleva une mèche de ses cheveux.
Elle resserra son manteau autour d’elle.
Et sans vraiment s’en rendre compte, un pas après l’autre, elle s’éloigna et se retrouva devant sa librairie.
Lorsqu’elle arriva devant le local, son pas ralentit instinctivement.
L’enseigne, légèrement ternie par le temps, oscillait doucement au-dessus de la porte.
Elle resta là, quelques secondes.
À observer. À ressentir. Puis elle sortit ses clés.
Lorsqu’elle poussa la porte, un léger grincement brisa le silence.
Le son lui sembla plus fort que dans ses souvenirs.
L’intérieur quant à lui était silencieux.
Une familiarité immédiate s’installa
L’odeur des livres.
Le bois des étagères.
La lumière douce filtrant à travers la vitrine.
Tout était à sa place.
Et pourtant… tout était déjà en train de disparaître.
Comme si les murs eux-mêmes avaient oublié l’habitude d’accueillir quelqu’un.
L’air était différent, plus froid ,plus immobile.
Cette odeur de livres était toujours là… mais plus discrète, presque effacée.
Un mélange de papier ancien, de bois et de poussière fine, qui flottait encore, comme un souvenir suspendu.
Julia inspira lentement.
Ses doigts frôlèrent une étagère en passant.
Le contact du bois, légèrement rugueux, réveilla une sensation familière.
Ses mains se souvenaient avant elle.
Elle s’arrêta devant un petit tas de livres oubliés.
En effleurant les pages, elle reconnut cette texture si particulière —
ce froissement léger, presque vivant,
comme un souffle entre ses doigts.
Combien de fois avait-elle fait ce geste, sans même y penser ?
Sur le comptoir, quelques crayons reposaient encore dans un pot.
Elle en prit un machinalement.
La mine fraîchement taillée laissa une légère trace sur sa peau.
Ce détail la fit sourire malgré elle.
Avant, il y avait toujours du mouvement ici, des voix, des échanges, ses conseils murmurés entre deux rayonnages. Une vie douce, feutrée, vivante.
Aujourd’hui, il ne restait que l’écho de tout cela. Un silence plus vaste.
Presque trop grand pour l’espace qu’il occupait.
Lorsqu’elle revint vers la porte, les clés serrées dans sa main, Julia ralentit.
Ses pas se firent plus hésitants.
Comme si quelque chose en elle refusait encore de partir tout à fait.
Son regard parcourut une dernière fois la pièce. Les étagères clairsemées. Les espaces vides.
Les traces discrètes laissées par les livres autrefois alignés avec soin.
Tout semblait différent. Incomplet.
Ses yeux s’arrêtèrent instinctivement sur une étagère.
Un espace précis. Vide C’est là qu’il se trouvait. Ce livre.
Celui que sa mère lui avait offert, des années plus tôt. Celui qu’elle avait gardé près d’elle comme un porte-bonheur, un repère silencieux au fil du temps. Elle l’avait emporté. Bien sûr.
Mais son absence, ici, résonnait étrangement.
Comme si, pour la première fois, elle avait réellement déplacé quelque chose d’essentiel.
Un souffle tremblant lui échappa. Ce lieu avait été sa reconstruction ,après la chute, après le vide. Il l’avait accueillie, portée, apaisée. Et aujourd’hui… c’était à elle de le quitter.
Un mélange diffus l’envahit. De la mélancolie, douce et tenace. Un regret discret.
Mais aussi…Une forme de paix.
Ses doigts se posèrent sur la poignée. Un instant suspendu.
Puis, dans un geste presque instinctif, elle ferma les yeux.
Comme pour graver une dernière fois cet endroit en elle. Les odeurs. Le silence. La lumière. Tout.
Lorsqu’elle les rouvrit, quelque chose avait changé.
Ce n’était plus un adieu. C’était une transition. Elle tourna la clé.
Le déclic résonna, net, irréversible.
Julia resta immobile quelques secondes. Puis, doucement, elle retira la clé de la serrure.
Elle s’apprêtait à s’éloigner lorsqu’un choc léger à l’épaule la fit vaciller. Surprise, elle se retourna aussitôt. Un jeune homme se tenait là, à quelques pas à peine.
죄송합니다 (mwolagoyo). Sa voix douce et légèrement essoufflée se fondit dans l’air encore frais du matin.
Pendant une fraction de seconde, Julia resta figée puis répondit d'un ton plutôt timide et hésitant :
Un silence bref s’installa entre eux. Leurs regards se croisèrent. Et, sans qu’elle ne comprenne pourquoi, Julia sentit quelque chose se déplacer en elle. Rien de brusque ni de violent .
Une étrange sensation l’envahit.
Juste …un léger trouble. Son cœur hésita un instant comme s’il avait manqué un battement
. Comme si….,sans jamais l’avoir rencontré, elle le connaissait déjà.
Le jeune homme inclina légèrement la tête, esquissant un sourire discret, presque imperceptible. Puis il reprit sa route.
Julia resta immobile, son regard accroché à sa silhouette qui s’éloignait. Chaque pas qu’il faisait semblait étirer le temps.
Elle ne comprenait pas pourquoi elle ne détournait pas les yeux. Pourquoi quelque chose en elle refusait de le laisser disparaître ainsi, jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une forme lointaine, presque irréelle.
Un souffle léger lui échappa, comme si elle revenait à elle. C'est alors qu’un éclat au sol attira son attention. A quelques centimètres de ses pieds, un objet brillait faiblement sous la lumière du jour.
Elle se pencha et le ramassa délicatement. C’était un porte clé sobre mais élégant avec un petit norigae de couleur jaune et bleu accroché à son extrémité ,et, sur sa surface, des caractères coréens qui laissait entrevoir le nom de Kang Seo-Jun.
(Elle savait que c'était du coréen car elle avait étudiait cette langue durant des années .
En effet, à l'âge de vingt ans ,elle se prit de passion pour ce pays, sa culture ,sa gastronomie ,et depuis, cette amour dévorant ne l'a plus quitté.)
Son cœur manqua un battement.
Sans réfléchir, elle releva la tête, son regard chercha autour d’elle.
Là-bas, la silhouette du jeune homme, déjà trop loin.
Attendez… ! sa voix un peu trop timide se perdit dans le tumulte de la ville, avalée par les bruits du matin.
Elle fit un pas…puis un autre. Puis malgré elle, se mit à courir, ses cheveux se soulevèrent, effleurés par la légère brise matinale.
Mais l’espoir de le rattraper s’effrita aussitôt. Une voiture noire aux vitres teintées, venait de s’arrêter sur le bas-côté, juste devant lui.la portière s’ouvrit et en quelques secondes à peine, il disparut à l’intérieur. Julia resta là, immobile. Le regard figé sur le véhicule qui s’éloignait.
Bientôt, il ne fut plus qu’une ombre au loin.
Et pourtant… elle ne parvenait pas à en détacher les yeux.. Un frisson étrange la traversa .Pas de ceux qui inquiètent , non ! Mais plutôt quelque chose de doux ,inattendue .Comme une promesse silencieuse .
Puis, elle réalisa qu'elle tenait cet objet dans la main .Elle le serrait si fort que l'empreinte s'était dessiner dans sa paume.
Des questions affluèrent .
Qui était il? que faisait il ici? d'où venait il? pourquoi son cœur s'est il mis à battre ainsi au simple contact de son épaule contre la sienne ? Kang Seo-Jun , un nom peu commun , surtout ici ..
Sans réponse ,elle glissa lentement l'objet dans la poche de son manteau , un léger sourire effleura ses lèvres sans qu'elle sache vraiment pourquoi.
Tout en prenant la direction de son appartement, une pensée fugace s'imposa à elle.
-Et si c'était un signe ?De ceux que l'on ignore trop souvent..
Mais qui résonnent étrangement lorsque l'évidence se tient devant nous .
Lorsqu’elle referma la porte de son appartement, le silence l’enveloppa aussitôt.
Un silence différent.
Plus dense.
Comme chargé de tout ce qu’elle venait de vivre. Elle posa distraitement ses clés, puis retira son manteau d’un geste lent. Ses pensées semblaient encore ailleurs. Accrochées à cet instant. À ce regard. À ce nom.
Kang Seo-Jun…
Elle passa une main sur son visage, comme pour chasser ce trouble persistant. Inutile. Il était toujours là.
Alors, presque par réflexe, elle se dirigea vers la cuisine. Le besoin de faire quelque chose. N’importe quoi.
Son regard s’arrêta sur son téléphone posé sur le plan de travail. Un message non lu.
Elle fronça légèrement les sourcils, puis le prit en main. C’était Ji-A, son amie installée en Corée depuis plusieurs années.
“comment tu vas ? Pas trop dur? j'ai une idée , si tu venais à Séoul te changer les idées ? »
Julia resta figée.
Ses yeux relisaient les mots, comme si leur sens venait seulement de s’imposer.
La Corée. Encore. Un léger souffle lui échappa. Comme une résonance.
Depuis des années, ce pays occupait une place particulière dans sa vie. Une fascination douce.
Presque silencieuse .Mais jamais encore elle n’avait vraiment envisagé d’y aller jusqu’à aujourd’hui.
Son regard se perdit dans le vide. Les images se mêlaient. La librairie. Le vide laissé derrière elle.
Et cette rencontre.
Comme si tout, soudain, pointait dans la même direction.
Ses doigts glissèrent lentement vers la poche de son manteau. Elle sentit l’objet. Toujours là.
Un frémissement léger la traversa.
Et si…
Elle ferma les yeux un instant. Partir. Juste quelques jours ou peut-être plus qui sait....Pour respirer. Pour penser .Ou éventuellement… pour arrêter de penser.
Lorsqu’elle les rouvrit, son regard avait changé. Rien de spectaculaire .Mais quelque chose, doucement, s’était mis en place.
Julia resta un moment immobile. Le téléphone toujours entre ses mains. Le message de Ji-A affiché à l’écran.
“Tu devrais venir quelque temps…”
Ses doigts hésitèrent. Comme suspendus au-dessus de la réponse. Partir. Le mot résonnait encore en elle.
Étrangement familier. Son regard glissa, presque malgré elle, vers son manteau. Là où se trouvait l’objet.
Un souffle léger traversa ses lèvres.
Et sans vraiment réfléchir davantage, elle déverrouilla son téléphone.
Quelques secondes plus tard, elle se retrouvait sur un site de réservation. Les pages défilaient. Les dates. Les horaires. Les prix. Tout semblait irréel. Comme si ce n’était pas vraiment elle qui faisait ça.
Et pourtant…
Chaque clic la rapprochait un peu plus de quelque chose.
Un vol. Dans quelques jours. Son cœur accéléra légèrement. Pas de panique. Mais, plutôt une montée d’adrénaline douce. Elle fixa l’écran. Encore une seconde. Peut-être deux.
Puis…Elle valida.
Le silence retomba aussitôt autour d’elle.
Julia resta figée. Le regard posé sur la confirmation qui venait d’apparaître.
C’était fait.
Un rire léger lui échappa. Presque incrédule. Elle venait réellement de le faire.
Partir. Quitter cette vie. Même si ce n’était que pour un temps.
Ses doigts tremblèrent légèrement lorsqu’elle revint à son message.
__Tu as raison…
Je crois que j’ai besoin de changer d’air.
Si ton invitation tient toujours… j’arrive.
Elle hésita un instant. Puis envoya le message..
Comme si, pour la première fois depuis longtemps…
quelque chose s’ouvra. Sans qu’elle ne sache pourquoi…
Elle avait le sentiment que ce voyage ne serait pas un simple départ.
Le téléphone vibra doucement dans sa main.
Julia baissa les yeux.
__Bien sûr que mon invitation tient toujours !
Je suis tellement contente que tu viennes. Tu vas voir, ça va te faire un bien fou.
Je t’attends.
Un sourire sincère éclaira son visage, simple, spontané.
Pour la première fois depuis longtemps, elle ne se sentait plus seule.
Elle posa lentement son téléphone, puis resta un instant immobile. C’était réel, elle allait partir.
Un léger vertige la traversa. ,pas désagréable, juste… inhabituel.
Alors, sans se laisser le temps de réfléchir davantage, elle se dirigea vers sa chambre.
La valise reposait là, dans un coin. Comme oubliée.
Julia s’agenouilla devant elle. Ses doigts effleurèrent la fermeture. Un geste simple. Et pourtant ,chargé de sens. Elle l’ouvrit.
Le bruit du zip résonna doucement dans la pièce, comme le début de quelque chose.
Elle resta un instant à la regarder, vide. Puis, lentement, elle commença, un pull, un jean, quelques affaires, rien de vraiment réfléchi.
Ses gestes étaient calmes, presque apaisés.
De temps en temps, elle s’arrêtait, un vêtement entre les mains., le regard perdu ailleurs.
Elle pensait à ce qu’elle laissait derrière elle, mais aussi ,à ce qui l’attendait :Séoul.
Le nom seul, suffisait à éveiller quelque chose en elle, une curiosité douce, une excitation encore timide.
Itaewon avec ses rues animées ses lumières ,cette vie qu’elle ne connaissait pas encore.
Un souffle léger lui échappa. Elle replia soigneusement un dernier vêtement ,puis referma la valise.
Le clic fut discret, mais définitif.
Les heures passèrent doucement. Trop vite. Ou peut-être pas assez. Puis vint le moment.
Le grand jour était finalement arrivait .
Julia resta là, assise sur le bord du lit, les mains posées sur la valise.
Un mélange étrange l’envahit entre appréhension et nostalgie. Mais surtout…
Une sensation nouvelle. Comme si, pour la première fois depuis longtemps…
elle avançait.
Celui où il n’était plus possible de reculer. Julia attrapa sa valise, inspira profondément et quitta l’appartement sans se retourner.