Chapitre 3 330
« Tais-toi ! » rugit le Grand Ancien Shan Gu, furieux. Il aurait voulu abattre le Sage verdoyant sur-le-champ.
Le Sage verdoyant détestait lui aussi le Grand Ancien : il était évident que l’humain ne souhaitait rien tant que le voir mort.
« Ancien Shan Gu, dit Lu Yin.
Le Grand Ancien se tourna vers lui. « Je vous écoute, Monarque du Dao. »
Lu Yin regarda le vieil homme dans les yeux. « Un Sage verdoyant peut-il en repérer un autre ? »
Shan Gu resta un instant interdit, puis se souvint du Sage verdoyant né du Nid de Cang Xiaoxue, qui se cachait dans l’Univers Originel.
Cette pensée assombrit l’expression du Grand Ancien.
« Ancien, un Sage verdoyant peut-il en trouver un autre ? » demanda de nouveau Lu Yin.
Shan Gu hésita brièvement, puis acquiesça. « Oui. Tant qu’ils se trouvent à une certaine distance l’un de l’autre, un Sage verdoyant peut sentir la présence d’un autre Sage verdoyant. »
Lu Yin continua de fixer le Grand Ancien Shan Gu. « Un Sage verdoyant qui se cache est bien plus problématique qu’un Sage verdoyant que nous avons déjà trouvé. Nous devons mettre la main sur lui. »
Il tendit alors la main. « Le Nid. »
Ce Wangtian se tenait toujours à proximité ; il remit le Nid à Lu Yin. C’était celui qui avait appartenu au prince héritier de la Dynastie de la Montagne de l’Ouest. Le Sage verdoyant le lui avait pris, et Ce Wangtian l’avait récupéré en capturant le Sage.
Lu Yin écrasa aussitôt le Nid.
À cette vue, le Sage verdoyant grimaça de douleur, mais n’osa pas souffler mot.
« Sans Nid, même le plus puissant des Sages verdoyants ne peut pas engendrer d’autres insectes par lui-même, pas vrai ? » dit Lu Yin. Puis il communiqua silencieusement avec Shan Gu : « Je vous le promets : dès que nous aurons trouvé le Sage verdoyant caché, je les détruirai tous les deux. »
Le Grand Ancien ouvrit la bouche, mais ne trouva rien à répondre. Il fallait retrouver le Sage verdoyant disparu, et l’humanité ne disposait pour l’instant d’aucun moyen d’y parvenir. Seul un autre Sage verdoyant pouvait accomplir cette tâche.
« Monarque du Dao, je vous en prie, soyez prudent », répondit Shan Gu.
Lu Yin acquiesça. Bien sûr qu’il devait rester prudent. Il ferait preuve d’une extrême prudence, mais il avait également une expérience en tête. Si elle réussissait, il n’aurait peut-être pas besoin de détruire le Sage verdoyant. Si elle échouait, il n’aurait alors d’autre choix que d’éliminer l’insecte.
En tant que survivant d’un mégaverse déchu, Shan Gu n’avait pas tort de s’inquiéter.
Les Sages verdoyants étaient très intelligents — ou plutôt, très rusés. Le captif avait peut-être déjà deviné que Lu Yin le tuerait une fois l’autre Sage verdoyant retrouvé. Il restait aussi à s’assurer qu’il ferait réellement de son mieux pour les aider.
Lu Yin ramena le Sage verdoyant à la Secte des Cieux, puis leva un doigt devant lui. « Un an.
« Je crois que tu comprends la notion du temps. Un an. C’est tout ce qu’il te reste. Si tu ne trouves pas l’autre Sage verdoyant d’ici là, tu mourras. »
Le Sage verdoyant tressaillit. « Humain… non, maître, je dois être assez proche de l’autre Sage verdoyant pour le sentir. Le mégaverse est immense, et il y a trop d’univers parallèles. Le retrouver en un an est pratiquement impossible ! C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. »
Lu Yin resta impassible. « Je m’en fiche. Qui sait si vous pouvez communiquer entre vous ? D’autres insectes savent repérer les Nids. Alors, si tu ne trouves pas le Sage verdoyant, trouve les Nids. Quoi qu’il en soit, tu n’as qu’un an. Je tiendrai parole. »
Les lianes coupées du corps du Sage verdoyant se tortillèrent. « Maître, je n’oserais jamais vous trahir ! Ce vieil homme est trop faible, voilà pourquoi il a si peur de nous. Mais vous êtes si puissant que même si j’étais dix fois plus fort, je ne pourrais pas vous échapper. Vous pouvez me garder en vie : je vous serai utile. »
La voix de Lu Yin se fit glaciale. « J’ai davantage confiance en mes propres gens qu’en toi. Je suis convaincu de pouvoir affronter n’importe quel ennemi, que tu sois à mes côtés ou non. Mieux vaut t’éliminer que de saper la confiance de mes hommes en moi. Tu as suivi le prince héritier de la Dynastie de la Montagne de l’Ouest assez longtemps pour comprendre le pouvoir politique et l’art de manipuler les cœurs mieux que presque quiconque. Quoi que je fasse, je n’y perdrai pas. Prouve ta valeur. Sinon, ne viens pas te plaindre. »
Le Sage verdoyant se sentit impuissant. Il ne savait que répondre. Ce chapitre a été copié depuis novelping dot com sans autorisation.
« Bien. Viens avec moi. Plus vite tu trouveras l’autre Sage verdoyant, plus tu me seras utile », déclara Lu Yin. Il saisit le Sage verdoyant et l’emmena jusqu’au Mégalithe, qui se trouvait à l’extérieur de la Secte des Cieux. On utilisait le Mégalithe comme monture. « Allons-y. Nous partons faire le tour de l’Univers Originel. »
Il était convaincu que le Sage verdoyant issu du Nid de Cang Xiaoxue se trouvait encore dans l’Univers Originel. S’il était parti dans un autre univers parallèle, ce serait vraiment comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
Il restait au moins une chance de le trouver s’il était toujours dans l’Univers Originel.
Tant que le Sage verdoyant captif voulait survivre, il chercherait consciencieusement et ne tenterait ni de se cacher ni de paresser.
Le temps passa, et l’immense Mégalithe parcourut les différentes Trames de l’Outerverse. Lu Yin retourna dans de nombreux lieux familiers. Il se rendit dans la Trame de Northcastle, où il vit la Dynastie de la Grande Épée. Dans la Trame de Grandtop se trouvait la Secte des Neuf Couches. Dans la Trame de Lars, il aperçut la Tribu aux Six Doigts. Dans la Trame de Flaxen, il y avait les vestiges de la Fédération des Trois Bannières. Dans la Trame d’Adonis, la Gorge Darkstar. Et dans la Trame de Vastdearth, la Secte de la Terre Vaste.
Il y avait tant de lieux familiers. Lu Yin avait accompli tant de choses dans l’Outerverse.
À mesure que le Mégalithe avançait, tous les habitants des Trames qu’il visitait s’inclinaient respectueusement.
Lu Yin voyait ces gens, et eux le voyaient. Leurs yeux étaient emplis de révérence, d’admiration et d’une ferveur presque dévote.
Après avoir parcouru l’Outerverse, le Mégalithe pénétra dans le Fleuve Astral. Un simple mouvement de sa queue suffit à en inverser le courant. Ce lieu autrefois terrifiant, où Lu Yin n’osait même pas pêcher, lui semblait désormais aussi calme et inoffensif qu’une piscine chez quelqu’un.
Après avoir traversé le Fleuve Astral, ils entrèrent dans l’Innerverse, où s’étendaient les affluents du fleuve. Lu Yin, qui n’avait autrefois pu en observer que des fragments, pouvait enfin les contempler dans leur ensemble et parcourir du regard tout l’Innerverse.
Il recommanda expressément au Mégalithe de limiter sa force : il pouvait facilement détruire les affluents du Fleuve Astral.
« Cela fait déjà trois mois, et tu n’as toujours pas trouvé le Sage verdoyant ? » La voix de Lu Yin était parfaitement calme. Aucune émotion ne s’y devinait.
À côté de lui, le Sage verdoyant se mit aussitôt à le supplier. « Ce n’est vraiment pas facile ! Moi aussi, je veux le trouver et l’éliminer pour vous, maître, mais nous n’avons tout simplement pas eu assez de temps ! Rien que pour l’Outerverse, même si nous l’avons parcouru une fois, je n’ai pu en sonder qu’une partie, moins d’un dixième de son étendue. »
Lu Yin prit un air menaçant. « Tu veux dire qu’il te faudrait trente mois rien que pour fouiller l’Outerverse ? »
Le Sage verdoyant répondit avec amertume : « Impossible d’estimer le temps nécessaire… On peut fouiller une région, mais l’autre Sage verdoyant peut y entrer juste après notre départ. Nous autres, Sages verdoyants, pouvons nous déplacer facilement dans l’univers grâce à nos pouvoirs. Oubliez l’Outerverse : s’il le voulait, il pourrait traverser tout l’Univers Originel sans difficulté. Le retrouver n’est qu’une question de chance. »
Les lèvres de Lu Yin s’incurvèrent légèrement. « Il te reste neuf mois. »
« Maître, attendez ! Je sens quelque chose. » Le Sage verdoyant s’anima soudain et pointa ses lianes dans une direction.
Lu Yin fixa son regard sur cette direction. Les lianes pointaient vers une planète. C’était un monde ordinaire, dont la civilisation commençait tout juste à entrer en contact avec le vaste univers et la cultivation. Il ressemblait à la Terre juste après l’Apocalypse.
Les lianes du Sage verdoyant descendirent de l’espace. Pour les habitants de la planète, un événement terrifiant et incompréhensible se déroulait. Ils fixèrent d’un air hébété les lianes qui tombaient du ciel, puis s’agenouillèrent. Ils crièrent quelque chose qui ressemblait à des louanges frénétiques.
Aux yeux des habitants, les lianes apparues étaient une échelle menant vers des mondes au-delà du leur. Elles ouvraient la voie vers un niveau d’existence supérieur.
Des foules innombrables tendirent les bras pour tenter de s’agripper aux lianes.
Les lianes se mirent en mouvement et convergèrent vers un seul endroit. C’était un désert, au milieu duquel se trouvait une ville. Elles transpercèrent le sol sous la ville, puis en extirpèrent un Mille-pattes dévoreur de parchemins qui s’y cachait.
Les lianes maintinrent le Mille-pattes dévoreur de parchemins fermement en place et le ramenèrent rapidement. L’insecte fut présenté à Lu Yin comme un trésor. « Maître, je l’ai trouvé ! »
Lu Yin observa le Mille-pattes dévoreur de parchemins qui se débattait, ligoté par les lianes. Une lueur dangereuse traversa son regard. Y en avait-il encore d’autres ?
Il avait cru que tous les Mille-pattes dévoreurs de parchemins de l’Univers Originel avaient déjà été éliminés.
En regardant le mille-pattes couleur jade capturé par le Sage verdoyant, Lu Yin se radoucit légèrement.
Le Sage verdoyant n’avait pas été capturé, mais les Mille-pattes dévoreurs de parchemins étaient eux aussi extrêmement dangereux. S’il y en avait un, se pouvait-il qu’un deuxième ou un troisième leur ait échappé ? L’expression de Lu Yin s’adoucit encore. « Bien joué. »
Le Sage verdoyant exulta. « Merci, maître ! » Les nouveaux chapitres paraissent d’abord sur nоvelping.com.
Lu Yin conduisit ensuite le Sage verdoyant à travers l’Innerverse. Cette fois, leur exploration fut bien plus minutieuse que celle de l’Outerverse. Ils trouvèrent deux autres Mille-pattes dévoreurs de parchemins, ce qui enthousiasma le Sage verdoyant. « Maître, les Mille-pattes dévoreurs de parchemins sont difficiles à repérer, à moins qu’ils ne se révèlent. Même les experts du plus haut niveau ont du mal à les détecter. S’il y a d’autres Nids dans cet univers qui en engendrent, leur prolifération à grande échelle dans le reste du mégaverse serait une catastrophe. »
« Qu’essaies-tu de me dire ? »
« Maître, je peux vous être très utile. Un an, ce n’est pas trop court ? »
Lu Yin prit un instant pour réfléchir. « Plus de six mois ont passé, et tu n’as toujours aucune piste pour retrouver l’autre Sage verdoyant. »
Le Sage verdoyant le supplia : « Maître, retrouver un autre Sage verdoyant n’est vraiment qu’une question de chance ! Je le jure, je ne vous ai rien caché ! »
Lu Yin garda le silence et contempla calmement les étoiles.
Après un long moment, il finit par dire : « Éliminer les Mille-pattes dévoreurs de parchemins est aussi utile. Tu as un an de plus. Si tu ne trouves toujours pas l’autre Sage verdoyant d’ici là… » Une lueur meurtrière dans les yeux, il ajouta : « Je te détruirai. »
Le Sage verdoyant voulut répondre, mais Lu Yin n’avait plus envie de parler à l’insecte. Il l’entraîna jusqu’au Neoverse.
En temps normal, un an aurait largement suffi pour explorer tout l’Univers Originel. Mais la découverte des Mille-pattes dévoreurs de parchemins les avait retenus plus longtemps dans l’Innerverse, et Lu Yin avait également accordé une année supplémentaire au Sage verdoyant.
Même s’il s’avérait impossible de retrouver le Sage verdoyant disparu, ils n’auraient pas perdu leur temps si tous les Mille-pattes dévoreurs de parchemins de l’Univers Originel étaient éliminés.
Le Sage verdoyant poursuivit ses recherches.
Lu Yin l’observait. L’insecte pouvait servir à bien des choses, et le tuer aurait été un véritable gâchis. Il espérait que son expérience réussirait.
Dans l’Association des Six Univers, au sein de l’ancien Univers des Trois Monarques, Tuo Lin et Hui Can se séparèrent.
Après avoir quitté la Secte des Cieux, les deux hommes n’étaient pas restés longtemps dans l’Univers Originel. Ils avaient suivi la suggestion de Tuo Lin et s’étaient rendus dans l’Univers des Trois Monarques.
Hui Can ignorait pourquoi Tuo Lin avait voulu visiter cet univers, mais il n’avait pas eu d’autre choix que de le suivre.
L’Univers des Trois Monarques avait été annexé à la Frontière infinie depuis longtemps et avait été le théâtre de nombreuses grandes batailles. Après la défaite d’Aeternus à la Citadelle immémoriale, tous les Rois Cadavres survivants avaient été traqués, et l’univers avait retrouvé la paix.
Tuo Lin souhaitait visiter l’Univers des Trois Monarques, mais Hui Can n’en avait aucune envie. Il voulait plutôt retourner au Monde Perpétuel : ce serait pour lui un retour triomphal au pays.
« Petit frère, qui sait combien de temps nous serons séparés ? Prends soin de toi », dit Tuo Lin en tapotant Hui Can sur l’épaule.
Hui Can soupira. « Grand frère, qu’est-ce qu’il y a de si bien à rester ici, dans l’Univers des Trois Monarques ? Viens avec moi au Monde Perpétuel. Au moins, il y a des gens là-bas. »
Tuo Lin se tourna vers les ruines du Domaine de l’Empereur. « Tu te rends compte que c’est ici que le maître est véritablement entré en contact avec les univers parallèles au-delà de l’Univers Originel ?
« Cet univers porte le poids de la confusion du maître et de sa détermination face aux univers étrangers. C’est grâce aux habitants de l’Univers des Trois Monarques qu’il a découvert l’Association des Six Univers et décidé d’y entrer. Il n’a commencé à prendre le contrôle de l’Association des Six Univers qu’après avoir réussi à priver l’Univers des Trois Monarques de son statut de membre.
« Cet univers revêt une signification particulière pour le maître.
« Dans la vie, la plus grande peur, c’est l’inconnu ; et la pire paresse, c’est de refuser d’explorer cet inconnu. Ici, j’ai découvert une autre facette du maître. »
Les réflexions d’OMA
Traduit par : OMA
Édité par : Neshi/Nyxnox
Vérifié par : OMA