Chapitre 3 253
« Je ne peux pas dire si mon hypothèse est juste, mais tout gain a son prix. À chaque avantage correspond un inconvénient. Percer grâce au Livre céleste sans paroles ne déclenchera peut-être pas la tribulation la plus puissante, mais ce sera peut-être aussi celle qui lui coûtera le plus. Tout dépend de la façon dont il voit les choses. »
Le groupe se mit à discuter de la percée.
Peu à peu, des ombres apparurent à l’extérieur de la Technique de transformation céleste du Vrai Dieu.
Lu Yin aperçut les ombres. Était-ce un univers parallèle ? Cette tribulation ressemblait-elle à celle qu’il avait affrontée en perçant grâce au Monde de Poussière ? Cela semblait impossible. Ces deux mondes intérieurs étaient complètement différents. Comment pouvaient-ils déclencher la même tribulation ?
En réalité, à l’exception de l’Univers d’Origine, la plupart des univers parallèles ne déclenchaient pas de tribulation lorsque des créatures devenaient des puissances de premier plan. Lu Yin ne suivait pas la voie de l’énergie stellaire, ce qui signifiait qu’il n’était pas certain qu’il déclenche une tribulation, même dans l’Univers d’Origine. Cependant, il créait sa propre voie, et quiconque tentait de faire de même déclenchait une tribulation.
Plus une voie était singulière, plus la tribulation qu’elle déclenchait était difficile.
Lu Yin observa les ombres à l’extérieur de la barrière qui isolait le Fléau. « Venez ! Plus ma tribulation sera grande, mieux ce sera ! J’espère qu’elle pourra briser cette Technique de transformation céleste. »
Peu à peu, les ombres devinrent plus nettes.
Les yeux de Lu Yin s’écarquillèrent. Était-ce… le Cinquième Continent ?
Ces images n’étaient que des illusions. Il était toutefois possible que les scènes représentées se déroulent réellement quelque part dans le Cinquième Continent, à cet instant même.
La lumière dorée continuait d’éclairer le visage de Lu Yin, mais, à mesure que les images devenaient plus nettes, il vit autre chose.
Il vit les pires facettes de l’humanité, des actes qui ne se produisaient que dans les recoins les plus sombres de l’existence.
« Mon enfant, fais-le maintenant ! Tue-le ! Nous obtiendrons sa méthode de cultivation. »
« Mais, père, c’est un homme bon ! Il m’a sauvé. »
« Il n’y a pas de gens bons. Fais-le, maintenant ! Tue-le ! Tue-le ! »
…
« Monseigneur, je suis innocent ! Je n’ai pas tué cette famille. Je vous en prie, monseigneur, examinez cette affaire attentivement. »
« Hé, si je dis que tu es coupable, alors tu l’es. Il n’y a pas d’autre possibilité. Inutile de supplier, à moins que… »
« À moins que quoi ? »
« À moins que tu puisses payer pour sauver ta vie. »
« Monseigneur, ma mère a quatre-vingts ans et j’ai des enfants à nourrir. Où pourrais-je trouver une telle somme ? »
« Alors tu es coupable. Emmenez-le et décapitez-le. »
« Monseigneur, je vous en prie ! Je vous supplie ! Enquêtez davantage, monseigneur ! »
« Maître Hui, beau travail. »
« Ne vous inquiétez pas, jeune maître. Il n’y a que le Ciel, la Terre, vous et moi qui soyons au courant. »
« Hé, je saurai te récompenser. En y repensant, cette jeune dame était vraiment tentante. Nous l’avons tuée trop tôt. »
« Jeune maître, je connais une autre famille qui a une jeune dame encore plus séduisante. »
« Vraiment ? Alors, montre-la-moi vite. Sois tranquille, je saurai te récompenser. »
« Je vous en prie, monseigneur. »
…
« Maître, bon retour parmi nous. »
« J’ai été en retraite pendant treize ans. Cela a dû être difficile pour vous, mes disciples. »
« Pour vous servir, maître, nous mourrions mille fois avec joie. »
« Hmm, dans ce cas, il me reste une dernière tâche à vous confier. » Lisez ce roman sur novelping.com pour une expérience optimale.
« Dites-nous ce que vous attendez de nous, maître. »
« Offrez-vous à moi en sacrifice de sang. »
« Maître ! Maître, épargnez-moi ! Je ne veux pas mourir ! »
« Maître, c’est moi, Hong’er ! Maître… »
« Je n’ai pas le choix. Ma cultivation a dévié pendant ma retraite, et je ne pourrai espérer retrouver ma force qu’en sacrifiant votre sang. Reposez en paix : quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf d’entre vous devraient suffire. Ah, il va encore falloir que je recrute des disciples. Quelle galère. » �
…
Des voix résonnaient aux oreilles de Lu Yin. Il les entendait toutes tandis qu’il assistait aux pires manifestations de la laideur humaine. Peu à peu, la lumière dorée qui éclairait son visage faiblit.
Lu Yuan et les autres observaient la scène avec attention. Comment était-ce possible ?
Wu Tian prit un air grave. « Comme prévu, c’est un Affinement du cœur. Le monde des mortels regorge de bien comme de mal. Être reconnu par un univers signifie que les désirs de toutes les créatures peuvent devenir sa force, mais il y a aussi un revers. Il faut porter en soi le bien comme le mal. »
Lu Yuan et les autres ne voyaient que des ombres, mais Lu Yin, lui, était témoin de scènes cruelles et malveillantes. Il voyait toute l’étendue de la corruption humaine, une immoralité absolue. Les ténèbres envahirent son esprit et supplantèrent ses pensées. La lumière dorée qui l’avait réchauffé s’assombrit. Elle semblait froide et solitaire.
Des scènes toujours plus abjectes envahirent la vision de Lu Yin, occultant toute lumière. Il ne voyait plus que des yeux emplis de ressentiment et de haine. Des bras couverts de sang semblaient se tendre vers lui. Il avait du mal à respirer.
« Je déteste ça ! Pourquoi m’avoir tué ? Je l’ai sauvé. Les gens ne devraient pas être comme ça ! Ils ne devraient pas être comme ça ! »
« J’ai une vieille mère, une épouse et des enfants. Comment pourrais-je mourir ? Je n’ai pas tué cette famille. Comment pourrais-je porter cette culpabilité ? Comment ma mère et ma femme vont-elles s’en sortir ? »
« Maître, nous vous considérions comme notre père et notre mère. Pourquoi nous faire ça ? »
« Je déteste ça ! C’est donc ça, la véritable nature humaine ? »
« Si je renais, je ne veux plus revenir au monde en tant qu’humain. Le cœur des hommes est perfide. Si je dois renaître humain, je deviendrai la pire des personnes, pour que personne ne puisse jamais me trahir. »
« Si je renais, je deviendrai ce jeune maître ! Qu’y a-t-il de mal à tuer des gens ? »
« Si je renais, je massacrerai tout sur des milliers de kilomètres… »
« Dans ma prochaine vie… »
La lumière dorée avait presque entièrement disparu de Lu Yin. Des voix et des images innombrables emplissaient son esprit tandis qu’il subissait le pire supplice engendré par la cruauté humaine. Il se prit la tête entre les mains et marmonna : « Si je renais, je deviendrai ce jeune maître. Si je renais encore, je deviendrai ce fonctionnaire. Si je renais, je deviendrai ce maître. Je serai ce père et ce fils qui rendent le mal pour le bien. Je… »
Lu Yin rejeta soudain la tête en arrière et hurla vers le ciel.
Lu Yuan voulut aussitôt se précipiter vers lui, mais Wu Tian l’arrêta. « Ne fais pas ça. Pour l’instant, il ne peut surmonter cette épreuve que par lui-même. Puisqu’il a reçu le soutien et les désirs d’innombrables créatures, il doit maintenant assumer ce karma. Ni toi ni moi ne pouvons l’aider. Même si tu parviens à le sauver maintenant, il s’effondrera à la prochaine occasion. »
Le visage de Lu Yuan blêmit et il serra les dents. « Petit Sept, tiens bon ! Surmonte cette épreuve ! »
Rien n’était plus sombre que la nature humaine. Les Éternels avaient clairement discerné les émotions humaines et les avaient considérées comme une faiblesse, ce qui leur avait permis de vaincre l’humanité. Lu Yin avait survécu à désastre après désastre. Même lorsque plusieurs univers s’étaient superposés pour le détruire, ou qu’il avait subi une tribulation qui semblait interminable, il avait tenu bon parce qu’il n’avait pas été seul. De nombreuses personnes l’avaient toujours soutenu. Même si des univers parallèles tentaient de l’écraser, Lu Yin pouvait compter sur le soutien d’innombrables personnes, et cela avait poussé l’Univers d’Origine à les repousser.
Lu Yin avait déjà récolté les fruits de tout cela. Il lui fallait maintenant en payer le prix.
Il était à genoux, une jambe à terre, et la sueur ruisselait de son corps. Ses pupilles ne cessaient de vaciller. Rien de ce qu’il vivait ne pouvait être surmonté par la seule force. Tant qu’on était humain et qu’on avait le sens de la morale, la douleur ne pouvait que s’intensifier. Plus une personne était bonne, plus elle pouvait se déformer après avoir franchi ses propres limites.
Lu Yin avait toujours respecté ses limites, mais ce qu’il voyait et entendait pendant sa tribulation les réduisait à néant.
C’était comme s’il était devenu ce père et ce fils, ce jeune maître, ce fonctionnaire, ce maître. S’il sombrait dans cet abîme, il deviendrait plus malfaisant encore qu’eux et ne serait plus Lu Yin.
Tel était le véritable test de l’Affinement du cœur.
Dans l’Univers d’Origine, la tribulation d’un Progéniteur consistait à interroger son cœur. Lu Yin avait déjà percé grâce à son Monde de Poussière et à l’Infini, mais aucune de ces tribulations ne l’avait amené à interroger son cœur. Il avait donc cru que cette tribulation particulière était propre à l’Univers d’Origine. En réalité, cette tribulation d’Affinement du cœur l’attendait depuis toujours.
Il devint une multitude de scélérats de tout l’univers et commit d’innombrables méfaits. Cette tribulation était plus infernale que toutes les autres, car Lu Yin était incapable de se tirer de l’abîme. Les limites auxquelles il s’était toujours tenu se resserraient autour de son cou comme un nœud coulant.
Les voix se multiplièrent, résonnant toujours plus fort.
Lu Yin ferma les yeux. Soudain, il les rouvrit en grand et frappa le sol du poing, ouvrant une brèche dans le Fléau.
« Le bien comme le mal font partie de la nature humaine. Je peux goûter à ce qu’il y a de bon chez les hommes ; je peux donc aussi affronter leur côté mauvais.
« Et alors, s’il y a du mal ? Qu’importe si la nature humaine recèle des ténèbres ? J’ai toujours cru que le bien l’emportait sur le mal chez les hommes. J’ai vu tant de belles choses : l’amour familial, l’amour romantique, l’amitié. J’ai vu des pères et des fils mourir pour l’humanité, des couples affronter la mort sans regret et des héros tomber sur le champ de bataille avec le sourire.
« Tu crois que ces scènes de cruauté peuvent remplacer le bien qui existe dans la nature humaine ? Ridicule ! Disparais ! » D’un rugissement, Lu Yin se releva et balaya l’air de la main droite. Les ténèbres se dissipèrent et la lumière l’enveloppa de nouveau. Cela ne suffit pourtant pas. Les ténèbres profondes formèrent des paires d’yeux sinistres et rieurs qui se rapprochèrent, tentant de l’engloutir.
Lu Yin inspira profondément et leva les yeux vers le Livre céleste sans paroles. Il prit lentement la parole. « Puisque j’ai reçu les désirs de toutes les créatures, j’entendrai tout, le bien comme le mal. Je suis prêt à consacrer ma vie à traverser l’océan sans fin du mal, armé du bien qui habite toutes les créatures. Dispersez-vous. »
Le Livre céleste sans paroles jaillit soudain d’une lumière dorée qui transperça le ciel et la Technique de transformation céleste du Vrai Dieu. Elle se dirigea vers le Cinquième Continent et l’Univers d’Origine tout entier. Elle atteignit même l’Association des Six Univers.
Dans l’Univers d’Origine, tout le monde leva les yeux vers une lumière dorée qui resplendissait au fond de l’espace. Ils purent voir Lu Yin et, un à un, s’inclinèrent avec ferveur. « Salutations, Monarque du Dao. »
« Salutations, Monarque du Dao. »
« Salutations, Monarque du Dao. »
…
« Puisque j’ai reçu les désirs de toutes les créatures, j’entendrai tout, le bien comme le mal. Je suis prêt à consacrer ma vie à traverser l’océan sans fin du mal, armé du bien qui habite toutes les créatures. »
« Puisque j’ai reçu les désirs de toutes les créatures, j’entendrai tout, le bien comme le mal. Je suis prêt à consacrer ma vie à traverser l’océan sans fin du mal, armé du bien qui habite toutes les créatures. »
« Puisque j’ai reçu les désirs de toutes les créatures, j’entendrai tout, le bien comme le mal. Je suis prêt à consacrer ma vie à traverser l’océan sans fin du mal, armé du bien qui habite toutes les créatures. »
…
La voix de Lu Yin résonna aux oreilles de tous. Les gens tremblèrent et tombèrent à genoux devant lui. « Merci, Monarque du Dao. »
« Merci, Monarque du Dao. »
« Merci, Monarque du Dao. »
…
Au pied de l’Escalier vers le Ciel de la Secte des Cieux, le chaudron se solidifia davantage et se mit à briller de mille feux. Il avait changé.
L’humanité tout entière ressentit l’intention de Lu Yin. Le Livre céleste sans paroles lui avait transmis le mal de toutes les créatures, mais le mal n’était qu’un autre aspect de la nature humaine. Le bien, lui, était plus grand. Lu Yin était prêt à porter le mal et à le dissiper, tout en guidant les gens vers le bien.
Jusqu’alors, Lu Yin n’avait jamais été du genre à se soucier de ce genre de choses. La plupart du temps, il préférait se concentrer sur lui-même, et guider les autres vers le bien ne le concernait donc pas. Il n’y avait même jamais songé.
Mais, vu les sommets qu’il avait atteints, ce qu’il avait vu et ce qu’il avait vécu, tout était désormais complètement différent.
Autrefois, il aurait pu dire qu’il ne devait rien aux masses. Tout au plus était-il disposé à protéger l’humanité lorsqu’il en avait les moyens. Il considérait cela comme son devoir d’être humain.
Mais depuis, l’humanité avait protégé Lu Yin, et continuerait à le faire plus encore à l’avenir. Il devait accepter cette responsabilité.
À cet instant, Lu Yin semblait invincible. Sa lumière se répandait dans toute l’Association des Six Univers et tous pouvaient la ressentir. Même le champ de bataille de la Citadelle immémoriale sentait la chaleur de sa lumière.
Pendant un instant, même les Éternels furent stupéfaits.
Les réflexions d’OMA
Traduit par : OMA
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Relu par : OMA