Chapitre 1 269
Un grand nombre de participants du versant est de la Montagne Zenith se sentirent désemparés en voyant que même des membres de la Grande Alliance de l’Est avaient été éliminés. Ils comprirent enfin que, lorsqu’il choisissait qui éliminer, Lu Yin se souciait davantage de la force individuelle que du statut.
« Dépassons tous le point de contrôle ensemble ! Si nous nous lançons à des centaines, voire à des milliers, je refuse de croire qu’il puisse tous nous arrêter. Il y en aura forcément quelques-uns qui passeront », suggéra quelqu’un à voix basse. Beaucoup approuvèrent aussitôt.
Des scènes similaires se déroulèrent sur les trois autres versants de la montagne.
Seuls ceux qui étaient puissants ou connaissaient bien les gardiens avaient osé s’approcher seuls des points de contrôle. Les gardiens étaient entièrement libres de décider si un participant pouvait franchir le point de contrôle ou non, même si la plupart des concurrents refusaient de l’accepter.
Ils savaient toutefois que les cinq gardiens devaient éliminer la moitié des concurrents.
La seule solution viable consistait à submerger les gardiens par le nombre. Si tout le monde se précipitait en même temps vers le point de contrôle, certains finiraient forcément par passer.
Les concurrents qui s’étaient approchés du point de contrôle s’arrêtèrent et décidèrent d’attendre ceux qui se trouvaient plus loin derrière.
La Montagne Zenith continua de changer et fut bientôt plongée dans l’obscurité. Quand les concurrents levèrent les yeux, un ciel constellé d’étoiles les accueillit. Chacune brillait de mille feux et certaines lancèrent même des attaques sur eux de temps à autre.
En voyant ces attaques fondre sur eux, beaucoup de concurrents se mirent aussitôt à se plaindre. Ils avaient déjà presque perdu espoir après avoir subi les vagues d’énergie incessantes qui déferlaient depuis le sommet et constaté la puissance des gardiens. Malgré une difficulté déjà absurde, l’épreuve ne ferait que se corser avec le temps.
Les attaques des étoiles gagnèrent en puissance, et certains concurrents furent forcés de s’allier pour tenir bon.
Lu Yin leva les yeux vers le ciel et se souvint soudain de l’examen d’entrée qu’il avait passé pour intégrer Astral-10. À l’époque, il avait été stupéfait de voir d’innombrables étoiles scintiller dans le ciel, mais c’était uniquement parce qu’il n’avait pas compris ce qu’il contemplait.
À présent, Lu Yin savait que les étoiles qu’il observait n’étaient pas réelles. Chacune était condensée à partir de l’énergie stellaire d’un puissant expert.
Ce n’était pas bien difficile : on pouvait condenser de force l’énergie stellaire, mais pas de la même façon qu’avec la Transformation du Chaudron des Neuf Soleils de Lu Yin. Cette technique était bien plus puissante, mais elle exigeait aussi de rassembler une quantité colossale d’énergie stellaire.
Lu Yin se rendit soudain compte qu’il y avait longtemps qu’il n’était pas retourné dans les ruines de la Secte de la Source du Dao. Cette idée lui étant venue, il décida d’y retourner après le tournoi ZENITH pour absorber davantage d’énergie du chaudron.
Il disposait de nombreuses méthodes d’attaque, de plusieurs techniques secrètes et de différents réseaux de boîtes à source. Malgré tout, Lu Yin voulait encore apprendre la Transformation du Chaudron des Neuf Soleils dans son intégralité, car il estimait que cette technique avait un potentiel exceptionnel. Il n’oublierait jamais la scène qu’il avait vue lorsqu’il avait compris pour la première fois la Transformation du Chaudron des Neuf Soleils. C’était comme s’il avait remonté le temps jusqu’à une ère primordiale.
Une fois que Lu Yin aurait complété les neuf soleils, la Transformation du Chaudron des Neuf Soleils serait invincible. Il ne renoncerait jamais à une telle technique de combat.
Deux personnes se précipitèrent vers Lu Yin : Lulu et Grandini Mavis.
Ces deux jeunes femmes rivalisaient depuis leurs années à l’Académie de Combat Astral, et elles continuaient à se mesurer l’une à l’autre pendant le tournoi ZENITH. Elles se disputaient sans cesse, mais elles s’étaient aussi soutenues quand le Sixième Continent avait envahi leurs terres.
Elles passèrent devant Lu Yin sans même lui jeter un regard.
Lu Yin rit. « Faites attention, ne tombez pas. »
Une autre personne fonça vers Lu Yin à une vitesse extrême. Elle allait même plus vite que Lulu et Grandini, ce qui le surprit.
À cette vitesse, cette personne aurait dû atteindre le point de contrôle depuis longtemps.
C’était le bègue. Il regarda Lu Yin avec nervosité. « J- j- j- »
Lu Yin resta interdit. Cet homme voulait-il se battre contre lui ?
« Je vais tomber ! » cria le bègue avant de s’effondrer.
Lu Yin le regarda s’écrouler et rester immobile. Qu’est-ce que cet individu lui voulait, au juste ?
Le bègue se frotta la tête et cligna des yeux avec excitation en voyant Lu Yin. « De la viande ! De la viande ! De la viande ! »
« Tu veux manger de la viande ? Alors rentre chez toi », dit froidement Lu Yin.
Le bègue s’agita. « L- l- l- »
Lu Yin comprit que l’homme bégayait.
« Brigade de la Lon- Longévité. Moi. » Le bègue se désigna du doigt.
Lu Yin se souvint soudain qu’il l’avait déjà vu, dans le monde des tablettes de la Zone des Montagnes et des Mers. À l’époque aussi, le jeune homme parlait de viande. Ce chapitre a été repris sur novelping dot com sans autorisation.
« Tu fais partie de la Brigade de la Longévité ? » demanda Lu Yin.
Le bègue hocha la tête, le visage écarlate. « Mon- mon maître a dit que je pourrais manger de la viande si je te suivais. »
Lu Yin fut perplexe. « Je n’ai pas de viande sur moi. »
Le bègue déglutit, sans savoir quoi ajouter.
« Tu peux passer », dit Lu Yin. Ce type faisait partie de la Brigade de la Longévité, l’un des quatre équipages les plus puissants de la Mer Cosmique.
La Mer Cosmique comptait quatre équipages puissants : l’Armada de Leon, la Brigade de la Longévité, l’Équipe de l’Embrasement et l’Équipage des Soldats.
Chacun contrôlait une partie de la Mer Cosmique et tous étaient extrêmement puissants. N’importe lequel d’entre eux pouvait rivaliser avec les huit grandes zones de flux de l’Innerverse.
L’Armada de Leon régnait sur tous les pirates de l’univers. Le Sage suprême Leon étant le Roi des Pirates, il dirigeait naturellement l’équipage le plus puissant.
L’Équipe de l’Embrasement était composée d’anciens puissants experts de l’Origine des Dieux, et Lu Yin avait entendu dire que l’Origine des Dieux cherchait en réalité à tuer tous ses membres.
Enfin, la Brigade de la Longévité et l’Équipage des Soldats étaient tous deux très mystérieux. Même Grande Sœur n’avait pas pu lui apprendre grand-chose à leur sujet.
Lu Yin était assez curieux au sujet de la Brigade de la Longévité, mais il ne pourrait clairement rien en apprendre auprès du bègue.
Xi Qi arriva enfin au point de contrôle, après avoir évité toutes les vagues d’énergie qui déferlaient sur la Montagne Zenith, les attaques lancées par les étoiles et les ondes de choc des combats entre les élites.
Elle se sentit revivre dès qu’elle atteignit le point de contrôle.
« Je suis épuisée », soupira Xi Qi.
« Hé, toi, la bête à deux pattes que je connais ! Tu veux me porter ? Je t’apprendrai à devenir un Progéniteur. » Dès qu’il vit Lu Yin, le poisson perché sur la tête de Xi Qi s’excita.
Lu Yin fit la moue. Ce satané poisson était encore là.
« Je suis désolée, Frère Lu ! Je suis désolée ! » s’excusa nerveusement Xi Qi. Elle pâlit même, puisque Lu Yin était l’un des gardiens.
Le bègue fixa le poisson, stupéfait. Comment un poisson pouvait-il parler ? C’était complètement dingue.
Le poisson aperçut le bègue et se plaignit : « Hé, toi, la bête à deux pattes ! Pourquoi tu me regardes comme ça ? Tu n’as jamais vu un poisson aussi beau que moi ? »
Le bègue déglutit et se tourna vers Lu Yin. « De la vi- viande… »
Il pensait toujours à la viande.
En réalité, le bègue voulait demander de l’aide à Lu Yin, car son maître lui avait dit qu’il pourrait manger de la viande s’il suivait Lu Yin.
Mais dès que le poisson entendit le mot « viande », il entra dans une colère noire.
« Hé, toi, la bête à deux pattes ! Comment oses-tu te moquer de moi ? Petite, attaque ! Attaque ! » cria-t-il en donnant des coups de nageoires à Xi Qi.
Xi Qi gémit : « Arrête de me frapper ! Tu vas me rendre idiote. »
« Tu es déjà idiote ! Attaque ! » cria le poisson avec impatience.
Lu Yin leva les yeux au ciel. Puis il attrapa le bègue et le lança de l’autre côté du point de contrôle. « Bonne chance. »
Le bègue poussa un cri en tombant au sol. Il avait franchi le point de contrôle, mais il était mécontent : il avait l’impression qu’il lui arriverait des ennuis s’il n’obtenait pas l’aide de Lu Yin. Le bègue se mit soudain à regretter le Petit Roi Feuille, qui l’avait aidé à éviter bien des catastrophes.
« Bête à deux pattes, qui t’a permis de le laisser partir ? Ramène-le ici et je t’enseignerai les boîtes à source, et je ferai même de toi un Progéniteur ! » Le poisson était furieux et agitait ses nageoires avec encore plus de violence, faisant grimacer Xi Qi.
Lu Yin eut pitié d’elle.
« Bon, continue. Shang Qing est toujours là-haut, mais comme tu fais partie de la Société des Briseurs de Verrou, il ne t’arrêtera probablement pas », dit Lu Yin à Xi Qi.
Xi Qi lui fut reconnaissante. « Merci, Frère Lu. Merci. »
« Bête à deux pattes, tu ne veux pas devenir un Progéniteur ? Je peux te l’apprendre ! Tu as déjà un certain potentiel et, avec mes leçons, tu deviendras sans aucun doute un Progéniteur, même si tu es un peu stupide. » La voix du poisson s’éloigna tandis que Xi Qi s’enfuyait au plus vite, avant qu’il n’offense complètement Lu Yin.
« Petite, pourquoi tu cours si vite ? Je n’avais pas fini de parler ! » Le poisson agita ses nageoires.
Xi Qi avait mal à la tête. « Arrête de me frapper. Ça fait mal ! »
« Qu’est-ce qui te fait mal ? Je t’entraîne à mieux encaisser. Reviens, je veux encore parler un peu avec cette bête à deux pattes. »
« Frère Lu nous a déjà laissés passer. Qu’est-ce que tu veux lui dire ? »
« Laissées passer ? Tu plaisantes. Si je le voulais, tu serais la championne. »
« Oui, championne. Je suis la championne », marmonna Xi Qi en gravissant la montagne. C’était épuisant.
Au-dessus d’elle, le poisson marmonna : « Le pouvoir du Dieu de la Mort. C’est vraiment étrange que quelqu’un de cette époque possède le pouvoir du Dieu de la Mort. C’est vraiment étrange. Attends, c’est qui, le Dieu de la Mort ? Pourquoi ai-je parlé du Dieu de la Mort ? D’où ça sort ? Le Dieu de la Mort ? Ce nom me dit quelque chose. La Mort… Attends, quelle Mort ? De quoi étais-je en train de parler ? »
Xi Qi se sentit impuissante. Le poisson débitait ce genre de bêtises au hasard de temps en temps, et elle ne parvenait jamais à comprendre ce qu’il voulait dire. Le pire, c’est qu’il ne se souvenait jamais de ce qu’il avait dit. Elle se demandait souvent combien de temps elle devrait vivre ainsi.
Lu Yin n’entendit pas les derniers mots du poisson. Il reporta plutôt son attention sur les concurrents qui se rassemblaient en contrebas. Ils avaient enfin cessé de se battre entre eux et s’apprêtaient à unir leurs forces pour franchir le point de contrôle.
Plus de dix mille jeunes s’étaient rassemblés devant lui, et d’autres les rejoignaient chaque minute.
Lu Yin avait éliminé moins de trente mille personnes jusque-là, et environ dix mille autres avaient déclaré forfait de leur plein gré. Les concurrents restants avaient donc commencé à se regrouper.
Il leur faudrait probablement plus d’une demi-journée pour finir de s’organiser.
Parmi les participants restants, Lu Yin reconnut quelques visages, comme Yue Xianzi et Xi Yue. Elles ne refusaient pas de s’approcher du point de contrôle : c’était la foule de cultivateurs qui se rassemblait qui les en empêchait.
Elles n’étaient pas faibles, elles avaient simplement manqué de chance. Coco, Zora et quelques autres avaient toutefois subi un sort pire encore : elles avaient été éliminées par les ondes de choc des combats précédents.
Lu Yin s’appuya tranquillement contre le flanc de la montagne quand un homme finit par atteindre le point de contrôle.
C’était Nong Zaitian. Il avait l’air plutôt pitoyable, mais Lu Yin le considérait comme un porte-bonheur.
Un sentiment de culpabilité envahit Lu Yin à la vue de Nong Zaitian, alors il s’avança vers lui.
Nong Zaitian eut l’air hébété en voyant Lu Yin tendre la main vers lui, puis cria : « Qu’est-ce que tu fais ? Rends-moi ma houe ! »
Avant même qu’il ait fini de parler, Lu Yin le projeta vers le haut. « Je vais t’aider à passer. Comme ça, nous n’aurons plus de comptes à régler. »
Nong Zaitian hurla.
Nong Laohan poussa un soupir de soulagement en regardant l’écran. Il était extrêmement inquiet, car il s’attendait à ce que Lu Yin s’en prenne à Nong Zaitian.
Les écrans ne transmettaient que les images, pas le son. Nong Laohan avait donc vu Lu Yin et Nong Zaitian échanger quelques mots, sans savoir ce qu’ils s’étaient dit.
Puisqu’ils s’étaient parlé, était-il possible qu’ils se connaissent ?
Les réflexions d’OMA
Traduit par : WQ
Relu par : Neshi/Nyxnox
Vérifié par : OMA