C’était une sensation assez étrange. Comme être entouré par une masse immense d’eau froide, beaucoup trop froide.
Pourtant, la tranquillité qu’il ressentait en flottant dans ces eaux était surprenante.
Pour la première fois depuis longtemps, le jeune homme ressentait une paix et un calme accueillants ; peut-être était-ce cela, la mort, une sensation froide de paix, comme un sommeil éternel.
Cependant, quelque chose ne collait pas.
[Mission urgente : sortir de l’eau et survivre.]
[Récompenses : Souvenirs de ***** - Miroir de la Vaine Gloire]
Une voix robotique résonna dans sa tête, suivie d’une sensation immédiate d’euphorie.
Le garçon sentit son pouls s’accélérer violemment, comme s’il avait reçu une injection d’adrénaline.
Ses yeux s’ouvrirent ; l’eau était assez claire pour voir à travers.
C’était comme se réveiller brusquement d’un rêve, sans avoir le temps de réagir.
L’instinct de survie du garçon prit le dessus, le forçant à remuer désespérément ses bras et ses jambes.
La faible efficacité de cette lutte le poussa à agir ; dès qu’il retrouva un peu de calme, il nagea de toutes ses forces vers la surface.
Le courant était faible, et grâce à cela, rejoindre la rive fut assez facile.
Le garçon rampa jusqu’à la surface. Le rivage était jonché de pierres, mais il n’avait pas le luxe de se plaindre.
À peine sorti de cet enfer aquatique, le garçon s’effondra sur le sol, totalement épuisé.
C’est alors qu’il se mit à tousser, un réflexe instinctif pour expulser l’eau de ses poumons et la remplacer par de l’air frais ; ces bouffées d’air furent comme atteindre le paradis.
Mais son bonheur fut de courte durée. Dès que son cerveau désactiva le mode survie, l’enfer s’abattit sur le pauvre homme.
D’abord, il sentit ses poumons brûler dans sa poitrine ; puis, un froid écrasant s’infiltra jusqu’à ses os.
Un léger tremblement s’empara de lui alors qu’il se recroquevillait en boule.
Ses doigts et son nez semblaient plus froids que le reste de son corps, bien qu’il commence aussi à en perdre la sensibilité.
Le froid était dévastateur, mais l’épuisement était plus fort encore.
Le garçon commença à voir tout se troubler à nouveau ; ses paupières devinrent trop lourdes.
Il connaissait cette sensation, c’était la douce étreinte de la mort, il l’avait déjà vécue une fois.
Puis, avant de perdre connaissance, une voix devint audible. C’était une voix lointaine, mais elle semblait se rapprocher de plus en plus.
Cependant, la langue parlée par cette voix était indéchiffrable, ou du moins au début.
Le garçon sentit que, petit à petit, les mots qu’il entendait devenaient de plus en plus familiers, mais avant qu’il ne puisse comprendre quoi que ce soit, sa conscience s’était déjà évanouie.
***
Les paupières du jeune homme s’ouvrirent lentement.
Il ne faisait plus aussi froid, mais il n’était pas totalement en sécurité pour autant.
Il était enveloppé dans quelque chose ; c’était doux, très doux, il avait presque l’impression de pouvoir glisser à l’intérieur de cette étoffe.
Petit à petit, il reprit conscience. Sa vie n’était plus en danger, mais l’épuisement persistait.
Malgré tout, l’inévitable curiosité que le garçon ressentait à cet instant était trop tenace.
Il n’était plus sur la rive, et surtout, il était en mouvement.
Il pouvait entendre la terre craquer sous les pieds de son sauveur ; oui, c’était la conclusion la plus logique, puisqu’il était manifestement porté par quelqu’un en ce moment même.
Pourtant, il y avait quelque chose d’étrange.
En ce moment, il était tenu par deux bras, recroquevillé. En soi, c’était plus que bizarre, c’était impossible.
Bien que son corps ne soit pas celui d’un culturiste, il n’était pas léger.
Même à son jeune âge, un homme bien nourri et en aussi bonne forme que lui ne pouvait pas être porté si facilement ; il y avait quelque chose de curieux dans tout cela.
Bien qu’il ne sente rien d’anormal, il était évident que quelque chose ne collait pas.
Cependant, son épuisement était trop grand pour s’y attarder. Sentant qu’il était désormais en sécurité, le garçon laissa le sommeil l’emporter à nouveau.