Chapitre 2 540
« Comment oses-tu esquiver ! »
« Pourquoi tu es si insaisissable ? »
« Comment j’ai pu rater ? Je visais juste dessus ! »
Leurs paroles différaient, mais elles revenaient toutes au même.
Ils étaient tous surpris de ne pas réussir à toucher les gobelins devant eux.
Grâce aux reliques, leur constitution s’était améliorée et ils étaient bien plus forts et rapides que la plupart des soldats. Ils auraient dû venir facilement à bout de ces gobelins.
Mais ils n’avaient jamais été soldats.
Nombre d’entre eux n’étaient que de simples gens avant de pouvoir se lier à une relique.
Ils n’avaient jamais reçu l’entraînement au combat des soldats et ignoraient donc bien des choses.
Alors, même s’ils étaient plus forts que des gens ordinaires, ils n’avaient tout simplement pas l’expérience nécessaire pour utiliser cette force.
On leur avait déjà enseigné certaines choses pendant leur apprentissage du maniement des reliques, mais cela ne suffisait pas. Parfois, il fallait faire l’expérience d’un véritable combat pour en tirer les leçons qui s’imposaient.
C’était pour cela que le vieux Lancelot avait organisé tout ça.
Mieux valait s’exercer contre ces monstres dans un environnement contrôlé que d’affronter les dangereux Monstres d’énergie de corruption. Mais cela ne voulait pas dire non plus que l’endroit était assez sûr pour qu’on les ménage.
Le vieux Lancelot et les professeurs n’avaient prévu d’intervenir que s’ils se trouvaient vraiment en danger.
En les regardant combattre les monstres, je ne pus m’empêcher de penser que j’avais largement surestimé les Utilisateurs de reliques.
Je croyais qu’il suffirait de leur enseigner quelques techniques et de leur apprendre à se servir de leurs reliques. Mais je compris que cela n’aurait pas suffi, puisqu’ils n’auraient pas su comment les mettre en pratique.
Certains étaient même nerveux, car ils vivaient leur premier véritable combat.
J’avais cru que, puisque j’en étais capable, tout le monde le serait aussi.
Mais c’était loin d’être vrai.
« Le vieux Lancelot est vraiment un bon professeur. Il pense à toutes ces choses pour ses élèves. » Je ne pouvais m’empêcher de trouver dommage qu’il ne m’ait jamais rien enseigné.
Il ne pourrait peut-être pas m’apprendre à manier la Relique d’énergie divine, mais il y avait certainement d’autres choses qu’il pouvait m’enseigner.
Seulement, quand je le lui avais demandé, il m’avait répondu qu’il n’avait rien à m’apprendre.
De toute façon, je n’étais pas du genre à forcer les gens à devenir mes professeurs.
Je trouvais tout de même dommage de ne pas pouvoir apprendre auprès de lui.
À la longue, ils semblèrent s’habituer de plus en plus à combattre les monstres qui leur faisaient face. Difficile de ne pas progresser quand tout était aussi bien encadré.
Ils se trouvaient dans un environnement conçu pour les faire progresser.
Le vieux Lancelot, en particulier, savait vraiment bien doser ses interventions afin de tirer le meilleur parti de cet entraînement.
Mais tout le monde ne réussissait pas aussi bien.
Certains progressaient plus lentement que les autres.
Ils avançaient tout de même, mais pas aussi vite que leurs camarades.
« C’est une question de talent. » En voyant ça, je ne pus m’empêcher de pousser un soupir.
Même s’ils avaient tous été choisis par les reliques, c’était grâce à leurs talents respectifs. Or, tout le monde n’avait pas un talent lié au combat ; il en existait bien d’autres sortes.
Voilà pourquoi certains apprenaient à se battre plus lentement que les autres.
À moins d’apprendre à utiliser leurs autres talents avec leurs reliques, ils ne pourraient pas progresser rapidement.
Le simple fait qu’ils progressent témoignait déjà du talent de professeur du vieux Lancelot.
« Bien, il est temps de rentrer et de se reposer. »
À la tombée de la nuit, le vieux Lancelot appela les élèves qui s’entraînaient encore contre les monstres pour leur dire d’arrêter.
Après ce qui s’était passé, on aurait dit qu’ils voulaient continuer à s’entraîner contre les monstres. Ils avaient presque déjà oublié leurs difficultés du début et semblaient même y prendre plaisir.
Mais ils obéirent tout de même au vieux Lancelot.
Car dès qu’ils s’arrêtèrent, ils sentirent la fatigue les accabler.
Une vague d’épuisement les submergea soudain, révélant à quel point cette journée d’entraînement les avait épuisés. La séance avait été longue, et ils s’étaient battus pendant plusieurs heures.
Il était normal qu’ils soient aussi fatigués.
De retour au camp, ils ne semblaient pas le moins du monde sur leurs gardes et se mirent même à chanter autour du feu de camp.
Mais ce n’était pas vraiment un problème, puisque les monstres les évitaient de toute façon. Même s’ils ne montaient pas la garde, les monstres ne se seraient pas approchés.
Même à la nuit tombée, les monstres qui sortaient — censés être plus dangereux que ceux du jour — ne s’approchaient pas du camp.
On aurait dit qu’ils craignaient toujours l’Énergie divine émise par les Utilisateurs de reliques.
En les voyant aussi détendus, je ne pus m’empêcher de secouer de nouveau la tête avec un sourire en coin.
« On dirait vraiment qu’ils sont en sortie scolaire plutôt qu’en entraînement. »