Chapitre 2 520
Je savais, après avoir lu tous les rapports reçus, que ce n’était pas terminé.
Vu tous les incidents qui s’étaient produits, il ne faisait aucun doute qu’il y aurait des conséquences. Seulement, elles ne nous concerneraient pas, mais plutôt les pays où ces incidents avaient eu lieu.
Nous ne pouvions rien faire dans le monde de la cultivation, car la situation y restait tendue. Mais cela ne signifiait pas que nous ne pouvions rien faire au sujet de l’Alliance raciale.
De toute façon, je savais déjà qu’il fallait agir contre l’Alliance raciale.
Pendant mon absence, ses membres avaient commencé à se montrer de plus en plus audacieux, mais nous ne pouvions rien faire contre eux. À présent qu’ils avaient provoqué ces problèmes, nous avions une excuse pour remettre un peu d’ordre.
Je regardai le Premier ministre, qui venait m’apporter encore d’autres rapports, et lui demandai : « Tout est bien en préparation ? »
Il me regarda comme si ma question l’agaçait, mais hocha tout de même la tête pour m’assurer que tout avançait bien, avant de répondre : « Il faudra quand même que tu fasses ta part. Si tu ne te présentes pas, il sera difficile de les gérer. »
« Bien sûr que je ferai ma part. De toute façon, il aurait fallu s’en occuper tôt ou tard : ils avaient déjà pris la grosse tête. »
« Si seulement tu t’en étais occupé plus tôt, nous n’en serions pas là. »
Le Premier ministre marmonna ces mots, mais mon ouïe aiguisée me permit de les entendre sans peine. Et il savait parfaitement que je les entendrais.
Je secouai la tête avec un léger sourire, mais fis comme si je n’avais rien entendu et repris : « De toute façon, nous avions encore besoin d’eux. Il fallait fermer les yeux dans une certaine mesure, pour le bien de l’Alliance raciale. »
Cette fois, il ne fit aucune remarque acerbe, puisqu’il savait que j’avais raison.
À la place, il soupira : « Ce sera bien de rétablir enfin la paix. Ils étaient vraiment devenus incontrôlables. »
Je hochai gravement la tête, puis répondis : « Maintenant que nous avons les sectes de cultivation, ce sera plus facile. » Je me tournai ensuite vers le Premier ministre, le regard froid, et lui demandai : « À ton avis, que se passera-t-il si nous leur mettons un peu la pression ? »
« Hé. » Sa voix avait une pointe de moquerie, mais il ne méprisait pas pour autant les petits pays.
Au contraire, son rire laissait même transparaître une certaine pitié.
Après tout, il savait qu’ils allaient souffrir à cause de ce que nous nous apprêtions à leur faire. Cette leçon leur passerait l’envie de remettre la main dans le pot de confiture.
…
« Vous avez sûrement entendu parler des incidents qui se sont produits ces derniers temps. »
Personne ne répondit.
Il était évident qu’ils trouvaient tous la situation trop gênante pour dire quoi que ce soit.
Après tout, on les avait pris la main dans le sac. Ils n’avaient rien à dire pour arranger les choses. Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était reconnaître les faits et passer à autre chose.
Mais nous n’allions pas les laisser s’en tirer aussi facilement.
« Pour cette raison, je propose la création d’un groupe chargé d’auditer l’ensemble de l’Alliance raciale. »
À peine cette proposition formulée, leurs expressions changèrent aussitôt.
Pas une seule personne ne semblait y être favorable.
Du côté des sectes de cultivation, on aurait dit qu’elles assistaient à un spectacle.
Il ne fallut pas longtemps avant qu’un représentant des petits pays prenne soudain la parole.
« N’est-ce pas un abus de pouvoir ? »
À ces mots, les autres se mirent à renchérir.
« C’est clairement un abus du pouvoir dont dispose l’Alliance raciale. »
« Exactement. Si l’on ne vous connaissait pas, on pourrait croire que vous cherchez à annexer nos pays. »
« Est-ce vraiment ainsi que l’Alliance raciale doit fonctionner ? Nous l’avons rejointe de notre plein gré, et nous pouvons toujours la quitter si vous vous mettez à nous traiter comme des criminels. »
À la fin, ils en vinrent même aux menaces, puisqu’ils ne semblaient pas obtenir gain de cause.
Pourtant, mon expression ne changea pas un seul instant tandis que je les regardais droit dans les yeux. Toujours aussi calme, je demandai : « Et si les nobles de mon royaume ou des autres empires agissaient de la même façon, trouveriez-vous cela normal ? »
Ils se turent tous dès que je prononçai ces mots.
À voir leurs expressions, ils ne comprirent pas tout de suite où je voulais en venir, mais cela ne dura pas.
S’ils avaient été choisis pour représenter leur pays, ils devaient avoir un certain savoir-faire dans ce genre de situation. Ils pouvaient comprendre que les choses n’étaient pas aussi simples que je le laissais entendre.
Après un instant de silence, ils semblèrent peu à peu saisir mon intention. Dès qu’ils comprirent, la stupeur et une pointe de peur se dessinèrent sur leurs visages ; ils ne savaient visiblement pas quoi répondre.
Après tout, aucun d’eux ne s’était attendu à ce que je les menace soudain de cette façon.
J’avais exprimé mon sous-entendu très clairement ; ils n’avaient donc vraiment rien à répondre.
C’était comme si quelqu’un qu’ils connaissaient depuis toujours avait soudain changé.