Chapitre 2 177
« Fils sacré, vous devriez vraiment vous reposer. » Les papes qui me suivaient tentèrent de me faire arrêter, mais je ne les écoutai pas et continuai ma route vers la chapelle de l'église principale.
Grâce aux réseaux de téléportation, il m'était facile de voyager de ce royaume jusqu'au Saint Empire.
Cependant, la première chose que je fis fut de me diriger vers la chapelle principale.
Le fait que tous ces papes essaient de m'arrêter était d'ailleurs assez suspect.
Il ne semblait pas qu'ils cherchaient à m'arrêter par simple inquiétude pour ma santé. Au contraire, on aurait dit qu'ils agissaient ainsi parce que quelqu'un leur avait donné des instructions en ce sens.
C'était comme si une ou plusieurs personnes tentaient de me barrer la route.
Étant donné que nous étions dans le Saint Empire et que je cherchais à m'entretenir avec certains Dieux, il n'était pas difficile de deviner qui essayait de m'en empêcher.
« Vous avez reçu des oracles ? » Je tentai même de les pousser à avouer, mais ils se détournèrent sans répondre. Cela dit, leur silence confirmait mes soupçons.
Je n'avais pas besoin de deviner pourquoi les Dieux cherchaient à m'éloigner, mais j'avais quelque chose à discuter avec eux.
Cependant, un obstacle pourrait m'empêcher de les voir.
S'ils ne voulaient pas me voir, c'était assez simple : je ne pouvais pas pénétrer dans le royaume divin sans qu'ils ne m'y fassent entrer.
Mais à peine arrivé dans la chapelle, je fus aspiré dans le royaume divin.
La sensation, cette fois-ci, était légèrement différente.
C'était presque comme si c'était moi qui l'avais provoqué, au vu de la manière dont j'étais attiré vers ce plan.
Une fois sur place, je découvris qu'une seule silhouette m'attendait.
Au moment même où je vis cette silhouette, je ne pus m'empêcher d'être pris au dépourvu.
D'ordinaire, cette entité apparaissait sous la forme d'une lumière pure, m'empêchant de distinguer le moindre trait. J'avais pu entrapercevoir quelques détails par le passé, mais rien de très précis.
Cette fois, je pouvais voir la silhouette sans que la lumière ne me bloque la vue.
Il n'était pas difficile de deviner ce qui s'était passé, mais j'étais tout de même surpris de pouvoir contempler son apparence complète.
Surtout qu'elle ressemblait trait pour trait à la figure que j'avais vue dans la vision lors de l'acceptation de mon héritage. Bien que je ne sache pas exactement combien de temps s'était écoulé, elle n'avait pas vieilli d'un seul jour.
Mais après tout, c'était une Déesse.
Les Dieux étaient censés être immortels, il n'était donc pas surprenant qu'ils ne changent pas avec le temps. Il aurait été plus étonnant qu'elle ait changé depuis notre dernière rencontre.
Nous restâmes silencieux, mais je pouvais désormais lire l'expression sur le visage de Solista.
Bien qu'elle tente de dissimuler ses émotions derrière un masque d'impassibilité, je pouvais voir les traces de sentiments dans ses yeux. Il semblait qu'elle ne parvenait plus à les cacher sans l'aide de la lumière divine.
Je n'avais pas grand-chose à dire, ayant d'autres priorités.
La seule raison pour laquelle j'étais venu voir Solista était une question précise.
« J'ai reçu le troisième héritage, alors où est le quatrième ? »
Solista avait affirmé qu'une fois les trois héritages trouvés, ils m'indiqueraient le chemin vers le quatrième. Maintenant que j'avais obtenu les trois héritages du Dieu de la Création, je voulais trouver le dernier.
Le troisième héritage avait déjà décuplé ma puissance, mais je ne pensais pas que cela suffirait à vaincre War. Après tout, je me souvenais encore de la seconde forme qu'il avait prise lors de notre dernier affrontement.
Je ne connaissais pas les limites de la puissance de War, impossible donc de savoir si cette nouvelle force était suffisante.
Je ne voulais prendre aucun risque, car la vie de ma famille était en jeu ; je tenais à obtenir ce quatrième héritage avant d'affronter War.
Ce n'est qu'après l'avoir obtenu que j'aurais confiance en ma capacité à faire face aux forces de la Destruction.
Mais Solista ne sembla pas m'avoir entendu.
Non, ce n'était pas qu'elle ne m'avait pas entendu, c'était impossible.
C'est qu'elle ne voulait pas répondre.
Je restai silencieux un instant, attendant une réaction, mais voyant qu'elle ne dirait rien, je perdis patience.
« Ce n'est pas encore le bon moment. » lâcha Solista soudainement, avant même que je puisse ajouter un mot.
Je fronçai immédiatement les sourcils en entendant cela.
Mon regard exprimait clairement ce que je pensais, mais elle ne sembla pas réagir.
Au lieu de cela, Solista soupira : « Je sais, mais ce n'est vraiment pas le moment. Je te le dirai quand l'heure sera venue, mais ce n'est pas encore le cas. »
Plus elle agissait ainsi, plus je devenais déçu et furieux, car ils revenaient sur leur parole.
« Tu n'es pas prêt. » dit Solista comme si elle pouvait lire dans mes pensées.
Bien qu'avec le regard que je lui lançais, elle n'avait pas besoin de lire dans mes pensées pour savoir ce que je pensais.
Finalement, il semblait que je n'obtiendrais rien d'elle.
« Merci pour rien. » dis-je alors qu'elle commençait à me renvoyer.