Chapitre 281
Chapitre 281
Traducteur : Pai_
Kalamaf, la capitale de la Maison Parsha, était une cité semblable à un creuset qui absorbait et assimilait tous les humains et les ressources du monde entier.
Quiconque visitait ce lieu peinait à croire que cette ville avait perdu sa maison noble dirigeante il y a quelques années à peine et qu’elle était en déclin.
Après tout, subvenir aux besoins d’une population se comptant par centaines de milliers et fournir suffisamment de ressources pour tous n’était pas une mince affaire.
Pourtant, des signes montraient que cette ville avait connu une croissance rapide.
Contrairement à la vieille ville, relativement délabrée, à l’intérieur des murs, les bâtiments en périphérie avaient été construits tout récemment, et chacun d’eux était propre et robuste.
« Alors, c’est ça, Kalamaf... »
« Ne reste pas là à bayer aux corneilles comme un péquenaud. »
« C’est l’hôpital qui se moque de la charité, ton cou va finir par craquer à force de tourner la tête dans tous les sens. »
« Tais-toi. »
Les frère et sœur venus des terres désolées de l’ouest ne pouvaient s’empêcher de s’exclamer devant la splendeur de Kalamaf, qu’ils découvraient pour la première fois.
Cette ville débordait d’une vitalité difficile à trouver ailleurs.
Les visages des passants dans les rues brûlaient d’ambition et d’une détermination farouche, et beaucoup maniaient des outils inconnus ou portaient des vêtements qu’ils n’avaient jamais vus auparavant.
Parfois, des individus vêtus de noir criaient à la foule de ne pas s’approcher des zones où d’étranges métaux avaient été posés au sol, repoussant les curieux. Peu après, un immense serpent métallique crachant de la vapeur passait, révélant la raison de ces précautions.
« Waouh, regarde là-bas ! »
« Hm ? »
« C’est un Nain. »
« Incroyable... »
Tournant la tête à l’exclamation de sa sœur, il eut le souffle coupé à la vue de Nains, qu’il n’avait jamais croisés de sa vie.
Dotés de petits yeux noirs brillants, de visages rappelant quelque peu ceux des taupes et d’une pilosité épaisse, ils portaient des brassards marqués d’un symbole représentant deux feuilles superposées.
« J’avais entendu dire que dans la Zone Grise, d’autres races vivaient aux côtés des humains, et c’est vrai. »
« Ouais. »
Les terres désolées de l’ouest où ils vivaient avaient heureusement été épargnées par le désastre, mais ils étaient bien conscients des récentes histoires sur le retour soudain des races anciennes qui dévastaient le monde.
Cependant, ici, à Kalamaf, les Nains circulaient librement et personne n’y prêtait attention, comme si de tels événements n’avaient jamais eu lieu.
Bien sûr, les étrangers curieux comme eux fixaient les lieux, fascinés.
Peut-être était-ce parce que ceux qui semblaient être des mages de Parsha les escortaient à proximité, mais personne n’osait chercher querelle.
« Vraiment, le monde semble changer trop vite. Je n’aurais jamais imaginé venir un jour dans un endroit pareil. »
À la plainte de sa sœur, le frère cadet hocha la tête.
Cela aussi était dû au dispositif de magie de transfert spatial récemment développé à Kalamaf, qui reliait désormais le monde entier.
Avant cela, recevoir des nouvelles de l’extérieur de sa propre région était quelque chose qui ne pouvait arriver qu’après un très long laps de temps.
« J’ai entendu dire que le chef de la Maison Parsha... c’est-à-dire l’Empereur qui monte sur le trône maintenant, vient aussi de l’ouest. »
« J’ai du mal à y croire, pourtant. Notre région ne possède même pas de Grande Maison noble. »
« Il aurait apparemment déclaré qu’il pouvait conférer diverses capacités de lignée même à ceux qui n’étaient pas issus des lignées des Grandes Maisons nobles, alors peut-être est-ce quelque chose comme ça. »
Il existait d’innombrables histoires sur le chef de la Maison Parsha, Turan Parsha, et aucun moyen de savoir lesquelles étaient vraies.
Certains disaient qu’il était de sang mêlé entre la Maison Zahar et la Maison Aravion ; d’autres prétendaient qu’il maniait librement toutes sortes de capacités de lignée grâce à une puissante Relique Sacrée ; ou même qu’il avait recréé des capacités de lignée perdues depuis les temps anciens.
Certains affirmaient même que la loi récemment modifiée sur l’augmentation de l’énergie magique avait été personnellement changée par lui.
Cela restait largement rejeté dans de nombreux endroits comme une exagération de la part de la Maison Parsha.
Après tout, il était absurde de penser qu’un simple humain, et non un dieu, puisse changer les lois mêmes du monde.
Mais une chose était certaine : il était le mage le plus puissant en vie et, en vérité, le maître du monde.
La majesté de ceux qui apparaissaient à travers la ville prouvait ce fait.
« Hé, regarde là-bas, c’est le drapeau de Lavitas. »
« Quand as-tu appris ça ? »
« Je l’ai vu dans un livre auparavant. »
Ceux qui portaient le drapeau orné d’une montagne noire sur fond vert étaient environ une centaine.
Rien qu’à leur tenue et aux Bêtes magiques qui les accompagnaient, il était clair que ces personnes n’étaient pas ordinaires, et ceux qui se trouvaient sur la route principale leur laissèrent naturellement le passage.
Les frère et sœur furent surpris de voir que la seule personne chevauchant une Bête magique dans le cortège était un garçon qui semblait être au milieu de l’adolescence.
« Waouh, en voilà un autre. »
Même après cela, les deux jeunes purent voir ceux qui portaient les drapeaux des Grandes Maisons nobles entrer devant le palais de la capitale de Kalamaf.
La Maison Aravion.
La Maison Varaha.
La Maison Zahar.
La Maison Carmine.
La Maison Ruvan.
À l’exception de la Maison Nagin, totalement détruite, toutes les Grandes Maisons nobles existantes avaient participé à cette cérémonie de proclamation.
De plus, des émissaires venus de régions sans Grandes Maisons nobles, comme les terres désolées de l’ouest, les régions forestières et les petites maisons de mages des plaines herbeuses, suivaient derrière.
Les frère et sœur étaient parmi eux également.
Cette scène seule suffisait à montrer au monde que la puissance de la Maison Parsha dominait désormais le monde entier.
« C’est vraiment... »
Ce n’est qu’à cet instant que les deux jeunes purent pleinement saisir que, pour la première fois depuis des milliers d’années, une nation unifiée régnant sur le monde était en train de naître.
***
Salon de réception de la Maison Parsha.
Turan était assis face à Osel, le chef de la Maison Lavitas, venu après une longue absence, partageant une tasse de thé.
Le café, rapporté de la Terre il n’y a pas si longtemps, semblait convenir au goût d’Osel, qui sirotait prudemment le liquide sucré tel un chat après avoir ajouté du sucre.
Le voyant faire cela sous l’apparence d’un jeune garçon, Turan manqua d’éclater de rire.
« Merci d’être venu malgré ton emploi du temps chargé, Osel. »
« Chargé ou non, qu’est-ce qui pourrait être plus important que la proclamation de l’Empire par le chef de la Maison Parsha... non, par Sa Majesté l’Empereur. »
Osel, le chef de la Maison Lavitas, secoua la tête avec un sourire embarrassé face aux manières polies de Turan.
Turan savait qu’eux aussi avaient passé un temps considérable à se remettre des dommages subis depuis le retour de la Nouvelle Ère.
Bien qu’il eût pris le temps d’éliminer les fées élémentaires déchaînées dans les zones humides, la jungle brûlée et les marécages inondés n’étaient pas revenus à leur état d’origine immédiatement.
« Je ne sais comment vous remercier assez pour avoir assuré une fois de plus la longue vie de ma sœur. »
« Nous avons une grande dette envers Lady Rida. Mais, comme je l’ai mentionné auparavant, je ne peux garantir la vie éternelle à tous les nobles de Lavitas. »
« Eh bien, oui, bien sûr. »
Osel hocha la tête avec une expression légèrement pleine de regrets.
La durée de vie spirituelle, plus précisément la quantité d’essence consommée lors de la fusion du corps et de l’âme, n’était pas particulièrement élevée, mais cela ne signifiait pas qu’elle pouvait être accordée à d’innombrables personnes.
Ce serait un lourd fardeau même pour ceux qui gèrent l’essence de maintenir un approvisionnement constant, et plus important encore, si la vie éternelle était accordée à n’importe qui, le nombre d’immortels gonflerait jusqu’à atteindre des dizaines ou des centaines de millions au fil du temps.
« Puis-je demander quelles sont exactement les conditions pour bénéficier de la vie éternelle ? »
« N’ai-je pas envoyé les documents auparavant ? J’ai même reçu votre accord écrit. »
« Ah... »
Osel, trop embarrassé pour admettre qu’il avait arrêté de lire parce que le document expliquant les changements de lois et de systèmes administratifs suite à la fondation de l’empire était trop long, répondit vaguement.
Réalisant cela, Turan claqua légèrement la langue et expliqua.
« Premièrement, l’Empereur et son consort, ainsi que ceux qui se sont élevés en obtenant quatre capacités. »
Osel hocha la tête, car c’était tout naturel.
En fait, il était même louable que Turan n’accorde pas la vie éternelle à toute la lignée royale, n’abusant ainsi pas de son autorité.
Osel avait supposé en privé que Turan accorderait la vie éternelle à ses centaines ou milliers de descendants.
« Et deuxièmement, les seigneurs qui gouvernent chaque région et leurs époux. »
Avec la proclamation de l’empire, Turan avait complètement aboli l’ancien système dans lequel les maisons de mages dirigeaient chaque ville.
Désormais, ceux qui gouverneraient chaque région, équivalents aux chefs des Grandes Maisons nobles sous l’ancien système, seraient appelés seigneurs.
La condition était de posséder au moins trois capacités de lignée, et c’était une position nommée et révoquée par l’Empereur.
« Un seul époux est autorisé à jouir de la vie éternelle... Si quelqu’un avait beaucoup de concubines bien-aimées, cela aurait causé tout un émoi. »
« Heureusement, il n’y a personne qui s’y opposerait pour le moment, donc à ce rythme, nous pouvons probablement en faire une tradition durable. »
Meisa, l’actuelle chef de la Maison Aravion, était la consort de Turan, et Solif n’avait pas d’autres concubines que Berit.
Quant à Osel, il n’avait que quelques concubines avec lesquelles il avait couché par obligation pour produire une descendance, et aucune consort attitrée.
Il n’était même pas nécessaire de mentionner les chefs fantoches de Carmine ou Ruvan.
« Pour être honnête, l’excellence en tant que mage ne se traduit pas nécessairement par l’excellence en tant que dirigeant, mais une puissance immense est essentiellement une autorité en soi. C’est mieux que de forcer les gens à obéir à un mage plus faible. »
« Dans ce cas, je ferais mieux de m’élever rapidement afin de pouvoir me qualifier en tant que seigneur aussi. »
« Il n’y a pas d’urgence. Atteindre le troisième niveau d’ascension n’est pas un exploit facile de toute façon, donc il n’y a pas beaucoup de prétendants. N’étais-tu pas en train d’assumer des fonctions de Terrassier ? »
« Grâce à cela, j’ai fini par faire des travaux agricoles que je n’aurais jamais imaginés de ma vie. »
Pour manipuler l’essence plus habilement, il était pratique de suivre les combinaisons symboliques correctes de l’ère SSMS. Puisque Osel possédait les pouvoirs de Guérisseur et de Purificateur, il avait choisi de suivre la combinaison symbolique de la Grande Mère de la Terre.
Mais étant un homme, serait-il plus correct de dire Grand Père de la Terre ?
À l’époque de l’ère SSMS, le titre utilisé était neutre, « Parent de la Terre », donc l’un ou l’autre suffirait.
« La plupart des tâches sont gérées par des bureaucrates, et les seigneurs n’exercent que des pouvoirs de nomination, mais il est toujours bon de s’y intéresser. À tout le moins, tu devrais avoir le discernement nécessaire pour sélectionner des personnes compétentes. »
« Bien sûr. C’est juste que... j’ai été un peu occupé à remplir mes fonctions de Terrassier ces derniers temps... »
À la subtile réprimande de Turan selon laquelle il n’avait pas correctement examiné le système administratif de l’empire, Osel répondit avec une expression embarrassée.
En vérité, étant donné à quel point la tâche qui lui avait été assignée l’avait occupé, c’était compréhensible, donc Turan n’insista pas davantage et hocha simplement la tête.
Après tout, c’était lui qui avait dirigé Lavitas sans problème au cours des dernières années.
« Plus important encore... qu’en est-il de ma sœur, alors ? »
« J’allais justement aborder le sujet. Troisièmement, nous accorderons environ vingt à trente Droits à la Vie Éternelle par région. Ceux-ci ne doivent pas être utilisés librement par le seigneur mais doivent être distribués en fonction des postes. »
C’était pour s’assurer que les membres compétents de la classe bureaucratique, tels que le général commandant l’armée de la région ou le chancelier supervisant l’administration, puissent servir plus longtemps.
Étant donné qu’il était du devoir du seigneur d’assigner de tels postes, cela revenait effectivement à leur donner l’autorité de distribuer la vie éternelle.
« Alors, si j’assigne à ma sœur un poste qui s’accompagne d’un Droit à la Vie Éternelle... »
« Bien sûr, la capitale effectuera des inspections périodiques. Si un seigneur nomme quelqu’un sans expérience professionnelle ou expertise pertinente à un poste purement sur jugement personnel, son titre de seigneur pourra être révoqué. »
« Argh. »
Osel laissa échapper un gémissement étouffé à ces mots douloureux.
Pour quelqu’un comme lui, qui avait joui d’un pouvoir pratiquement sans contrôle en tant que chef de la Grande Maison Lavitas, c’était une pilule amère à avaler.
Mais même ainsi, il n’osait pas s’y opposer.
Comment le pourrait-il, sachant pertinemment que le jeune homme devant lui était effectivement le dieu et le créateur de ce monde ?
« Néanmoins, je crois que Lady Rida sera sûrement digne d’un poste. Elle était une aînée de Lavitas, après tout. »
« Bien sûr ! »
Turan gloussa doucement à la façon dont le visage d’Osel s’illumina à la simple louange de sa sœur, et poursuivit la conversation.
« Enfin, des Droits à la Vie Éternelle seront également accordés aux maires des villes. L’autorité de nommer les maires sera donnée aux seigneurs, mais comme pour les autres postes, ils devront être décernés à ceux qui gouvernent correctement. »
Après avoir entendu l’explication complète, Osel hocha doucement la tête.
La structure verticale du personnel descendant de l’Empereur aux seigneurs puis aux maires était intuitive et facile à comprendre.
Cependant, une question surgit dans son esprit après avoir tout entendu...
« L’Empereur n’est soumis à aucun contrôle. »
« Oui. »
Si un maire gouvernait de manière tyrannique, le seigneur le démettrait de ses fonctions.
Si un seigneur gouvernait de manière tyrannique, l’Empereur le démettrait de ses fonctions.
Alors, que se passerait-il si l’Empereur gouvernait de manière tyrannique ?
À la question qui faisait naturellement surface, Turan répondit d’une voix basse.
« Je prévois de quitter le poste d’Empereur à terme. »
« C’est... »
« Je ne veux pas passer des années interminables enterré dans le travail administratif. Plus l’autorité est grande, plus la responsabilité est lourde, et dans ce système, l’Empereur est chargé d’une grande quantité de choses. »
Bien sûr, des plans étaient en place pour que des représentants roturiers de chaque région soient sélectionnés et obtiennent une voix une fois que le niveau de vie augmenterait avec le temps. Même ainsi, les devoirs de l’Empereur resteraient vastes.
« Le prochain Empereur ne sera pas nécessairement l’un de mes descendants. Ils seront choisis parmi ceux qui font fleurir quatre capacités et atteignent l’ascension. En retour, je serai celui qui gardera cet Empereur sous contrôle. »
« Ah. »
« Si l’empire prend une mauvaise direction et que l’Empereur n’a ni la volonté ni la capacité de la corriger, je leur conseillerai de se retirer. S’ils refusent, je n’aurai d’autre choix que de leur apprendre par la force. »
Ce n’est qu’alors qu’Osel réalisa ce que Turan avait en tête.
Une figure au-dessus même de l’Empereur, qui exerçait un pouvoir absolu et sans contrôle.
En d’autres termes, il se préparait à prendre la position du seul et unique dieu qui régnait sur ce monde.
Quelqu’un qui gardait sans vergogne tous les droits tout en repoussant les obligations...
Avant que ses pensées blasphématoires ne puissent continuer, Turan parla doucement.
« Plus ce monde devient prospère, plus il produit d’essence. J’ai donc un motif pour faire de ce monde un endroit plus heureux. Un endroit qui ne s’effacera pas facilement avec le temps. »
À ses mots, selon lesquels un monde surveillé par un dieu qui désire la prospérité et le bonheur serait meilleur qu’un monde sans, Osel hocha la tête.
***
Devant la résidence de la Maison Parsha, une place avait été créée en démolissant des dizaines de vieux bâtiments délabrés.
D’innombrables personnes s’y étaient rassemblées.
Des serviteurs de diverses Grandes Maisons nobles aux émissaires ou chefs de petites maisons de mages, seuls ceux ayant un certain rang avaient été soigneusement sélectionnés, et pourtant le nombre atteignait les milliers.
Naturellement, ceux qui ne pouvaient assister à la cérémonie et regardaient de loin se comptaient par centaines de milliers.
Qui ne voudrait pas assister au début d’un nouveau monde ?
Dooong-
Au son d’un tambour massif, Turan commença lentement à marcher vers le centre de la place.
Les mages de la Maison Parsha, armés des longs fusils qui avaient apporté la victoire lors de la dernière grande guerre, levèrent leurs armes avec un clic métallique synchronisé, lui ouvrant le chemin.
« Chef de la Maison Parsha, maître de l’Aigle royal, le grand Turan ! »
[« Turan ! »]
Au cri d’Ashiz, des centaines de mages répondirent, et leurs voix résonnèrent non seulement sur la place mais dans toute la ville.
Grâce à quelques mages du vent qualifiés manipulant le son.
Alors qu’il marchait, Turan repéra de nombreux visages familiers.
Ashiz, Melo, Solif, Osel, Rida...
Même Armania, qui était revenue il n’y a pas longtemps, était perchée sur l’épaule d’une servante, regardant autour d’elle avec curiosité.
Turan claqua doucement la langue lorsqu’il remarqua que Keorn ne faisait pas partie d’entre eux.
« Comme je le pensais, il n’est pas venu. »
Après avoir acquis la capacité de manipuler l’essence et d’accomplir d’innombrables tâches, Turan avait offert à Keorn à la fois l’ascension et une durée de vie prolongée.
Bien que sa forme spirituelle fût liée à Monarch, et maintenant à Turan lui-même, si Turan choisissait de ne pas le contrôler, il pouvait toujours vivre une vie différente de celle d’avant.
Mais Keorn avait refusé l’offre de Turan.
« Je suis fatigué maintenant. Je veux juste vivre aussi longtemps que je le peux et ensuite partir. »
Ayant perdu sa famille à la guerre, quitté sa maison, erré et finalement pris sa retraite, le vieux Chevalier trouvait les changements dans le monde accablants.
Il ne pensait pas qu’il était juste pour quelqu’un comme lui, une relique usée, de monter à bord.
Si quelqu’un ne voulait plus vivre, le forcer à vivre n’était qu’une autre forme de torture. Finalement, Turan n’avait eu d’autre choix que de lui donner assez d’argent pour vivre confortablement pour le reste de ses jours et de le renvoyer à la maison où il avait initialement prévu de passer sa retraite.
« Hoo... »
« Pourquoi soupires-tu ? En un jour pareil. »
À ce moment-là, sentant la voix douce à ses côtés et le contact d’une main tenant la sienne, Turan leva la tête.
Meisa, qui avait suivi derrière, le regardait avec ses yeux bleus étincelants.
« Non, c’est juste... je me sens confus. »
« Ne laisse pas cela te peser trop. Ce n’est pas si différent de ce que tu as fait depuis le début. »
« Je l’espère. »
Ils chuchotèrent doucement l’un à l’autre, puis reprirent bientôt la cérémonie.
Suivant la méthode apprise de la Terre, l’événement commença par une déclaration d’ouverture et les présentations des invités présents, suivies d’un discours sur l’unification du monde et la conduite de l’humanité vers une meilleure voie.
Enfin, Meisa et les autres chefs des Grandes Maisons nobles, qui avaient déjà été présentés, commencèrent leurs serments d’allégeance à tour de rôle.
D’abord, trois d’entre eux s’agenouillèrent sur un genou et inclinèrent la tête.
« Je prête serment de loyauté à mon Empereur. Je suis Andir de la Maison Ruvan. »
« Je prête serment de loyauté à mon Empereur. Je suis Valen de la Maison Carmine. »
« Je prête serment de loyauté à mon Empereur. Je suis Ramel de la Maison Zahar. »
Ces trois-là avaient simplement été nommés pour combler les postes vacants de chefs de maison, et prêtèrent donc leurs serments dans la posture la plus soumise.
Parmi eux, Ramel Zahar était la demi-sœur de Berit et avait été élevée en raison de sa réputation comme l’une des rares nobles compétentes restantes de la Maison Zahar.
Quoi qu’il en soit, la plupart d’entre eux étaient peu susceptibles de conserver leurs positions de seigneur à long terme.
« Je me souviendrai de votre loyauté. »
Avec une réponse simple, Turan accepta leurs vœux. Ensuite vint le tour de Solif et Osel.
Grâce à leur relation avec Turan, les deux furent traités un rang au-dessus des trois précédents.
En fait, les deux étaient susceptibles de devenir seigneurs, et avaient même assez de potentiel pour s’élever en tant que dieux, ils étaient donc destinés à être traités avec respect.
« Je prête serment d’amitié et de loyauté à mon Empereur. Je suis Solif de la Maison Varaha. »
« Je prête serment d’amitié et de loyauté à mon Empereur. Je suis Osel de la Maison Lavitas. »
« Je crois en la loyauté et l’amitié éternelles de Solif de Varaha et d’Osel de la Maison Lavitas. »
Contrairement aux autres, Turan embrassa brièvement les deux, puis son regard dériva vers quelqu’un de familier parmi la foule qui regardait de loin.
Étant l’hôte symbiotique de Turan, il n’y avait aucun moyen qu’il puisse manquer de le reconnaître même à distance.
« Vieil homme. »
Keorn, remarquant que Turan l’avait repéré, fit un petit sourire et fit signe de la main.
Se sentant plus à l’aise, Turan se tourna vers la dernière personne.
Vêtue d’une robe blanche qui flottait avec un tissu translucide, imitant celles de la Terre, Meisa parla formellement à Turan.
« Je prête serment d’amour et de loyauté éternels à mon Empereur. Je suis Meisa de la Maison Aravion. »
« Moi aussi, je prête serment d’amour éternel à Meisa de la Maison Aravion. »
Bien que les lignes aient été préparées à l’avance, Turan sentit sa gorge se serrer, et il créa discrètement de l’humidité pour mouiller sa bouche et sa gorge.
Sentant le changement subtil, Meisa s’approcha avec un regard souriant et l’embrassa.
Avec cela, après avoir assuré la loyauté de toutes les Grandes Maisons nobles, Ashiz, qui avait assumé le rôle de maître de cérémonie, cria haut et fort.
« Avec ceci, nous déclarons que la Maison Parsha et toutes les Grandes Maisons nobles ont rejeté l’ancien ordre et sont entrées dans un nouveau système ! »
Une acclamation tonitruante se répandit au-delà de la place, résonnant à travers tout Kalamaf.
C’était le début d’une nouvelle ère.
*****
Pour plus de chapitres, vous pouvez consulter mon Patreon ici –>https://patreon.com/Pai_
Si vous appréciez ce roman, veuillez le noter et laisser un commentaire sur Novelupdates. Merci ! 😊