Chapitre 66
Fang Chenyi ne put s'empêcher de rire face aux paroles de Su Tantan.
Mais à l'idée qu'il ne lui restait que trois heures pour obtenir sa récompense, Fang Chenyi commença à s'impatienter. En un éclair, il transféra toutes les valises de la voiture au salon de la villa, puis tourna son regard vers Bai Menghan qui entrait.
« Xiao Hanhan, j'ai une affaire urgente à régler. Vous pouvez vous occuper de déballer les bagages toutes les deux. Ah, au fait, notre chambre dispose d'un dressing, inutile d'utiliser celui qui est dehors. »
Après avoir parlé, il jeta un coup d'œil à Su Tantan, qui restait bouche bée comme Mémé Liu découvrant le Jardin du Siècle. Il murmura alors à l'oreille de Bai Menghan :
« Laisse-la s'installer au rez-de-chaussée. Et donne-moi les clés de ton ancien logement. Je demanderai à quelqu'un d'aller s'occuper de tes affaires là-bas plus tard. »
La chambre principale de Fang Chenyi se trouvait au deuxième étage. S'il voulait que Su Tantan reste au rez-de-chaussée, c'était évidemment pour ne pas être dérangé quand ils seraient... enfin, vous voyez.
Bai Menghan comprit naturellement ce que Fang Chenyi avait en tête. Elle se sentait déjà un peu coupable d'avoir fait venir Su Tantan sans le prévenir. Maintenant que Fang Chenyi faisait une demande aussi raisonnable, elle rougit, acquiesça d'un petit bruit et lui tendit les clés de son ancien appartement.
Voyant que Bai Menghan avait accepté, Fang Chenyi prit les clés, lui déposa un gros baiser sur la joue avec un sourire en coin, puis courut vers le portail principal de la villa sans se retourner.
Après avoir quitté la villa et regardé à gauche et à droite, il fut consterné de constater que le seul véhicule à sa disposition était un tracteur...
« Merde, il faut vraiment que je récupère d'autres voitures ici, et vite. Surtout une pour mon père ; il faut que j'achète ça rapidement. Tant pis, une fois la récompense spéciale obtenue, j'irai directement chez un concessionnaire ! »
La vraie raison pour laquelle il n'avait rien acheté jusqu'ici, c'était qu'il attendait, pensant que le système pourrait activer une récompense spéciale à tout moment et lui offrir une voiture. Comme ça, il n'aurait pas à en acheter une, non ?
De plus, même maintenant, le solde total de son compte bancaire dépassait à peine les quatre millions.
Il soupira, impuissant. N'ayant pas d'autre choix, il serra le sac en toile sous son bras et se dirigea vers le tracteur à bras des années 1958.
Il tendit la main, saisit la « clé de contact » — qui pesait bien deux ou trois kilos — et se prépara à démarrer l'engin.
C'est alors qu'un énorme Ford Raptor arriva lentement et freina juste à côté du tracteur.
La porte s'ouvrit et un Wei Yilong perplexe en sauta.
« Fr- Frère, qu'est-ce que tu fais ? Où as-tu déniché cette épave ?? »
Voir ce gamin, surtout le voir au volant de ce gros pick-up, fit bouillir Fang Chenyi de rage !
« Espèce de petit morveux, tu es introuvable quand j'ai besoin de toi, mais dès que j'ai fini de tout déplacer, tu pointes le bout de ton nez ! Tu fais exprès ou quoi ?! »
Il lança un regard agacé à Wei Yilong, puis renifla froidement en désignant le tracteur à bras de 1958 devant lui.
« De quoi tu parles ? Une épave ? Ça, c'est une épave ? Ouvre tes yeux et regarde bien ! Ce "Tracteur à bras motorisé Gongnong-7" a été produit en 1958, il a 62 ans d'histoire ! Tu as une idée de ce qu'il coûtait à l'époque ? 1 080 yuans ! »
Regardant Wei Yilong, complètement abasourdi par son discours, Fang Chenyi ricana et poursuivit : « Laisse-moi te dire qu'à son époque, ce tracteur n'était pas juste un outil pour s'enrichir ; c'était la "Voiture de mariage numéro un" ! »
Fang Chenyi vit Wei Yilong le fixer, la bouche grande ouverte. Il renifla, de plus en plus enthousiaste. Il plaça la manivelle sur le tracteur et fit un geste théâtral vers la machine.
« Allez, regarde-moi ça. Ça peut faire des balades, ça peut labourer les champs, ça peut faire du tout-terrain, ça peut transporter des marchandises. C'est ce qu'on appelle le "Classe G des campagnes" ! »
« Regarde ces spécifications ! Moteur avant, traction avant, moteur refroidi par eau, pneus haute adhérence de douze pouces, et un siège en bois massif fait main. Un toit en tôle, imperméable au vent et à la pluie. Le summum du luxe. Tu as un cabriolet ? J'ai une benne à propulsion humaine ! Tu as un échappement de supercar ? J'ai un design rugissant ! Avec assez d'efforts, le démarrer est une séance de sport ! Quand tu le conduis, l'échappement pointe vers le ciel, crachant une fumée noire. Le temps qu'il atteigne le sommet d'une colline, le Land Cruiser est déjà tombé dans un fossé, et la BMW ou le Classe G sont déjà loin ! Alors, qu'est-ce que tu dis, gamin ? Dis-moi, mon "Classe G" est impressionnant ou pas ? »
« Im... Impressionnant !! »
Après avoir entendu l'introduction de Fang Chenyi, Wei Yilong resta sans voix pendant un long moment avant de réussir à articuler ces deux mots !
Voyant cela, les coins de la bouche de Fang Chenyi se retroussèrent en un sourire narquois. Les affaires avant le plaisir. Il arrêta de perdre son temps avec le gars.
Il retroussa les manches de son costume, saisit à nouveau la manivelle et l'inséra dans le port de démarrage du moteur. Il ancra ses pieds au sol, serra les dents, pressa le bout de sa langue contre son palais et rugit intérieurement : « C'est parti ! »
Le tracteur de 1958 poussa instantanément un RUGISSEMENT de bête sauvage.
Il épousseta légèrement son costume, puis bondit sur le tracteur. Alors qu'il le faisait, les mots qu'il marmonna atteignirent les oreilles de Wei Yilong.
« Un coup de revers pour passer la vitesse ! On lâche l'embrayage d'un coup sec ! On dirige avec les poignées, et on joue de l'accélérateur au doigt ! »
Wei Yilong était stupéfait. Sous ses yeux ébahis, Fang Chenyi redressa froidement le col de son costume, effectua un mouvement de revers, donna un coup d'accélérateur, et tout le tracteur bondit en avant comme une flèche décochée d'un arc.
« PUTAIN ! CE FOUTU TRACTEUR A UN SYSTÈME DE LANCEMENT ?! C'EST GÉNIAL !!!! »
Resté là, fixant le tracteur déjà au loin puis les deux profondes traces de pneus laissées sur la pelouse, Wei Yilong était tout simplement trop stupéfait pour dire quoi que ce soit.
Ignorant Wei Yilong, Fang Chenyi se dirigea droit vers l'ancien domicile de Bai Menghan.
Sa voiture de sport était là-bas. Peu importe s'il allait ramasser des déchets ou non, il devait y aller.
Ignorant les bavardages des passants sur le chemin, Fang Chenyi souleva un nuage de poussière en conduisant l'élégant tracteur à bras de 1958 jusqu'au Garage n° 16.
Après avoir garé le tracteur à l'intérieur, il courut immédiatement vers l'appartement loué de Bai Menghan sans perdre une seconde.
En chemin, Fang Chenyi avait réfléchi. Il ne savait pas ce qui serait intéressant à « ramasser » pour le moment. Plutôt que d'errer sans but, autant inspecter l'ancien logement de Bai Menghan. Après tout, il savait pertinemment qu'il y avait beaucoup de déchets là-bas.
Il pourrait rassembler tous les objets qui lui plaisaient, puis, au dernier moment, choisir le plus impressionnant à jeter dans son sac en toile. Cela ne lui donnerait-il pas de meilleures chances ?
Avec cette idée en tête, il sortit la clé, ouvrit la porte et, sans une seconde d'hésitation, se précipita vers le grand tas de déchets au milieu du salon !
[À suivre...]
PS : Les frères, il est temps pour vous d'utiliser à nouveau votre imagination. Héhé, quelle récompense spéciale voulez-vous cette fois ?