Chapitre 174
Alors que Lü Dong fixait le pont imposant devant lui, une série de coups de feu retentit. PAN ! PAN ! PAN !
Les pirates sur le pont se mirent à tirer en l'air, lui criant dessus à pleins poumons.
En tant qu'ancien soldat, leurs tirs de sommation ne l'intimidèrent pas le moins du monde. Mais, « un homme sage sait quand céder », pensa-t-il. Secouant la tête, il suivit les gestes des pirates et se dirigea vers l'échelle de corde qui avait été abaissée depuis le pont.
En commençant par Lü Dong, les passagers de l'avion se mirent à sortir les uns après les autres par la fenêtre brisée.
Bientôt, plus d'une centaine de personnes se retrouvèrent sur le pont des pirates.
Voyant que plus personne ne montait, le chef pirate barbu sur le pont saisit sa radio et hurla à l'adresse de ses deux hommes restés en bas.
« Gou Liaozi, il reste encore quelqu'un là-bas ? »
GRÉSILLEMENT...
Après une salve de parasites, la voix de Gou Liaozi crépita dans la radio.
« Patron, la cabine est vide. On est en train de ratisser pour voir s'il reste des traînards. »
Le chef hocha la tête, satisfait, et donna ses ordres.
« Bien. N'en ratez pas un seul. Oh, et pendant que vous y êtes, fouillez partout pour voir s'il y a des objets de valeur dans cet avion ! »
Une fois l'appel terminé, les deux hommes furent surexcités.
« Gou Liaozi, dépêchons-nous de trouver les bonnes affaires ! On partagera ça cinquante-cinquante, juste nous deux ! »
Ils échangèrent un regard, partageant la même avidité. Ils n'étaient que deux dans l'avion. S'ils ne faisaient pas le gros lot maintenant, qu'attendaient-ils ?
Ainsi, les deux hommes se mirent à saccager la cabine, leurs glapissements d'excitation résonnant de temps à autre dans le fuselage.
En un rien de temps, un énorme tas de valises, de sacs à dos et d'autres bagages s'était formé au centre de la cabine.
Ils étaient tous remplis d'objets de valeur que les deux compères avaient pillés.
Comme les deux hommes étaient torse nu, le devant de leur pantalon était désormais bourré de billets verts.
« Chenyi, qu'est-ce qu'on fait ? »
Dans la cabine de première classe, Bai Menghan agrippait nerveusement les vêtements de Fang Chenyi en écoutant les deux séries de pas se rapprocher.
Fang Chenyi, cependant, affichait un sourire froid tandis qu'il tapotait doucement le dos de Bai Menghan.
Il attendait, guettant le moment idéal. Un instant plus tard, il arriva.
Soudain, le grésillement de la radio retentit à nouveau à l'extérieur.
« Gou Liaozi ! Quelle est la situation là-bas ? Qu'est-ce que vous foutez, tous les deux ? Bougez-vous ! Ces bâtards seront là dans une heure ! »
Les deux hommes, occupés à se remplir les poches, sursautèrent en entendant la voix de leur patron et répondirent précipitamment.
« Patron, on rassemble les objets de valeur, on a presque fini ! Mais il y en a trop. On ne peut pas tout remonter à nous deux ! »
En entendant cela, un sourire s'étala sur le visage buriné du chef. « Plus il y en a, mieux c'est », pensa-t-il. « Ma seule crainte était qu'il n'y en ait pas assez ! »
D'un geste de la main, une douzaine de ses hommes accoururent, tous impatients de descendre pour récupérer le butin. C'était une évidence : tout le monde savait que la « corvée de nettoyage » était une aubaine.
Le chef vit cela et explosa en une bordée d'injures.
« Espèces d'idiots ! Si vous descendez tous, qui va surveiller ces otages ?! Toi, toi, toi, toi, toi et toi ! Descendez ! »
Les six hommes désignés étaient aux anges. Ils firent volte-face et sprintèrent vers le bord du pont, terrifiés à l'idée que, s'ils arrivaient en retard, tout le meilleur butin soit déjà pris par les autres.
Les onze restants, en revanche, eurent la réaction inverse. Ils baissèrent tous la tête, l'air complètement abattu.
Voyant cela, le chef agita la main et cria pour les encourager.
« Ne vous en faites pas, les gars ! Les objets de valeur qu'on ramènera, je vous laisserai vous servir en premier ! »
Ses mots firent leur effet. Les pirates, précédemment abattus, se mirent immédiatement à pousser des cris de joie.
Dans la cabine, une fois l'appel radio terminé, Fang Chenyi tapota doucement l'épaule de Bai Menghan pour lui signaler de ne pas bouger. Il se glissa ensuite furtivement vers l'entrée.
Il poussa doucement la porte. En jetant un coup d'œil par l'entrebâillement, il vit les deux pirates, la tête baissée, en train de manipuler l'argent caché dans leur pantalon.
Un sourire machiavélique apparut sur le visage de Fang Chenyi. « C'est l'occasion parfaite ! »
Alors que cette pensée lui traversait l'esprit, il pinça deux billes d'acier spéciales dans sa main et, par habitude, les plaça dans la poche de son lance-pierre.
Avec une poussée de force, il tendit facilement le lance-pierre à son maximum. Après un coup d'œil rapide pour viser, il lâcha ses doigts. FIOU ! FIOU ! Deux sifflements aigus déchirèrent l'air et, en un clin d'œil, les deux billes atteignirent leur cible.
Elles furent suivies de deux bruits sourds et humides. Avant que l'un ou l'autre ne puisse réagir, les billes avaient transpercé leurs cous, laissant deux panaches de brume sanguine suspendus dans l'air.
Mais ce n'était pas tout. Alors que les deux nuages de sang s'élevaient, ils furent suivis d'un CLANG ! CLANG !
Un instant plus tard, deux rayons de soleil percèrent deux nouveaux trous dans le fuselage, leurs faisceaux se croisant sur le sol de la cabine.
POUM. POUM. Les corps des deux pirates s'effondrèrent au sol.
Fang Chenyi lui-même était stupéfait. Il marmonna, incrédule.
« B-bordel... C'est... c'est toujours un lance-pierre ? Ce truc est au niveau d'un fusil ! »
« Requête de l'Hôte détectée. Le système répond : L'Hôte utilise des billes perforantes spéciales. Leur puissance est comparable à la pénétration d'une balle de 7,62 mm. »
« Comparable à une balle de 7,62 mm ? Putain, c'est dingue ! Un lance-pierre qui rivalise avec un fusil ! La classe ! »
Il n'eut pas beaucoup de temps pour assimiler cela, car le bruit de pas lourds résonna d'en haut.
Revenant à lui, Fang Chenyi fit quelques pas rapides et se positionna juste à l'extérieur du cockpit. Avec le cockpit devant lui et la cabine de première classe sur le côté, c'était l'endroit idéal pour une embuscade.
Il écouta attentivement les pas et estima grossièrement qu'ils étaient cinq ou six.
À cette idée, Fang Chenyi poussa un léger soupir de soulagement. Il avait craint qu'une douzaine d'hommes ne fassent irruption d'un coup. Peu importe son talent, il n'aurait pas pu en éliminer autant sans se faire remarquer.
D'après le bruit, quelqu'un descendait. Mais comme la fenêtre était si petite, ils ne pouvaient passer qu'un par un.
Le premier pirate à descendre l'échelle laissa échapper un rire tonitruant. Sans attendre ses compagnons, il poussa un cri et chargea dans la cabine. « Pas question que je les attende », pensa-t-il. « Si je suis trop lent, il ne restera plus rien pour moi ! »
Entendant les pas qui approchaient rapidement, Fang Chenyi prit une profonde inspiration et glissa le lance-pierre dans son gilet. Ses muscles se tendirent, son corps se recroquevilla derrière la porte comme un léopard prêt à bondir.
« Haha, le trésor ! J'arrive ! »
Après ce rire maniaque, une silhouette passa devant l'entrée du cockpit.
Saisissant l'occasion, Fang Chenyi jaillit. Le pirate baraqué, qui l'avait déjà dépassé d'un mètre, n'eut pas le temps de réagir avant que sa vision ne devienne noire et que toute force ne quitte son corps.
[À suivre...]
PS : Salut tout le monde, un chapitre bonus pour vous ! D'autres arrivent bientôt !