Chapitre 161
Il trouva le premier numéro en haut de la liste et le composa directement.
BIP.
Le téléphone n'avait sonné qu'une fois avant qu'on ne décroche. La voix respectueuse d'un homme d'âge mûr résonna immédiatement dans l'écouteur :
« Président Fang, bonjour. Ici Lu Zhisen, votre vice-président exécutif. Nous avons déjà organisé la réunion et nous sommes prêts à vous accueillir pour que vous nous guidiez sur les prochaines étapes de notre travail. »
En entendant cela, Fang Chenyi gloussa, puis répondit d'un ton quelque peu glacial :
« Heh, Président Lu... j'ai les mains liées. J'ai bien peur de ne pas pouvoir me rendre sur place pour le moment. »
Lorsque Hao Jianren, qui se tenait devant lui, entendit les paroles de Fang Chenyi, il supposa que ce dernier appelait simplement quelqu'un avec qui il avait rendez-vous pour l'informer que son avion ne pouvait pas décoller.
Un air suffisant apparut sur son visage. « Et alors, qu'est-ce que ça peut faire que tu sois riche, petit punk ? On n'est pas en Huaxia ici ! »
Bien sûr, il n'aurait jamais pu imaginer que cet appel était destiné au plus haut dirigeant de son propre groupe, un homme dont la parole faisait loi.
Mais Lu Zhisen était un homme vif. Dès que Fang Chenyi parla, il devina immédiatement que les mots de son nouveau patron cachaient un sens profond :
« Patron, avez-vous rencontré un problème ? Je suis à votre service vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »
En constatant la perspicacité de son interlocuteur, Fang Chenyi ne put s'empêcher d'acquiescer avec satisfaction :
« Heh, pas mal. »
C'était sincère. Rien qu'à voir la finesse de Lu Zhisen, il était clair qu'il possédait de réelles compétences pour avoir atteint son poste actuel.
Après une brève pause, Fang Chenyi enchaîna directement :
« Voici le topo. Vous avez la liste de nos responsables ici à Paris, n'est-ce pas ? »
Hao Jianren, qui écoutait à proximité, commença à s'inquiéter un peu en apprenant que l'homme avait des relations à Paris. Mais il pensa à son propre protecteur, et cette lueur d'inquiétude se transforma rapidement en dédain.
À l'autre bout du fil, Lu Zhisen fronça légèrement les sourcils. À cette simple phrase, il devina que le responsable à Paris avait dû offenser le nouveau patron !
« Ces idiots cherchent vraiment les ennuis. Le nouveau patron vient de prendre ses fonctions aujourd'hui, et ils lui causent déjà des problèmes. Soupir, ils doivent être fatigués de vivre. »
Il secoua la tête, impuissant, et répondit rapidement à la question de son nouveau patron :
« Président Fang, j'ai la liste. Je vais émettre un avis dès maintenant pour rappeler le responsable et l'équipe de direction principale au pays. Nous déploierons une nouvelle équipe pour prendre la relève. »
« Peu importe comment ils ont offensé le patron, si je me débarrasse de tout ce beau monde, il devrait être satisfait. »
Cependant, Fang Chenyi l'arrêta :
« Ils seront certainement rappelés au pays, mais ne les transférez pas dans d'autres départements de Southern Airlines. Ramenez-les et lancez une enquête approfondie. Oh, c'est vrai. J'ai entendu dire que le second ici est correct. Ne le touchez pas ; promouvez-le simplement au poste de direction. De plus, je vous donne cinq minutes. Si mon avion ne peut toujours pas décoller dans cinq minutes, alors cela ne concernera pas seulement eux. »
Après avoir dit ce qu'il avait à dire, Fang Chenyi raccrocha sans attendre de réponse.
À l'autre bout, après que le patron lui eut raccroché au nez, Lu Zhisen convoqua précipitamment le vice-président Wang, qui était chargé de coordonner les opérations à Paris.
Dès son arrivée, Lu Zhisen se lança dans une tirade sans aucun préambule. Lorsque le vice-président Wang apprit que la branche de Paris avait effectivement offensé le nouveau président, son cœur sombra.
« Ce maudit bâtard ! Il venait de m'assurer que tout allait bien, et maintenant il a causé une catastrophe totale ! Il a osé offenser le président ! Si tu veux te faire tuer, ne m'entraîne pas dans ta chute ! »
La situation était urgente. Après l'avoir sermonné, Lu Zhisen fit un geste de la main pour le congédier et ordonna au vice-président Wang de contacter Paris immédiatement.
Le vice-président Wang n'osa pas tarder. Il appela rapidement le téléphone portable du responsable à Paris. Dès que l'appel fut établi, avant même que l'autre personne ne puisse parler, le vice-président Wang rugit furieusement :
« Qu'est-ce que tu fous, bordel ?! Hein ?! Si vous voulez vous faire tuer, n'entraînez pas le reste du groupe avec vous ! Bon sang, je t'avais prévenu maintes et maintes fois d'être prudent car le nouveau président venait de prendre ses fonctions. Et qu'est-ce que tu fais ? Tu vas l'offenser gravement ? »
Il aurait voulu jurer encore un peu, mais un coup d'œil latéral vers l'expression sombre du président Lu le fit aller droit au but.
Le responsable à l'autre bout fut stupéfait par la tirade de son supérieur direct et balbutia :
« P-Président Wang, de quoi... de quoi parlez-vous ? Offensé le nouveau président ? Non, je ne l'ai pas fait ! J'ai été au bureau toute la journée, comment aurais-je pu offenser... eh... attendez, ne me dites pas que la personne qui vient de m'appeler était vraiment le nouveau... le nouveau président !! »
Apprenant que le problème venait effectivement de leur côté, Lu Zhisen lança un regard noir au vice-président Wang, lui arracha le téléphone des mains et dit froidement :
« Ici Lu Zhisen. Peu m'importe comment vous avez offensé le nouveau président, mais vous allez résoudre ce problème immédiatement. Et souvenez-vous, si vous ne parvenez pas à satisfaire le nouveau président, vous ne vous contenterez pas de faire vos valises et de déguerpir ! »
Sur ce, il raccrocha avec un CLIC sec.
Lorsque le responsable à l'autre bout entendit cette voix autoritaire, son cœur sombra encore plus bas. C'était le président Lu, le chef de l'entreprise ! L'homme était réputé pour être impartial et incorruptible ! Si son dossier tombait entre les mains de Lu Zhisen, il passerait probablement le reste de sa vie en prison.
Un frisson lui parcourut l'échine. Il s'élança immédiatement hors de son bureau, composant le numéro de Hao Jianren alors qu'il courait vers le bas.
De retour auprès de Fang Chenyi, ce dernier leva le poignet et jeta un coup d'œil à sa montre. Il restait deux minutes et trente-sept secondes sur les cinq minutes qu'il leur avait accordées. Il secoua la tête. « Leur efficacité est tout juste passable, semble-t-il. »
Alors qu'il réfléchissait à la manière de restructurer Southern Airlines, le téléphone de Hao Jianren sonna.
Hao Jianren lança un regard vicieux à Fang Chenyi avant d'afficher un sourire obséquieux pour répondre à son appel :
« Hey, Patron. Ne vous inquiétez pas, j'attends que les gars arrivent. On va sûrement trouver ce truc sur lui. Euh, quoi ? Vous voulez que je me mette à... à genoux devant ce gamin ?? »
L'expression obséquieuse de Hao Jianren disparut après quelques mots seulement, remplacée par une pâleur cadavérique. Tout en parlant, il jeta un coup d'œil furtif au jeune homme qui se tenait à proximité, se sentant plus mal que s'il avait avalé une mouche.
« Non, Patron, pourquoi ? Il a volé nos affaires, alors pourquoi devrais-je m'agenouiller devant lui ? Ce n'est pas juste un vaurien sans valeur ? »
À l'autre bout du fil, le responsable, qui fonçait vers l'aéroport, explosa de colère :
« Conneries ! Vaurien sans valeur ?! Mon cul ! C'est le putain de nouveau président de Southern Airlines !! Tu te mets à genoux et tu t'excuses tout de suite ! J'arrive, je serai là dans trois minutes ! »
[À suivre...]