Chapitre 6
Trad : Anzikil Tie Zhu resta silencieux. À côté de lui, Wang Zhuo lança d’un ton moqueur :
« Je vous l’avais dit, ce garçon n’est pas fait pour ça. Il y est allé pour rien, à part se couvrir de honte. Moi, j’ai été accepté dès la première épreuve, alors je n’ai pas vu les suivantes. Mais j’ai entendu dire qu’il avait échoué aux trois. S’il m’avait écouté, il serait resté chez lui. Même Hu Zi, le fils de Quatrième Oncle, aurait sûrement fait mieux que lui. »
Le quatrième oncle de Tie Zhu fronça les sourcils et le gronda :
« Wang Zhuo ! Même si tu deviens immortel, je ne te permets pas d’être insolent devant moi. Que mon Hu Zi soit doué ou non, qu’est-ce que ça peut te foutre ? Tu n’as aucun respect pour tes aînés ! »
Une lueur froide traversa les yeux de Wang Zhuo. Il eut quelques rires méprisants, mais ne répondit pas.
Le père de Tie Zhu sembla soudain avoir vieilli de plus de dix ans. Il s’effondra sur sa chaise. Sa mère resta elle aussi stupéfaite, comme si elle ne pouvait pas y croire.
« Tie Zhu… c’est… c’est vrai ? » demanda-t-elle.
Tie Zhu se mordit la lèvre inférieure sans se soucier du sang qui coulait. Il tomba à genoux et se prosterna plusieurs fois, frappant lourdement le sol du front. Puis il dit à voix basse :
« Père, mère, les immortels ne m’ont pas accepté. Pardonnez-moi… Je… je vous remercierai de m’avoir élevé dans ma prochaine vie. »
Sa mère entendit tout le désespoir dans sa voix. Elle courut aussitôt vers lui et le releva pour le prendre dans ses bras.
« Mon enfant, ce n’est rien. Ne sois pas triste. Tu n’as pas été accepté par les immortels, et alors ? L’année prochaine, tu passeras l’examen du district. Ce sera tout aussi bien. Surtout, ne fais pas de bêtise. Essaie de voir les choses autrement. Ton père et moi, nous comptons encore sur toi pour prendre soin de nous jusqu’à notre mort », dit-elle en pleurant.
Son père avait lui aussi repris ses esprits. En voyant l’expression de Tie Zhu, il sentit son cœur se serrer. Il se précipita pour le prendre dans ses bras.
« Tie Zhu, surtout, ne fais pas de bêtise ! Ton père est là. Écoute-moi : on rentre à la maison, et tu vas bien étudier. L’examen de l’année prochaine sera tout aussi bien », dit-il avec inquiétude.
Autour d’eux, les parents changèrent aussitôt d’attitude. Ils s’éloignèrent un à un des parents de Tie Zhu et se mirent à les observer comme s’ils assistaient à un spectacle. Les commérages et les commentaires allaient bon train.
Le sixième frère du père de Tie Zhu se moqua :
« Ce Tie Zhu, je me doutais déjà qu’il ne valait pas grand-chose. Comment pourrait-il rivaliser avec Wang Zhuo, le fils de Grand Frère ? Cette fois, il nous a vraiment couverts de honte. »
Le troisième oncle du père de Tie Zhu prit un air dégoûté et ajouta d’un ton moqueur :
« C’est bien vrai. Si vous aviez su que ça finirait comme ça, vous n’auriez pas dû faire comme s’il était déjà accepté. Quelle honte ! Toi, le deuxième, à ton âge, comment peux-tu encore faire autant de bêtises ? Pas étonnant que ton père ne t’ait pas laissé une part de l’héritage ! »
Le cinquième oncle de Wang Tianshui, qui était assis à côté de lui un instant plus tôt, abandonna aussitôt ses flatteries.
« À mon avis, cette histoire de garçon intelligent depuis tout petit, c’était sûrement du vent. Le deuxième s’est probablement dit qu’il n’avait rien accompli dans sa vie, alors il s’est mis à vanter son fils. Maintenant, tout le monde voit la vérité ! »
Une des femmes de la famille se mit à son tour à se moquer d’eux :
« Sur les trois enfants qui ont passé les épreuves, il est le seul à avoir échoué. C’est donc le plus nul de notre famille Wang. Quelle honte ! Deuxième Belle-sœur, je disais tout à l’heure que tu avais de la chance d’être avec Deuxième Frère. Eh bien, à ce que je vois, ta vie ne sera jamais mieux que ça. Tu n’as pas cette chance. »
L’épouse du cinquième oncle de Tie Zhu changea elle aussi d’attitude.
« Exactement ! Je l’ai vu dans leur village il y a quelques jours. Je me suis tout de suite dit qu’il avait l’air idiot. Comment aurait-il pu rivaliser avec Wang Zhuo et Wang Hao ? Il n’avait aucune chance. »
Une autre femme de la famille, voulant elle aussi se moquer, reprit :
« Moi, je savais depuis longtemps que ce Tie Zhu ne ferait rien de bon. Regardez donc son père et sa mère ! Comment des gens comme ça pourraient-ils avoir un enfant qui vaut quelque chose ? Dans notre famille Wang, seuls les enfants de Grand Frère et du troisième ont de l’avenir. Tie Zhu ? Pouah ! Même son nom est idiot ! »
« J’étais vraiment aveugle tout à l’heure ! J’allais jeter ma fille dans un gouffre. Heureusement que les immortels n’ont pas accepté Tie Zhu, sinon elle m’en aurait voulu toute sa vie. Mère de Tie Zhu, oublions cette histoire de mariage. Puisque ton fils ne peut pas devenir immortel, qui voudrait lui donner sa fille ? Ce serait comme un crapaud qui voudrait manger du cygne ! »
Presque tous les parents révélèrent alors leur vrai visage. Ils ne voyaient que leur intérêt, et leurs paroles devenaient toujours plus cruelles. Ils frappaient sans pitié Tie Zhu et ses parents là où cela faisait mal.
Le contraste avec leurs flatteries de tout à l’heure était immense. Certains cessèrent même de faire semblant et réclamèrent les cadeaux qu’ils avaient offerts. À les entendre, les parents de Tie Zhu pâlirent. Wang Lin serra les poings. La douleur dans son cœur s’intensifia encore. Il avait l’impression qu’il allait mourir, tandis que les moqueries continuaient à résonner à ses oreilles.
Le père de Wang Zhuo riait intérieurement. Il déclara d’un ton détaché :
« Toi, le deuxième, je te l’avais pourtant dit : pour être accepté par un immortel, il faut y être destiné. Leurs critères sont très stricts. À moins d’être aussi doué que mon fils, on n’a aucune chance. Mais toi, tu y as vraiment cru. Maintenant, ton enfant est si désespéré qu’il ne veut plus vivre. À quoi bon en arriver là ? »
Le père de Tie Zhu ne put en supporter davantage. Il se retourna brusquement et fixa son frère avec colère.
« Wang Tianshan, tais-toi ! Avant de mourir, père m’avait bien laissé une part de l’héritage. Tu as tout fait pour mettre les parents de ton côté et me la voler. Et aujourd’hui, tu oses encore te moquer de moi ! Tu crois donc que moi, Wang Tianshui, je n’ai aucun courage ?
Et vous tous ! Tout à l’heure, vous nous couvriez de flatteries, et maintenant, vous nous couvrez de moqueries ! Mon fils souffre déjà assez comme ça, mais vous continuez à l’enfoncer ! Vous n’avez donc aucune humanité ? »
Wang Tianshan resta un instant sans voix, puis répondit avec colère :
« Pourquoi revenir sur toutes ces vieilles histoires ? Ton fils n’est tout simplement pas fait pour ça. Je te conseille pour ton bien, et au lieu de me remercier, tu t’en prends à moi ! Hmph ! Tel père, tel fils : avec un lâche pareil pour père, le garçon ne peut pas valoir grand-chose ! »
Immobile, Wang Lin entendait les rires méprisants et les moqueries de tous ceux qui l’entouraient. Chaque parole lui transperçait le cœur comme une pointe. Il supporta tant bien que mal la douleur qui le déchirait et observa froidement la scène, gravant dans sa mémoire le visage de chaque parent.
« Toi… ! Je vais te faire payer ça ! »
Le père de Tie Zhu saisit un tabouret et s’apprêta à se jeter sur son frère. Le quatrième oncle de Tie Zhu se précipita pour l’arrêter et lui parla à voix basse :
« Deuxième Frère, calme-toi. Grand Frère a beaucoup de serviteurs chez lui. Ne va pas te faire blesser. Je suis là. Laisse-moi faire. »
Puis le quatrième oncle fixa Wang Tianshan avec colère.
« Grand Frère, comment peux-tu parler comme ça ? Moi, le quatrième, je ne peux plus t’écouter ! Si tu oses encore insulter mon deuxième frère devant moi, ne compte plus sur nos liens de famille. La demeure des Wang est grande, mais je me suis fait beaucoup d’amis parmi les hommes des arts martiaux ces dernières années. Un incendie pourrait bien tout réduire en cendres ! »
Wang Tianshan bredouilla quelques mots. Il se méfiait beaucoup de son quatrième frère, qui connaissait tant de monde.
Troisième Grand-oncle, qui appartenait à la génération la plus ancienne, protesta :
« Toi, le quatrième, tu as tort de dire ça. Le fils du deuxième n’est tout simplement pas fait pour ça. Nous n’avons même plus le droit de le dire ? Ce garçon ne vaut rien, et nous, ses aînés, nous devrions nous taire ? C’est vraiment déraisonnable ! »