Pour les habitants et les êtres du monde de Ky'lar, la destruction de la barrière à trente-cinq couches ne fut pas un événement subtil ; c'était, en réalité, le début de la fin...
(¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡BRRRR-KABOOOOMMM-KRRRRRRRR...!!!!!!!!!!!!)
En un instant, le confinement qui retenait la masse d'énergie au sein de la forêt éclata comme un autocuiseur atteignant son point critique de détonation.
(¡¡¡SHRRRRRR-VROOOOM-KRRRR-SHHHHH...!!!!!)
En conséquence, les forces destructrices accumulées tout au long de la bataille furent libérées sans retenue dans toutes les directions, propageant une onde de choc colossale qui fit trembler le cœur même de la planète entière.
(¡¡¡CRACK-KRRRRZSSSSS-FSSSHHH...!!!)
L'équilibre de la nature se brisa complètement.
(¡¡¡¡¡RATATATATA-KRAK-SHRAGH-BOOOM!!!!!)
En quelques secondes, le ciel de Ky'lar se remplit d'une statique violente tandis que des tremblements de terre d'une magnitude dévastatrice fissuraient des chaînes de montagnes lointaines ; des orages électriques aux éclairs dorés et violets déchaînaient leur fureur sur les vallées, tandis que des rafales de neige, de givre mystique et des vagues de vapeur incandescente se mélangeaient dans un chaos climatique sans précédent.
« Comment cela a-t-il pu arriver... ?! »
« La barrière a cédé !! »
« Et la Reine ?! »
Même les Grands Esprits — nés de la vitalité même du monde et comptant parmi les existences les plus anciennes de Ky'lar — vacillèrent alors que la terre et l'atmosphère sombraient dans l'instabilité et le chaos.
(¡¡¡¡¡¡¡¡BRRRR-VROOOOMM-ZUNNN...!!!!!!!!)
Tout là-haut, couvrant le firmament d'un horizon à l'autre, la lumière frénétique et fluctuante de la cage géométrique s'étendit jusqu'à devenir un manteau céleste.
<... Non... C'est...>
Et pour la seconde fois dans l'histoire enregistrée de Ky'lar, une aurore primordiale se déploya à nouveau à travers les cieux.
(¡¡¡ZUUUUUU-FZZZZ-VROOOOMM...!!!!!)
Pourtant, parmi toutes les existences du monde de Ky'lar, une seule était consciente que cette splendeur psychédélique n'apportait aucune paix...
<IMPOSSIBLE !>
... Au contraire, l'énergie, l'essence qui la saturait... Pour la Reine des Esprits, c'était comme assister à un cauchemar...
<<HA ! HAHAHAHAHAHA !>>
... C'était la marque indubitable d'une calamité existentielle.
(¡¡SHUUU-VRRRRRRRRR-ZHHH-KRAK-TCHHHHWWWWWRRRRRR!!)
Alors que les ondes de choc générées par les accélérations hyperlumineuses de Mireya cessaient de se dissiper, elles commencèrent à tourbillonner au-dessus de la forêt détruite — se nourrissant de l'énergie libérée jusqu'à se transformer en un vortex destructeur de vent, de masse entropique et de vitalité déchiquetée dans une spirale ascendante.
(¡¡VMMMMMM-SHHHRRR-KZZZZ-TK-TK-TK-VRAAA-ZZZTTT~~!!)
En parallèle, au centre même du typhon destructeur, l'épicentre continuait de s'élever sans pause, montant vers les couches les plus hautes de l'atmosphère tandis que la pluie ininterrompue de taillades continuait de déchirer et de réassembler la forme de la Reine des Esprits.
(¡¡¡KRA-SPLASH-TTTK-BOOOM-VREEE-KRA-SPLASH...!!!)
Comme piégé dans une exécution continue, le corps de la Reine des Esprits était battu et démembré sans un instant de répit, tombant dans un cycle frénétique où la végétation et l'énergie qui la composaient explosaient avant de pouvoir se reformer complètement...
<Non... ! Si c'est vraiment ce que je crois... Mon noyau... ! Je dois... préserver le noyau... !>
Pourtant, malgré cela, acculée dans le crépuscule de l'espace étoilé où l'éclat kaléidoscopique des coupures illuminait tout comme un soleil mourant, la Reine concentra chaque fil de son existence dans une défense désespérée, pleinement consciente de la véritable menace.
(¡¡¡ZHHW-SZZZT-SHWIII-FLLLLP-SHWIII-KZZZT!!!)
En conséquence, des filaments d'énergie naturelle se tordaient dans le vide pour reconstruire ses membres, son torse et son visage encore et encore — luttant pour maintenir sa forme physique avant que la prochaine entaille ne la dissolve complètement.
<... Il n'y a aucun doute... Cette présence...>
... Mais alors que la lumière des aurores tachait le vide cosmique, une horreur bien plus profonde que la destruction de son corps commença à ronger son esprit.
<<—Hihi... ihihi... AHAHAJAHAJA !—>>
Dans l'immensité du vide, un rire devenait de plus en plus joyeux, strident et dément, vibrant directement à travers le tissu de la réalité.
<Après tout ce temps... C'est elle... !>
À cet instant, la présence émanant de la chimère n'était plus seulement celle d'une bête blessée ou d'une anomalie hors de contrôle... Au lieu de cela...
(...thump... THUMP... ¡...BDUUUUUMMMMMMM...!)
... Ce qui pulsait devant elle était un battement qu'elle n'aurait jamais cru entendre à nouveau.
(¡...THUUUMMM-vrrrRRR-OOMMM...!)
La Reine des Esprits était connue sous de nombreux titres — l'Esprit Originel, la Grande Mère, l'Arbre Mère, la Reine Souveraine et l'Arbre Monde dont la canopée soutenait la vie même du monde...
(¡¡THUMP-THUMP... PUM-PUM... PUM-PUM-PUM...!!)
... Pourtant, précisément à cause de cela — étant si ancienne, la racine même de la nature — la Reine connaissait la vérité cachée derrière la genèse de ce monde... L'origine de la façon dont tout a changé... Et l'entité primordiale à qui appartenait l'ombre qui, une fois de plus...
<<¡Hi-hi-hi... KI-KI-KI-HAHAHAHA ! KYAAA-HAHAHAHAHA !!>>
... Était sur le point de s'éveiller.
<<—¡¡AHAHAHAHAJAJAJAJAJAJA~ !! —>>
Et avec un rire de lunatique, totalement dépouillé de toute trace de santé mentale et vibrant d'une joie abyssale, le temps lui-même sembla se dilater dans le vide.
« ¡¡¡GROOOOAAARRRGGGHHH !!! »
Bien avant l'existence des esprits, de l'énergie naturelle et de la majesté de l'Arbre Mère, Ky'lar n'était rien de plus qu'un monde banal.
(Ssssshhhhhiiiiiiiiiuuuuuuuu...)
Comme une brise passagère, ses époques dérivaient dans un silence gris et ordinaire tandis que la vie se déroulait en stricte conformité avec les lois de la physique et de la matière vivante — avançant péniblement à travers une ère médiévale banale, dépourvue de magie, de miracles ou de la moindre trace de surnaturel.
À cette époque, l'humanité naissait, luttait et mourait dans une ignorance absolue des forces régissant la réalité.
(¡¡¡CRACK-KRRRR...!!!)
Pourtant, cet ordre fragile fut éradiqué à jamais en un seul instant.
(¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡CRASH-GLASS-KRRRRZZZZZT...!!!!!!!!!!!!!!!!)
Ce jour-là, l'espace ne s'est pas fracturé à cause d'un phénomène naturel, mais de l'inévitable collision de deux calamités d'échelle cosmique descendant de l'abîme extérieur.
(¡¡¡SHRRRRRR-VROOOOM-KRRRR-SHHHHH...!!!)
D'un côté se tenait l'Incarnation de la Matière : une abomination biologique dantesque condensant la totalité de la substance physique. Composée d'une masse vivante de fourrure, d'écailles, de griffes, de nageoires, d'ailes et plus encore, elle ressemblait à un démon qui reconfigurait l'anatomie de tout ce qu'il touchait.
(¡¡¡¡¡BRRRR-KABOOOOMMM-SHWWWAAAAA~~!!!!!)
À l'opposé, de l'autre côté, se trouvait l'Incarnation de l'Énergie : une entité dont la présence reflétait l'harmonie tragique d'un sortilège vivant. Un être dépourvu de chair, tissé uniquement à partir de l'ensemble du réseau des forces fondamentales dans un treillis abyssal qui déformait les lois de l'univers en un labyrinthe de lumière kaléidoscopique.
(¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡¡BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOM—KABUUUUUUUUUM!!!!!!!!!)
Ainsi, à partir de ce moment, les deux calamités s'enfermèrent dans un conflit incessant — un affrontement titanesque de forces absolues où le concept de vainqueur était inexistant.
(¡¡¡CRACK-KRRRRZSSSSS-FSSSHHH...!!!)
L'Incarnation de la Matière et l'Incarnation de l'Énergie se sont battues à armes égales pendant des éons, ou peut-être même plus longtemps, rasant tout sur leur passage en tant que dommages collatéraux.
(¡¡¡¡¡ZUUUUUU-FZZZZ-VROOOOMM!!!!!)
Cet affrontement était comme une danse où chaque coup de la bête reconfigurait la chair et la substance de la terre ; chaque scintillement de lumière de l'entité d'énergie tordait les concepts, tandis que la friction entre les deux altérait le flux linéaire du temps et déformait le tissu de l'espace.
« ¡¡¡—!!! »
Leur bataille semblait n'avoir aucune fin...
(♪♫... ♪♫... ♪♫...)
... Jusqu'à ce que, au zénith de ce chaos éternel... l'univers devienne silencieux.
(♪♫... Ssssshhhhh... ♪♫...)
Au milieu de la tempête, une seule vie s'interposa entre la tragédie, et une mélodie résonna comme un requiem au milieu de la souffrance.
(♪...)
Même si ce n'était qu'une faible vibration, cette mélodie dérivait au-dessus du vacarme.
(¡¡¡BRRRR-KABOOOOMMM...!!!)
Même alors que les deux calamités continuaient de se déchirer sans répit...
(♩... ♪... ♫...)
... La mélodie ne s'est pas éteinte.
(♬... ♩... ♪...)
Petit à petit, les battements intermittents de cette prière instrumentale commencèrent à se tisser à travers le rugissement de la violence.
(♪♫... ♩... ♬... ♪♫...)
La mélodie s'éleva avec une mélancolie écrasante, modulant ses accords non pas à travers l'atmosphère, mais au sein même de la moelle des deux existences.
(♩... ♫... ♬... ♩...)
... Au milieu de la douleur insupportable et de la frénésie des éons, un miracle les a liés ensemble pour un seul instant fugace.
« ...... »
<<...>>
À cet instant, en se regardant dans les yeux, les deux monstres sont parvenus à une décision commune...
(¡¡¡¡¡SLASSSSSSHHHHH—STABBBBB...!!!!!)
Et à la fin, pour mettre un terme à l'agonie, les deux calamités s'empalèrent l'une l'autre.
(¡¡CRACK-KRRRRZSSSSS-BOOOOOOOM!!)
En conséquence, de la chair et du sang du démon a émergé la vie organique qui a peuplé le monde de Ky'lar — composée de démons, d'elfes, de demi-humains et même de nouvelles lignées humaines. Pendant ce temps, de l'entité incorporelle a explosé une poussée d'énergie brillante qui a saturé le monde entier, donnant naissance à la magie, aux miracles et aux phénomènes mêmes qui ont forgé les fondations de tout.
(♩... ♪... ♫...)
De cette manière, le rugissement a cessé, et les derniers accords de la composition se sont dissous dans les environs, au milieu des flammes consumant les restes de ce qu'ils étaient autrefois...
« ¡¡~!! »
... La seule chose restant au milieu de ce terrain vague où la vie fleurissait était une petite fille, pleurant en deuil et priant avec foi vers le ciel, s'accrochant à l'espoir.
(♪♫... ♩...)
Ainsi, le temps a coulé sur les blessures de Ky'lar.
(¡¡¡SHRRRRRR-FSSSHHH...!!!)
Et à travers les millénaires, avec la marche implacable des époques, la vérité derrière ce sacrifice s'est diluée dans le mythe.
<.....>
Les hommes, les elfes et les créatures de la nouvelle ère ont élevé des autels et des dogmes à partir des cendres : l'Incarnation de la Matière fut nommée avec effroi le Dieu Démon, tandis que l'Incarnation de l'Énergie fut vénérée avec dévotion comme la Déesse de la Création.
<¡¿?!>
La foi, la religion et les écritures mystiques sont nées. Pendant ce temps, les véritables souvenirs de la tragédie sont restés enfouis dans ce champ de bataille lointain, où une petite pousse — nourrie par le chagrin de l'enfant — a commencé à prendre racine lentement jusqu'à devenir l'Arbre Mère.
<<—¡AHAHAHAHAJAJAJAJAJAJA !—>>
Et maintenant... des époques plus tard... dans l'immensité glacée de l'espace étoilé...
(¡¡¡SLASSSSH-SLASSSSH-SLASSSSH-SLASSSSH...!!!!!)
Le corps de la Reine des Esprits, pulvérisé encore et encore, avait dépensé sa toute dernière goutte d'énergie naturelle — laissant son noyau exposé à nu, juste au centre de sa poitrine fracturée.
<... Cela devrait être impossible... Mais... Cela le confirme... !>
Au milieu du vide, avec son noyau totalement exposé et sa régénération incapable de couvrir les dégâts, la Reine leva les yeux.
(¡¡¡THUMP-THUMP... PUM-PUM... PUM-PUM-PUM...!!!!!!!!)
Là, à quelques millimètres de son visage, flottait une bête.
<Toi... Toi— ! L'anomalie... c'est toi...>
Haut dans le firmament, noyant les mots dans le vide de l'espace...
(¡¡¡¡¡¡¡¡BRRRR-KABOOOOMMM-SHWWWAAAAA...!!!!!!!!)
L'avertissement de la Reine fut étouffé avant que les mots ne puissent traverser le vide cosmique.
<<¡¡¡KYAAA-HAHAHAHAHA !!!>>
... Du ciel, une étoile tomba.