Chapitre 377
Les sens d'Aimar s'aiguisèrent instantanément alors qu'il luttait contre la douleur.
En jetant un coup d'œil autour de lui, il repéra rapidement quelques individus supplémentaires tentant de se rapprocher en utilisant les foules comme couverture.
« Putain. »
Aimar se mordit la lèvre en recommençant à bouger.
Sa vision se troubla un instant, mais il se força à rester concentré.
« Il y en a plus d'un… peut-être trois ? »
Il se faufila derrière une colonne effondrée, utilisant son ombre pour se dissimuler tout en observant.
Un homme se glissa dans la foule avec trop d'aisance ; ses pas étaient trop calculés pour quelqu'un de terrifié.
Un autre s'accroupit près d'une charrette brisée, glissant une dague dans sa manche.
Et le troisième… Aimar capta à peine l'éclat d'une rune alors que la femme disparaissait dans la masse.
« Ho ! Ho ! »
Aimar prit de profondes inspirations avant de saisir le manche de la dague qui lui perforait le rein.
« Urghhh !!! »
Il étouffa son cri en retirant la lame.
Le sang coulait le long de sa plaie tandis qu'il respirait bruyamment.
Sans perdre une seconde de plus, il traça un cercle magique de feu.
« Urghh ! »
Aimar ne put contrôler sa voix et hurla en cautérisant sa blessure.
À peine le saignement arrêté, il tenta de prendre quelques secondes de répit.
« Je dois m'occuper d'eux avant qu'ils ne prennent le dessus. »
Sur cette pensée, il se remit en mouvement.
Depuis derrière la colonne, il s'élança, réduisant la distance qui le séparait de l'homme à la dague.
Juste au moment où celui-ci se tenait prêt.
Aimar disparut.
Un clin d'œil plus tard, il était bien trop près.
Le genou d'Aimar s'enfonça dans son estomac, lui coupant le souffle.
D'un mouvement fluide, Aimar le désarma et lui enfonça la lame dans le flanc.
Avant même qu'il ne puisse crier, Aimar lui tordit le cou, le tuant sur le coup.
Pas de repos possible : la femme à la lame runique fonçait déjà sur lui.
Aimar se prépara.
Elle apparut devant lui en un éclair, sa lame crépitant d'éclairs alors qu'elle visait sa gorge.
Il esquiva de justesse.
La décharge lui érafla l'épaule, envoyant une onde de choc paralysante le long de son bras.
Son dos heurta le mur derrière lui, mais il utilisa cet élan pour pivoter et attraper son poignet en plein coup.
« Tch. »
D'un grognement, il tourna sur lui-même et lui enfonça le coude dans les côtes.
Elle eut un hoquet, mais au lieu de s'effondrer, elle abattit sa main libre sur sa blessure.
« Urgh !! »
Aimar hurla de douleur en s'écartant.
La femme se rua à nouveau.
Cette fois, Aimar n'esquiva pas.
Il entra dans sa garde, laissant sa lame lui entailler la mâchoire, mais profitant de l'ouverture pour enfoncer ses doigts dans son flanc et tordre.
Elle poussa un cri, et dans cette seconde, il fit un balayage bas.
Sa jambe se crocha derrière la sienne, la déséquilibrant.
Elle tomba, mais avant qu'elle ne touche le sol, il saisit son pied et plaqua son genou sur sa nuque.
« Hufff... »
CRAC !
D'une pression brutale du genou, il lui brisa le cou.
« Plus qu'un. »
Aimar tituba vers la gauche, replongeant dans le chaos des nobles en pleine panique.
Il n'avait plus le luxe de la discrétion.
Saisissant un éclat de bois massif, il le fit crisser contre un mur de pierre voisin.
« Allez, espèce d'oncle de merde », murmura Aimar, la voix tranchante et glaciale. « Finissons-en. »
Quelque chose brilla au-dessus de lui.
Il leva les yeux juste à temps pour voir l'éclat d'une dague.
Albus surgit du toit, plongeant sur lui comme un faucon.
Aimar n'esquiva pas.
Au lieu de cela, il leva les bras et laissa Albus s'écraser contre lui, mais il pivota au dernier moment, redirigeant la chute et projetant l'homme contre le pavé, l'épaule la première.
« Hahaha ! » Albus laissa échapper un rire en le repoussant. « Tu n'es pas aussi faible qu'on le pensait, neveu. »
Aimar décocha un crochet sans un mot ; Albus esquiva avant de reculer.
Il ne chercha pas à attaquer, mais l'attira vers un couloir à l'intérieur du bâtiment.
Comme s'il ignorait sa stratégie, Aimar le suivit.
L'air changea lorsqu'Aimar pénétra dans le couloir derrière Albus.
Les cris venant de l'extérieur s'estompèrent, étouffés par les murs épais.
« Tu es vraiment stupide », dit Albus, sa voix amusée alors qu'il s'arrêtait net.
Avant qu'Aimar ne puisse répondre...
« ARGHH !!! »
Une profonde entaille lui traversa le dos, le faisant hurler de douleur.
Aimar se retourna et vit d'autres membres de Von Casita lui bloquer le passage.
« Beau travail, oncle. » Une voix le fit se retourner.
Vlad regardait Aimar avec ses yeux noirs et froids, debout aux côtés d'Albus.
Il pencha la tête et demanda : « ...Souhaites-tu une mort rapide ? »
Au lieu de répondre, Aimar scruta les environs.
Il remarqua au moins huit d'entre eux bloquant toutes ses issues.
« Si c'est le cas », reprit Vlad alors qu'Aimar l'ignorait, « reste immobile et je te l'accorderai. »
« Ne crains-tu pas ce qu'Himmel fera s'il apprend cela ? » demanda Aimar en penchant la tête, comme pour l'imiter.
Tous ceux qui s'étaient penchés sur la vie d'Aimar connaissaient parfaitement sa relation avec Himmel.
« Pas quelque chose dont je suis fier. »
« Comment pourrait-il le savoir ? » demanda Vlad, la voix moqueuse. « Si tu ne l'as pas encore remarqué, laisse-moi te le dire. Aimar, tu es piégé ici avec nous. »
Aimar prit une profonde inspiration en regardant à ses côtés.
Il n'était pas là.
....Oliver.
Aimar laissa échapper un petit rire.
Le côté de sa gorge se transforma en une sorte de branchie qui se mit à pulser.
Sentant le danger, Vlad hurla : « Tuez-le ! »
« Il semble que tu ne comprennes pas. »
Un amas de gaz hautement inflammable s'échappa de ses branchies, emplissant immédiatement tout le couloir.
« Je ne suis pas piégé ici avec vous. »
Sa voix résonna au milieu des quintes de toux des Von Casita.
« C'est vous qui êtes piégés ici avec moi. »
Une étincelle jaillit de sa main...
BOOOMMM !!!!!
Provoquant une explosion.
******
La chair de poule envahit tout mon corps.
Je fis pivoter mon corps rapidement en regardant en arrière.
« Putain ! »
Jones se rapprochait à une vitesse menaçante.
Recroquevillant ses doigts, il leva la main comme s'il s'apprêtait à me frapper.
« Rejet du Temps. »
À peine les mots eurent-ils quitté mes lèvres que la vitesse de Jones diminua considérablement.
Battant des ailes, je sortis de sa zone d'attaque.
Mais...
Au moment où il sortit de l'influence du temps que je pouvais contrôler,
Sa vitesse monta en flèche.
« Putain ! »
Me mordant les lèvres, je marquai le corps d'Heather avec l'anneau d'Andarnaur et la fis flotter juste derrière moi.
Une lame de mana apparut dans ma main, que je positionnai sur la trajectoire de son cou.
Puis...
Je fis revenir le flux de mana à la normale.
« Ho ? »
Jones contrôla rapidement son corps à quelques centimètres seulement de se décapiter lui-même.
« Tu es vraiment insolent, neveu. »
« Et toi, tu es vraiment plein de merde », répondis-je en le fusillant du regard.
Jones gloussa doucement.
Puis...
Son poing fonça vers mon visage, brisant le mur du son.
Je me préparai.
Utilisant mon visage comme appât, je créai une autre lame de mana dans ma main.
Je la plongeai dans l'espace entre sa main et mon visage, m'assurant de lui perforer la gorge.
« Ça va faire mal. »
Mais...
Avant qu'il ne puisse me toucher, quelque chose le repoussa.
Je regardai derrière moi Coretta, couverte d'un exosquelette qui brillait d'une teinte blanchâtre.
Sa main tendue agrippait la cheville de Jones.
Elle rétracta son bras, entraînant Jones avec elle.
Je ne m'attardai pas pour voir le résultat et me précipitai vers l'endroit où se trouvaient les autres.
[<Est-il sage d'aller là-bas ?>]
demanda Inna, la voix douce.
Bien que l'endroit se trouvât à l'autre bout du palais, je pouvais encore entendre les cris de panique des gens là-bas.
« Je n'ai pas le choix. »
Battant des ailes, je fonçai vers les lieux.
Je dois m'assurer qu'Aimar et les autres sont en sécurité.
[<Tu dois d'abord t'occuper de la fille-loup. Elle est dans un état critique.>]
« Elle s'en sortira. »
Mariam en avait fait assez pour l'empêcher de mourir de ses blessures.
'...'
Juste pour être sûr, je touchai l'endroit qui semblait le plus brûlé.
Neplh.
Une couche de givre se forma sur sa peau brûlée tandis que son visage se contractait de douleur.
L'ignorant, je me concentrai sur le déplacement vers le lieu du mariage.
Il ne me fallut pas longtemps pour atteindre le...
« Qu'est-ce qui s'est passé, putain ? »
Les bâtiments voisins étaient pour la plupart démolis, tandis que quelques-uns étaient sur le point de s'effondrer.
« Hein ? »
Un corps fut projeté vers moi alors que je m'apprêtais à atterrir.
Mais...
En y regardant de plus près, je reconnus l'homme.
Ouvrant les bras, je rattrapai rapidement l'homme, amortissant sa chute.
« Qu'est-ce qui vous arrive, beau-père ? » demandai-je en regardant le père de Siersha.
Les yeux cramoisis de Ledgar se tournèrent vers mon visage.
Le soulagement se lut sur ses traits avant qu'il ne panique immédiatement.
« Himmel ! » cria-t-il dès que nous eûmes touché le sol. « Cherche ma famille et sors-les d'ici !! »
« Attendez, que s'est-il passé ? » demandai-je alors qu'il tentait de s'enfuir.
« Les jumeaux immortels ! »
cria Ledgar en se précipitant à nouveau vers le combat.
« Ils essaient de tuer tout le monde !! »
« Hein ? »
Comme pour confirmer ses paroles, une explosion soudaine résonna dans le ciel.
Ma tête se redressa brusquement.
....Un homme aux cheveux bleus affrontait Arthenis.
« Khokan. »
Je reconnus immédiatement l'homme, l'ayant déjà vu dans le jeu.
L'un des laquais de ce connard de Ragnar.
« Que fait-il ici ? »
Je me posai la question en l'observant tandis que Ledgar se précipitait pour aider Arthenis.
Malgré la confusion dans mon esprit, je détournai mon attention.
« Je dois trouver Aimar et Zenith. »
Sur cette pensée, je me précipitai dans le bâtiment le plus proche en portant Heather avec moi.
Le bâtiment était presque en ruines à cause des combats qui faisaient rage tout autour.
Des bruits d'explosifs résonnaient à mes oreilles.
[<Ils ne pourront pas retenir les jumeaux immortels longtemps.>]
« ...Je sais. »
Il est presque impossible de tuer les jumeaux, et ils en sont bien conscients.
Plus ils faisaient durer le combat, plus leurs chances de perdre augmentaient.
Mais...
« Ce n'est pas mon problème. »
Tout ce que je dois faire, c'est emmener ceux qui me sont chers et foutre le camp d'ici.
« Himmel !!! »
Une voix soudaine me fit m'arrêter net.
Je me retournai et vis Elijah se précipiter vers moi.
Heather flottait toujours à mes côtés mais...
Sans un mot, il me percuta, m'enlaçant comme un amant.
« Dégage ! C'est quoi ce bordel ! » criai-je en repoussant son visage du mien.
Elijah se tourna rapidement vers sa petite amie.
Son visage se figea de choc en voyant son état.
« Ne t'inquiète pas », dis-je en lui tapotant le dos. « Elle guérira en un rien de temps. »
Elijah ne répondit pas. Au lieu de cela, il serra son corps doucement.
« Merci », murmura-t-il, la voix chargée d'émotion. « M-merci de l'avoir protégée. »
« Ne mentionne pas ç— »
Répondis-je, avant de m'arrêter net.
« Hein ? »
Juste devant mon visage,
Un papillon fait de blanc pur flottait.
Une tristesse que je ne pouvais expliquer s'insinua dans mon esprit.
Le papillon bougea comme pour me guider quelque part.
« E-Elijah », bégayai-je, essayant de reprendre contenance. « Viens avec moi. »
Je ne regardai même pas en arrière pour vérifier s'il me suivait.
Le papillon me mena vers une autre section du bâtiment.
« Himmel ? »
Je ne répondis pas.
Finalement, le papillon s'engouffra dans une pièce.
Tournant la poignée, j'ouvris lentement la porte.
« H-hé Z-Zenith, r-reste avec moi, enfant. »
Mon cœur se serra en la regardant.
Le sang coulait le long de son visage tandis qu'elle prenait des respirations superficielles.
« Zenith ? »