Chapitre 17
Alors que la porte volait en éclats sous un coup brutal, une silhouette arrogante apparut sous les yeux de Brunhilde.
Vêtu d'une tenue hip-hop voyante, il ressemblait à un délinquant, affublé d'une paire d'ailes dans le dos.
Pour Brunhilde, il s'agissait d'une vieille connaissance, une nuisance qui harcelait fréquemment les Valkyries.
« Incube. »
La voix de Brunhilde était basse.
« Incube » était le nom de cet individu ; sa véritable nature était celle d'un Démon des Rêves, un vaurien de la pire espèce.
« Franchement, les dieux sont une bande de types cruels, froids et têtus. Pourquoi te mettre dans un tel pétrin pour l'humanité ? »
L'Incube entra en rejetant ses cheveux en arrière avec ostentation, feignant de se soucier de Brunhilde.
Après avoir dit cela, il déplaça son regard vers une autre silhouette, affichant un air dédaigneux.
« Je crois avoir entendu parler d'un "Conseil de survie des dieux". Sérieusement, Brunhilde, quel genre de déchet as-tu choisi ? »
Ses mots tranchants et son attitude méprisante firent se serrer les poings de Brunhilde, qui n'avait qu'une envie : lui asséner un coup de poing.
Son regard se tourna vers le roi Gilgamesh, qui semblait remarquablement calme, apparemment insensible aux insultes de l'Incube, un léger sourire aux lèvres.
N'était-il pas en colère ? Il semblait sincèrement indifférent, traitant l'Incube comme un simple clown, indigne de son attention.
Cette réaction fit froncer les sourcils à l'Incube.
« Humain, ce regard me déplaît. Agenouille-toi et lèche mes chaussures, et peut-être que j'épargnerai tes yeux. »
L'Incube cracha ces mots avec sa langue anormalement longue, libérant une onde d'énergie malveillante qui déferla vers l'avant.
Il s'attendait à voir cet humain arrogant se couvrir de sueurs froides.
L'aura maléfique qu'il émettait était imprégnée d'un miasme tourmentant, s'infiltrant dans le corps de l'humain, lui donnant l'impression que d'innombrables fourmis rongeaient sa chair — une agonie semblable à celle d'un cœur que l'on déchire.
Mais à la seconde suivante, l'humain devant lui se contenta de claquer des doigts, et l'espace autour de lui sembla se distordre.
Non, c'était plutôt comme la surface tranquille d'une eau ridée par une goutte, à ceci près que ces ondulations étaient dorées.
De ces ondulations spatiales dorées émergèrent deux épées courtes.
Cette vision étrange laissa Brunhilde stupéfaite, puis tendue d'excitation.
Le mystère entourant le roi Gilgamesh était sur le point d'être dévoilé : comment avait-il terrassé le dieu du ciel, Anu ?
« Hmph~ »
Accompagnées d'un léger rire dédaigneux du roi Gilgamesh, les épées courtes brillèrent et disparurent.
Non, elles ne disparurent pas ; elles fendirent l'air à une vitesse inimaginable, laissant des traînées dorées dans leur sillage.
Suivant ces traînées, elles se dirigèrent droit vers le démon des rêves, l'Incube lubrique — et les deux épées frappèrent —
« Hein ? Pourquoi je ne vois plus rien ?! »
L'Incube poussa soudain un cri de panique, comme si on lui avait volé la vue.
L'instant d'après, son visage se tordit de douleur.
« AAAAAHHH — MES YEUX ! ÇA FAIT MAL, ÇA FAIT MAL — »
Il hurla, ses mains griffant l'air vers ses yeux — mais avant qu'il ne puisse les toucher, ses doigts effleurèrent les gardes des épées plantées dans ses orbites.
« Toi… espèce d'humain maudit, je vais… »
Avant qu'il ne puisse finir, une série de sons perçants résonna : le bruit de lames s'enfonçant dans la chair.
Ce que Brunhilde vit ensuite fut un corps empalé par des lances, des épées, des lames, des hallebardes — d'innombrables armes, comme si son corps était une outre qui éclatait, le sang jaillissant sans contrôle.
À cet instant, Brunhilde sentit une aura extraordinaire émaner de ces armes — en particulier de la lance pourpre qui lui transperçait le crâne. Elle semblait identique à celle qui avait tué le dieu du ciel, dégageant une menace capable de terrasser les divinités. Ce n'étaient pas des armes ordinaires, c'étaient des artefacts divins !
Il venait de lancer une salve d'armes divines avec une telle désinvolture ?!
La pièce sombra dans un silence de mort, seulement troublé par le goutte-à-goutte du sang.
Quant au responsable de ce carnage, il ne jeta même pas un regard à l'Incube, comme si le démon n'était qu'une poussière insignifiante, indigne de son attention.
« Guh — ! »
Göll, sortant de sa stupeur, se couvrit précipitamment la bouche pour étouffer un cri.
Ce roi Gilgamesh… était terrifiant. Il semblait être un tyran qui tuait sans ciller.
Même Brunhilde, sa grande sœur, était ébranlée par cette brutalité, une sueur froide perlant sur son visage.
Serrant les lèvres, Göll, tremblant de tout son corps, se força à se placer devant Brunhilde.
« N-ne fais pas de mal à Brunhilde ! Ce n'est pas elle qui a invoqué l'Incube ! »
Même en parlant, les jambes de Göll tremblaient violemment.
Alors, le Roi des Héros, Gilgamesh, la regarda avec amusement, manquant de faire arrêter le cœur de la jeune fille de frayeur.
« Tu t'es fait dessus ? »
« Hein ? »
Cette remarque moqueuse soudaine la laissa interdite avant qu'elle ne regarde frénétiquement vers le bas — non, elle ne l'avait pas fait !
Quand elle releva les yeux, il affichait un sourire narquois, ce rictus malicieux qui la fit rougir de honte.
« Le Ragnarök, c'est ça ? Compris. Heh ! »
« A-attendez, Roi d'Uruk ! »
Brunhilde se précipita pour le retenir — car son corps se dissolvait déjà en particules de lumière, s'effaçant. Il était clair qu'il était sur le point de disparaître.
Mais lorsqu'elle tendit la main, elle ne saisit que le vide. L'homme qui était assis sur le trône avait disparu, ne laissant qu'un léger rire résonner dans la pièce.
Que venait-il de se passer ? Avait-il quitté la pièce ? Ou était-il retourné dans l'histoire ?
Elle vérifia immédiatement le système d'invocation : il était toujours disponible.
Alors, qu'est-ce que cela signifiait ? Gilgamesh avait-il choisi de rester à l'écart ? Refusait-il de se battre pour l'humanité ?
Brunhilde ne put s'empêcher de sourire amèrement, bien qu'elle ne fût pas totalement surprise.
Pourtant, elle n'abandonnerait pas. Quand le tournoi commencerait, elle l'invoquerait à nouveau.
Elle refusait de croire que le Roi des Héros ne serait pas intéressé par cette bataille.
D'ailleurs, son manque de réaction ne signifiait pas nécessairement un refus.
Après tout, en tant que roi, il était arrogant, dominateur et égocentrique. S'attendait-elle vraiment à ce qu'il obéisse juste parce qu'elle le lui demandait ? Cela n'aurait-il pas porté atteinte à sa fierté ?
En termes modernes, c'était un tsundere.
Pour l'instant, elle mettrait ces pensées de côté. Elle devait d'abord se débarrasser du cadavre encombrant devant elle, puis trouver le prochain candidat.
...
[N/T : Si vous avez regardé l'anime RoR et que vous ne vous souvenez pas de l'Incube, c'est parce qu'il n'apparaît que dans le manga, pas dans l'adaptation animée.]