Chapitre 13
Sans les éclairs qui déchiraient le ciel pour illuminer la scène, le monde serait plongé dans une obscurité totale.
Les nuages épais, lourds comme du plomb, semblaient prêts à s'abattre pour écraser la terre.
Le tonnerre grondait, assourdissant, au point de donner le vertige.
Des milliers de serpents de foudre convergeaient vers un point unique, juste au-dessus de la tête du roi d'Uruk.
Les éclairs s'entremêlaient continuellement pour former une lance de jugement, passant du blanc au bleu profond, pour finalement virer au noir.
Et le noir symbolise généralement la mort ; il s'agissait donc d'un châtiment divin porteur de trépas.
Un tel châtiment, même perçu à travers le voile du temps et de l'espace, faisait trembler la lointaine observatrice, Göll, dont les jambes se dérobaient.
Si elle n'avait pas agrippé de sa petite main le vêtement de sa sœur Brunhilde pour se stabiliser, elle se serait effondrée de peur.
Était-ce là la colère du dieu suprême ?
Si elle s'était trouvée dans le même espace-temps, elle se serait sûrement écroulée, tremblant de tout son corps, les larmes aux yeux.
Mais désormais, elle et sa sœur Brunhilde n'étaient plus sur les mêmes coordonnées temporelles et spatiales.
Pour faire simple, elles ne regardaient plus une projection holographique, mais un écran en deux dimensions.
Elles étaient revenues à l'Akasha, observant les images sur le moniteur.
La raison pour laquelle elles n'utilisaient pas le format holographique était d'éviter d'être détectées et de s'attirer des ennuis inutiles.
Si possible, avant le début du « Ragnarök », Brunhilde ne voulait pas que sa liste de candidats soit exposée.
Elle comptait bien réserver une sacrée surprise à ces dieux de malheur.
En fixant les images à l'écran, Brunhilde ne put s'empêcher de froncer les sourcils.
Ce châtiment divin noir ne se contenterait pas de réduire le corps en cendres ; il effacerait aussi l'âme, tout comme pour le dieu du ciel, Anu.
À ce stade, aucune méthode de résurrection ne serait efficace, et elle serait incapable d'invoquer le roi Gilgamesh pour participer au « Ragnarök ».
Maudit soit-il. En se mordant le pouce, Brunhilde ressentit une profonde frustration.
Alors que le dieu suprême Marduk agitait la main, le jugement noir sembla prêt à déchirer l'espace, poussant Brunhilde à serrer les poings, le cœur battant la chamade.
La lance noire du châtiment divin tomba sur Gilgamesh, qui ne montra aucune intention d'esquiver. Était-il confiant au point de croire qu'elle ne pouvait l'atteindre ? Avait-il un atout caché ?
Puis, la foudre noire le frappa, semblant être absorbée et disparaître, comme si de rien n'était.
Cette scène fit bondir le cœur de Brunhilde de joie ; il avait effectivement une solution de secours—
Son expression de ravissement se figea instantanément.
Le corps de Gilgamesh commença à s'évaporer comme de la neige carbonique, se transformant en un simple squelette en un clin d'œil.
Crac, crac, crac ; même à travers l'écran, on pouvait entendre le bruit des fractures alors que le squelette se couvrait de fissures noires denses.
Dans un craquement sec, il vola en éclats en d'innombrables grains de sable, devenant instantanément noir avant de s'effriter en poussière.
Mais ce n'était pas fini : une silhouette humanoïde à moitié transparente était engloutie dans des flammes noires — c'était son âme.
L'âme brûlait comme l'huile restante dans une lampe, servant de combustible.
Une personne normale aurait déjà poussé un cri atroce, son âme se tordant en une forme inhumaine.
Pourtant, cette torche humaine restait parfaitement immobile, conservant sa posture assise initiale.
« Les autres devraient aussi être punis. »
« Oui, un simple humain, osant nous regarder avec de tels yeux. »
Les autres dieux estimaient que Gilgamesh ne devait pas être le seul à subir le châtiment ; son peuple devait également en faire les frais, pour lui faire voir les conséquences de son arrogance.
À ces mots, la torche humaine, jusque-là immobile, leva soudain la tête, laissant échapper une intention meurtrière qui fit trembler l'air.
Cette intention meurtrière semblait capable de déchirer les cieux, provoquant une tension chez les dieux malveillants et leur glaçant le sang.
Certains dieux, incapables de supporter cette pression, furent si effrayés qu'ils perdirent leur capacité à léviter et commencèrent à chuter ; sans l'intervention de leurs pairs pour les rattraper, cela aurait été une humiliation totale.
« Maudit soit ce Gilgamesh !!! »
La divinité qui manqua de tomber était Ishtar ; c'était elle qui avait incité à punir également les autres humains.
Même alors qu'il n'était plus qu'une bougie vacillant dans le vent, sur le point de devenir cendres, il osait encore — il osait encore les fixer ainsi ?!
« Heh, allez-y, essayez donc. Ce roi vous le fera payer au centuple », lança le roi d'Uruk avec un léger rire.
Bien que sa voix ne fût pas forte, elle résonna à travers les cieux et la terre, débordant d'une aura dominatrice capable de renverser le monde.
À cet instant, même les nuages sombres et tourbillonnants semblèrent se figer sous le poids de sa présence.
Une volonté aussi indomptable — c'était l'homme qui ne plierait jamais, peu importe la cruauté avec laquelle son peuple serait massacré sous ses yeux.
Il ne ferait que fixer l'agresseur de ses yeux rubis, brûlants comme une étoile maléfique perçant la nuit. Et s'il en avait l'occasion, il se vengerait au centuple, exactement comme il l'avait déclaré.
De tels mots et une telle prestance firent froncer les sourcils au dieu suprême Marduk. Cela signifiait-il que le roi d'Uruk pouvait encore revenir ?
Impossible. Il pouvait clairement sentir l'âme de Gilgamesh se consumer, se transformant en poussière cosmique.
Même les dieux ne pouvaient défier les lois de l'univers. Il n'y avait aucun moyen pour un simple humain comme Gilgamesh de ressusciter.
[Entrée du prochain personnage. Compte à rebours : 5...]
Ce message du système força le roi d'Uruk — Gilgamesh — à regagner son trône.
Il jeta un œil à la barre de progression, toujours bloquée à 99,9 %. Avait-il échoué ?
Pas tout à fait. Les 0,1 % restants nécessitaient d'attendre l'ère moderne, le nouveau millénaire, pour confirmer si sa légende avait survécu jusqu'à ce point. Ce n'est qu'alors que la barre serait complète.
Mais que se passerait-il si son héritage était effacé entre-temps ? Cela signifierait-il un échec ?
Difficile à dire. S'il pouvait poursuivre son rôle à travers le temps, il pourrait encore manipuler les événements — faisant revivre l'histoire perdue en tant que légende.
Hé, ne laisse pas le compte à rebours se figer sur « 1 » ! Son âme était vraiment sur le point de s'éteindre.
L'instant suivant, alors que le compte à rebours atteignait zéro, il se sentit aspiré — une sensation étrangement similaire à sa mort.
Quel genre de personnage allait-il incarner ensuite ? Il ne put s'empêcher d'avoir hâte de le découvrir.
Une étrange intuition lui disait que quelque chose d'intéressant l'attendait.
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